La fin de l’écologie du “en même temps”

L’incapacité d’EELV à prendre le leadership d’une campagne européenne où pourtant l’écologie est au centre des préoccupations, signe la fin d’une illusion : celle de l’écologie attrape tout. Si tout le monde est écologiste, alors il faut choisir quelle écologie on défend. A force de ménager la chèvre et le choux, l’écologie des petits pas et la rupture avec le capitalisme vert, l’économie de marché chère à Yannick Jadot et l’écologie qui se bat pour la survie des classes populaires, la croissance verte et la décroissance soutenable, EELV s’est marginalisée. A sa naissance en 1984, la seule couleur verte revendiquée constituait l’ADN du parti Vert. Il lui suffisait de hisser son drapeau pour compter dans la vie politique. A l’époque personne ne se réclamait de l’écologie politique, hormis ce nouveau parti issu d’une hybridation entre mouvement environnementaliste et une partie de l’extrême gauche post soixante huitarde. 35 ans plus tard, la situation s’est diamétralement transformée. Son repli sur soi n‘est que le symptôme d’une crise d’identité, de projet, de sens qui atteint de plein fouet une organisation nécrosée qui n’a pas su trouver son chemin, écartelée qu’elle est entre plusieurs visions de l’écologie politique. Ce qui a affaibli EELV, ce ne sont pas les «trahisons» de certains, c’est le refus de se positionner contre le greenwashing et l’économie verte, les atermoiements face au mouvement social écologiste populaire des Gilets Jaunes ou encore le désistement en faveur du Parti Socialiste aux dernières présidentielles. A force de renoncements, la force structurante de l’écologie politique est devenue une idiote utile du système. L’existence de ces trois écologies concurrentes, celles de l’écologie libérale, d’une sociale démocratie verte et de l’écologie de transformation, la notre, structure désormais le paysage de l’écologie politique et signe la fin d’une fiction, celle d’un parti de toute l’écologie. EELV a cru un moment atteindre une masse critique lui permettant de se soustraire à la loi de la gravitation universelle. Mais n’est pas soleil qui veut. Les planètes macronistes, et insoumises s’étant elles mêmes écologisées, chacune à leur manière, elles montrent que le roi est nu et attirent chacune à elle une partie de l’électorat d’EELV, prise en sandwich entre la liste d’En Marche et celle de la France Insoumise, sans compter l’électorat résiduel du PS et de Générations qui se réclament elles aussi d’une écologie aseptisée. C’est pour cela que nous appelons pour les élections européennes, à voter pour la liste de la France Insoumiseanimée par Manon Aubry. En l’état c’est la seule liste à représenter les aspirations anticapitalistes de la jeunesse en lutte pour le climat, des Gilets jaunes ou des zadistes de Bure au TGV Lyon Turin. L’écologie rebelle, l’écologie de transformation qui regroupe écologistes sociaux, objecteurs de croissance, éco socialistes, éco féministes, zadistes doit maintenant se mettre en mouvement parce qu’il s’agit non seulement de s’opposer à la dérive d’EELV mais aussi de contrer le projet de coalition entre le groupe des libéraux emmenée par Macron et Cohn Bendit et le groupe des Verts au Parlement Européen. Ce Groupe dirigée par les GrünenAllemands alliés maintenant à la droite allemande dansplusieurs länders assume le rôle d’un parti centriste et libéralsans états d’âme. Cette coalition entre les Macronistes et les Verts renforcerait les partisans d’une Europe aux mains de la Commission Européenne et des GAFA, d’une Europe du libre échange et de la concurrence « libre et non faussée » au détriment d’une Europe des Communs, de la justice sociale et fiscale, libérée des lobbies. C’est aux écologistes anticapitalistes, rebelle et insoumise, qu’il revient maintenant de sauver la seule idée neuve du XXIème siècle.

 

Francine Bavay, Sergio Coronado, Patrick Farbiaz, Jean Laffont, Elise Lowy, Bénédicte Monville

Pour une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale

Le soulèvement populaire des Gilets Jaunes, le combat pour la justice climatique, le développement des ZAD mettent l’écologie au centre du débat public.

Les Gilets Jaunes animent un mouvement de survie social écologique qui pour la première fois implique massivement les classes populaires. Ils imposent le débat sur des questions écologiques : déplacements contraints, étalement urbain, précarité énergétique, taxe carbone, services publics de proximité…, mais aussi désobéissance civile, convivialité des ronds points, contestation de l’organisation verticale et jacobine du pouvoir dans les organisations…  

Avec plus de 2 millions de signatures de la pétition de « l’Affaire du Siècle » et la grève scolaire du 15 mars, les marches climats appellent à la convergence entre « les fins de mois et la fin du monde ».  Notre Dame des Landes est une victoire historique du même type que le Larzac. Les ZAD malgré la politique autoritaire et liberticide du gouvernement Macron- Philippe, continuent à se développer de Bure à Europa City, de Roybon à la LGV Lyon Turin. 

Ces mouvements sont l’expression d’une résistance des peuples à la crise sociale écologique accélérée par la mondialisation capitaliste. Elles sont la réplique française au mouvement des Places, des indignés à Occupy Wall Street, des révolutions arabes, de la révolte des peuples indigènes contre l’extractivisme, des mouvements d’émancipation qui, du Rojava au Chiapas en passant par la Catalogne contestent l’ordo libéralisme 

Pourtant paradoxalement, l’écologie politique n’est plus qu’un champ de ruines.  

