Manifeste fondateur de La coopérative politique Ecologie Sociale : Pour une écologie de libération !

Nous vivons une période à la fois destructrice et créatrice, innovante et inventrice de nouveaux rapports sociaux. Nous avons vécu de tels moments privilégiés dans la décennie 68. Le chaos et la mutation caractérisent ces époques. Pas seulement en France mais à l’échelle de la planète.

Le chaos prédomine.

Chaos écologique engendré par la crise climatique, la sixième extinction de la biodiversité, les catastrophes industrielles comme à Tianjin, la raréfaction des ressources naturelles et de l’eau. Le productivisme entraine l’artificialisation galopante de la Terre. L’extractivisme favorise l’accaparement des terres des paysans pauvres et des peuples indigènes. L’emprise de l’homme sur la terre fait disparaître une partie de plus en plus importante des terres cultivables. L’Anthropocène arrive au bout de sa logique mettant en danger l’humanité elle même.

Chaos économique et social par l’installation d’un ordre invisible mais écrasant des multinationales, qui s’attaque aux conquêtes sociales arrachées durant les derniers siècles, et met des nations entières comme la Grèce à genoux et menacent les autres du même traitement.

Chaos financier qui, par delà les multiples bulles spéculatives détachées de l’économie réelle tout comme en 2008, entraine la fragilisation extrême du système par la robotisation du high speed trading.

Chaos géopolitique enfin avec des guerres sans fin au Moyen Orient et en Afrique et leurs répercussions dans le reste du monde, notamment dans nos cités. L’obsession identitaire s’empare des esprits et le retour au religieux, à l’ethnicisme, au nationalisme fait partout reculer l’esprit critique, la raison et l’humanisme, tournant ainsi le dos à la société cosmopolite.

« Le vieux monde se meurt ; le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».

Dans ce désordre, la mutation technologique s’installe. La révolution numérique bouleverse les conditions de l’exploitation capitaliste. elle ouvre des espaces de liberté et de création mais l’ubérisation n’est jamais loin… Le numérique et les nouvelles générations d’automates modifient les conditions de la production capitaliste, provoquant de véritables saignées parmi les salariés et généralisant la « prolétarisation » de tous les métiers.
Le précariat est la réalité des nouveaux entrants dans le salariat. La concurrence sur le marché du travail devient globale, et avec les guerres et la crise climatique se développent de nouvelles catégories d’immigrés et de réfugiés.

Ce ne sont pourtant pas les concurrents des salariés du Nord. Les « sweat shop » de Chine et du Bangladesh en sont les agents bien malgré les salariés victimes de leurs conditions de travail dignes des débuts de l’industrie.

L’internet pourrait aussi construire des rapports sociaux nouveaux fondés sur l’horizontalité, le partage et l’échange, mais c’est encore l’ubérisation du travail et la jungle sociale qui prédominent. Des pratiques sociales nouvelles apparaissent où la solidarité et le lien social deviennent la référence d’une société désaffiliée qui refuse l’assujettissement, l’exploitation, l’aliénation, la domination et la discrimination mais peine à se constituer en projet politique.

En réalité le capitalisme financiarisé – même repeint en vert – est inamendable.
Ceux qui estiment qu’un hypothétique retour à la croissance des Trente Glorieuses permettra de retrouver le chemin de la redistribution, ont tout faux, comme ceux qui estiment qu’une croissance verte régulera une machine devenue folle.

Le numérique va également modifier les conditions de l’exercice du pouvoir politique. La révolution industrielle du 19ème et du 20ème siècle avait forgé le pouvoir centralisé du capital et du contre- pouvoir ouvrier, concomitants de l’émergence des Etats nations. Les socialistes, les communistes s’étaient organisés dans cette verticalité par le centralisme démocratique. Le numérique met à l’ordre du jour l’horizontalisme. S’il tient ses promesses, la forme des regroupements politiques, des nouvelles formations s’en trouvera radicalement métamorphosée.

Devant ces forces contradictoires, le champ politique – lui – est resté figé. La politique se pratique comme dans les temps immémoriaux, mais elle est désormais sous influence de la finance à l’instar de l’économie.

