L’immigration en France et en Europe solidaire du peuple algérien

Les manifestations du 22 février, 24 février et 1er mars 2019 contre le « cinquième mandat » de l’actuel président a pris, en quelques jours, une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. Au fil des contestations à travers tout le pays – et qui se poursuivront par les « marches du 8 mars » –, ce refus du « cinquième mandat » est devenu l’expression d’un rejet total d’un pouvoir autoritaire qui perdure depuis l’indépendance.

Ce mouvement démontre aux yeux du monde entier, par son caractère pacifique et citoyen, une grande maturité de la jeunesse algérienne, des femmes et des hommes de tous âges et de toutes classes sociales qui sont descendus dans les rues des villes et des villages de tout le pays.

Dans l’immigration, plusieurs manifestations de solidarité se sont déroulées, faisant la démonstration que la mobilisation du peuple algérien pour exiger un Etat de droit, les libertés, la justice sociale et une véritable citoyenneté, est dans le prolongement des mêmes revendications des peuples aussi bien au Maghreb, au Moyen-Orient, qu’à travers le monde.

Nous, associations de l’immigration et de solidarité en France et en Europe, signataires :

– affirmons notre total soutien et notre solidarité avec les manifestations – en cours et à venir – du peuple algérien contre le « cinquième mandat », pour l’Etat de droit, les libertés et la justice sociale ;

– mettons en garde le pouvoir en place de toute tentative de dérive autoritaire cherchant à dévoyer les revendications pacifiques du peuple algérien ;

– appelons l’ensemble de l’immigration et les ami(e) de l’Algérie à travers le monde à la vigilance pour que les revendications légitimes du peuple algérien soient satisfaites.

Le 7 Mars 2019

https://www.humanite.fr/limmigration-en-france-et-en-europe-solidaire-du-peuple-algerien-669007

 

Premiers signataires 

Organisations :

 

  • Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)

  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)

  • Immigration Développement Démocratie (IDD)

  • APEL-Egalité

  • Association Na’oura-Bruxelles

  • Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT)

  • Association des Marocains en France  (AMF)

  • Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)

  • Association tunisienne Culture et solidarité

  • Association des Tunisiens en France (ATF)

  • Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

  • Association marocaine des droits humains (AMDH)-Paris

  • Association des Tunisiens du nord de la France (ATNF)-Lille

  • Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM)

  • Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)

  • Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC)

  • AIDDA

  • Association Zembra Écho

– Aknarij (aAssociation pour la promotion d’une citoyenneté active des deux rives)-Pays-Bas

  • Comités pour le développement et le patrimoine (CDP)-France

  • Collectif 3C Culture et Citoyenneté

  • Collectif des femmes tunisiennes (CTF)

  • Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

  • Collectif soutien et vigikance au Mouvement du 22 février (CSVM-22-fev) Algérie

  • Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie (CVDT)-Belgique

  • CEDETIM-IPAM

  • Droit au logement (DAL)

  • Droit devant

  • Emcemo (Centre euroméditerranéen migration et développement)-Pays-Bas

  • Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI)

  • Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR)

  • Femmes Plurielles

  • Fondation Copernic – France

  • KMAN – Hollande

  • Ligue des droits de l’homme (LDH)

  • Mouvement Contre le Racisme et pour l’Amité entre les Peuples – MRAP

– Mouvement citoyen des Tunisiens en France (MCTF)

  • Mouvement ECOLO

  • FORSEM (Forum de solidarité euro-méditerranéenne)

  • Plate-forme euro-marocaine développement et citoyenneté

  • Plate-forme des Marocains d’Amsterdam

  • Réseau euro-maghrébin citoyenneté et culture (REMCC)

  • Union syndicale Solidaires

  • Union des Tunisiens pour une action citoyenne (UTAC)


Partis :

Parti  Communiste Français – PCF

Ecologie Sociale

Parti de Gauche


Personnes :

 

  • Abdelhamid Maha, chercheure en géographie sociale

  • Addad Hakim, militant associatif

  • Abdessamad Hichem, traducteur, historien

  • Afarki Abderrahim, bibliothécaire

  • Affes Hafedh, enseignant, militant associatif

  • Akrouf Sanhaja, militante associative

  • Akabdalla Hala, cinéaste

  • Allal Mourad, militant associatif

  • Allal Tewfik, militant associatif

  • Alaoui Mehdi, responsable associatif

  • Amara Jean-Claude, Droit Devant

  • Angeli Verveine, syndicaliste

Azaiez Nasr, avocat

  • Baaboura Noureddine, juriste, militant associatif

  • Balibar Etienne, philosophe, ancien assistant à l’Université d’Alger

  • Belarbi Mohamed, universitaire

  • Belgacem Yagoutha, directrice artistique

  • Benali Zineb, universitaire

  • Benameur Ali, universitaire

  • Bennabi Bensekhar Malika, enseignante-chercheur

  • Benhaim Raymond, cedetim

  • Ben Hiba Tarek, militant associatif

  • Ben Said Mohamed, militant associatif

  • Ben Youssef Adnane, militant associatif

  • Bessis Sophie, historienne

  • Bhar Mohamed, artiste musicien

  • Bouguerra Larbi, membre de l’Académie tunisienne Beyt al-Hikma (Carthage)

  • Boumedienne Alima, avocate, ancienne sénatrice

  • Boursier Philippe

  • Chaabane Nadia, député Constituante (2011-2014) Tunisie

  • Chabani Samia, déléguée générale – Ancrages

  • Chenchabi Hedi, militant associatif

  • Cherbib Mouhieddine, défenseur des droits humains

  • Cherki Alice, psychanaliste

  • Cukier Alexis

  • Dakhlia Jocelyne, universitaire

  • De Cock Laurence, historienne

  • Djelloul Ghaliya, sociologue – Bruxelles.

 

  • Detour Nacera, présidente du CFDA

  • Dréano Bernard, militant associatif

  • Dridi Mohsen, militant associatif

  • El Amri Aida, médecin radiologue, présidente de ATCS

  • EL Hadjali Fathi, militant associatif

  • El Kherchi Driss, militant associatif

  • Elkhorchi Driss, militant associatif – Bruxelles

  • Ellala Mohamed-Lakhdhar, militant politique

  • Enjalan Stephane, syndicaliste

  • Eyraud Jean-Baptiste, DAL

  • Fabbiano Giulia, anthropologue

  • Faoual Raoudha, militante politique et associative

  • Farbiaz Patrick, militant écologiste

  • Ferjani Mohamed Chérif, universitaire

  • Gaillot Jacques, évêque

  • Gineste Pierre, militant associatif

  • Guenoun Ali, historien

  •  Guerrier Daniel, anticolonialiste

  • Habel Janette

  • Habache Youssef, président CDP, Palestine/France

  •  Hadj-Moussa Ratiba, universitaire

  • Hamrouni Mohamed, militant associatif

  • Harir Zaher, président du FORSEM

  • Hidouci Ghazi, économiste, ancien ministre

  • Jendoubi Kamel, défenseur des droits humains

  • Journée-Duez Aurélie, doctorante en anthropologie

  • Kacimi Mohamed, écrivain

  • Khalfa Pierre, Fondation Copernic

  • Kitar Abderrazek, militant associatif

  • Laabi Abdellatif, écrivain

  • Le Moal Patrick

– Lévy Catherine, sociologue CNRS, retraitée, ancienne «pied-rouge »