L’écologie libérale de marché a démontré avec le Ministère Hulot son échec programmé et sa capitulation face au productivisme : Glyphosate, Montagne noire et forages pétroliers en Guyane, reculs sur le nucléaire sur le CETA, sur Bure, sur l’huile de palme, sur la loi sur l’alimentation et sur la loi littoral… La preuve est faite. Le capitalisme repeint en vert qu’on l’appelle économie verte, économie circulaire, développement durable est un leurre. 

L’échec de l’écologie de marché entraîne dans sa foulée celle de l’écologie d’accompagnement. SI un parti Vert était nécessaire dans les années 80 et 90 pour éveiller les consciences, il est désormais obsolète, ses tâches ayant été accomplies. L’illusion de réunir tous les écologistes au sein d’une même famille ne peut plus tenir lieu de programme. D’autant plus qu’émerge une 4ème écologie politique, celle de l’éco-fascisme.

Pour les signataires de cet appel, le temps est venu d’un mouvement de l’écologie populaire et sociale. L’écologie populaire de transformation suppose une politique de rupture avec le capitalisme vert et une convergence des luttes sociales et environnementales. Cette écologie converge sur les objectifs : elle se retrouve pour prôner une décroissance soutenable, défendre les communs, l’entraide, la coopération, lier biodiversité et diversité humaine, lutter contre toutes les dominations sociales (genre, ethnique, social), défendre la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie, en finir avec les Grands Projets Inutiles, les crimes industriels (usines Sévéso, amiante, produits toxiques…) participer à la mise en place d’une démocratie par en bas. Elle se réclame de René Dumont, d’André Gorz, de Félix Guattari, de Murray Bookchin 

Mais son émiettement la rend impuissante. L’écologie populaire si elle prenait conscience de sa force et s’organisait dans un pôle unifié de l’écologie de transformation deviendrait une force incontournable capable de donner une perspective politique claire à tous les déçus de l’écologie politique et d’une gauche déboussolée. C’est pourquoi nous appelons à une Constituante de l’écologie populaire et sociale, ouverte à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi l’AG de cette constituante pourrait se donner comme ordre du jour : 

1. Identifier ce qui nous rassemble et ce qui nous divise en proposant une charte commune de l’écologie populaire et sociale ; et entamer les débats de fond sur ce qui ne fait pas consensus entre nous

2. Proposer des campagnes communes rassemblant les groupes locaux qui se réclament de cette mouvance pour crédibiliser notre démarche et la rendre visible. 

3. Lancer une dynamique de rassemblement à travers une Conférence Permanente de l’EPS, une Université d’Automne, des outils numériques communs…

4. Préparer l’émergence de listes municipalistes, citoyennes, écologistes et sociales en 2020

Nous appelons les écologistes organisés ou non, tous les groupes, mouvements et organisations locales ou nationales à nous contacter pour préparer ensemble cette Assemblée Constituante de l’écologie populaire. Que vous soyez écologistes sociaux, municipalistes libertaires, écosocialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, éco syndicalistes, écologistes radicaux, zadistes, écologistes membres de la France Insoumise, du NPA, et d’Ensemble,  d’alternative Libertaire, d’Ecologie sociale, Objecteurs de croissance, du Mouvement Ecolo, gauche d’EELV, courants autonomes et libertaires de l’écologie radicale, éco communistes, militants de la libération animale,  Gilets jaunes ou Gilets Verts, si vous vous reconnaissez dans ce texte, réunissez vous dès maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de la première Assemblée constituante de l’écologie populaire et sociale ;

Pour le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple !

 

Premiers signataires :