Dans cette comédie du pouvoir, transformée en farce, on se trahit entre amis, on se reproduit dans l’entre soi, on reste à l’abri des tumultes du monde, en essayant de tenir le plus longtemps possible au pouvoir dans sa commune, sa région ou au niveau national. La politique est hors sol. Ses représentants tournent à vide, sans contrôle. La démocratie est devenue formelle. En France avec le présidentialisme, cette fusion de la monarchie et de la République, une caste technocratique pantouflarde bloque tout renouvellement générationnel, étouffe toute volonté de changement et freine de toutes ses forces, sous le poids des lobbys, la transition écologique. Le mâle blanc de plus de cinquante ans veut garder son pouvoir et, s’il ne peut plus empêcher la présence des femmes, de jeunes et de quelques personnes emblématiques issues des colonies aux responsabilités, les instrumentalise à son compte. Les diverses tentatives de renouvellement politique (NPA, EELV, Front de Gauche) se sont toutes soldées par des échecs comme si les logiques de concurrence d’appareils reprenaient toujours le dessus. Le mode associatif est aux mains des mêmes….

Notre écologie n’a rien à voir avec celle en vogue sur les plateaux des chaines info ou dans les coteries, les écuries d’EELV et des groupes parlementaires s’y référant. Notre écologie se veut libératrice et s’appuie sur la synthèse de trois courants fondamentaux qui renvoie aux trois écologies de Félix Guattari, l’écologie sociale, mentale, environnementale. Car l’écologie politique n’est pas un supplément d’âme du socialisme, du libéralisme ou du productivisme. Elle est le nouveau chemin de l’émancipation. L’écologie de libération ne nous a pas attendu pour se manifester.

Elle s’est constituée à travers l’écologie paysanne et indigène, celle des Sans-Terre Brésiliens, de la Guerre de l’eau en Bolivie, de la lutte contre l’extractivisme au Pérou et en Equateur, contre les grands barrages et le brevetage du vivant en Inde ou dans les émeutes populaires contre les pollutions et les catastrophes industrielles en Chine.
Elle trouve ses racines dans l’écologie ouvrière incarnée par le mouvement de la Justice environnementale qui considère que les inégalités environnementales s’agglomèrent aux inégalités sociales et qu’elles doivent être combattues simultanément.

L’écologie sociale et libertaire, décentralisatrice, partisane du municipalisme libertaire qui lutte contre toutes les formes de domination est la troisième source de l’écologie de libération. L’écologie de libération est une écologie qui prône l’autonomie, le cosmopolitisme et le commun comme réponse aux trois crises démocratiques, identitaires et sociales qui rongent le mouvement populaire en général et le mouvement écologiste en particulier. Autonomie ou barbarie, voilà la question qui sera posé au XXIème siècle. Nous nous inscrivons dans ce projet d’autonomie théorisé par Cornélius Castoriadis mais issu de siècles de luttes collectives pour l’émancipation de la société et de l’individu. Ce projet d’égalité et de justice a pour nom aujourd’hui l’écologie. Il intègre la prudence dans le rapport au despotisme de la technoscience, la simplicité volontaire face à l’hyperconsumérisme et la sagesse dans les affaires publiques, de solidarité à l’égard de toutes et tous, de dignité, de convivialisme, valeurs rassemblées dans le projet de

société du « bien vivre » . Mais fondamentalement il repose toujours sur la volonté d’auto représentation du peuple et de transformation de la société. L’autonomie c’est d’abord la capacité des classes populaires à renforcer leur pouvoir d’agir là où elles sont, indépendamment des lobbies de toute nature.

Le cosmopolitisme c’est la forme renouvelée d’un universalisme métissé qui lie directement le citoyen et la planète, d’hospitalité par rapport à l’Autre, et le fait agir comme citoyen responsable du monde. Le commun ce n’est pas seulement la défense des biens communs, l’eau, l’air, la terre, les cultures, l’éducation, c’est d’abord la co – construction, la co-élaboration de nouvelles institutions permettant aux classes populaires exclues d’être auto représentées dans les processus de décision.

L’écologie de libération est donc l’horizon de l’écologie politique, tout à la fois contre récit historique de l’écologie d‘en bas face à l’écologie d’en haut, celle des élus et des partis qui les fabriquent, et vertébration de l’écologie de transformation face à une écologie d’accompagnement qui a définitivement choisi de se résigner à être le cache sexe de l’économie libérale.