  • Majed Ziad, politiste, professeur universitaire

  • Mardam Bey Faroukn éditeur

  • M’Hamdi Hend, présidente CVDT-Belgique

  • Mkichri Aziz, militant associatif – Bruxelles

  • Menebhi Abdou, militant associatif – Amsterdam

  • Mizouni-Lindenberg Najet, universitaire

  • Ouarda Habib, libraire

  • Pelletier Willy

  • Rahim Rezigat, ancien militant du FLN et détenu en France pendant la guerre de libération

  • Samary Catherine, économiste altermondialiste

  •  Santelli Emanuelle, sociologue

  • Sauterey François, « pied-rouge », responsable associatif

  • Smida Mohamed, militant poitique et associatif

  • Sraieb Hédi, économiste, consultant international

  • Tazi Nadia, philosophe

  • Toukabri Tarek, militant associatif

  • Vergiat Marie Christine, députée européenne

  • Zniber Abdallah, militant associatif

Contact : 

Tewfik Allal : tewfik.allal@mailfr.com

Mouhieddine Cherbib : mouhieddinecherbib@gmail.com

Abdallah Zniber : abdallah.zniber@wanadoo.fr

 

 

Ecologie libérale, écologie du capital ! 

Pour télécharger le tract c’est ici : Ecologie libérale, écologie du capital TRACT 15-16:03:19

Les 15 et 16 mars doivent être le début d’une convergence de nos luttes : Gilets Jaunes et Verts, ensemble dans la grève et dans la rue pour le climat et pour vivre dignement !

Trois ans après la COP 21, cette conférence sur le climat que le gouvernement Hollande-Valls- Macron nous avait vendu comme décisive, rien n‘a changé à la dynamique catastrophique du dérèglement climatique. Les échéances s’accélèrent et, dans tous les domaines, le pire des scénarios se met en place. 

Quand les banques dans leur spirale folle menacent en 2008 la bonne marche des affaires, les Etats trouvent l’argent nécessaire pour les sauver. Quand il s’agit du climat, de la biodiversité, de la pollution industrielle, les mêmes Etats sont aux abonnés absents. Les COP sont non contraignantes, les traités de libre échanges continuent de plus belle à privilégier l’économie à l’écologie. Par contre Macron continue à pleurer sur la maison qui brûle et les générations futures en parodiant Trump : Make the Planet Great Again.

Ceux qui sont en première ligne pour que rien ne change sont les écologistes libéraux. Ils défendent une écologie de marché, culpabilisante pour les classes populaires et compatissante pour les entreprises du CAC 40. Qui finance les COP ? Les entreprises qui veulent faire payer la crise écologique aux plus pauvres, adapter les besoins de la planète à l’économie rebaptisée verte, adapter les humains au productivisme triomphant. Ces nouveaux « écolos » s’appellent Total, ENGIE, PSA…Tous ces apprentis sorciers du capitalisme vert sont prêts à tout pour protéger leurs intérêts et engranger toujours plus de profits sur le dos des classes populaires et de la Terre. Leurs meilleurs agents sont François De Rugy, Denis Baupin, Jean-Vincent Placé, Dany Cohn-Bendit et leurs ami-e-s qui cautionnent au quotidien le greenwashing, cet éco blanchiment des entreprises.

Les Gilets Jaunes ont largement démontré l’arnaque de la taxe carbone qui était consacré au budget général de l’Etat et pas au réchauffement climatique, qui excluait le kérosène des avions, le carburant des bateaux et l’essence des transporteurs routiers. Nos écologistes libéraux avaient auparavant inventé le marché des quotas carbone utilisé en espace de spéculation par des escrocs qui ont réalisé des centaines de millions d’euros de profits. 

Les petits soldats du capitalisme vert justifient tout : les OGM et le glyphosate dans les campagnes, la Montagne d’Or en Guyane, le chlordécone en Martinique et en Guadeloupe, les Grands Projets Inutiles et Imposés en métropole, le nucléaire en France et dans le monde, l’impunité de Total et des blanchisseurs de l’économie verte. Le tout au nom d’une supposée croissance verte qui est le nouveau nom du productivisme.

Pour lutter contre le dérèglement climatique, il faut changer le système, en finir avec le Capitalocène qui détruit la planète et les humains et prépare l’effondrement qui vient. 

Une autre écologie politique est possible : celle issue du mouvement de survie social écologique des classes populaires. En Amérique latine, les peuples indigènes s’attaquent à l’extractivisme, contre les mines d’or ou les forages pétroliers. Aux Etats Unis le mouvement de la Justice environnementale a combattu le racisme environnemental qui frappait les noirs et les latinos des banlieues industrielles des grandes villes. En Inde et en Chine, les émeutes populaires s’affronte depuis longtemps aux grands barrages, à la déforestation ou aux pollutions industrielles. En France, la lutte victorieuse de la Zad de Notre dame des Landes a montré la voie à Sivens, à « Europa City » et à Bure dont les Zadistes convergent avec les Gilets Jaunes de Commercy et d’ailleurs dont la devise est la notre : Pour un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

les combats pour la justice climatique et la justice sociale ne font qu’un.

Lycéens, étudiants, salariés, retraités, chômeurs, habitant-es des quartiers populaires, nous avons les mêmes intérêts. Que nous soyons, Gilets jaunes, Gilets Verts, Gilets rouges, nous devons aller plus loin que cette politique des petits pas et des gestes citoyens qui dédouane les puissants qui eux ne changent rien à leur mode de produire et de consommer. Nos exigences doivent être communes :

  • Appliquer le principe pollueur – payeur aux entreprises qui polluent, aux constructeurs automobiles qui truquent les tests anti-pollution, aux sociétés concessionnaires d’autoroute, chimiques, de l’agro business.
  • Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et Instaurer une taxe sur toutes les transactions financières. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, il faut augmenter les salaires, les minimas sociaux, les retraites, plafonner les revenus et rétablir l’ISF.
  • Soutenir le service public du rail fondé sur des trains à la fois confortables, sûrs et accessibles. Accès gratuit pour les mineurs, les étudiants, les plus de 65 ans et les demandeurs d’emploi. Le transport de marchandises sur des longues distances se fera obligatoirement par voie ferroviaire ou fluviale ; Réduire la TVA sur les transports collectifs pour améliorer l’offre de transports en commun.
  • Limiter l’étalement urbain : abandonner les projets de nouvelles autoroutes et retourner à une gestion publique des du réseau autoroutier ; Arrêter la concentration des entreprises, des services et des administrations autour des grandes agglomérations qui oblige les salarié-es à travailler de plus en plus loin de chez eux-elles. 
  • Mettre fin à la précarité énergétique en imposant aux bailleurs sociaux et aux propriétaires une politique d’isolation massive des logements permettant de se chauffer mieux et moins cher
  • Mettre fin immédiatement à toutes les subventions aux énergies fossiles et engager une sortie programmée du nucléaire. Interdire de nouveaux investissement dans l’énergie autres que ceux de l’énergie renouvelable. 

Le 15 mars, grève dans toute l’éducation nationale et le 16, Marche pour le climat avec les Gilets de toutes les couleurs.

 

 

La Coopérative Politique Ecologie Sociale 

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L’équilibre périlleux du fossoyeur, entre critique du national-libéralisme et exaltation d’un libéral-européisme, Emmanuel Macron parle d’Europe à la TV italienne par Bénédicte Monville

Dimanche soir à la TV publique italienne, le président Macron s’est livré à un numéro d’équilibriste entre une critique incantatoire des nationalismes et de leur résurgence en Europe tout en exaltant certains de leurs motifs saillants et en esquissant les contours d’une idéologie néolibérale-européiste qui ne propose jamais rien d’autre que la reproduction des conditions de notre vulnérabilité.