  1. Henrietta Agbo (75), 
  2. Olivier Agulo (13), 
  3. Françoise Alamartine (34), 
  4. Martine Alcorta (33), 
  5. Marie Aoustin (75020), 
  6. Georges Auspitz, (38 Bourgoin-Jallieu),
  7. Jérôme Bau (13 Marseille), 
  8. Damien Bastian (44), 
  9. Francine Bavay (75011), 
  10. Mathieu Béchu Diaz (67), 
  11. Isabelle Begue (La Réunion), 
  12. Jésahel Benoist (62), 
  13. Jean-Louis Berland (91- Saint-Michel-sur-Orge), 
  14. François Bernard (92 Malakoff), 
  15. Laura Berson (75), 
  16. Gérard Berthet (69 Lyon), 
  17. Michel Besson (93-Saint-Denis), 
  18. Xavier Bigot (Carcassonne – 11), 
  19. Antoine Billiottet (13), 
  20. Raymonde Bonnet (92), 
  21. Jean-Claude Bonnet,(33Lormont), 
  22. Alima Boumediene (95), 
  23. Kevin Bourgin (75), 
  24. Jean Brafman (93 Saint-Denis), 
  25. Jérémy Briantais (75013), 
  26. José Brochier (34), 
  27. Thierry Brugvin (25), 
  28. Maximen Caillon (87 Limoges), 
  29. Marco Candore (75011,)
  30. Brigitte Carraz (68), 
  31. Yohan Cervantes (Saint-Philippe, 974 la Réunion),  
  32. Jacky Chabrol (63), 
  33. Hélène Charrier (03 Vicq), 
  34. Erwan Chartrain (Maroc), 
  35. Jérôme Chassin (75018), 
  36. Didier Chérel (06 – Mouans-Sartoux), 
  37. Thomas Chevrier (44 Nantes), 
  38. Hanna Clairière(93 Saint Denis), 
  39. Cyril Cognéras (87), 
  40. Marie-Claude Collin (Moselle), 
  41. Sergio Coronado (75), 
  42. Stéphanie Coursodon (73), 
  43. Olivier Crenn (26), 
  44. Geneviève Cros (38), 
  45. Louise Crovetti (84), 
  46. Marcel Cunin (75), 
  47. Stéphane Cuttaïa (77), 
  48. Pierre Dagobert (56), 
  49. Fanny Darius (75012), 
  50. Christian David, 
  51. Jim Delémont (44), 
  52. Bruno Deléonet (Saint-Junien (87), 
  53. Lionel Deschamps (89), 
  54. Annie Descot (33), 
  55. Suzanne D’hermies (75020), 
  56. Denis Donger, (26 Romans), 
  57. Edwige Dorbon (89), 
  58. Fabrice Doublet (60), 
  59. Véronique Dubarry (93 Ile St Denis), 
  60. Danyel Dubreuil (93 Bagnolet), 
  61. Yves Durieux (69-Rillieux-la-Pape), 
  62. Dominique Duval (14-Trouville), 
  63. Touraj Eghtesad (67), 
  64. Didier Epsztajn (75), 
  65. Patrick Farbiaz (75020), 
  66. Claude Farcy (56), 
  67. Jean Fauché (81), 
  68. Julien Floquet, 
  69. Axel Fournier (87), 
  70. Yves Frémion (75020), 
  71. Caroline Fesselier (35 Servon-sur-Vilaine), 
  72. Boris Gabriels (75020), 
  73. Merlin Gautier-Marchand (75018), 
  74. Vincent Gay (93), 
  75. Maud Gensel (37), 
  76. Paul-Emile Geoffroy(Les Disparates – Paris-Forcalquier), 
  77. Mariette Gerber (11 Treilles), 
  78. Fabien Givernaud (38), 
  79. Pierre Goletto (77), 
  80. Liam Gonzalez (33), 
  81. Laurent Grisel, 
  82. Didier Grouard (56 Noyalo), 
  83. Bernard Guibert (14, Trouville), 
  84. Sébastien Guillon (79), 
  85. Benoit Hazard (93,Pierrefitte), 
  86. Odile Hélier (75), 
  87. Marie Heraudeau (44), 
  88. Mathias Isimat Mirin (93 Pantin), 
  89. François Hoog (26), 
  90. Alain Jean-Joseph (94), 
  91. Patrick Jimena (31), 
  92. Benjamin Joyeux (74), 
  93. Fredéric Jouvin (92 Clichy), 
  94. Françoise Kiéfé (75015), 
  95. Marjorie Keters (93 Pantin), 
  96. Sylvain Knittel (75005), 
  97. Pierre Labeyrie (31),  
  98. Christine Ladret (44 Nantes), 
  99. Jean Lafont (75015), 
  100. Jean-Charles Lallemand (75011), 
  101. Stéphane Lavignotte (93 Ile St -Denis), 
  102. Ronan Le Boubennec (Paris 20), 
  103. Philippe Leclerc (88), 
  104. Michelle Lecolle (57), 
  105. Youna Le Corre (56 Lorient), 
  106. Arthur Ledard (33), 
  107. Benjamin Le Guillou ( 974- La Réunion), 
  108. Corinne Lehl (69), 
  109. Marylène Lenfant (93 Saint- Denis), 
  110. Elise Lowy (75), 
  111. Paul Lowy (14), 
  112. Raphaël Lebrujah (93 Drancy), 
  113. François Longérinas (93 St-Denis), 
  114. François Maillard (14), 
  115. Frédéric Malvaud (50), 
  116. Renaud Mandel (75020), 
  117. Jean-Marie Marguerite (29 Plougonven),
  118. Gilles Martinet (75018), 
  119. Frédérique Maumet ( 91), 
  120. Pascal Mayol (83) 
  121. Jean-Marie Mémin (13 Marseille), 
  122. David Millet ( 26 Crest), 
  123. Gilles Monsillon (95), 
  124. Bénédicte Monville (77 Melun), 
  125. Marc Morisset ( 33 St-Médard en Jalles), 
  126. Jean Morlais (77 Saint-Fargeau-Ponthierry), 
  127. Fatiya Mothay (77 Melun),
  128. Anne-Marie Nageleisen (37), 
  129. Camille Nashorn  (69), 
  130. Laura Natiez (44), 
  131. Sylvie Nony (33), 
  132. Xavier Normand (31 Castanet-Tolosan), 
  133. José Olmos (16), 
  134. Mehmet Ozguner, (93 Bondy), 
  135. Murriel Padovani-Lorioux (19), 
  136. Nathalie Palmier (67), 
  137. Jean-François Pellissier (75013), 
  138. Laurine Pereira (69), 
  139. Cyril Perret, (69,Villeurbanne), 
  140. Gérard Perrier (13 Marseille), 
  141. Arnaud Petit (40 Moustey), 
  142. Patrick Petitjean, (40140 Soustons), 
  143. Jean-Jacques Piard (56 Lorient), 
  144. Sonia Pignot (93 Saint-Denis), 
  145. Sandra Pizzolato (38 Moirans), 
  146. Raymonde Poncet (69), 
  147. François Ralle Andreoli (Espagne), 
  148. Yohan Reversat (44 Nantes), 
  149. Serge Rivret (75020), 
  150. Benoît Rougelot (75), 
  151. Alfred Ruiz (67300 Schiltigheim), 
  152. Laurent Saint-André (75010), 
  153. Annie Samson (85), 
  154. Jean Sarasin (22 Lanvellec), 
  155. Gilles Sarter (34), 
  156. Johanna Schneider (78), 
  157. Éric Schultz ( Strasbourg 67), 
  158. Christian Sunt (30), 
  159. Laure Tachoires (31) 
  160. Michel Thomas (51), 
  161. David Thomas (35 Crevin), 
  162. José Tovar (93), 
  163. Annie Turon, 
  164. Gianni Vacca (92), 
  165. Landeline VIillemey (26), 
  166. Michel Wilson (69 Lyon), 
  167. Roger Winterhalter (68)

Appel soutenu par la Coopérative Politique Ecologie Sociale, le Mouvement Ecolo

Pour signer, contribuer au débat , prendre contact : appeleps@lilo.org

Revue de presse

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200319/pour-une-assemblee-constituante-de-l-ecologie-populaire-et-sociale

Ecologie libérale, écologie du capital ! 