Après la firme, la frime !
Notre écologie n’a rien à voir avec celle qui fait le quotidien des commentateurs stipendiés. L’écologie politique en France qui aurait pu être l’alternative émancipatrice s’est repliée sur elle même vérolée par la lutte des places et a explosé en vol en laissant place à la valse des égos, paravent de toutes les ambitions. Certains, plus opportunistes que d’autres en profitent pour partir à la chasse au poste ministériel et aux opportunités qu’il ouvre. Ce qui reste de la Firme qui a verrouillé EELV s’affirme comme le molletisme du mouvement écologiste : un coup à droite, un coup à gauche mais surtout aucune structuration du parti devenu un sous PRG. Elle refuse aujourd’hui de faire face à la division provoquée par François Hollande qui vingts ans après tente de recréer un Génération Ecologie bis pour sauver le bateau socialiste en perdition.

La sortie du gouvernement, après les affirmations perpétuellement réitérées, qu’il fallait en être à tout prix, a été mal comprise par l’électorat car jamais débattue, elle amoindrit un bilan gouvernemental qui sous les coups du Premier ministre est devenu bien maigre. On retiendra le blocage des loyers.

Le plan de soutien à la rénovation thermique du bâti n’a pas créée des milliers d’emplois ! La seule loi ALUR a été rayée en une demi heure de conférence de presse sans que personne ne s’en émeuve tandis que la loi sur le développement ne mit pas fin à la Françafrique qui continue à imprégner les relations inégalitaires entre la France impériale et son pré carré.

Issus depuis 20 ans et plus des rangs de l’écologie politique, ayant participé aux présidentielles au côté de Noël Mamère, José Bové ou Eva Joly, ayant pour certains mené campagne sur le non au référendum de 2005, en ayant participé aux expériences de la Zone d’écologie populaire ou d’Alterekolo, nous voulons désormais transmettre les acquis de cette expérience accumulée à la nouvelle génération militante écologiste qui se lève qu’elle soit dans ou hors EELV. Nous le ferons sous la bannière d’Ecologie Sociale, qui sera une coopérative d’action politique et d’éducation populaire transpartidaire menant publiquement des débats politiques en refusant de s’enfermer dans le seul jeu interno – interne du parti EELV.

Nous appelons les militantes et les militants d’EELV et tous ceux qui se réclament de l’écologie à relever le défi de la reconstruction de l’écologie politique et à engager la métamorphose de l’écologie politique autour de quatre axes :

Repolitiser l’écologie au travers d’un débat stratégique sur le rôle cristallisateur de l’écologie comme force radicale centrale d’un vaste mouvement politique et social. On ne pourra pas le faire si l’on continue à éviter et à contourner les débats décisifs comme celui de l’Europe, des migrations, de la refondation de la République, du rapport au capitalisme, même Vert. On ne pourra pas le faire en évitant de se confronter politiquement aux forces de l’écologie et de la gauche radicale. C’est ce que nous avons commencé à initier avec Ensemble et le Mouvements des Objecteurs de Croissance (en liaison avec LMP) depuis un an…. Nous le faisons car nous avons la conviction que la construction d’un pôle de l’écologie radicale/sociale (?) est un élément indispensable de la construction d’un mouvement pour une démocratie radicale et approfondie, dépassant les frontières actuelles du Front de gauche, de EELV, de Nouvelle Donne ou des frondeurs, allant jusqu’aux frontières de la social-démocratie. Nous le faisons parce que l’évolution des composantes de la gauche va dans ce sens. Ensemble et Le Parti de gauche se réclament de l’écosocialisme, qui part pour une partie des mêmes analyses que l’écologie de libération. Même au parti communiste, des évolutions notables commencent à se faire sentir dans ce parti longtemps resté le bastion du productivisme. Nous le faisons parce que les

écologistes ont l’obligation de construire une alternative à la politique actuelle, sauf à laisser la place à une droite alliée de fait à l’extrême droite pour longtemps. La question du projet manquant est incontournable, mais celle du contenu des alliances n’est pas anecdotique. SI un projet de transformation écologique et sociale sans vocation majoritaire est une impasse, l’alliance structurelle avec le Parti Socialiste désormais passé dans le camp de l’ordolibéralisme est devenue impraticable pour exercer ensemble des responsabilités au gouvernement. Pouvons nous soutenir la loi Macron, la remise en cause des 35 heures et du code du travail, la loi scélérate sur le renseignement, le soutien délibéré au nucléaire, les ventes d’armes à tous les dictateurs de la planète, la négation du principe même de la fiscalité écologique à travers la fin de l’écotaxe, les expulsions des immigrés et des Roms ou la répression à tout va contre les zadistes ? François hollande et Manuel Valls ont considéré que l’accord que nous avions passé n’était qu’un chiffon de papier. Nous devons cette fois ci en tirer des conclusions. S’il n’y a pas deux gauches irréconciliables, il y a bien un gouvernement qui applique une politique qui n’est ni de gauche ni écologiste.