Le président Macron s’est lancé dimanche soir à la télévision publique italienne dans une opération de promotion de son projet pour l’Europe qu’il poursuivra mardi par la publication d’une tribune dans 28 pays européens.

Immédiatement, on se demande ce que sera cette Europe démocratique que Macron entend défendre quand il endosse si facilement ses habits de chef de clan et profite du porte voix que sa fonction de président de la République française lui permet, avec la complicité des institutions médiatiques (y compris donc de la télévision publique italienne) ?

Et pour dire quoi ?

Hier soir, il a commencé par qualifier le rappel de l’ambassadeur de France en Italie de péripétie. On est frappé par la désinvolture d’un président qui feint de ne pas avoir mesuré la portée symbolique de son geste dont le précédent remonte à la seconde guerre mondiale. Une portée qui n’a pas échappé à la Ligue de Matteo Salvini qui a su en tirer ce qu’il fallait pour renforcer en Italie le sentiment que l’Europe n’avait rien d’une construction entre pairs qui visait à l’amélioration des conditions de vie des populations de ses Etats membres.

Passant sans ambages du froid au chaud, le président Macron a préféré souligner notre passé commun et la nécessité d’un futur commun sans quoi il ne peut pas y avoir d’Europe. Une communauté de destin que célèbrera le 2 mai prochain la jolie photo qu’on nous promet du président français et de son homologue italien Mattarella pour le 500è anniversaire de la mort de Léonard De Vinci. Et puis, quelle importance ont ces bisbilles entre nos deux pays quand nos populations sont confrontées au problème là encore commun de l’immigration et, en particulier, de l’immigration africaine.

Notre président, qui s’invente avec la complicité des médias dominants en héraut de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le nationalisme, commence donc par réaffirmer à une heure de prime time sur la première télévision publique italienne dans une émission populaire, au cas où le message ne serait pas tout à fait clair encore dans la tête de ces européen-nes qui persistent à se battre pour davantage de justice sociale et d’écologie : Quand comprendrez-vous que votre problème principal ce sont les immigrés ?!

Si le président a reconnu que l’Europe avait manqué de solidarité avec l’Italie au moment de l’opération « Mare Nostrum » (oct. 2013 – nov. 2014), il a omis de rappeler que la dernière tentative de résolution humaine du drame migratoire en Méditerranée de la part d’un Etat membre avait été empêchée par les autres Etats européens qui ont laissé l’Italie seule assumer le coût de l’opération et ont sciemment sapé ses bases idéologiques en martelant, comme François Hollande à l’époque, qu’il fallait d’abord lutter plus intensément contre les trafics. Une rhétorique reprise par le président Macron hier soir pour qui le problème de l’immigration est dû aux réseaux criminels, mafias, passeurs qui s’enrichissent sur le dos de pauvres hères dont il ne dit jamais pourquoi ils sont pauvres. Il ne sera jamais question de la politique impérialiste et néocoloniale de la France en Afrique qui continue d’y protéger ses intérêts y compris militairement, ni de la corruption et de la violence comme instruments principaux de reproduction des régimes autoritaires qui garantissent les intérêts des multinationales de l’extractivisme, du béton et de l’agriculture, ni bien sûr du Franc CFA monnaie garantie par le trésor français et dont la parité stricte avec l’Euro permet d’en faire un magnifique instrument d’accumulation et d’évasion de la richesse produite en Afrique par des élites corrompues et des entrepreneurs coloniaux, parmi lesquels plusieurs français. De cela donc, il ne sera pas question et le problème des peuples d’Europe et d’Afrique ce n’est pas le capitalisme financier et le contrôle par l’oligarchie du pouvoir politique asservi à ses intérêts. Voilà bien un trait commun entre Macron et ceux, les nationalistes, qu’il prétend pourfendre tout en usant jusqu’à la corde du même instrument de diversion qui consiste à désigner à la colère populaire les immigrés comme principaux responsables des inégalités et des injustices.

Et quand le journaliste replace ces tensions récentes entre la France et l’Italie dans un moment plus global de retour des nationalismes, quand il l’interroge sur le fait de savoir si devant tant de complexité notre époque n’aurait pas répondu avec trop de technocratie et quand enfin, il l’interroge sur la résurgence de l’antisémitisme et la singularité des formes contemporaines qu’il peut prendre, le président Macron répond que les peurs qui exacerbent les haines racistes et antisémite sont le signe du malaise de notre civilisation, que les nationalismes qui les conjuguent sont une expression de la crise des démocraties occidentales elle-même réductible à une crise de l’efficacité de l’imaginaire démocratique. On est saisi par tant de profondeur d’analyse. Puis le président de poursuivre ; l’erreur que nous aurions commise fut de penser la chute du mur de Berlin comme la fin de l’histoire alors même que la crise climatique et les déséquilibres économiques qui provoquent la crise migratoire marquent au contraire le retour du tragique dans notre histoire.

Partant et alors qu’on se demande si cette mise cause de « la fin de l’histoire » va donner lieu à une critique conséquente du capitalisme et de l’idéologie néolibérale, c’est sûrement le moment où le président dégouline avec le plus de conviction de cet humanisme expurgé de toute dimension politique qui a caractérisé son discours. Les crises climatique et économique sont traitées comme des abstractions. Le réchauffement climatique qui menace les grands équilibres écologiques et la pérennité de notre espèce ne doit rien au capitalisme industriel et à sa quête du profit, c’est-à-dire à la satisfaction des intérêts privés de la classe dominante qui se moque de la préservation de notre écosystème et de la paix. La croissance sans précédent des inégalités et de l’injustice ne doit rien non plus à la brutalité d’un système prédateur qui extrait toujours plus de valeur de l’exploitation conjointe de la nature et du travail humain pour le seul bénéfice des dominants. Quant aux grands déséquilibres économiques qui menacent nos sociétés, le président Macron propose de les conjurer par l’affirmation d’une Europe forte capable de rivaliser avec les Etats-Unis et la Chine sans rien dire du prix que nos sociétés devront payer pour emporter une partie de bras de fer à laquelle il ne propose aucune issue. Autrement dit, si la réalisation du libéralisme n’est pas sans difficultés, ces dernières ne sauraient remettre en cause la pertinence du projet.

D’ailleurs, s’il reconnait, à ce moment là, la nécessité de réaffirmer la primauté du politique sur l’économie, sa réponse à la question du journaliste sur la ligne à grande vitesse Lyon-Turin (appelée en Italie la TAV), ne laisse aucun doute possible sur sa conviction que le capitalisme peut être « adapté » mais qu’il ne saurait s’agir de le dépasser.

Rappelons au passage que les tergiversations du gouvernement italien sur la TAV (Treno a Alta Velocità) lui a valu récemment quelques remontrances de la part des ministres français des finances et du transport, trop heureux de pouvoir à leur tour tacler l’exécutif italien en s’engouffrant dans la brèche qui sépare le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Lega sur cette question, en donnant raison, encore une fois, au camp des nationalistes qu’ils combattent pourtant avec tant d’acharnement. Ce sont là certaines des « péripéties » que Macron a chassé d’un revers de main présidentielle hier soir.

