Note de lecture à propos de Make Rojava green again de la Commune internatio-naliste du Rojava

Note de lecture à propos de Make Rojava green again de la Commune internatio-naliste du Rojava, avant-propos de Debbie Bookchin, illustration et conception graphique de Matt Bonner, 1ère édition anglaise en 2018, édition française en 2019, 136 pages, 8 euros, diffusée par l’Atelier de création libertaire (BP 1186, 69202 Lyon cedex 01 (http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Make-Rojava-Green-Again.html)

par Pierre Bance

Fondée en 2017 pour insérer les militants étrangers rejoignant le Rojava, la Commune internationaliste est un modèle de village écologique et de solidarité agricole. Dans cette optique, elle entend être aussi une « académie » destinée à former les internationalistes et la population du Rojava « à la conscience et la préoccupation pour l’environnement », et un laboratoire pour « construire une société écologique ». Parce qu’« il manque aujourd’hui une conscience environnementale partagée par toute la population », elle lance une campagne soutenue par la Fédération démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est dont la brochure Make Rojava green again rend compte.

Pour lire la suite : http://www.autrefutur.net/Reverdir-le-Rojava

Premières leçons des élections européennes par Patrick Farbiaz

 

  1. La fin de la domination du duopole européen PS PPE

Pour la première foi, les résultats des élections européennes en France et dans le reste de l’Europe concordent : hausse sans précédent de la participation, baisse du PSE et du PPE, montée en puissance des Verts et des libéraux centristes, forte poussée de l’extrême droite et des partis nationaux populistes, tassement de la gauche radicale.  Enfin, la gauche radicale s’effondre ( – 23% de députés pour la GUE). Ce n’est pas seulement le cas de la France Insoumise, mais aussi de Podemos, de Die Linke, du Sinn Fein. Inexistante à l’Est, elle devient résiduelle à l’Ouest.

La gouvernance du parlement Européen va être partagée sur la base de l’accord sur les traités européens avec deux groupes les centristes libéraux et les écologistes engagés de fait dans la construction d’une coalition.  Le Groupe des Verts connaît une progression certaine mais est dominé par une majorité d’écologistes qui, hormis en France, sont engagés dans des majorités à géométrie variable, ici avec la droite, là avec la gauche. Le Groupe des Verts au PE ne conteste pas les traités actuels utilisés pour instaurer l’austérité contre les peuples, permettant la domination des logiques financières. Contrairement aux aspirations des jeunes de la génération climat, le résultat du scrutin ne permet pas d’engager l’Europe vers la transformation écologique, et la sortie des énergies carbonées et nucléaires. Cette nouvelle majorité en construction, dont la plus grande partie est déjà soumise aux lobbies et au Capital n’a pas de la volonté politique, pour opérer une transition énergétique et développer des projets utiles aux systèmes de transports non-polluants, à la protection de l’environnement, à la sauvegarde de la biodiversité, à la lutte contre le réchauffement climatique, à la sortie du nucléaire.

  1. La crise de la représentation politique s’amplifie

Au niveau français, le dégagisme généré par la présidentielle de 2017 s’amplifie. La gauche et la droite traditionnelle sortent exsangues du scrutin de même que LFI, force qui s’était imposé comme structurant le populisme de gauche. Et si la dynamique écologique est réelle, elle est issue d’abord d’un transfert de voix entre la Macronie, LFI et Générations vers EELV. Car malgré une hausse de participation, la décomposition du système politique représentatif est la leçon principale à retenir de ces élections :  Les listes Macron et Le Pen totalisent autour de 20 % des Inscrits, la liste écolo 6 ,5 % et les listes du PS et de LFI 3 %. Les classes populaires se sont abstenues (notamment les banlieues) ou ont voté pour le RN, notamment dans les zones rurales ou dans les villes périphériques des métropoles. 

 La deuxième leçon c’est la victoire relative de LREM. Malgré le mouvement des Gilets Jaunes, le mécontentement généralisé des secteurs en lutte contre sa politique, Macron tient bon. Même si son opération – transformer l’élection en plébiscite pour sa politique, a échoué au seul profit du Rassemblement National, le Président de la République garde après 6 mois d’une crise sociale historique, un socle fort. Le bloc bourgeois s’est soudé et Macron a réussi à installer une alternative mortifère. Ce qui s’est joué dans le mouvement social ne s’est pas traduit dans les urnes et accentue la déconnexion entre le champ politique es les classes populaires.

  1. La centralité de l’écologie politique

Si tous les partis la mettent désormais en bonne place de leur programme, EELV, comme en 2009, apparaît comme la force principale de l’écologie. Nous ne pouvons que nous féliciter d’un résultat ( amplifié par les 4 % des voix attribué aux listes du Parti Animaliste et d’Urgence écologie ) qui montre que l’écologie politique s’affirme en France comme en Europe, affirmée comme le référentiel structurant du 21ème siècle à l’instar du socialisme au siècle précédent.  De plus ce vote répond à une demande d’espérance face à une situation bloquée par la mise en scène d’une alternative mortifère entre le fn et lrem. Mais ce résultat électoral a deux aspects : une apparence, celle d’une écologie mainstream rassemblée autour de la couleur verte et une réalité, une division réelle entre l’écologie libérale représentée par Canfin, Durant, De Rugy, Cohn-Bendit, l’écologie sociale démocrate de EELV qui en plus peut désormais avoir avec le Pacte Hulot Berger l’appui d’une base syndicale et associative importante. Ces deux écologies vont travailler directement en Europe à une coalition pour peser sur les politiques publiques en Europe. Plus l’impasse d’EELV et ses contradictions, comme après chaque élection européenne apparaitra, plus elle laissera un goût amer aux électrices et aux électeurs qui ont voté pour un autre modèle.

 La troisième écologie, l’écologie de transformation, n’aura pas de représentation directe même si certains députés du Groupe des Verts et de la GUE peuvent légitimement s’en revendiquer. Cette écologie en rupture avec le capitalisme vert, présente fortement dans les ZAD, les marches climats, les Gilets Jaunes, diverse dans sa composition (écologie sociale, éco socialisme, éco féminisme, justice environnementale, objection de croissance …) n’a pas jusqu’à présent de représentation politique. Une partie de ses militants sont organisés dans des formations qui ne se revendiquent pas du paradigme écologique (LFI, NPA, AL, Génération.S…). Cette dispersion de l‘écologie de transformation est nous semble -t- il le premier obstacle à la construction d’une force politique nouvelle, une plate-forme d’écologie populaire et sociale. Il ne s’agit pas là non plus de construire cette force en réalisant un cartel de l’écologie de transformation mais d’organiser l’écologie populaire par en bas, dans les communes, les lieux de travail et de formation les zad et les Luttes sociales écologistes.