Il nous faut à la fois penser la transformation et la dynamique politique capable d’en faire une aspiration crédible et appropriable par nos concitoyens. Cela passera par des ruptures au sein du Parti Socialiste Mais cela passera aussi avec une confrontation avec les souverainistes. La bonne nouvelle des listes présentées avec tout ou partie du Front de Gauche ou de Nouvelle Donne dans plusieurs régions ne doit pas cacher l’absence de volonté de construire une nouvelle alliance populaire avec ces forces et les composantes du mouvement social dans leur nécessaire diversité et prêt à s’engager dans la construction d’une force citoyenne crédible. Rompre avec l’isolationnisme de EELV et son tropisme électoraliste envers le PS telle sera la tâche d’Ecologie sociale.

Notre conviction c’est que comme le montrent les militants verts dans les régions, le changement viendra d’une stratégie par en bas où du local au national, les militants retrouveront leur capacité d’intervention pour imposer au forceps, à la base, en lien avec les autres forces sociales et politique anti austéritaires, sociales et écologistes, une stratégie de rupture avec le social libéralisme et d’ouverture à la société.

Constituer une mouvance écologique autour d’un nouvel imaginaire: l’écologie de libération. Il faut décoloniser les esprits. L’écologie politique n’est pas une idée morte. Elle est en marche partout, sur tous les continents, mise en mouvement par les déshérités, les invisibles, les classes populaires. L’écologie populaire dans le monde entier n’est pas une écologie des riches, une écologie de l’abondance. C’est d’abord une écologie de la survie. Elle se construit dans les luttes populaires contre les inégalités écologiques qui sont des inégalités sociales: pour la santé environnementale, pour de nouvelles formes d’organisations du travail, contre les pesticides qui tuent les paysans, contre les cancers qui rongent les ouvriers. La lutte contre tous les types d’inégalités écologiques est notre boussole: inégalités territoriales, inégalités dans l’exposition aux risques industriels, inégalités face aux nuisances urbaines. Nombreux sont les militants écologistes qui se battent sur ces questions mais ils le font seuls et pas en tant que force politique. La lutte pour la survie comme l’ont définit les intellectuels antillais ne se limitent pas à la lutte pour les produits de première nécessité. Elle passe aussi par la défense des produits de haute nécessité comme la culture, l’éducation, la santé, l’environnement. Définir un projet de transformation écologiste et sociale est indispensable pour toute la gauche si nous voulons donner corps à une alternative, qui retrouve des chances de mobilisation et de conviction à la base. Un projet économique clair, qui explique ce que nous voulons en France et en Europe, et dans le monde en s’attaquant aux inégalités entre Sud et Nord, pour démontrer que l’anti productivisme et la lutte contre les inégalités et la démolition sociale sont la base d’une refondation autour d’une société du « bien vivreest possible. Ce contre récit face à l’imaginaire inégalitaire et productiviste, autoritaire, identitaire et raciste, nous devons le produire.

3. Transformer le lien entre l’écologie politique et les classes populaires. L’écologie politique est un peu partout victime d’une maladie sénile ; celle de l’électoralisme. EELV est l’expression d’une base sociale réduite à une seule composante, celle des classes moyennes à capital culturel élevé. Elle est absente des combats pour l’accès aux droits fondamentaux menés par les victimes des inégalités écologiques et sociales et son personnel militant est composé majoritairement d’élus et de collaborateurs d’élus. Si les ouvriers, les jeunes, les immigrés sont soit si peu présents soit instrumentalisés par ses cadres dirigeants, c’est d’abord que les mouvements sociaux et écologistes menées par ces catégories sont absents du champ de préoccupation des partis qui se réclament de l’écologie à commencer par EELV. Que ce soit la lutte contre l’amiante, le plomb, les pesticides, le bruit, les toxiques industriels, les acteurs qui mènent ces combats se sentent délaissés par un parti plus préoccupé à gérer ses querelles internes que d’assumer ces combats pour la survie. En réorientant notre action vers les classes populaires, nous n’abandonnons par les bases vertes constituées dans les centre villes pour la bonne raison que la pollinisation, le métissage des pratiques comme les jardins partagés, les AMAP, les SEL, monnaies locales, l’action des mouvements de la justice climatique et des villes en transition sont en train d’irriguer les quartiers populaires. Il s’agit d’abord de réorienter l’activité politique des écologistes autour d’une politique qui fusionne l’écologie et le social. De même la création d’une dynamique éco-syndicale doit être au coeur de cette réorientation. Le mouvement ouvrier traditionnel est en crise et la question de l’écologie au travail est un des axes de recomposition de ce mouvement. Ce lien avec les classes populaires passera aussi par l’immersion dans la contre société qui s’est formée en marge des partis à travers les ZAD, les lanceurs d’alerte, les réseaux sociaux, les multiples expérimentations sociales en rupture avec le champ politique officiel. Cette société « à côté » n’a pas besoin de feuille de route fournie par des professionnels de la politique. Elle a par contre besoin de relais dans les institutions et d’alliés fidèles et inventifs.