Sur la TAV donc, la première partie de la réponse du président a consisté à affirmer qu’il faut davantage de consultation et de concertation. Les militant-es écologistes en France qui de Bure au CDG express en passant par Notre Dame des Landes peuvent témoigner du sens aigu d’Emmanuel Macron pour le dialogue, pour ne rien dire ici des gilets-jaunes, apprécieront surement pour ce qu’il vaut ce conseil du président français à ses interlocuteurs Italiens.

La deuxième chose qu’il a dite, c’est qu’il faut réconcilier écologie et modernité, et que la technologie à travers la science et l’innovation nous permettra d’y parvenir. Décidément, le président Macron témoigne un goût certain pour l’anti-phrase puisque son plaidoyer pour la réconciliation de écologie et de la modernité commence par les opposer. L’innovation, la science et la technologie seraient du côté de la modernité. Tandis qu’il renvoie implicitement l’écologie à l’immobilisme et à l’ignorance. Et notre président moderne de reprendre au passage le mythe éculé du progrès scientifique comme moteur nécessaire du progrès humain. Autant de manichéisme de la part de celui que des communicants bien avisés nous ont vendu comme seul capable de résoudre les grands enjeux auxquels notre société était confrontée laisse pantois. Autant le dire sans détour Macron ne comprend rien à l’écologie. Cette idée radicalement moderne dont la mise en oeuvre nous permettrait de dépasser les contradictions insupportables du capitalisme en garantissant à tou-tes les conditions d’une vie digne et heureuse sans rien abdiquer des principes qui fondent notre humanité.

Mais, pour notre président, la revendication d’écologie a deux fonctions principales : offrir un instrument supplémentaire dans la production du consentement à une idéologie mortifère, injuste et inégalitaire grâce à l’affirmation fausse mais réitérée que le libéralisme peut-être écologique et, approfondir la contre-révolution fiscale qui consiste à vider les poches des plus pauvres et classes paupérisées pour remplir celles des riches en prétendant qu’il est normal qu’ils paient pour ce qu’ils polluent !

Le président Macron s’est livré à un numéro d’équilibriste funeste entre une critique incantatoire des nationalismes tout en exaltant certains de leurs motifs saillants ; de l’identité des peuples, leurs « traits fondamentaux », leur « esprit », aux migrant-es qui menacent notre civilisation commune, celle qui s’invente à Rome et se prolonge dans la Renaissance. Ce dénie de l’histoire de nos sociétés rejoint celui systématique du rôle central du capitalisme et de l’idéologie néolibérale dans la catastrophe écologique et sociale qui se propage et esquisse les contours d’une idéologie néolibérale-européiste qui ne propose jamais rien d’autre pour l’Europe et nos sociétés que la reproduction des conditions de notre vulnérabilité.

Ce texte a d’abord été publié sous le titre « De la bien-pensance du fossoyeur, Macron parle d’Europe à la TV italienne » sur Mediapart le 4 mars 2019, https://blogs.mediapart.fr/benedicte-monville/blog/040319/de-la-bien-pensance-du-fossoyeur-macron-parle-deurope-la-tv-italienne