  1. L’effondrement de LFI 

L’autre enseignement du scrutin du 26 mai est l’effondrement de LFI. Nous ne pouvons pas nous en tenir à la seule abstention ( réelle)  des classes populaires. Si l’électorat de JLM s’est réfugié dans l’abstention mais aussi dans le vote EELV. Ce n’est pas uniquement due à l’affaire de la perquisition, à l’aspect clivant des positions de JLM.  D’autres raisons s’y ajoutent : 

  • Une fausse interprétation du vote des présidentielles qui n’était pas un vote d’adhésion à la FI, à son programme ou à son leader mais un vote de rejet du quinquennat Hollande
  • L’incapacité de mettre en scène une coalition majoritaire pour le changement
  • L’absence de lieu de débat pluraliste permettant aux militants de contribuer à l’élaboration de l’orientation politique de la FI
  • L’incapacité de mettre en musique la centralité de l’écologie et son lien avec les classes populaires. 
  • La mise en crise du populisme de gauche par les Gilets Jaunes qui tout en étant un mouvement populaire refuse toute incarnation issue de l’extérieur. Pour paraphraser le Manifeste, l’émancipation des Gilets Jaunes sera l’œuvre des Gilets Jaunes eux mêmes. 

Ce constat n’est pas pour autant un reniement de notre soutien de 2017 à la candidature de JLM. Les Groupes d’Action de LFI comptent un grand nombre de militants écosocialistes. Le programme de LFI a eu l’immense mérite d’écologiser en profondeur la gauche. Mais maintenant il faut pouvoir réellement discuter des erreurs, des faiblesses et des limites de LFI. Ce serait une erreur grossière de faire porter à JLM, le seul poids de l’échec, de chercher un bouc-émissaire au lieu d’entamer une débat politique Son projet de fédération populaire, en particulier, peut être un élément de la recomposition, s’il permet de dépasser le seul cadre de LFI. 

  1. L’effacement de la gauche des Trente Glorieuses

Si le PS sauve la mise, il continue sa descente aux enfers, le PC et Génération.S n’auront pas de députés européens, LO fait un de ses pires scores malgré l’absence du NPA. Ce n’est pas la division qui a engendré la crise de la gauche mais son éloignement des classes populaires, son absence de compréhension des mutations du monde du travail ou de la crise écologique.  La division de la gauche n’est qu’une conséquence de sa vitrification. La gauche française croit qu’en recourant aux recettes de l’Union de la gauche repeinte en Vert et de la Gauche plurielle, l’appel magique à l’unité (ou pou  l’extrême gauche  à la grève générale) tient lieu de remède à son incapacité à comprendre, à analyser, à s’adapter au monde né de la mondialisation. C’est pourquoi il nous semble inutile de s’associer aux appels lancés, avant même le résultat des européennes, par des responsables politiques de différents partis, pour reconstituer l’union des gauches, pour la refonder, la remodeler, la rénover. Nous avons déjà donné dans ces opérations de rafistolage et de replâtrage qui ne débouchent sur rien. Cela, les électeurs n’en veulent plus. Ils l’ont vécu et c’est d’ailleurs ce qui a ouvert la voie à l’effondrement de ces partis et à l’élection de Macron et à sa politique désastreuse. Si un éventuel Rassemblement se concrétisait, nous y participerions en tant que composante à part entière, celle de l’écologie populaire et sociale. La seule unité́ qui pour nous a du sens, c’est l’unité́ pour la défense des communs, pour la défense de la planète et des humains, pour le droit de bien vivre dignement, pour la décroissance soutenable, pour le droit à décider ici et maintenant. C’est pourquoi, nous pensons que la reconstruction de la gauche passe non pas par des appels incantatoires et sans contenu à la refondation d’une Gauche qui n’existe plus mais par trois campagnes de terrain qui puissent apporter des victoires conséquentes : le référendum contre ADP, la lutte contre la répression et pour la démocratie, la bataille pour le climat en la liant aux villes en transition. Les militants de gauche et écologistes n’ont pas besoin de discours. Ils ont besoin de gagner ensemble, d’être fiers de ces victoires.

  1. Pour une stratégie municipaliste.

Les municipales vont être un élément essentiel de la recomposition politique car elles permettront aux Gilets jaunes verts, rouge, de s’organiser dans des Assemblées populaires locales permettant de constituer des listes municipalistes. Notre rôle est de favoriser de telles listes, d’en être à l’initiative là ou nous le pouvons, d’aider concrètement ces listes à exister (en terme de projets et de programmes, de mutualisation des bonnes expériences …). L’écologie populaire et sociale doit se mettre au service de cette dynamique municipaliste qui ne se réduit pas à présenter des listes dites citoyennes. Notre feuille de route est issue de l’Appel de l’Assemblée des Assemblées de St Nazaire : « Nous, Gilets jaunes réunis en Assemblée des assemblées appelons l’ensemble des Gilets jaunes ainsi que toutes nos concitoyennes et nos concitoyens à s’engager dans la réappropriation de notre pouvoir politique. Une étape importante de cette reconquête passe par le niveau local. Nous appelons à créer dans chaque commune de France où cela est possible une ou plusieurs assemblées citoyennes et populaires. Car ce pouvoir nous a enté confisqué comme nous le constatons dans de multiples domaines : écologie, public/privé (privatisation), démocratie, etc.. Ces assemblées sont l’expression de la volonté populaire. Chaque assemblée mène ses propres expériences en toute autonomie dans le respect de l’intérêt collectif (en lien avec des associations, Gilets jaunes seuls, groupes de citoyens, associations de quartiers, présentation de listes ou non, etc.). Nous appelons les assemblées citoyennes et populaires, ainsi créées, à se fédérer en réseau par l’échange de leurs expériences. Réapprenons à partager nos préoccupations pour définir ensemble ce que nous voulons ! Réapprenons à vivre ensemble où nous habitons !».  Nous avons besoin d’avoir un maximum d’élus issus de ces listes et labellisés sous la bannière de l’écologie social pour refonder l’écologie politique sur les bases politiques de l’écologie et sociale. Les élus communalistes seront un des piliers de l’écologie de transformation.

  1. Construire l’écologie populaire et sociale 

Ces résultats montrent aussi que les petits calculs boutiquiers ne peuvent plus être de mise. Personne ne peut prétendre représenter à lui seul l’écologie politique. Il y a urgence dans une perspective de rupture avec le capitalisme vert à regrouper les forces et à construire une représentation politique de d’écologie populaire et sociale, C’est pourquoi, pour notre part, nous nous sommes engagés dans la construction d’une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale, afin de fédérer dans un mouvement toutes celles et tous ceux qui revendiquent la couleur verte de leur drapeau sans le confondre avec le greenwashing du capitalisme vert. La politique ayant horreur du vide, nous devons faire émerger maintenant et rapidement cette autre écologie. En raison du résultat du 26 mai les échéances s’accélèrent pour notre courant d’idée. Notre appel à une Assemblée Constituante de l’écologie Populaire et Sociale doit maintenant passer à la vitesse supérieure en s’organisant à l’échelle nationale, en se rendant visible sur le plan politique, en aidant les listes municipalistes écologistes et sociales, en s’homogénéisant (Charte commune, projet affirmé, organisation assembléiste et fédéraliste). Nous appelons toutes celles et tous ceux, les signataires de notre appel, les groupes locaux d’activistes écologistes ou décroissant, les groupes locaux issus de la FI, du mouvement libertaire et ou de l’écologie, les Gilets Jaunes et ceux de la Génération Climat à s’organiser à travers cette Constituante en organisant des Assemblées locales, départementales,  régionales, en participant à une rencontre d’été et  en désignant leurs représentants à l’Assemblée Constituante qui aura lieu début octobre.