Pour télécharger le tract c’est ici : Ecologie libérale, écologie du capital TRACT 15-16:03:19

Les 15 et 16 mars doivent être le début d’une convergence de nos luttes : Gilets Jaunes et Verts, ensemble dans la grève et dans la rue pour le climat et pour vivre dignement !

Trois ans après la COP 21, cette conférence sur le climat que le gouvernement Hollande-Valls- Macron nous avait vendu comme décisive, rien n‘a changé à la dynamique catastrophique du dérèglement climatique. Les échéances s’accélèrent et, dans tous les domaines, le pire des scénarios se met en place. 

Quand les banques dans leur spirale folle menacent en 2008 la bonne marche des affaires, les Etats trouvent l’argent nécessaire pour les sauver. Quand il s’agit du climat, de la biodiversité, de la pollution industrielle, les mêmes Etats sont aux abonnés absents. Les COP sont non contraignantes, les traités de libre échanges continuent de plus belle à privilégier l’économie à l’écologie. Par contre Macron continue à pleurer sur la maison qui brûle et les générations futures en parodiant Trump : Make the Planet Great Again.

Ceux qui sont en première ligne pour que rien ne change sont les écologistes libéraux. Ils défendent une écologie de marché, culpabilisante pour les classes populaires et compatissante pour les entreprises du CAC 40. Qui finance les COP ? Les entreprises qui veulent faire payer la crise écologique aux plus pauvres, adapter les besoins de la planète à l’économie rebaptisée verte, adapter les humains au productivisme triomphant. Ces nouveaux « écolos » s’appellent Total, ENGIE, PSA…Tous ces apprentis sorciers du capitalisme vert sont prêts à tout pour protéger leurs intérêts et engranger toujours plus de profits sur le dos des classes populaires et de la Terre. Leurs meilleurs agents sont François De Rugy, Denis Baupin, Jean-Vincent Placé, Dany Cohn-Bendit et leurs ami-e-s qui cautionnent au quotidien le greenwashing, cet éco blanchiment des entreprises.

Les Gilets Jaunes ont largement démontré l’arnaque de la taxe carbone qui était consacré au budget général de l’Etat et pas au réchauffement climatique, qui excluait le kérosène des avions, le carburant des bateaux et l’essence des transporteurs routiers. Nos écologistes libéraux avaient auparavant inventé le marché des quotas carbone utilisé en espace de spéculation par des escrocs qui ont réalisé des centaines de millions d’euros de profits. 

Les petits soldats du capitalisme vert justifient tout : les OGM et le glyphosate dans les campagnes, la Montagne d’Or en Guyane, le chlordécone en Martinique et en Guadeloupe, les Grands Projets Inutiles et Imposés en métropole, le nucléaire en France et dans le monde, l’impunité de Total et des blanchisseurs de l’économie verte. Le tout au nom d’une supposée croissance verte qui est le nouveau nom du productivisme.

Pour lutter contre le dérèglement climatique, il faut changer le système, en finir avec le Capitalocène qui détruit la planète et les humains et prépare l’effondrement qui vient. 

Une autre écologie politique est possible : celle issue du mouvement de survie social écologique des classes populaires. En Amérique latine, les peuples indigènes s’attaquent à l’extractivisme, contre les mines d’or ou les forages pétroliers. Aux Etats Unis le mouvement de la Justice environnementale a combattu le racisme environnemental qui frappait les noirs et les latinos des banlieues industrielles des grandes villes. En Inde et en Chine, les émeutes populaires s’affronte depuis longtemps aux grands barrages, à la déforestation ou aux pollutions industrielles. En France, la lutte victorieuse de la Zad de Notre dame des Landes a montré la voie à Sivens, à « Europa City » et à Bure dont les Zadistes convergent avec les Gilets Jaunes de Commercy et d’ailleurs dont la devise est la notre : Pour un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

les combats pour la justice climatique et la justice sociale ne font qu’un.

Lycéens, étudiants, salariés, retraités, chômeurs, habitant-es des quartiers populaires, nous avons les mêmes intérêts. Que nous soyons, Gilets jaunes, Gilets Verts, Gilets rouges, nous devons aller plus loin que cette politique des petits pas et des gestes citoyens qui dédouane les puissants qui eux ne changent rien à leur mode de produire et de consommer. Nos exigences doivent être communes :

  • Appliquer le principe pollueur – payeur aux entreprises qui polluent, aux constructeurs automobiles qui truquent les tests anti-pollution, aux sociétés concessionnaires d’autoroute, chimiques, de l’agro business.
  • Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et Instaurer une taxe sur toutes les transactions financières. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, il faut augmenter les salaires, les minimas sociaux, les retraites, plafonner les revenus et rétablir l’ISF.
  • Soutenir le service public du rail fondé sur des trains à la fois confortables, sûrs et accessibles. Accès gratuit pour les mineurs, les étudiants, les plus de 65 ans et les demandeurs d’emploi. Le transport de marchandises sur des longues distances se fera obligatoirement par voie ferroviaire ou fluviale ; Réduire la TVA sur les transports collectifs pour améliorer l’offre de transports en commun.
  • Limiter l’étalement urbain : abandonner les projets de nouvelles autoroutes et retourner à une gestion publique des du réseau autoroutier ; Arrêter la concentration des entreprises, des services et des administrations autour des grandes agglomérations qui oblige les salarié-es à travailler de plus en plus loin de chez eux-elles. 
  • Mettre fin à la précarité énergétique en imposant aux bailleurs sociaux et aux propriétaires une politique d’isolation massive des logements permettant de se chauffer mieux et moins cher
  • Mettre fin immédiatement à toutes les subventions aux énergies fossiles et engager une sortie programmée du nucléaire. Interdire de nouveaux investissement dans l’énergie autres que ceux de l’énergie renouvelable. 