Les Gilets Jaunes  : un mouvement social – écologiste

Déclaration de la Coopérative Politique Ecologie Sociale

«C’est l’heure des brasiers, il ne faut y voir que la lumière. »  José Marti

  1. La révolution communaliste a commencé. Les Gilets jaunes en faisant reculer Macron ont déjà remporté une manche, celle de la fin de la résignation, de l’impuissance des classes populaires. Même si ces gains (CSG, primes, taxe…) sont limités, ils n’en ont pas moins été la démonstration qu’il était possible, en rompant avec la culture des petits pas, de faire reculer l’Etat. En moins de trois semaines, ce mouvement de colère s’est mué en mouvement citoyen contestant la légitimité politique de ceux qui nous gouvernent. Mais il l’a fait en redéfinissant le cadre du mouvement social et par là même le rapport à la démocratie et à la souveraineté populaire. La lutte contre les taxes n’était que le début d’un mouvement qui élargit sans cesse ses revendications pour répondre à la stratégie du choc imposé par la politique ultra libérale d’Emmanuel Macron et à son mépris de classe. Les Gilets Jaunes l’ont compris et posent la question de l’organisation du pouvoir et de la vraie démocratie, c’est à dire l’instauration d’un processus constituant coopératif. Ce qui se joue sur les ronds – point c’est la radicalisation de la démocratie par une démocrate écologique liée à la souveraineté populaire. il ne s’y réduit pas à l’exigence d’un Référendum d’initiative Citoyenne  ( RIC) nécessaire mais pas suffisant. Cette démocratie écologique se construit dans les ZAD écologiques et dans les ZAD des ronds – point. Ce sont des Zones d’Autonomie Démocratique où s’exerce le droit à décider. Ce droit à décider est posée par les Gilets Jaunes comme dans les grands mouvements sociaux de ces derniers temps, des Indignés aux révolutions arabes, en passant par la Catalogne. Il s’exerce au Chiapas, au Mexique comme au Rojava, le Kurdistan syrien. Décider nous même, sans médiation, contrôler les décisions, peser dans leur élaboration, exercer un droit de véto se traduit la construction des assemblées citoyennes. En ce sens, les Gilets jaunes ont un air de déjà vu, celle des insurrections citoyennes des sans culottes. La révolution française se rappelle à nos bons souvenirs.  En 1789, le peuple, la nation constituée, s’éleva contre l’Etat, le Tiers-Etat soumit l’oligarchie de l’époque, ses rois, ses seigneurs et curés en montrant la puissance du désir d’égalité, de dignité et de liberté. En 2019, il s’agit de radicaliser la démocratie en changeant les règles du jeu, en opposant l’horizontalité à la verticalité, les assemblées citoyennes à une représentation nationale déconsidérée, une nouvelle organisation du territoire aux baronnies locales ou, départementales ou régionales. C’est pourquoi nous soutenons l’appel des gilets jaunes de Commercy à se réunir le 26 et 27 janvier. Comme le conclut leur appel : « Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité ! Vive Le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple ! » Tout le pouvoir aux Assemblées citoyennes !
  2. Le mouvement des Gilets jaune est le premier mouvement social écologique de masse de notre histoire en métropole. Il a mis en avant les questions sociales écologiques : les transports, l’étalement urbain, l’accès à un logement décent et pas cher, la précarité énergétique. Ce mouvement contre la vie chère est un mouvement d’écologie populaire parce qu’engendré par les mobilités contraintes, il lutte contre la ségrégation spatiale imposée par l’emprise de l‘urbanisation capitaliste et les inégalités entre territoires qui induit la marginalisation de millions de gens dépendant de l’automobile. Il est directement issu des poches de pauvreté structuré par le chômage de masse et la précarité. Celles et ceux qui vivent dans les zones dites périphériques, dans un habitat dégradé et pollué, sont les mêmes qui ne peuvent s’offrir une nourriture biologique, ni prendre des vacances, et qui sont les plus contraints par une politique de transports mal aménagée.  Ce mouvement a été lancé par une pétition où les exigences environnementales étaient fortes et a mis en cause l’hypocrisie de la taxe carbone, injuste socialement et inefficace écologiquement. Les masques sont tombés. L’alibi écologique de cette taxe alimentant les budgets de l’Etat a volé en éclat. C’est pourquoi la revendication d’en finir avec les taxes sur le carburant était juste. Ce n’est pas aux classes populaires de payer la crise écologique, c’est aux entreprises polluantes. Le marché carbone européen permet aux grandes entreprises de la sidérurgie, de l’aviation, du pétrole, du ciment, de la chimie, de la construction automobile (qui triche avec le diesel) de bénéficier d’un régime de pollueurs – payés. La culpabilisation des comportements des classes populaires par l’Etat, les entreprises polluantes ça suffit !
  3. Ce mouvement d’en bas est une chance pour l’écologie politique car il transforme le rapport entre l’écologie et la société. Les «Gilets Jaunes » sont des ouvriers, des employés, des artisans, des petits patrons en voie de paupérisation, des retraités, des chômeurs. C’est-à-dire des catégories qui ensemble sont la majorité du pays. C’est un renversement de perspective qui permet aux classes populaires de se réapproprier la question écologique en la liant à la répartition des richesses et à la contestation du système capitaliste. Jusqu’ici, celles et ceux qui étaient au cœur du mouvement écologique représentaient les couches moyennes salariées (intermédiaires et supérieures) au capital culturel aisé. Longtemps une partie des écologistes, en l’occurrence EELV, a estimé qu’elle avait gagné la majorité culturelle qu’il suffisait de transformer en majorité politique. Or le mouvement des Gilets Jaunes remet en cause cette fausse certitude. Tant que l’écologie politique se confine à une écologie néo centriste sans prendre en compte les préoccupations et les besoins populaires, elle reste culturellement minoritaire. Si la conscience écologique a irrigué une bonne partie de la population, elle s’arrête là où commence l’heure des choix. Se contenter d’écologiser le capitalisme c’est condamner l’écologie à être un supplément d’âme. Il y a deux voies, deux visions de l’écologie, l’une celle de l’écologie d’en haut, éco-technocratique qui privilégie le marché et l’autre celle de l’écologie d’en bas, de l’écologie populaire. Ce qui se joue en ce moment c’est la lutte frontale entre ces deux Ecologies, l’écologie libérale du Greenwashing, du capitalisme vert et celle de l’écologie populaire qu’on la nomme écologie sociale, éco-socialisme ou objection de croissance. Ce mouvement en partant des conditions d’existence réelles d’une partie des classes populaires a la même dynamique, que celui né aux Etats-Unis dans les années 80 sous le nom de Justice environnementale. L’écologie populaire part de la nécessité pour les classes populaires de survivre sous le capitalisme productiviste. La lutte contre la précarité qu’elle soit sociale, énergétique, économique et financière touche des millions d’habitants. Les écologistes doivent choisir leur camp. L’écologie ce n’est pas l’illusion du consensus. C’est une lutte pour le droit de vivre dignement, pour le pouvoir de vivre. C’est en se libérant que les classes populaires sauveront l’humanité des crises climatique et écologique.
  4. Ce mouvement traduit une vieille exigence écologiste : « Bien vivre, travailler et décider au pays ». La modernité capitaliste a engendré la concurrence entre territoires. Elle a favorisé l’accélération dela métropolisation qui a aggravé la fracture territoriale et sociale. Croyant « choisir leur vie » et conquérir leur autonomie, des centaines de milliers de gens chassés par la spéculation immobilière et la gentrification se sont retrouvés dans une impasse. Plus de petits commerces dans les centres villes des traites à payer, plus de services publics, de poste, d’écoles, de collèges, de lycées, de maternité, d’hôpitaux., obligés de payer l’essence de plus en plus chère car contraints d’utiliser la voiture. Au-delà de la concentration des richesses et de leur production dans les métropoles, au-delà de la concentration des services, la logique de métropolisation induit également un éloignement des lieux de décision des citoyens habitant hors des centres métropolitains. Face à ce piège social, le mouvement des Gilets Jaunes a un objectif social écologique : se réapproprier les territoires pour pouvoir y vivre dignement. En se rassemblant sur les ronds point, ils pointent sans nécessairement en avoir conscience la folie d’une construction réalisée autour de la civilisation de la voiture. Les ronds points ont fait l’objet durant des décennies d’une corruption organisée par beaucoup d’élus locaux et d’ingénieurs des Ponts, l’exacte contraire d’équipements au service d’une population qui voulait vivre et travailler au pays. Les Gilets jaunes enracinés dans des territoires déshérités, qu’on appelle « périphériques », refusent ce mode de vie contraint en insistant sur la relocalisation de l’économie et des activités, sur les circuits courts, sur la proximité, ils remettent en cause la logique de métropolisation, de gentrification. Ils veulent comme les régionalistes et les écologistes des années 70 « vivre et travailler au pays ». Pour les habitants des espaces ruraux, périphériques comme pour ceux des banlieues, la réduction des inégalités passera par pouvoir « vivre, travailler et décider au pays ».
  5. Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement de survie écologique contre la tendance générale du capitalisme, l’expulsion : expulsions des paysans par les accapareurs de terre, expulsions des ouvriers par les délocalisations, expulsions des locataires de leur logement ou des petits propriétaires chassées de leurs maisons parce qu’incapables de rembourser leurs traites, expulsion des habitants des villes petites et moyennes, faute de services publics, de petits commerces, expulsion de la terre des ressources naturelles et des matières premières par les multinationales… La mondialisation capitaliste a accéléré la dynamique d’expulsions des peuples. Chassés de leurs campagnes pour aller dans les villes, ils ont été de nouveau chassés de villes par la spéculation immobilière, la désindustrialisation, le démantèlement des services publics, disparus dans de nombreuses parties du pays ou en voie de privatisation généralisée (distribution et assainissement de l’eau, déchets, électricité, audiovisuel, culture, éducation, santé, poste, autoroutes … Dans ces conditions, lutter contre la logique de l’expulsion signifie mettre en oeuvre un protectionnisme solidaire. Face à la mondialisation libérale que nous connaissons depuis les années 1970, nécessite de mettre en place une souveraineté populaire solidaire et coopérative. De cette volonté de construire une autre mondialisation, contre les méfaits du libre-échange, l’idée d’un protectionnisme altermondialiste émerge. : imposer une protection afin de favoriser les circuits courts, limiter les échanges internationaux de marchandises et ainsi réduire la pollution due au commerce international, relocaliser l’économie et les activités, en finir avec les règles de la Commission Européenne qui impose une  « concurrence libre et non faussée » qui détruit les services publics. 