Patrick Farbiaz

(membre de la Coopérative de l’écologie sociale et du Comité d’Animation de l’Appel pour une Assemblée Constituante de l’écologie populaire et sociale)

La fin de l’écologie du “en même temps”

L’incapacité d’EELV à prendre le leadership d’une campagne européenne où pourtant l’écologie est au centre des préoccupations, signe la fin d’une illusion : celle de l’écologie attrape tout. Si tout le monde est écologiste, alors il faut choisir quelle écologie on défend. A force de ménager la chèvre et le choux, l’écologie des petits pas et la rupture avec le capitalisme vert, l’économie de marché chère à Yannick Jadot et l’écologie qui se bat pour la survie des classes populaires, la croissance verte et la décroissance soutenable, EELV s’est marginalisée. A sa naissance en 1984, la seule couleur verte revendiquée constituait l’ADN du parti Vert. Il lui suffisait de hisser son drapeau pour compter dans la vie politique. A l’époque personne ne se réclamait de l’écologie politique, hormis ce nouveau parti issu d’une hybridation entre mouvement environnementaliste et une partie de l’extrême gauche post soixante huitarde. 35 ans plus tard, la situation s’est diamétralement transformée. Son repli sur soi n‘est que le symptôme d’une crise d’identité, de projet, de sens qui atteint de plein fouet une organisation nécrosée qui n’a pas su trouver son chemin, écartelée qu’elle est entre plusieurs visions de l’écologie politique. Ce qui a affaibli EELV, ce ne sont pas les «trahisons» de certains, c’est le refus de se positionner contre le greenwashing et l’économie verte, les atermoiements face au mouvement social écologiste populaire des Gilets Jaunes ou encore le désistement en faveur du Parti Socialiste aux dernières présidentielles. A force de renoncements, la force structurante de l’écologie politique est devenue une idiote utile du système. L’existence de ces trois écologies concurrentes, celles de l’écologie libérale, d’une sociale démocratie verte et de l’écologie de transformation, la notre, structure désormais le paysage de l’écologie politique et signe la fin d’une fiction, celle d’un parti de toute l’écologie. EELV a cru un moment atteindre une masse critique lui permettant de se soustraire à la loi de la gravitation universelle. Mais n’est pas soleil qui veut. Les planètes macronistes, et insoumises s’étant elles mêmes écologisées, chacune à leur manière, elles montrent que le roi est nu et attirent chacune à elle une partie de l’électorat d’EELV, prise en sandwich entre la liste d’En Marche et celle de la France Insoumise, sans compter l’électorat résiduel du PS et de Générations qui se réclament elles aussi d’une écologie aseptisée. C’est pour cela que nous appelons pour les élections européennes, à voter pour la liste de la France Insoumiseanimée par Manon Aubry. En l’état c’est la seule liste à représenter les aspirations anticapitalistes de la jeunesse en lutte pour le climat, des Gilets jaunes ou des zadistes de Bure au TGV Lyon Turin. L’écologie rebelle, l’écologie de transformation qui regroupe écologistes sociaux, objecteurs de croissance, éco socialistes, éco féministes, zadistes doit maintenant se mettre en mouvement parce qu’il s’agit non seulement de s’opposer à la dérive d’EELV mais aussi de contrer le projet de coalition entre le groupe des libéraux emmenée par Macron et Cohn Bendit et le groupe des Verts au Parlement Européen. Ce Groupe dirigée par les GrünenAllemands alliés maintenant à la droite allemande dansplusieurs länders assume le rôle d’un parti centriste et libéralsans états d’âme. Cette coalition entre les Macronistes et les Verts renforcerait les partisans d’une Europe aux mains de la Commission Européenne et des GAFA, d’une Europe du libre échange et de la concurrence « libre et non faussée » au détriment d’une Europe des Communs, de la justice sociale et fiscale, libérée des lobbies. C’est aux écologistes anticapitalistes, rebelle et insoumise, qu’il revient maintenant de sauver la seule idée neuve du XXIème siècle.

 

Francine Bavay, Sergio Coronado, Patrick Farbiaz, Jean Laffont, Elise Lowy, Bénédicte Monville

Emmanuel Macron prétend sans pouvoir convaincre s’opposer au nationalisme

La lettre d’Emmanuel Macron aux « citoyens d’Europe » déploie une rhétorique qui cherche à représenter l’inverse de ce que les implicites qui soutiennent son discours signifient. Cet article vise à expliciter les contradictions, le révisionnisme et la colonialité d’un discours qui prétend sans pouvoir convaincre s’opposer au nationalisme.

Cet article que j’ai volontairement concentré sur la question du nationalisme dans la lettre d’Emmanuel Macron est un extrait d’une analyse plus complète dont je publierai le deuxième volet autour de celle de l’écologie dans les jours qui viennent. 

La dénonciation par Emmanuel Macron du « mensonge et de l’irresponsabilité » des opposants à l’Union européenne dont il condamne le « repli nationaliste » et que seul désigne le pronom interrogatif « qui », en introduction de questions rhétoriques, est une manière de frapper l’ensemble de ses oppositions politiques d’une indignité nationaliste et d’esquiver le débat sur le fond. 

Pour autant, il y loin entre ceux qui pensent que les traités européens ont organisé cette Europe du capital qui précipite des millions d’Européens dans la pauvreté, creuse les inégalités dans nos pays et entre eux, condamne des dizaines de milliers de migrant-es à la mort, à l’enfermement, à la torture, à l’esclavage et les nationalismes que le président Macron prétend attaquer. Cette manipulation, qui évince du champ du débat politique les critiques formulées depuis des points de vue internationaliste, cosmopolite, écologiste et social, vise à mettre en scène un affrontement binaire mais factice où il incarnerait le bien « progressiste » contre le mal nationaliste des « exploiteurs de colère ». 

Une colère à propos de laquelle le président Macron évite de dire d’où elle vient et en quoi ils l’exploitent ? Deux questions auxquelles, on le comprend bien, il ne peut pas répondre. Puisqu’il lui faudrait admettre la responsabilité de tous les exécutifs avec lesquels, d’une manière ou d’une autre, il a collaboré avant de s’arrêter sur sa propre présidence. Face à la première, il lui faudrait admettre l’échec des politiques libérales à régler au moins deux des maux auxquels elles ont prétendu être la solution : le chômage et la pauvreté. Face à la deuxième, il lui faudrait reconnaître que les principaux mensonges sur lesquels prospère le nationalisme, celui de la menace migratoire ou de l’intégration impossible de populations issues de l’immigration qui sont toujours soupçonnées de fomenter le chaos, ont été sciemment propagés par les gens de son camp qui, des LR au parti socialiste, ont chevauché et légitimé le discours de l’extrême-droite sur la menace migratoire ou post migratoire pour divertir les opinions publiques de leur responsabilité dans la mise en oeuvre des politiques qui les ont appauvri et les exposent à la violence des transformations écologiques.

D’ailleurs, le nationalisme fonctionne dès son avènement comme un instrument de diversion des populations devant l’absence de régulation du capitalisme industriel et ses ravages parmi la classe ouvrière. Dès l’origine encore, il est assorti du colonialisme avec lequel ils forment un couple idéologique dont le président Macron évite soigneusement de rappeler qu’il fut une des instruments du triomphe de la bourgeoisie qui, du 19ème siècle à la première moitié du 20ème, lui garantit la conquête définitive du pouvoir et la mobilisation de populations auxquelles elle déniait l’égalité politique et sociale promise par la Révolution qu’il s’agissait d’intégrer à l’appareil productif industriel et d’envoyer à la guerre, coloniale d’abord, mondiale ensuite.