Le 15 mars, grève dans toute l’éducation nationale et le 16, Marche pour le climat avec les Gilets de toutes les couleurs.

 

 

La Coopérative Politique Ecologie Sociale 

coopecologiesociale@gmail.com

Site internet : ecologiesociale.org

Suivez-nous sur Twitter @coopecolosocial

Les Gilets Jaunes  : un mouvement social – écologiste

Déclaration de la Coopérative Politique Ecologie Sociale

«C’est l’heure des brasiers, il ne faut y voir que la lumière. »  José Marti

  1. La révolution communaliste a commencé. Les Gilets jaunes en faisant reculer Macron ont déjà remporté une manche, celle de la fin de la résignation, de l’impuissance des classes populaires. Même si ces gains (CSG, primes, taxe…) sont limités, ils n’en ont pas moins été la démonstration qu’il était possible, en rompant avec la culture des petits pas, de faire reculer l’Etat. En moins de trois semaines, ce mouvement de colère s’est mué en mouvement citoyen contestant la légitimité politique de ceux qui nous gouvernent. Mais il l’a fait en redéfinissant le cadre du mouvement social et par là même le rapport à la démocratie et à la souveraineté populaire. La lutte contre les taxes n’était que le début d’un mouvement qui élargit sans cesse ses revendications pour répondre à la stratégie du choc imposé par la politique ultra libérale d’Emmanuel Macron et à son mépris de classe. Les Gilets Jaunes l’ont compris et posent la question de l’organisation du pouvoir et de la vraie démocratie, c’est à dire l’instauration d’un processus constituant coopératif. Ce qui se joue sur les ronds – point c’est la radicalisation de la démocratie par une démocrate écologique liée à la souveraineté populaire. il ne s’y réduit pas à l’exigence d’un Référendum d’initiative Citoyenne  ( RIC) nécessaire mais pas suffisant. Cette démocratie écologique se construit dans les ZAD écologiques et dans les ZAD des ronds – point. Ce sont des Zones d’Autonomie Démocratique où s’exerce le droit à décider. Ce droit à décider est posée par les Gilets Jaunes comme dans les grands mouvements sociaux de ces derniers temps, des Indignés aux révolutions arabes, en passant par la Catalogne. Il s’exerce au Chiapas, au Mexique comme au Rojava, le Kurdistan syrien. Décider nous même, sans médiation, contrôler les décisions, peser dans leur élaboration, exercer un droit de véto se traduit la construction des assemblées citoyennes. En ce sens, les Gilets jaunes ont un air de déjà vu, celle des insurrections citoyennes des sans culottes. La révolution française se rappelle à nos bons souvenirs.  En 1789, le peuple, la nation constituée, s’éleva contre l’Etat, le Tiers-Etat soumit l’oligarchie de l’époque, ses rois, ses seigneurs et curés en montrant la puissance du désir d’égalité, de dignité et de liberté. En 2019, il s’agit de radicaliser la démocratie en changeant les règles du jeu, en opposant l’horizontalité à la verticalité, les assemblées citoyennes à une représentation nationale déconsidérée, une nouvelle organisation du territoire aux baronnies locales ou, départementales ou régionales. C’est pourquoi nous soutenons l’appel des gilets jaunes de Commercy à se réunir le 26 et 27 janvier. Comme le conclut leur appel : « Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité ! Vive Le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple ! » Tout le pouvoir aux Assemblées citoyennes !
  2. Le mouvement des Gilets jaune est le premier mouvement social écologique de masse de notre histoire en métropole. Il a mis en avant les questions sociales écologiques : les transports, l’étalement urbain, l’accès à un logement décent et pas cher, la précarité énergétique. Ce mouvement contre la vie chère est un mouvement d’écologie populaire parce qu’engendré par les mobilités contraintes, il lutte contre la ségrégation spatiale imposée par l’emprise de l‘urbanisation capitaliste et les inégalités entre territoires qui induit la marginalisation de millions de gens dépendant de l’automobile. Il est directement issu des poches de pauvreté structuré par le chômage de masse et la précarité. Celles et ceux qui vivent dans les zones dites périphériques, dans un habitat dégradé et pollué, sont les mêmes qui ne peuvent s’offrir une nourriture biologique, ni prendre des vacances, et qui sont les plus contraints par une politique de transports mal aménagée.  Ce mouvement a été lancé par une pétition où les exigences environnementales étaient fortes et a mis en cause l’hypocrisie de la taxe carbone, injuste socialement et inefficace écologiquement. Les masques sont tombés. L’alibi écologique de cette taxe alimentant les budgets de l’Etat a volé en éclat. C’est pourquoi la revendication d’en finir avec les taxes sur le carburant était juste. Ce n’est pas aux classes populaires de payer la crise écologique, c’est aux entreprises polluantes. Le marché carbone européen permet aux grandes entreprises de la sidérurgie, de l’aviation, du pétrole, du ciment, de la chimie, de la construction automobile (qui triche avec le diesel) de bénéficier d’un régime de pollueurs – payés. La culpabilisation des comportements des classes populaires par l’Etat, les entreprises polluantes ça suffit !
  3. Ce mouvement d’en bas est une chance pour l’écologie politique car il transforme le rapport entre l’écologie et la société. Les «Gilets Jaunes » sont des ouvriers, des employés, des artisans, des petits patrons en voie de paupérisation, des retraités, des chômeurs. C’est-à-dire des catégories qui ensemble sont la majorité du pays. C’est un renversement de perspective qui permet aux classes populaires de se réapproprier la question écologique en la liant à la répartition des richesses et à la contestation du système capitaliste. Jusqu’ici, celles et ceux qui étaient au cœur du mouvement écologique représentaient les couches moyennes salariées (intermédiaires et supérieures) au capital culturel aisé. Longtemps une partie des écologistes, en l’occurrence EELV, a estimé qu’elle avait gagné la majorité culturelle qu’il suffisait de transformer en majorité politique. Or le mouvement des Gilets Jaunes remet en cause cette fausse certitude. Tant que l’écologie politique se confine à une écologie néo centriste sans prendre en compte les préoccupations et les besoins populaires, elle reste culturellement minoritaire. Si la conscience écologique a irrigué une bonne partie de la population, elle s’arrête là où commence l’heure des choix. Se contenter d’écologiser le capitalisme c’est condamner l’écologie à être un supplément d’âme. Il y a deux voies, deux visions de l’écologie, l’une celle de l’écologie d’en haut, éco-technocratique qui privilégie le marché et l’autre celle de l’écologie d’en bas, de l’écologie populaire. Ce qui se joue en ce moment c’est la lutte frontale entre ces deux Ecologies, l’écologie libérale du Greenwashing, du capitalisme vert et celle de l’écologie populaire qu’on la nomme écologie sociale, éco-socialisme ou objection de croissance. Ce mouvement en partant des conditions d’existence réelles d’une partie des classes populaires a la même dynamique, que celui né aux Etats-Unis dans les années 80 sous le nom de Justice environnementale. L’écologie populaire part de la nécessité pour les classes populaires de survivre sous le capitalisme productiviste. La lutte contre la précarité qu’elle soit sociale, énergétique, économique et financière touche des millions d’habitants. Les écologistes doivent choisir leur camp. L’écologie ce n’est pas l’illusion du consensus. C’est une lutte pour le droit de vivre dignement, pour le pouvoir de vivre. C’est en se libérant que les classes populaires sauveront l’humanité des crises climatique et écologique.
