Crise dans la zone Euro : crise politique ou budgétaire, quand l’Italie annonce un déficit de 2.4 % du Pib ?

Quand un facho italien écrase de sa chaussure le texte d’un Commissaire européen, venant de rejeter « le budget du peuple » d’un Etat souverain, au prétexte qu’il « n’aime pas cette expression, car quand le peuple est très endetté c’est lui qui finit par payer », pratiquement pas un seul média national ne s’interroge sur la nature de la crise qui va secouer l’UE jusqu’aux prochaines européennes.

Crise politique ou budgétaire ?

Quelle est la réalité de la situation budgétaire  italienne ?

Depuis 2007, le déficit public a toujours été inférieur à  celui de notre pays et en dessous des 3% depuis 2012. Si la dette s’est envolée pour approcher les 130 %  du PIB ( 100 chez nous ) c’est principalement lié à un taux de croissance ralenti par les effets d’une cure d’austérité sans précédent et qui a plongé 35% des jeunes italiens dans le chômage et 30 % de la population dans la misère.

Et quand en 2014, constatant les effets de cette politique aberrante imposée par les critères du Pacte de stabilité,  M Renzi le qualifiait de « Pacte de la stupidité », aucun media ne s’avisa de le traiter de populiste. D’autant que pendant une courte période sa politique de relance produisit des effets heureux sur la croissance et l’emploi … comme s’évertue d’ailleurs à le préciser à Bruxelles, l’actuel gouvernement.

Autrement dit, depuis plus de 10 ans nos voisins ont toujours été plus sérieux que nos experts parisiens ou bruxellois, chaque fois qu’ils ont fait fi de leurs avertissements, leur situation s’est redressée, et alors qu’ils annoncent un déficit de 2.4 contre 2.8 pour notre pays, tous nos médias leur tombent dessus.

Si les médias condamnent cette politique budgétaire,  ne serait ce pas pour faire oublier que de longues années d’austérité sont à l’origine du social souverainisme transalpin ?

Croyez vous qu’un des peuples fondateurs de l’ Union, un des plus européens, soit devenu un des plus eurosceptiques pour une simple question d’immigration ? Allons donc.

10 longues années d’austérité budgétaire, une absence totale de solidarité européenne  lors de la dernière crise migratoire, l’une et l’autre, soutenue et  provoquée par la dégénérescence d’une social démocratie qui directement ou indirectement encouragea nationalement et internationalement la dégradation de la lutte des classes sous sa forme la plus haineuse du rejet de son semblable, ont produit ce chaos.

Et vous et moi, progressiste et ecologiste,  nous devrions avoir comme seule priorité,  celle de condamner la démagogie de ce régime fascisant, les deux tiers du salariat italien qui le soutient, tandis que nous épargnerions « les institutions européennes » ?

Le rejet du budget italien annonce une crise politique sans précédent.

Qu’une instance supranationale rejette le budget d’un Etat membre et  sa politique économique,  ou  pour reprendre une fois encore le vocabulaire du démagogue social démocrate P Moscovici constate que « l’édredon italien des dépenses publiques ne peut pas rentrer dans la valise européenne » (aucun media naturellement ne condamnera les propos de l’imbécile),  c’est l’aveu de la fin des souverainetés nationales.

Si la Commision gère vos finances publiques, si la BCE gère votre politique monétaire,  alors autant en finir avec votre peuple. C’est ce qui se produit dans cette Europe de la misère et de la désespérance politique.

En se lançant dans un bras de fer contre G Conte, la Commission et notre gouvernement en particulier, ont pris un risque considérerable. Non seulement, l’Italie ne cédera pas, c’est le propre des fachos de surenchérir, mais ce sont les peuples européens, une fois encore humiliés, qui en Mai prochain se précipiteront en rang serré derrière ceux qui leur proposent d’abattre ces institutions oppressives.

La fin de l’Euro ne sera ni économique, ni budgétaire, mais tout simplement le résultat d’une révolte. La faute à qui … aux libéraux naturellement mais aussi et surtout à ces socialistes qui n’ont pas voulu construire une Europe solidaire et écologiste.

Il est maintenant trop tard. Vous n’imaginez pas cette Commission, à l’agonie, ce PE dont les membres ne pensent qu’à leur réélection, ces Etats membres empêtrés par le Brexit et un ralentissement de la croissance mondiale, envisager de revoir les Traités imbéciles pour restituer aux assemblées nationales leurs pouvoirs budgétaires et économiques.

Ou mieux encore, parvenir à une fiscalité européenne s’en prenant sérieusement aux paradis fiscaux, aux mécanismes d’optimisation concurrentielle, pour bâtir un budget social et écologiste qui profiterait enfin à ces 100 millions d’européens.nes misérables.

C’est trop tard … d’autant que vous ne pourrez pas vous empêcher de jeter de l’huile sur le feu, comme tous ceux et celles qui dénoncent un JLMelenchon, certes bien maladroit, qui tentant de défendre les Salvini, renforce les lepenistes.

C’est pas Salvini qu’il faut défendre, c’est le peuple italien, placé sous le joug  des dominants qui lui imposent  les Traités de la honte.

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