  6. Le mouvement des Gilets Jaunes a une dynamique convivialiste. Face à la violence du système productiviste, les Gilets jaunes ont réinventé l’entraide sur les ronds points. Ce que les Gilets Jaunes ont en commun, c’est le besoin de vivre ensemble afin de permette à ses participants de prendre soin les uns des autres, à travers le conflit mais en en faisant de la lutte un facteur de dynamisme et de créativité. Cette association pour survivre des travailleurs pauvres, des petites classes moyennes, des précaires a débouché sur une fraternité des ronds – point, opposant des valeurs de solidarité et coopération face à la loi de la jungle. Des dizaines de milliers de Gilets Jaunes ont pratiqué l’entraide dans l’action, découvrant la richesse des liens sociaux tissés sur les barrages, faites d’empathie, de confiance, d’amitié, de compréhension. Sur les ronds point nous nous sont ouverts aux autres et au monde constatant notre puissance collective et la faiblesse de l’Etat. Comme le proclamait “le Manifeste des produits de haute – nécessité” des intellectuels antillais en soutien aux mouvements contre la vie chère de l’époque. «  la dynamique du Liyannaj  c’est d’allier et de rallier, de lier , relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé » . Cette dynamique de la liane , de l’entraide , de la fraternité, cette joie de se reconnaître comme «  nous », cette leçon là ne sera pas perdue  pour l’avenir quel qu’il soit . En ce sens, les Gilettes  et les Gilets Jaunes ont déjà gagné.. Les « gens ordinaires » ont perçu que la force de l’action collective les avait transformés en une force sociale et politique extraordinaire. Ils ont créé leurs propres communautés de lutte et de vie. Ils ont inventé leurs propres formes de représentation collective, refusant les porte paroles autoproclamés pour mieux se constituer en force autonome d’action populaire. En produisant du commun, le peuple des ronds points a affirmé son autonomie et rendu visible l’impuissance du pouvoir et de toute la classe politique. Ces leçons ne seront pas perdues pour l’avenir. Comme on disait dans l’Ancien Monde : Rien ne sera plus jamais comme avant. 
  7. Justice sociale / justice climatique même combat : la convergence entre Gilets jaunes et Gilets Verts s’est affirmée. Les marches du climat du 8 décembre ont montré qu’il ne peut y avoir de justice climatique sans justice sociale. « Changer le système, pas le climat », fins de mois et fin du monde , même combat» ne sont plus des slogans vides de sens mais l’axe même de la refondation du projet écologique. Nicolas Hulot et Le WWF présidé par Pascal Canfin se sont déconsidérés en demandant à ne pas participer aux marches sur le climat par pour d’être assimilés ou récupérés par les Gilets jaunes. Les Gilets jaunes en s’élevant contre les taxes sur les carburants ont protégé l’écologie contre les tartuffes qui utilisaient la défense du climat pour rembourser les cadeaux comme l’ISF ou le CICE. Gilets jaunes, Gilets verts nous ne pouvons plus attendre que les solutions viennent des décideurs politiques et économiques, qui ont largement démontré leur incompétence et leur soutien au système. C’est à travers la lutte que nous obtiendrons des avancées dans la lutte contre le réchauffement climatique, en bloquant la circulation des marchandises, en attaquant le consumérisme ostentatoire des riches. Le mouvement de la justice sociale et climatique doit se construire comme une organisation citoyenne d’écologie populaire à l’image des militants allemands d’Ende Gelände qui en octobre dernier ont bloqué les rails et empêché physiquement le convoi de charbon de passer. Constituer des groupes populaires d’action pour le climat, c’est la meilleure manière de lutter contre la crise climatique qui est une guerre contre les pauvres. Comme l’écrivait, Nicola Haeringer, animateur de 350.org. : « Il y a dans le mouvement des Gilets Jaunes un rejet de la coproduction de la norme à laquelle la société civile est désormais trop souvent associée. Réapprendre à être avant tout et surtout frondeur, à titiller, à gripper, à faire dérailler des processus de décisions qui, in fine, contribuent à la discussion du climat et de la biodiversité est essentiel – ce qui implique de désapprendre la coproduction, de savoir renoncer à la concertation, non par immaturité mais parce qu’il pourrait bien s’agir là de la meilleure manière pour nous d’exercer nos responsabilités. ». L’échec de la COP 24 nous rappelle que la gouvernance capitaliste du climat sert d’alibi aux entreprises polluantes qui s’apprêtent après avoir constaté l’échec des Etats à se lancer dans la course folle de la géo-ingénierie, nouvelle source de profit et de catastrophes. L’écologie populaire naitra dans les décombres du productivisme.
  8. Le mouvement des Gilets Jaunes déplace le centre de la lutte populaire de la production à la circulation des marchandises. Les flux de marchandises sont le maillon faible du système dans une économie qui part des flux tendus de production, qui se poursuit par le poids économique de la logistique, pour s’achever dans les centres commerciaux et le consumérisme. Ce n’est plus le produit et sa production délocalisée qui compte, ni sa commercialisation. C’est l’entre – deux, cette interface matérielle du transport qu’il suffit de bloquer pour casser la mécanique économique. Le blocage des rond points est le point de rencontre du social et de l’écologie. Quelles que soient les évolutions de ce mouvement un fait est sûr, il existe désormais un point faible dans ce que l’économie ne peut pas dématérialiser, le transport des marchandises. En ancrant le mouvement sur ce point faible, les salariés, ubérisés, précaires, retraités, chômeurs en déplaçant le terrain de la lutte du lieu de la production à celui de la consommation, ont mis en lumière le point d’appui qui manquait pour reconstruire un rapport de force social. Si la lutte s’est déplacé des luttes pour la production à celles de la ville, c’est aussi que le revenu des personnes consacré au logement est passé en quelques décennies de 7 % à parfois 50 %. En quelques décennies, cette part consacrée au logement et la mobilité a explosé. Au fil des ans, le salariat s’est transformée. Il s’est atomisé. Les grandes concentrations ouvrières ont disparues et avec elles le mythe de la grève générale.  Faire une journée de grève avec randonnées pédestres tous les deux mois est considérée comme inefficace et desservant les intérêts du salarié. La conscience de classe organisée autour d’entreprises irriguant un territoire socialement dépendant de l’usine a fait place à un salariat diffus, qui n’est plus tenu en laisse par l’organisation capitaliste du travail remet de fait en cause l’un des fondements de la culture productiviste de la gauche. Sur les ronds points l’alliance se fait aussi avec des paysans, des commerçants et des petits patrons victimes de la sous-traitance, de l’agro business et de la grande distribution. La culture de la gauche productiviste en est bousculée. Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.
  9. Le mouvement des Gilets Jaunes renoue avec l’histoire de l’écologie populaire, celle de la désobéissance civile.  Après Sivens et Notre- Dame des Landes, le mouvement des Gilets Jaunes ne respecte ni les codes de la « concertation », ni les formes d’action traditionnelles. Les Gilets jaunes veulent vivre et non survivre. En cela, ils renouent, avec les luttes paysannes pour la préservation des communs, avec les jacqueries contre les taxes féodales, avec la lutte pour le pain des sans culottes durant la Révolution Française, pour la redistribution des terres contre les accapareurs, avec les ZAD…, Les Zadistes de Bure sont les mêmes qui à Commercy refusent la vie chère …  En organisant la gratuité aux péages, en murant les centres des impôts, en boycottant et bloquant les centres commerciaux, en organisant des campements sur les ronds- points, ils prolongent l’action de Thoreau ou de  Chico Mendes. La désobéissance civile s’oppose à la violence sociale du capitalisme. Si les écologistes se réclament de la non-violence, cette non violence n’exclut pas la détermination face aux violences policières de l’Etat. L’écologie populaire c’est tout le contraire d’un monde aseptisé où les conflits de classe, les affrontements, y compris la violence sociale, ont disparu. SI les écologistes prônent la non violence, ils savent reconnaître la légitimité du combat de « ceux qui ne sont rien » pour parler comme le Président. Celui ci cherche à criminaliser le mouvement social en instituant une nouvelle loi anti – casseurs dans la droite ligne de l’Etat d’urgence permanent déjà intégré dans la loi depuis octobre 2017 par son gouvernement. C’est un état d’exception permanent que le pouvoir cherche à instaurer. Notre première tâche est d’organiser la protection du mouvement des Gilets jaunes contre la répression en exigeant l’amnistie générale pour toutes les condamnations de Gilets Jaunes, la suppression des armes non létales (flashball, lbd.. ) utilisées pour mutiler et blesser les manifestants , le refus de la loi «  anti – casseurs » et de ‘Etat d’exception permanent.
  10. Nous, écologistes sociaux, appelons à une Constituante de l’écologie populaire, ouvertes à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Pour lutter contre les tendances fascisantes, productivistes, anti écolos, il faut de l’intérieur du mouvement populaire actuel constituer une mouvance d’écologie populaire. C’est aussi ce qui se joue à Commercy. Convaincus que le système capitaliste menace par sa capacité de destruction à la fois, la Nature et de l’Humanité nous considérons qu’il faut constituer une plate – forme d’écologie populaire commune à toutes celles et tous ceux qui se battent au quotidien pour préserver les écosystèmes, la biodiversité et le climat.  Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi, nous appelons les écologistes qu’elles ou qu’ils soient écologistes sociaux, municipalistes libertaires, éco socialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, écologistes radicaux, zadistes, qui se reconnaissent dans ce texte à se réunir dés maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de cette Assemblée constituante de l’écologie populaire qui pourrait pour échapper à l’électoralisme se tenir au lendemain des élections européennes.