4. Repenser les formes mêmes de l’engagement et du militantisme. EELV est touchée par la désaffiliation militante comme d’autres formations mais sa base de départ étant réduite, elle se rabougrit plus que les autres. Transformer ce handicap, c’est militer autrement en favorisant de nouvelles expériences démocratiques. La coopérative a été un échec mais c’était une excellente idée, une nécessité mêmee Le tirage au sort, les conférences de consensus, les primaires ouvertes, toutes les formes de démocratie délibérative ne doivent pas être abandonnées au prétexte que ces pratiques ont été dévoyées, transformées en mesurettes sans conséquences pour le seul enjeu qui prévaut aux yeux du groupe dirigeant: la redistribution des places. Les fonctions non électorales doivent être revalorisées comme la fonction de formation et de transmission et celle de l’éducation populaire, celle des campagnes d’initiatives militantes et du soutien aux projets locaux. Militer autrement c’est d’abord contribuer à la construction d’une démocratie radicale en inventant une

citoyenneté dans tous ses États, national, européen, mondial, en répondant aux défis de la complexité. Rompre avec l’idée que la politique appartient aux partis, qu’ils soient avant-gardistes ou conservateurs. Rompre avec la marchandisation, la financiarisation, la commercialisation de la politique qui est devenue un marché où l’on s’affronte pour l’accroissement de parts de marques qui se concurrencent à l’intérieur d’un star system où seul l’égo et le carriérisme tient lieu de ligne politique L’alternative, si elle est possible, ne peut résulter que d’une confrontation avec la société, avec les associations, les syndicats, les mouvements représentant les minorités dans toute leur diversité. L’avenir se joue dans la confrontation et le débat avec toutes les forces qui font société. Des milliers de militants de bonne volonté rêvent de renouveau politique. Beaucoup ont depuis longtemps déserté les partis, machines à gérer la démocratie formelle plutôt qu’à animer la participation citoyenne aux décisions. Notre rôle c’est d’aller à leur rencontre et de reconstruire l’espoir. Notre rôle c’est d’organiser la transmission entre générations d’une histoire des mouvements populaires, des formes et des contenus de la stratégie de ces mouvements qui ne se fait plus dans des partis vidés de leur substance. Le mouvement écologiste doit retrouver cette fonction d’éducation populaire et d’école de formation qui a permis à des générations entières au XXème siècle de développer sa capacité d’initiative.

La force du néolibéralisme est sa capacité à faire de chaque individu un être résigné, asservi par l’hyperconsumérisme ou par les petits arrangements pour survivre, replié sur soi, hors de toute action collective. Non l’idée de politique comme moteur du changement social n’est pas morte. Jamais au contraire son rôle n’a été aussi important. Si le milliardaire Warren Buffet considère que pour le moment les riches ont gagné une bataille décisive dans la lutte des classes, nous considérons au contraire que la période n’a jamais été aussi propice à la libération des femmes et des hommes. A nous de concevoir et de mettre en œuvre ce projet émancipateur. Oui, comme le disait Félix Guattari, « l’avenir immédiat, il faut le reconnaître, se présente généralement sous un jour assez sombre. Mais les possibilités d’intelligence et de créativité collective n’en demeurent pas moins immenses et laissent également augurer d’extraordinaires retournements de situation ; A nous d’y travailler, chacun à notre façon et à la mesure de nos moyens. » Tout est possible. A nous d’en prendre le chemin.

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