Ces escamotages soutiennent un « progressisme » qui sent la naphtaline quand il nous ressert le mythe d’une « civilisation européenne » arrimée à une « identité ». Il n’y a pas d’identité européenne mais une histoire, parfois commune, parfois non, qui a vu se constituer et se défaire des ensembles politiques qui ont entretenu entre eux, avec les populations qui les ont constitués et le reste du monde des relations très différentes. Cette vision fixiste des sociétés humaines, véritable révisionnisme anthropologique, est encore un trait qu’il partage avec le nationalisme. Tout comme il est faux d’affirmer que le modèle européen repose sur la « liberté de l’homme », un homme unique dont le président prétend ici qu’il dissimule l’inégalité d’individus appartenant à des groupes institués par l’ordre inégalitaire de nos sociétés et dont l’exercice de la liberté varie sensiblement. Une proposition flanquée d’une langue sexiste. 

Dans la même veine, ce président funambule propose de « remettre à plat l’espace Schengen » non pas pour en finir avec l’Europe forteresse mais pour renforcer « la nécessité de frontières qui protègent » dont il prétend, en outre, qu’elles sont une condition à la création d’un « sentiment d’appartenance » à la « communauté » européenne ? Ce qui signifie, en creux, que les populations européennes seraient menacées par les migrations et que le sentiment que nous pouvons avoir d’être lié au destin d’une communauté humaine ne peut s’épanouir qu’en opposition à d’autres êtres humains. Terrible proposition de repli. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Une autre concession de taille au « repli nationaliste », il le dit lui même, qu’il prétend fustiger. Ses affirmations contredisent toutes les analyses du programme des Nations Unies pour le développement humain (PNUD) qui montrent au contraire que les migrations dans le monde contemporain sont fécondes pour les sociétés. Et puis, que signifient « ces obligations strictes de contrôle » sans que soit jamais évoquée notre obligation stricte d’application du droit d’Asile ? Que signifie cette « solidarité européenne » de la part du président d’un État membre qui refoule systématiquement les migrant-es en provenance d’Italie y compris en bafouant le droit des mineurs auquel il est normalement soumis ? Quel sens donner à cette promesse de solidarité quand celui qui la formule fut conseiller puis ministre d’un gouvernement qui entre 2013 et 2014 a ignoré les appels à davantage de solidarité européenne de la part du gouvernement italien qui fut laissé seul dans sa tentative (la dernière) de répondre de manière humaine au drame des migrant-es qui se noient en mer Méditerranée ? 

Qu’importe les réponses puisque se sentant particulièrement inspiré par cet « humanisme européen qui est une exigence d’action » et dans un élan qu’on pourra juger contradictoire avec son souci de la frontière, Emmanuel Macron, pour qui « l’Europe a toujours su définir les normes du progrès », nous invite à nous tourner vers l’Afrique. Qu’importe là encore que l’humanisme soit justement né d’une critique virulente de cet ethnocentrisme occidental qu’il reprend à son compte et sur lequel de riches marchands allaient fonder leur droit à piller, leur droit à tuer. 

D’ailleurs, les puissances impérialistes européennes se sont-elles détournés un seul jour ces quatre cents dernières années de l’Afrique ? Saint-Louis du Sénégal, fondé en 1638, fut le premier comptoir français permanent en Afrique. Et le moins qu’on puisse remarquer est que l’Afrique a jusque là payé un lourd tribu à ce « destin commun ». Il serait également utile au président Macron de se demander quel progrès a préfiguré l’aventure coloniale en Europe même ? Aimé Césaire parlait du « progrès lent mais sûr de l’ensauvagement du continent », celui qui nourrit la « barbarie suprême ».

Sait-il que la simple évocation de l’aide au développement de la part d’un des premiers représentants d’une ancienne puissance coloniale dont le joug a brisé les sociétés africaines pré-coloniales des territoires qu’elle a conquis ou des principaux acteurs du capitalisme mondial dont le système de prédation ruine les populations africaines demanderait à être assorti d’une série de précautions pour ne pas être lue comme le signe d’un projet funeste. L’aide publique au développement envisage le plus souvent les intérêts des bénéficiaires, en fonction d’une définition rarement laissée à leur appréciation. De fait, elle a imposé des politiques dites d’ajustement structurel qui ont accéléré l’intégration des économies africaines au marché mondial en encourageant leur orientation vers le marché primaire des matières premières. Et ce, au profit des multinationales qui y développaient les infrastructures nécessaires à leur exploitation et des oligarchies au pouvoir justement pour leur inclinaison à accepter les termes d’un contrat extrêmement défavorables aux sociétés civiles. Quant aux pays de la zone Franc, ancien pré-carré colonial français en Afrique, le maintien du franc CFA par ces mêmes oligarchies asservies à leur tour aux intérêts de celles de la zone euro, encourage le processus d’accumulation des richesses en dehors de ces pays et donc de l’Afrique.

Que diable ! Tout heureux de son élan altruiste, le président veut que l’Europe soutienne des partenariats universitaires avec des universités africaines au moment même où son gouvernement décide de l’augmentation prohibitive pour les étudiant-es étrangers, en particulier africains, de leurs frais d’inscription dans les universités françaises.

La contradiction n’effraie pas Emmanuel Macron qui réclame dans la même phrase que l’Europe porte une attention particulière à l’éducation des jeunes filles africaines. À ce stade de son exposé l’odeur rance du colonialisme a envahi la pièce. Celui dont Albert Memmi disait qu’il s’employait à transformer le colonisé afin qu’il réponde aux exigences économiques et affectives du colonisateur. Et, j’ajoute, en particulier, à transformer la colonisée. Le président français commence par rapetisser l’Afrique en niant, à travers une représentation monolithique de la situation des femmes, tout à la fois l’immensité géographique du continent et la variété époustouflante des sociétés humaines qui s’y déploient. Ensuite, il réitère la proposition que la situation des femmes en Afrique aurait quelque chose à envier à celles de leurs soeurs européennes et, par conséquent, que ces dernières ne seraient pas, elles aussi, soumises à la domination masculine et glorifie, du même coup et encore une fois, le mythe de la supériorité des sociétés européennes. Un autre trait commun avec les nationalismes. Les femmes africaines subissent, comme partout ailleurs, la domination masculine qui trouve en Afrique, comme partout ailleurs, son origine dans la division sexuelle du travail, un fait social universel. Comme partout ailleurs, leur émancipation est proportionnelle au contrôle qu’elles exercent ou pas sur la production et la distribution des biens qu’elles produisent. Comme partout ailleurs, la lutte contre la domination masculine passe par une politique volontariste de réduction des inégalités qui cible singulièrement les inégalités femmes-hommes. 

Cette lettre n’est pas une coquille vide mais la lettre d’un très vieil homme incapable de tirer les enseignements des impasses où nous ont conduit le capitalisme libéral intrinsèquement impérialiste. Une idéologie dangereuse qui soumet le monde à un régime de prédation insoutenable et brutalise nos sociétés. Une idéologie qu’Emmanuel Macron cherche ici à régénérer à travers les artifices mortifères d’une sorte de nationalisme élargi aux frontières de l’Europe.

Cet article a d’abord été publié ici

Pour une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale

Le soulèvement populaire des Gilets Jaunes, le combat pour la justice climatique, le développement des ZAD mettent l’écologie au centre du débat public.