Les cheminots maliens meurent. Ne laissons pas faire !

Depuis le 18 décembre, bientôt deux mois, des dizaines de cheminots maliens ont lancé une action de grève de la faim. Pourquoi mettent-ils leur vie en jeu ? Pourquoi plusieurs d’entre eux sont morts ? Parce qu’ils sont privés de salaire par l’Etat malien depuis presqu’un an !

Depuis le début de ce mouvement, 6 grévistes sont décédés : Moussa Sissoko, conducteur de draisine à Kita ; Siaka Sidibe, conducteur de train à Toukouto ; Seydou Sidibe, aiguilleur à Kayes ; Sekouba Bagayoko, chef de section à Bamako ; Mariam Doumbia, agent de santé à Bamako ; Mohamady Sissoko, de Kita. Des nouveaux nés, des épouses de cheminots sont aussi décédées, faute de soins parce que les cheminots n’ont plus un sou. Plusieurs familles ont été expulsées de leur logement : elles ne pouvaient plus payer de loyer, faute de revenu depuis des mois. D’autres cheminots en grève de la faim sont hospitalisés dans des états graves : Souleymane Bagayoko, Souleymane Monson Traore, Sekou Keita, Bolidiandian Keita, Mathurin Keita, Sekouba Niare, Abdoulaye Diarra, Bassirou Diakite…

Le 23 janvier, l’Etat a payé par virement aux banques 2 mois de salaire. Celles-ci ont tout absorbé, au vu des « dettes » accumulées par nos camarades. Hier, le paiement de 3 autres mois a été promis pour jeudi 21 février. C’est 11 mois de salaire que l’Etat doit aux cheminots !

Au Mali et au Sénégal, la privatisation du chemin de fer a été une catastrophe. Comme dans bien d’autres régions du monde, des organisations syndicales, associatives et politiques avaient alerté sur les conséquences à venir. Les pouvoirs publics n’en n’ont pas tenu compte, et plusieurs cheminots ont été réprimés pour avoir dit la vérité. La privatisation a été nocive pour l’ensemble de la population : l’abandon de la ligne Dakar/Bamako a eu des conséquences dramatiques pour tous les villages alors laissés à l’abandon. Les cheminots, livrés à des repreneurs pressés de se faire de l’argent sur leur dos, ont aussi payé cher les choix politiques auxquels ils s’étaient opposés.

Le bilan fut tellement exécrable que les gouvernements sénégalais et maliens, qui avaient décidé la privatisation, ont résilié la convention avec Advens en 2015. Il y avait 22 locomotives en 2003, en 2015 il n’en restait que 3. L’ensemble des infrastructures a souffert d’un énorme déficit d’entretien ; ne parlons même pas de rénovation et modernisation !

Depuis 2015, bien des problèmes demeurent. Un engagement a été pris par les ministres des transports des deux pays, le 7 décembre 2015 : « Les Etats du Mali et du Sénégal informent que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour assurer la continuité des activités sur la ligne ferroviaire Dakar-Bamako. De même, les mesures adéquates ont été prises pour préserver les emplois des travailleurs et payer régulièrement les salaires pendant toute la phase transitoire. » Si cela se passe correctement du côté sénégalais, il n’en n’est pas de même au Mali. Cela fait onze mois que les cheminots maliens ne sont pas payés ! Malgré les interventions répétées du syndicat SYTRAIL/UNTM, le gouvernement n’a tenu aucun engagement. Depuis le 18 décembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont entamé une grève de la faim.

Les organisations signataires soutiennent les cheminots maliens, qui ne font que réclamer leurs salaires impayés depuis onze mois, et pour cela ont mis leur vie en jeu ! Nous rendons hommage à celles et ceux qui sont décédés, nous présentons nos condoléances à leurs proche et saluons le courage de toutes et tous.

Il faut que cesse cette tragédie ! L’Etat malien doit régler sans délai les salaires dus. La reprise pleine et entière du trafic ferroviaire sur la ligne Dakar/Bamako est aussi une nécessité !

Organisations signataires au 19 février 2019 : Réseau syndical international de solidarité et de luttes ; Réseau Rail Sans Frontière ; Union syndicale Solidaires ; Fédération des syndicats SUD-Rail ; CEDETIM- IPAM ; Europe solidaire sans frontières ; No-Vox ; Sortir du colonialisme ; Alternative Libertaire ; Ecologie sociale ; Parti communiste des ouvriers de France ; Nouveau parti anticapitaliste.

Appel unitaire Les cheminots maliens meurent. Ne laissons pas faire

MERCI À NOUS – PREMIERS RETOURS DE L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES DES GILETS JAUNES À COMMERCY LE 26 & 27 JANVIER

Merci à vous, merci à nous.

On peine à reprendre nos esprits après ce magnifique week-end du 26&27 janvier qui a dépassé toutes nos espérances ! À Commercy, jamais nous n’aurions imaginé, lorsque nous avons construit fin novembre notre petite cabane, lancés nos actions, et tourné notre première vidéo appelant à des assemblées populaires (https://www.youtube.com/watch?v=dfLIYpJHir4)… que deux mois plus tard nous aurions l’honneur de poser avec vous les premiers jalons d’une « coordination nationale démocratique » des groupes/rond-point/assemblée de gilets jaunes !

« C’est dingue, ils sont tous venus chez nous ! » On a ressenti une immense fierté et une grande joie à vous accueillir tous dans notre petit bout de Meuse, qu’on dit « territoire sacrifié » et relégué aux oubliettes. Eh bien oui ! Qu’on se le dise, la Meuse aussi peut être, le temps d’un week-end, une « capitale » des gilets jaunes !

Biarritz, Mont de Marsan, Bordeaux, Pau, La Rochelle, Poitiers, Aurillac, Toulouse, Le Mas d’Azil, Perpignan, Béziers, Sète, Montpellier, Le Vigan, Marseille, Toulon, Cannes, Nice, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Lyon, Annonay, Tain l’Hermitage, Valence, La Voulte sur Rhône, Crest, Die, Grenoble, Chambéry, Crolles, Montceau les Mines, Beaune, Nangy, Genève, Bourges, Besançon, Brest, Quimper, Saint-Brieuc, Fougères, Rennes, Redon, Lorient, Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Tours, Le Mans, Caen, Le Havre, Rouen, Calais, Dunkerque, Lille, Haluin, Bruxelles, Amiens, Beauvais, Paris, La Courneuve, Meaux, Pantin, Montreuil, Rungis, Nemours, Ivry, Reims, Troyes, Dijon, Lure, Belfort, Épinal, Nancy, Bruyères, Colmar, Horbourg, Mulhouse, Remiremont, Strasbourg, Metz, Longuyon, Kanfen, Verdun, Jarny, Saint-Mihiel, Saint-Dizier, Troyes, Orléans, Commercy.