  4. Ce mouvement traduit une vieille exigence écologiste : « Bien vivre, travailler et décider au pays ». La modernité capitaliste a engendré la concurrence entre territoires. Elle a favorisé l’accélération dela métropolisation qui a aggravé la fracture territoriale et sociale. Croyant « choisir leur vie » et conquérir leur autonomie, des centaines de milliers de gens chassés par la spéculation immobilière et la gentrification se sont retrouvés dans une impasse. Plus de petits commerces dans les centres villes des traites à payer, plus de services publics, de poste, d’écoles, de collèges, de lycées, de maternité, d’hôpitaux., obligés de payer l’essence de plus en plus chère car contraints d’utiliser la voiture. Au-delà de la concentration des richesses et de leur production dans les métropoles, au-delà de la concentration des services, la logique de métropolisation induit également un éloignement des lieux de décision des citoyens habitant hors des centres métropolitains. Face à ce piège social, le mouvement des Gilets Jaunes a un objectif social écologique : se réapproprier les territoires pour pouvoir y vivre dignement. En se rassemblant sur les ronds point, ils pointent sans nécessairement en avoir conscience la folie d’une construction réalisée autour de la civilisation de la voiture. Les ronds points ont fait l’objet durant des décennies d’une corruption organisée par beaucoup d’élus locaux et d’ingénieurs des Ponts, l’exacte contraire d’équipements au service d’une population qui voulait vivre et travailler au pays. Les Gilets jaunes enracinés dans des territoires déshérités, qu’on appelle « périphériques », refusent ce mode de vie contraint en insistant sur la relocalisation de l’économie et des activités, sur les circuits courts, sur la proximité, ils remettent en cause la logique de métropolisation, de gentrification. Ils veulent comme les régionalistes et les écologistes des années 70 « vivre et travailler au pays ». Pour les habitants des espaces ruraux, périphériques comme pour ceux des banlieues, la réduction des inégalités passera par pouvoir « vivre, travailler et décider au pays ».
  5. Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement de survie écologique contre la tendance générale du capitalisme, l’expulsion : expulsions des paysans par les accapareurs de terre, expulsions des ouvriers par les délocalisations, expulsions des locataires de leur logement ou des petits propriétaires chassées de leurs maisons parce qu’incapables de rembourser leurs traites, expulsion des habitants des villes petites et moyennes, faute de services publics, de petits commerces, expulsion de la terre des ressources naturelles et des matières premières par les multinationales… La mondialisation capitaliste a accéléré la dynamique d’expulsions des peuples. Chassés de leurs campagnes pour aller dans les villes, ils ont été de nouveau chassés de villes par la spéculation immobilière, la désindustrialisation, le démantèlement des services publics, disparus dans de nombreuses parties du pays ou en voie de privatisation généralisée (distribution et assainissement de l’eau, déchets, électricité, audiovisuel, culture, éducation, santé, poste, autoroutes … Dans ces conditions, lutter contre la logique de l’expulsion signifie mettre en oeuvre un protectionnisme solidaire. Face à la mondialisation libérale que nous connaissons depuis les années 1970, nécessite de mettre en place une souveraineté populaire solidaire et coopérative. De cette volonté de construire une autre mondialisation, contre les méfaits du libre-échange, l’idée d’un protectionnisme altermondialiste émerge. : imposer une protection afin de favoriser les circuits courts, limiter les échanges internationaux de marchandises et ainsi réduire la pollution due au commerce international, relocaliser l’économie et les activités, en finir avec les règles de la Commission Européenne qui impose une  « concurrence libre et non faussée » qui détruit les services publics. 
  6. Le mouvement des Gilets Jaunes a une dynamique convivialiste. Face à la violence du système productiviste, les Gilets jaunes ont réinventé l’entraide sur les ronds points. Ce que les Gilets Jaunes ont en commun, c’est le besoin de vivre ensemble afin de permette à ses participants de prendre soin les uns des autres, à travers le conflit mais en en faisant de la lutte un facteur de dynamisme et de créativité. Cette association pour survivre des travailleurs pauvres, des petites classes moyennes, des précaires a débouché sur une fraternité des ronds – point, opposant des valeurs de solidarité et coopération face à la loi de la jungle. Des dizaines de milliers de Gilets Jaunes ont pratiqué l’entraide dans l’action, découvrant la richesse des liens sociaux tissés sur les barrages, faites d’empathie, de confiance, d’amitié, de compréhension. Sur les ronds point nous nous sont ouverts aux autres et au monde constatant notre puissance collective et la faiblesse de l’Etat. Comme le proclamait “le Manifeste des produits de haute – nécessité” des intellectuels antillais en soutien aux mouvements contre la vie chère de l’époque. «  la dynamique du Liyannaj  c’est d’allier et de rallier, de lier , relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé » . Cette dynamique de la liane , de l’entraide , de la fraternité, cette joie de se reconnaître comme «  nous », cette leçon là ne sera pas perdue  pour l’avenir quel qu’il soit . En ce sens, les Gilettes  et les Gilets Jaunes ont déjà gagné.. Les « gens ordinaires » ont perçu que la force de l’action collective les avait transformés en une force sociale et politique extraordinaire. Ils ont créé leurs propres communautés de lutte et de vie. Ils ont inventé leurs propres formes de représentation collective, refusant les porte paroles autoproclamés pour mieux se constituer en force autonome d’action populaire. En produisant du commun, le peuple des ronds points a affirmé son autonomie et rendu visible l’impuissance du pouvoir et de toute la classe politique. Ces leçons ne seront pas perdues pour l’avenir. Comme on disait dans l’Ancien Monde : Rien ne sera plus jamais comme avant. 