Les Gilets Jaunes animent un mouvement de survie social écologique qui pour la première fois implique massivement les classes populaires. Ils imposent le débat sur des questions écologiques : déplacements contraints, étalement urbain, précarité énergétique, taxe carbone, services publics de proximité…, mais aussi désobéissance civile, convivialité des ronds points, contestation de l’organisation verticale et jacobine du pouvoir dans les organisations…  

Avec plus de 2 millions de signatures de la pétition de « l’Affaire du Siècle » et la grève scolaire du 15 mars, les marches climats appellent à la convergence entre « les fins de mois et la fin du monde ».  Notre Dame des Landes est une victoire historique du même type que le Larzac. Les ZAD malgré la politique autoritaire et liberticide du gouvernement Macron- Philippe, continuent à se développer de Bure à Europa City, de Roybon à la LGV Lyon Turin. 

Ces mouvements sont l’expression d’une résistance des peuples à la crise sociale écologique accélérée par la mondialisation capitaliste. Elles sont la réplique française au mouvement des Places, des indignés à Occupy Wall Street, des révolutions arabes, de la révolte des peuples indigènes contre l’extractivisme, des mouvements d’émancipation qui, du Rojava au Chiapas en passant par la Catalogne contestent l’ordo libéralisme 

Pourtant paradoxalement, l’écologie politique n’est plus qu’un champ de ruines.  

L’écologie libérale de marché a démontré avec le Ministère Hulot son échec programmé et sa capitulation face au productivisme : Glyphosate, Montagne noire et forages pétroliers en Guyane, reculs sur le nucléaire sur le CETA, sur Bure, sur l’huile de palme, sur la loi sur l’alimentation et sur la loi littoral… La preuve est faite. Le capitalisme repeint en vert qu’on l’appelle économie verte, économie circulaire, développement durable est un leurre. 

L’échec de l’écologie de marché entraîne dans sa foulée celle de l’écologie d’accompagnement. SI un parti Vert était nécessaire dans les années 80 et 90 pour éveiller les consciences, il est désormais obsolète, ses tâches ayant été accomplies. L’illusion de réunir tous les écologistes au sein d’une même famille ne peut plus tenir lieu de programme. D’autant plus qu’émerge une 4ème écologie politique, celle de l’éco-fascisme.

Pour les signataires de cet appel, le temps est venu d’un mouvement de l’écologie populaire et sociale. L’écologie populaire de transformation suppose une politique de rupture avec le capitalisme vert et une convergence des luttes sociales et environnementales. Cette écologie converge sur les objectifs : elle se retrouve pour prôner une décroissance soutenable, défendre les communs, l’entraide, la coopération, lier biodiversité et diversité humaine, lutter contre toutes les dominations sociales (genre, ethnique, social), défendre la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie, en finir avec les Grands Projets Inutiles, les crimes industriels (usines Sévéso, amiante, produits toxiques…) participer à la mise en place d’une démocratie par en bas. Elle se réclame de René Dumont, d’André Gorz, de Félix Guattari, de Murray Bookchin 

Mais son émiettement la rend impuissante. L’écologie populaire si elle prenait conscience de sa force et s’organisait dans un pôle unifié de l’écologie de transformation deviendrait une force incontournable capable de donner une perspective politique claire à tous les déçus de l’écologie politique et d’une gauche déboussolée. C’est pourquoi nous appelons à une Constituante de l’écologie populaire et sociale, ouverte à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi l’AG de cette constituante pourrait se donner comme ordre du jour : 

1. Identifier ce qui nous rassemble et ce qui nous divise en proposant une charte commune de l’écologie populaire et sociale ; et entamer les débats de fond sur ce qui ne fait pas consensus entre nous

2. Proposer des campagnes communes rassemblant les groupes locaux qui se réclament de cette mouvance pour crédibiliser notre démarche et la rendre visible. 

3. Lancer une dynamique de rassemblement à travers une Conférence Permanente de l’EPS, une Université d’Automne, des outils numériques communs…

4. Préparer l’émergence de listes municipalistes, citoyennes, écologistes et sociales en 2020

Nous appelons les écologistes organisés ou non, tous les groupes, mouvements et organisations locales ou nationales à nous contacter pour préparer ensemble cette Assemblée Constituante de l’écologie populaire. Que vous soyez écologistes sociaux, municipalistes libertaires, écosocialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, éco syndicalistes, écologistes radicaux, zadistes, écologistes membres de la France Insoumise, du NPA, et d’Ensemble,  d’alternative Libertaire, d’Ecologie sociale, Objecteurs de croissance, du Mouvement Ecolo, gauche d’EELV, courants autonomes et libertaires de l’écologie radicale, éco communistes, militants de la libération animale,  Gilets jaunes ou Gilets Verts, si vous vous reconnaissez dans ce texte, réunissez vous dès maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de la première Assemblée constituante de l’écologie populaire et sociale ;

Pour le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple !

 

Premiers signataires :