Nous en attendions maximum 250 mais ce sont plus de 400 gilets jaunes venus de plus de 87 villes/rond-points/assemblée locales qui ont répondu à l’appel. Près d’une soixantaine de déléguées mandatés par des rond-points/groupes/assemblées locales, et plus d’une vingtaine de délégations d’observateurs, sans compter tous les participants individuels, les curieux et journalistes.

Ça en fait du monde, des rencontres, des numéros échangés, des expériences partagées, des projets échaffaudés, tout ça condensé dans cette bouillante petite salle des fêtes de Sorcy-Saint-Martin qui n’avait peut-être jamais accueillie autant de personnes venues d’endroits différents…

Ce week-end a été beau, pour certains d’entre nous sans doute un des moments les plus forts de nos vies. Quelque chose qu’on n’avait jamais vécu auparavant et jamais imaginé pouvoir organiser. Quelque chose qui nous a tiré les larmes.

S’il y a déjà bien un acquis de cet incroyable mouvement des gilets jaunes c’est cette solidarité, cette entraide et cette joie d’être ensemble que nous avons retrouvé. Malgré le mur de mépris et de violence auquel nous nous heurtons (et sans doute aussi à cause de lui). Il y avait ce week-end là dans cette petite salle des fêtes l’énergie de celles et ceux qui ont passé des Noël et des Nouvel An avec leurs familles (l’ancienne et la nouvelle) sur des ronds-points, la détermination de ceux qui ont du reconstruire 6 fois leurs cabanes et qui savent qu’ils et elles risquent gros en manifestation, l’amour et la dignité de ceux et celles qui se battent pour leurs enfants.

Il y avait aussi le grand sérieux de ceux qui savent que les enjeux historiques de notre mouvement sont immenses et que les pouvoirs que nous affrontons sont prêts à tout pour nous détruire et nous affaiblir. Ce week-end, nous ne pouvions pas échouer, pas après avoir vécu tout ce que nous avons vécu, depuis nos « ronds-points » et nos manifs, depuis 2 mois.

Nous n’avons pas échoué : malgré la grande diversité des délégations, l’imprécision ou la limitation des mandats, le cadre de fonctionnement encore à définir, nous avons réussi à nous en sortir par le haut en faisant preuve de souplesse, de maturité et d’intelligence. Nous qui étions ensemble ce jour là avons réussi, tour à tour en tant que mandatés, ou bien comme gilets jaunes de partout, à partager des réflexions riches et tracer quelques grandes lignes collectives dont il faut espérer qu’elles fassent date.

Notre « Appel de l’Assemblée des Assemblées » (en PJ), fruit d’un long processus d’écriture de texte et d’amendements, commence déjà à circuler largement en texte et en vidéo. Forcément imparfait, il nous paraît toutefois juste, équilibré et sensible à la très grande diversité des gilets jaunes que nous sommes. Il trace un chemin possible sur lequel nous pourrions, avec nos gilets, marcher de plus en plus nombreux, mieux nous connaître et agir ensemble avec toutes nos différences.

Pour comprendre l’esprit qui flottait dans la salle des fêtes de Sorcy-saint-Martin ce week-end, certains articles de presse n’ont pas hésité à convoquer l’héritage du « Serment du Jeu de Paume » pris en 1789 par les représentants du Tiers-État à l’ouverture des États Généraux. Chacun invoquera ses références. Mais si, contrairement aux députés du Tiers, nous refusons toute forme de « représentation » au profit de mandats impératifs, il y avait bien une promesse que nous nous sommes fait durant ce week-end, une « résolution » : celle d’en sortir avec « quelque chose ».

Reste à savoir comment cette promesse et ce qu’elle a fait naître va nous lier maintenant. Des bases ont été posées mais tout est à construire. Et si certains qualifient peut-être ce moment « d’historique » bien malin qui pourrait vraiment en interpréter toute la portée.

Par ce premier mail de retour nous mettons à disposition :

1) le texte de « L’Appel de l’Assemblée des Assemblées » en PJ en PDF, pour faire circuler dans vos groupes/AG et à tous les groupes GJ avec qui vous êtes en contact. Nous avons déjà reçu une dizaine de remontées de signatures et nous en attendons au bas mot plusieurs dizaines vu le nombre que nous étions. Faites le tourner svp dans vos groupes locaux et renvoyez nous dés que possible vos remontées pour savoir si vous signez ou pas cet appel à l’adresse assembleedesassemblees@gmail.com

2) la vidéo disponible sur Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=gJI5_us3RJI), à faire tourner massivement. Nous recherchons des personnes pour faire des traductions et des sous-titres dans un maximum de langues – n’hésitrez pas envoyer des propositions à l’adresse assembleedesassemblees@gmail.com

Nous avons aussi pris la liberté de créer avec toutes les adresses collectées cette liste de diffusion intitulée « Assemblée des assemblées », et qui regroupe la plupart des participants des rencontres du 26 & 27 janvier et d’autres qui sont intéressés par l’initiative et/ou signataires de l’appel. En attendant le développement d’autres outils de communication et de coordination plus perfectionnés qui devraient arriver sous peu, cette liste est pour le moment une liste de diffusion à sens unique pour ne pas qu’elle soit directement saturée. Si vous ne souhaitez pas y être merci de nous envoyer un message à l’adresse citée avant !

Nous vous enverrons d’ici la fin de semaine – si nous ne devons pas nous mobiliser H24 pour défendre notre cabane menacée de destruction – les compte-rendus synthétiques et détaillés du week-end, ainsi que tous les documents de travail qu’on vous y a distribué… De nombreuses demandes nous arrivent pour réussir à faire des retours à temps dans les AG locales : merci pour votre patience, nous y travaillons au mieux.

Nous vous demandons également de nous envoyer vos notes des compte-rendu des groupes de travail du dimanche matin, pour être sûr de n’avoir rien oublié !

Voilà pour ce premier retour.

Sur ce, nous continuons entre nous de nous remémorer ce week-end incroyable les yeux encor écarquillés. Les applaudissements à tout rompre, les « ahou ! », les récits de lutte des quatre coins de l’Hexagone, les chants chantés ensemble, les discussions enflammées, tous vos messages, vos remerciements, vos mots gentils… tous ces gestes nous émeuvent au plus profond et renforcent la solidarité de notre groupe.

Après un tel week-end nous nous sentons encore plus forts pour continuer la lutte et construire de belles choses par ici.

L’histoire continue, pourvu que nous l’écrivions ensemble.

À très bientôt !

MACRON DÉMISSION !

VIVE LES GILETS JAUNES DANS LEUR DIVERSITÉ !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

Appel de la première « Assemblée des assemblées » des gilets jaunes – Commercy

Ce week-end s’est tenue à Commercy la première assemblée des assemblées des gilets jaunes. Ci-dessous l’appel qui en est issu auquel la CooPES souscrit.

Lien pour voir l’appel en vidéo

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3DgJI5_us3RJI&ved=2ahUKEwi7xZ7dt5DgAhXlzIUKHSrSAAcQtwIwAnoECAQQAQ&usg=AOvVaw0Ga7dvxMwybOA9AGgZ4EFb