  7. Justice sociale / justice climatique même combat : la convergence entre Gilets jaunes et Gilets Verts s’est affirmée. Les marches du climat du 8 décembre ont montré qu’il ne peut y avoir de justice climatique sans justice sociale. « Changer le système, pas le climat », fins de mois et fin du monde , même combat» ne sont plus des slogans vides de sens mais l’axe même de la refondation du projet écologique. Nicolas Hulot et Le WWF présidé par Pascal Canfin se sont déconsidérés en demandant à ne pas participer aux marches sur le climat par pour d’être assimilés ou récupérés par les Gilets jaunes. Les Gilets jaunes en s’élevant contre les taxes sur les carburants ont protégé l’écologie contre les tartuffes qui utilisaient la défense du climat pour rembourser les cadeaux comme l’ISF ou le CICE. Gilets jaunes, Gilets verts nous ne pouvons plus attendre que les solutions viennent des décideurs politiques et économiques, qui ont largement démontré leur incompétence et leur soutien au système. C’est à travers la lutte que nous obtiendrons des avancées dans la lutte contre le réchauffement climatique, en bloquant la circulation des marchandises, en attaquant le consumérisme ostentatoire des riches. Le mouvement de la justice sociale et climatique doit se construire comme une organisation citoyenne d’écologie populaire à l’image des militants allemands d’Ende Gelände qui en octobre dernier ont bloqué les rails et empêché physiquement le convoi de charbon de passer. Constituer des groupes populaires d’action pour le climat, c’est la meilleure manière de lutter contre la crise climatique qui est une guerre contre les pauvres. Comme l’écrivait, Nicola Haeringer, animateur de 350.org. : « Il y a dans le mouvement des Gilets Jaunes un rejet de la coproduction de la norme à laquelle la société civile est désormais trop souvent associée. Réapprendre à être avant tout et surtout frondeur, à titiller, à gripper, à faire dérailler des processus de décisions qui, in fine, contribuent à la discussion du climat et de la biodiversité est essentiel – ce qui implique de désapprendre la coproduction, de savoir renoncer à la concertation, non par immaturité mais parce qu’il pourrait bien s’agir là de la meilleure manière pour nous d’exercer nos responsabilités. ». L’échec de la COP 24 nous rappelle que la gouvernance capitaliste du climat sert d’alibi aux entreprises polluantes qui s’apprêtent après avoir constaté l’échec des Etats à se lancer dans la course folle de la géo-ingénierie, nouvelle source de profit et de catastrophes. L’écologie populaire naitra dans les décombres du productivisme.
  8. Le mouvement des Gilets Jaunes déplace le centre de la lutte populaire de la production à la circulation des marchandises. Les flux de marchandises sont le maillon faible du système dans une économie qui part des flux tendus de production, qui se poursuit par le poids économique de la logistique, pour s’achever dans les centres commerciaux et le consumérisme. Ce n’est plus le produit et sa production délocalisée qui compte, ni sa commercialisation. C’est l’entre – deux, cette interface matérielle du transport qu’il suffit de bloquer pour casser la mécanique économique. Le blocage des rond points est le point de rencontre du social et de l’écologie. Quelles que soient les évolutions de ce mouvement un fait est sûr, il existe désormais un point faible dans ce que l’économie ne peut pas dématérialiser, le transport des marchandises. En ancrant le mouvement sur ce point faible, les salariés, ubérisés, précaires, retraités, chômeurs en déplaçant le terrain de la lutte du lieu de la production à celui de la consommation, ont mis en lumière le point d’appui qui manquait pour reconstruire un rapport de force social. Si la lutte s’est déplacé des luttes pour la production à celles de la ville, c’est aussi que le revenu des personnes consacré au logement est passé en quelques décennies de 7 % à parfois 50 %. En quelques décennies, cette part consacrée au logement et la mobilité a explosé. Au fil des ans, le salariat s’est transformée. Il s’est atomisé. Les grandes concentrations ouvrières ont disparues et avec elles le mythe de la grève générale.  Faire une journée de grève avec randonnées pédestres tous les deux mois est considérée comme inefficace et desservant les intérêts du salarié. La conscience de classe organisée autour d’entreprises irriguant un territoire socialement dépendant de l’usine a fait place à un salariat diffus, qui n’est plus tenu en laisse par l’organisation capitaliste du travail remet de fait en cause l’un des fondements de la culture productiviste de la gauche. Sur les ronds points l’alliance se fait aussi avec des paysans, des commerçants et des petits patrons victimes de la sous-traitance, de l’agro business et de la grande distribution. La culture de la gauche productiviste en est bousculée. Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.
  9. Le mouvement des Gilets Jaunes renoue avec l’histoire de l’écologie populaire, celle de la désobéissance civile.  Après Sivens et Notre- Dame des Landes, le mouvement des Gilets Jaunes ne respecte ni les codes de la « concertation », ni les formes d’action traditionnelles. Les Gilets jaunes veulent vivre et non survivre. En cela, ils renouent, avec les luttes paysannes pour la préservation des communs, avec les jacqueries contre les taxes féodales, avec la lutte pour le pain des sans culottes durant la Révolution Française, pour la redistribution des terres contre les accapareurs, avec les ZAD…, Les Zadistes de Bure sont les mêmes qui à Commercy refusent la vie chère …  En organisant la gratuité aux péages, en murant les centres des impôts, en boycottant et bloquant les centres commerciaux, en organisant des campements sur les ronds- points, ils prolongent l’action de Thoreau ou de  Chico Mendes. La désobéissance civile s’oppose à la violence sociale du capitalisme. Si les écologistes se réclament de la non-violence, cette non violence n’exclut pas la détermination face aux violences policières de l’Etat. L’écologie populaire c’est tout le contraire d’un monde aseptisé où les conflits de classe, les affrontements, y compris la violence sociale, ont disparu. SI les écologistes prônent la non violence, ils savent reconnaître la légitimité du combat de « ceux qui ne sont rien » pour parler comme le Président. Celui ci cherche à criminaliser le mouvement social en instituant une nouvelle loi anti – casseurs dans la droite ligne de l’Etat d’urgence permanent déjà intégré dans la loi depuis octobre 2017 par son gouvernement. C’est un état d’exception permanent que le pouvoir cherche à instaurer. Notre première tâche est d’organiser la protection du mouvement des Gilets jaunes contre la répression en exigeant l’amnistie générale pour toutes les condamnations de Gilets Jaunes, la suppression des armes non létales (flashball, lbd.. ) utilisées pour mutiler et blesser les manifestants , le refus de la loi «  anti – casseurs » et de ‘Etat d’exception permanent.
  10. Nous, écologistes sociaux, appelons à une Constituante de l’écologie populaire, ouvertes à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Pour lutter contre les tendances fascisantes, productivistes, anti écolos, il faut de l’intérieur du mouvement populaire actuel constituer une mouvance d’écologie populaire. C’est aussi ce qui se joue à Commercy. Convaincus que le système capitaliste menace par sa capacité de destruction à la fois, la Nature et de l’Humanité nous considérons qu’il faut constituer une plate – forme d’écologie populaire commune à toutes celles et tous ceux qui se battent au quotidien pour préserver les écosystèmes, la biodiversité et le climat.  Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi, nous appelons les écologistes qu’elles ou qu’ils soient écologistes sociaux, municipalistes libertaires, éco socialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, écologistes radicaux, zadistes, qui se reconnaissent dans ce texte à se réunir dés maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de cette Assemblée constituante de l’écologie populaire qui pourrait pour échapper à l’électoralisme se tenir au lendemain des élections européennes.