  1. Henrietta Agbo (75), 
  2. Olivier Agulo (13), 
  3. Françoise Alamartine (34), 
  4. Martine Alcorta (33), 
  5. Marie Aoustin (75020), 
  6. Georges Auspitz, (38 Bourgoin-Jallieu),
  7. Jérôme Bau (13 Marseille), 
  8. Damien Bastian (44), 
  9. Francine Bavay (75011), 
  10. Mathieu Béchu Diaz (67), 
  11. Isabelle Begue (La Réunion), 
  12. Jésahel Benoist (62), 
  13. Jean-Louis Berland (91- Saint-Michel-sur-Orge), 
  14. François Bernard (92 Malakoff), 
  15. Laura Berson (75), 
  16. Gérard Berthet (69 Lyon), 
  17. Michel Besson (93-Saint-Denis), 
  18. Xavier Bigot (Carcassonne – 11), 
  19. Antoine Billiottet (13), 
  20. Raymonde Bonnet (92), 
  21. Jean-Claude Bonnet,(33Lormont), 
  22. Alima Boumediene (95), 
  23. Kevin Bourgin (75), 
  24. Jean Brafman (93 Saint-Denis), 
  25. Jérémy Briantais (75013), 
  26. José Brochier (34), 
  27. Thierry Brugvin (25), 
  28. Maximen Caillon (87 Limoges), 
  29. Marco Candore (75011,)
  30. Brigitte Carraz (68), 
  31. Yohan Cervantes (Saint-Philippe, 974 la Réunion),  
  32. Jacky Chabrol (63), 
  33. Hélène Charrier (03 Vicq), 
  34. Erwan Chartrain (Maroc), 
  35. Jérôme Chassin (75018), 
  36. Didier Chérel (06 – Mouans-Sartoux), 
  37. Thomas Chevrier (44 Nantes), 
  38. Hanna Clairière(93 Saint Denis), 
  39. Cyril Cognéras (87), 
  40. Marie-Claude Collin (Moselle), 
  41. Sergio Coronado (75), 
  42. Stéphanie Coursodon (73), 
  43. Olivier Crenn (26), 
  44. Geneviève Cros (38), 
  45. Louise Crovetti (84), 
  46. Marcel Cunin (75), 
  47. Stéphane Cuttaïa (77), 
  48. Pierre Dagobert (56), 
  49. Fanny Darius (75012), 
  50. Christian David, 
  51. Jim Delémont (44), 
  52. Bruno Deléonet (Saint-Junien (87), 
  53. Lionel Deschamps (89), 
  54. Annie Descot (33), 
  55. Suzanne D’hermies (75020), 
  56. Denis Donger, (26 Romans), 
  57. Edwige Dorbon (89), 
  58. Fabrice Doublet (60), 
  59. Véronique Dubarry (93 Ile St Denis), 
  60. Danyel Dubreuil (93 Bagnolet), 
  61. Yves Durieux (69-Rillieux-la-Pape), 
  62. Dominique Duval (14-Trouville), 
  63. Touraj Eghtesad (67), 
  64. Didier Epsztajn (75), 
  65. Patrick Farbiaz (75020), 
  66. Claude Farcy (56), 
  67. Jean Fauché (81), 
  68. Julien Floquet, 
  69. Axel Fournier (87), 
  70. Yves Frémion (75020), 
  71. Caroline Fesselier (35 Servon-sur-Vilaine), 
  72. Boris Gabriels (75020), 
  73. Merlin Gautier-Marchand (75018), 
  74. Vincent Gay (93), 
  75. Maud Gensel (37), 
  76. Paul-Emile Geoffroy(Les Disparates – Paris-Forcalquier), 
  77. Mariette Gerber (11 Treilles), 
  78. Fabien Givernaud (38), 
  79. Pierre Goletto (77), 
  80. Liam Gonzalez (33), 
  81. Laurent Grisel, 
  82. Didier Grouard (56 Noyalo), 
  83. Bernard Guibert (14, Trouville), 
  84. Sébastien Guillon (79), 
  85. Benoit Hazard (93,Pierrefitte), 
  86. Odile Hélier (75), 
  87. Marie Heraudeau (44), 
  88. Mathias Isimat Mirin (93 Pantin), 
  89. François Hoog (26), 
  90. Alain Jean-Joseph (94), 
  91. Patrick Jimena (31), 
  92. Benjamin Joyeux (74), 
  93. Fredéric Jouvin (92 Clichy), 
  94. Françoise Kiéfé (75015), 
  95. Marjorie Keters (93 Pantin), 
  96. Sylvain Knittel (75005), 
  97. Pierre Labeyrie (31),  
  98. Christine Ladret (44 Nantes), 
  99. Jean Lafont (75015), 
  100. Jean-Charles Lallemand (75011), 
  101. Stéphane Lavignotte (93 Ile St -Denis), 
  102. Ronan Le Boubennec (Paris 20), 
  103. Philippe Leclerc (88), 
  104. Michelle Lecolle (57), 
  105. Youna Le Corre (56 Lorient), 
  106. Arthur Ledard (33), 
  107. Benjamin Le Guillou ( 974- La Réunion), 
  108. Corinne Lehl (69), 
  109. Marylène Lenfant (93 Saint- Denis), 
  110. Elise Lowy (75), 
  111. Paul Lowy (14), 
  112. Raphaël Lebrujah (93 Drancy), 
  113. François Longérinas (93 St-Denis), 
  114. François Maillard (14), 
  115. Frédéric Malvaud (50), 
  116. Renaud Mandel (75020), 
  117. Jean-Marie Marguerite (29 Plougonven),
  118. Gilles Martinet (75018), 
  119. Frédérique Maumet ( 91), 
  120. Pascal Mayol (83) 
  121. Jean-Marie Mémin (13 Marseille), 
  122. David Millet ( 26 Crest), 
  123. Gilles Monsillon (95), 
  124. Bénédicte Monville (77 Melun), 
  125. Marc Morisset ( 33 St-Médard en Jalles), 
  126. Jean Morlais (77 Saint-Fargeau-Ponthierry), 
  127. Fatiya Mothay (77 Melun),
  128. Anne-Marie Nageleisen (37), 
  129. Camille Nashorn  (69), 
  130. Laura Natiez (44), 
  131. Sylvie Nony (33), 
  132. Xavier Normand (31 Castanet-Tolosan), 
  133. José Olmos (16), 
  134. Mehmet Ozguner, (93 Bondy), 
  135. Murriel Padovani-Lorioux (19), 
  136. Nathalie Palmier (67), 
  137. Jean-François Pellissier (75013), 
  138. Laurine Pereira (69), 
  139. Cyril Perret, (69,Villeurbanne), 
  140. Gérard Perrier (13 Marseille), 
  141. Arnaud Petit (40 Moustey), 
  142. Patrick Petitjean, (40140 Soustons), 
  143. Jean-Jacques Piard (56 Lorient), 
  144. Sonia Pignot (93 Saint-Denis), 
  145. Sandra Pizzolato (38 Moirans), 
  146. Raymonde Poncet (69), 
  147. François Ralle Andreoli (Espagne), 
  148. Yohan Reversat (44 Nantes), 
  149. Serge Rivret (75020), 
  150. Benoît Rougelot (75), 
  151. Alfred Ruiz (67300 Schiltigheim), 
  152. Laurent Saint-André (75010), 
  153. Annie Samson (85), 
  154. Jean Sarasin (22 Lanvellec), 
  155. Gilles Sarter (34), 
  156. Johanna Schneider (78), 
  157. Éric Schultz ( Strasbourg 67), 
  158. Christian Sunt (30), 
  159. Laure Tachoires (31) 
  160. Michel Thomas (51), 
  161. David Thomas (35 Crevin), 
  162. José Tovar (93), 
  163. Annie Turon, 
  164. Gianni Vacca (92), 
  165. Landeline VIillemey (26), 
  166. Michel Wilson (69 Lyon), 
  167. Roger Winterhalter (68)

Appel soutenu par la Coopérative Politique Ecologie Sociale, le Mouvement Ecolo

Pour signer, contribuer au débat , prendre contact : appeleps@lilo.org

Revue de presse

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200319/pour-une-assemblee-constituante-de-l-ecologie-populaire-et-sociale

SOS Démocratie en péril – Pour la constitution d’une coordination nationale anti-répression

En écho aux mobilisations unitaires des Gilets jaunes, du mouvement social et des quartiers populaires, cette tribune, à l’initiative d’une centaine d’intellectuel.le.s et de militant.e.s de diverses organisations, préconise de constituer une coordination nationale anti-répression.

Il est urgent de mettre un terme à la dérive antisociale, antidémocratique et autoritaire dont fait preuve le pouvoir en place depuis l’élection – par une minorité de Français – d’Emmanuel Macron. L’une s’alimente en effet de l’autre. La destruction accélérée de nos conquêtes sociales est facilitée par la remise en cause de libertés et droits fondamentaux, cela par le recours à une répression policière et judiciaire sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Cette stratégie a pour effet de criminaliser les acteur.e.s des mobilisations sociales et de nous cantonner dans des luttes défensives, tout en facilitant le passage en force du pouvoir pour imposer ses « réformes » destructrices, au mépris de l’intérêt général.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sous la présidence de François Hollande, des milliers de citoyen.ne.s, de jeunes même mineur.e.s, de militant.e.s et d’élu.e.s notamment, ont connu le «talon de fer» dans le cadre d’interventions policières : agressions physiques, blessures et morts, arrestations, poursuites judiciaires, perquisitions, condamnations, assignations à résidence, contrôles…..Les violences policières, d’abord appliquées aux quartiers populaires et aux concitoyen.ne.s descendant d’immigrations et souvent originaires, comme les migrant.e.s, de pays encore soumis à la prédation néo-coloniale, se sont vues étendre à l’ensemble du mouvement social et écologique. Les Gilets jaunes qui, à partir des périphéries abandonnées, remobilisent le pays de manière très majoritairement pacifique, paient un lourd tribut, et l’emploi d’armes meurtrières par les forces de l’ordre françaises fait l’objet de condamnations internationales, de la part du Défenseur des droits, de l’ONU, du Parlement européen, du Conseil de l’Europe … Qu’en sera-t-il de cette politique de «maintien de l’ordre» après le vote de la loi «Prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations», qui aggraverait la loi de sécurité intérieure (d’octobre 2017), et à laquelle s’ajoute un projet législatif visant à restreindre les libertés de la presse?

Ce régime s‘appuie aussi sur un courant d’extrême droite et xénophobe qui, se nourrissant de la crise systémique d’après 2008, a conquis des centaines de places électives (municipales, régionales, européennes…) et qui alimente en sous-main un climat de violence, dont les médias dominants imputent la responsabilité aux seuls Gilets jaunes, et aux «casseurs» dans le cadre de cette mobilisation. Au bout de quatre mois d’affrontements urbains, les ronds-points sont «dégagés», mais même si, par des sondages aléatoires, on veut nous faire croire que l’opinion bascule en faveur de l »’ordre » dit républicain, dont le «grand débat» est une expression lénifiante, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblit pas et renforce ses liens avec d’autres composantes du mouvement social. Parti d’une revendication catégorielle, il s’est élargi à une liste de propositions citoyennes qui remettent en question le fonctionnement même de la 5è République.

Quel débouché politique sera celui de cette mobilisation historique, aux élections européennes de mai prochain notamment, dans un contexte international désormais largement hostile aux droits démocratiques? Un élément à faire fructifier, c’est l’offensive gagnante de médias, de juges et de la mission d’information du Sénat sur la question des « dysfonctionnements majeurs de services de l’Etat », qualifiés de « chaîne d’irresponsabilités», dans le cadre de l’affaire Benalla-Crase-conseillers de l’Elysée-Macron… . Voilà une forme de résistance significative à l’arbitraire oligarchique, à l’extérieur et à l’intérieur de l’institution.

C’est pourquoi nous militons pour qu’une campagne associant mouvement social, Gilets jaunes, quartiers populaires et comités de soutien des victimes, articule étroitement la reconquête démocratique et celle de notre modèle social issu du Conseil National de la Résistance. Il est urgent de lancer une alerte citoyenne et de constituer une coordination qui organise des meetings nationaux et régionaux anti-répression, et qui ouvre une caisse nationale de soutien aux victimes ou aux familles de victimes, alimentée notamment par les organisations qui ont les moyens dont les syndicats, ainsi que par les citoyen.ne.s. Enfin des Etats généraux doivent débattre et lister des éléments programmatiques et stratégiques pour le refus du néo-libéralisme autoritaire et la promotion d’un véritable Etat de droit, démocratique et émancipateur, dont l’interdiction des armes précitées.

14 mars 2019

Pétition :
https://www.change.org/p/sos-d%C3%A9mocratie-en-p%C3%A9ril
Version courte :
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/14/sos-democratie-en-peril/

Dossier de presse :
Libération :
https://www.liberation.fr/debats/2019/03/15/sos-democratie-en-peril_1715431
Invités de Mediapart :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/150319/sos-democratie-en-peril
L’Humanité
https://www.humanite.fr/sos-democratie-en-peril-669467


Premiers signataires : 

Assemblée des blessés

Etienne Adam, syndicaliste, militant des droits de l’Homme
Louis Adam commissaire aux comptes, retraité
Jean Agnès chercheur en philosophie de l’éducation, ancien responsable associatif (Metz)
Bernard Allain, Marseille
Nils Andersson ancien éditeur, essayiste géo-politique
Guy Ayats enseignant retraité, syndicaliste
Karine Ballon déléguée syndicale CGT Fonction publique territoriale (Grenoble)
Franc Bardou écrivain et poète occitan
Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens)
Adda Bekkouche juriste
Nicolas Béniès, économiste
Jacques Bidet, philosophe
Philippe Blanchet université de Rennes II, Fondation Copernic
Marie France Bonnemayre cadre de santé (34, Ganges)
Martine Boudet essayiste, CS d’Attac France (Toulouse)
Henri Braun avocat
Jean-Paul Bruckert, professeur retraité
Νοëlle Burgi, Université Paris I – CESSP, Département de Science Politique
Claude Calame historien et anthropologue (EHESS Paris), CS d’ATTAC, LDH
Gérard Chaouat directeur recherches émérite CNRS  INSERM (Paris, hôpital Saint Louis)
Jean Claret militant associatif (Toulouse)
Pierre Cours-Salies, universitaire, sociologue
Armand Creus, ancien responsable syndical au Grand Lyon – Metropole
Alexis Cukier, philosophe
Hendrik Davi, chercheur en Écologie, Marseille
Laurence De Cock, historienne 
Christian Delarue membre du CN du MRAP et altermondialiste (Rennes)
Bruno Della Sudda, militant altermondialiste et autogestionnaire (ancien conseiller municipal de Nice)
Gilles Deloustal simple citoyen (38, Les Adrets)
Monique Demare enseignante
Christian de Montlibert, sociologue, Strasbourg
Daniel Desmé, chargé de cours sociologie, retraité
Étienne Doussain, adhérent Attac
Tosse Ekue éducateur- animateur culturel
Didier Epsztajn, animateur du blog «entre les lignes entre les mots» 
Patrick Farbiaz militant écologiste
Jean-Michel Faure sociologue, membre du CSE (EHESS), professeur émérite Université de Nantes
Yann Fiévet socio-économiste
Bernard Fischer, employé de la Sécurité sociale
Jacques Fontaine, universitaire, géographe (Bourg-en-Bresse)
Jean-Marc Fontaine, retraité cheminot syndicaliste
Isabelle Garo enseignante, philosophe
Jean-Luc Gautero, directeur du département de Philosophie, Université de Nice-Sophia Antipolis
Karl Ghazi, syndicaliste, Paris
Jérôme Gleizes, Université Paris 13
Marie-Claude Herboux militante féministe
Gilles Houdouin, conseiller régional de Normandie (Le Havre)
Rada Iveković, réseau Terra
Samy Johsua universitaire en sciences de l’éducation (Marseille)
Anne Jollet, historienne
Robert Joumard commission Démocratie d’Attac France (Lyon)
Pierre Khalfa, économiste
Mathilde Larrère historienne 
Christian Laval, professeur émérite de sociologie
Claude Layalle, membre d’ATTAC France et du CL Paris 12ème
Christian Lazzeri philosophe
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Francis Lecomte militant associatif et membre d’ATTAC Le Havre
Corinne Le Fustec, militante de l’éducation populaire
Christophe Lemasson, militant syndical
Patrick Le Moal, inspecteur du travail retraité
Serge Le Quéau, co-fondateur de Sud PTT Bretagne et altermondialiste
Jean Paul Leroux, agrégé de philosophie (Gap)
Patricia Leuenberger CL Attac Pays Basque
Fred Licciardi, Attac Sète-Bassin de Thau (34)
Olivier Long universitaire et peintre, Université Paris I
Raymond Maguet retraité militant associatif et citoyen
Jean Malifaud syndicaliste FSU
Philippe Marlière universitaire (Londres)
Jean-Pierre Martin, psychiatre retraité du service public 
Michel Mas, militant associatif et syndicaliste (Carcassonne)
Gustave Massiah, économiste (Paris)
Christophe Mileschi professeur des universités, traducteur, écrivain (Paris-Nanterre)
Alain Miossec, militant syndical
Martine Monier, militante altermondialiste, Attac (Paris)
Bénédicte Monville, conseillère régionale Île de France, élue à Melun et à la CAMVS
Robi Morder juriste
Alain Mouetaux ancien militant SUDPTT, militant associatif Attac Réunion 974
Arnaud Muyssen médecin hospitalier 
Richard Neuville, militant autogestionnaire et syndicaliste (Ardèche)
Ambroise Noémie poète, chanteur (Pyrénées-Atlantiques) 
François Nowakowski, urbaniste, architecte, maître de conférences à l’ENSA de Lyon 
Ugo Palheta, sociologue
Jeanne Parreau, commission Démocratie d’Attac France (Lille)
Jean-François Pellissier employé, responsable politique
Bastien Pereira Besteiro, sociologue, militant SUD Education (Lyon)
Evelyne Perrin présidente de Stop Précarité, CS d’Attac France
Martine Petit, membre d’Attac Quimper, co fondatrice de ACTES en Cornouaille ( Alliance Citoyenne pour la Transition Écologique et Sociale)
Yves Quintal association ETM 31.46 (Cahors)
Emmanuel Renault philosophe
Michèle Riot-Sarcey historienne
André Rosevègue, syndicaliste, membre de l’UJFP
Louis Salce militant associatif (Carcassonne) 
Henri Saint Jean formateur en Travail Social, retraité Doctorant au Laboratoire BePsyLab «Bien-être & Processus de subjectivation» de l’Université d’Angers
Catherine Samary, économiste
François Schalchli Commission démocratie d’Attac France (Toulouse)
Serge Seninsky militant associatif (Paris 10)
Patrick Silberstein éditeur aux éditions Syllepse
Gérard Tautil essayiste, coordinateur de la revue «Occitania-Lo Cebier» 
Jacques Testart, biologiste, critique de science
Jean Michel Toulouse essayiste, militant associatif et politique
José Tovar, professeur, syndicaliste
Jérôme Valluy, enseignant-chercheur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Jean-Paul Vanhoove, coordinateur de l’agenda des actions africaines (92)
Pedro Vianna, poète, homme de théâtre
Christiane Vollaire philosophe
Louis Weber, éditeur (Le Croquant)
Pierre Zarka, ancien directeur de L’Humanité

Pour un plan d’urgence climatique et social ! Nous appelons ensemble à participer à la MARCHE DU SIÈCLE qui aura lieu le 16 mars prochain, dans plus de 100 villes en France.

Nous, mouvements politiques signataires, appelons ensemble à participer à la MARCHE DU SIÈCLE qui aura lieu le 16 mars prochain, dans plus de 100 villes en France, pour demander que soit mis en œuvre un plan d’urgence climatique et social et une accélération de la transition écologique, pour tous et avec tous. 

Les solutions pour enrayer le réchauffement climatique sont connues depuis longtemps.        Se déplacer, se nourrir, se loger, se chauffer, produire, consommer autrement c’est possible. Il est temps de les mettre en œuvre, sans en reporter la responsabilité aux générations futures. 

Les faits montrent que le gouvernement n’en prend pas la mesure. Il poursuit, au contraire, sa politique néo-libérale, climaticide et répressive. 

Les revendications climat portées par les mouvements citoyens, associations, syndicats et partis politiques pour engager réellement la transition ont été collectées et synthétisées. Voici celles prioritaires à nos yeux :

  1. Vers le 100 % énergies décarbonées 

Sortir rapidement des énergies fossiles : fin des soutiens publics et bancaires à ces énergies. Interdiction de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste et de houille.

Soutien fiscal et financier massif au développement des filières d’énergies renouvelables (développement d’un nouveau tissu industriel et de nouveaux emplois). 

  1. Vers une alimentation plus saine 

Stopper l’agriculture intensive : Interdire définitivement dès 2020 les pesticides les plus dangereux pour la santé et la biodiversité Réaffirmer l’interdiction stricte de la culture des OGM agricoles. Interdire les fermes usines et la maltraitance animale.

Réorienter les subventions de la PAC vers une agriculture paysanne, écologique et moins carnée, favorisant les circuits courts et qui produit des aliments sains.

  1. Vers une cohabitation entre l’homme et la nature

Mettre fin aux grands projets inutiles et climaticides contraires à l’intérêt général : Europacity, Montagne d’Or, grands projets autoroutiers et aéroportuaires, forages pétroliers… 

Développer les transports en commun et peu polluants, le covoiturage, le vélo, le fret ferroviaire et fluvial, maintenir les petites lignes ferroviaires. Désimperméabiliser les villes, investir dans la préservation et la restauration des sols vivants et des réservoirs de biodiversité. 

  1. Vers une justice climatique, sociale, fiscale et territoriale : 

Réduire les inégalités économiques et territoriales : Compenser la mobilité contrainte des plus pauvres, renforcer les chèques énergie, rétablir la progressivité de l’impôt. Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et des 1 % les plus fortunés. Une taxation carbone mieux ciblée et plus contraignante, appliquer le principe pollueurs-payeurs : basculer la fiscalité carbone sur les entreprises et les transports les plus polluants : avions (kérosène), camions, bateaux (fioul lourd). Interdire à terme la production et l’importation des véhicules essence et diesel.

Réinvestir les recettes dans la transition écologique des mobilités, réorienter l’épargne sur les livrets de développement durable vers des activités 100 % durables et solidaires. Instaurer une taxation sur les transactions financières, et redistribuer les richesses. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, augmenter les salaires, les pensions, les retraites, les indemnités de chômage et les minimas sociaux, plafonner les revenus, rétablir l’ISF.

  1. Vers un engagement solidaire, mesurable et transparent :

Exiger que la France tienne ses engagements pris lors de la COP 21, en matière de réduction des GES, c’est-à-dire une baisse mesurable dès 2019 dans le cadre d’une stratégie zéro carbone pour 2050. Fixer des objectifs de réduction d’émission de GES aux très grandes entreprises dont le siège social est en France, en ligne avec les engagements de la France. 

Mesurer l’empreinte carbone de la France et par secteurs et la publier annuellement. Ne plus cacher les faits sur l’urgence climatique et l’impact sur l’ensemble des populations du monde.

Rédaction initiale : Alice Brauns, François Dubreuil, Jeremy Dumont, #unis pour le climat — coorganisateur de la marche du siècle  

Ce texte sera diffusé par la presse et les réseaux sociaux et envoyé au Président de la République. 

Les mouvements politiques signataires : 

  • Coopérative Europe Écologie Les Verts 
  • Coopérative Politique Écologique Sociale
  • Diem 25
  • Ensemble !
  • Gauche Démocratique et Sociale
  • Génération·s
  • La France Insoumise
  • Mouvement Écologiste Indépendant
  • Nouvelle Donne
  • Parti de Gauche
  • Parti·e·s Pour La Décroissance
  • Parti Communiste Français