MERCI À NOUS – PREMIERS RETOURS DE L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES DES GILETS JAUNES À COMMERCY LE 26 & 27 JANVIER

Merci à vous, merci à nous.

On peine à reprendre nos esprits après ce magnifique week-end du 26&27 janvier qui a dépassé toutes nos espérances ! À Commercy, jamais nous n’aurions imaginé, lorsque nous avons construit fin novembre notre petite cabane, lancés nos actions, et tourné notre première vidéo appelant à des assemblées populaires (https://www.youtube.com/watch?v=dfLIYpJHir4)… que deux mois plus tard nous aurions l’honneur de poser avec vous les premiers jalons d’une « coordination nationale démocratique » des groupes/rond-point/assemblée de gilets jaunes !

« C’est dingue, ils sont tous venus chez nous ! » On a ressenti une immense fierté et une grande joie à vous accueillir tous dans notre petit bout de Meuse, qu’on dit « territoire sacrifié » et relégué aux oubliettes. Eh bien oui ! Qu’on se le dise, la Meuse aussi peut être, le temps d’un week-end, une « capitale » des gilets jaunes !

Biarritz, Mont de Marsan, Bordeaux, Pau, La Rochelle, Poitiers, Aurillac, Toulouse, Le Mas d’Azil, Perpignan, Béziers, Sète, Montpellier, Le Vigan, Marseille, Toulon, Cannes, Nice, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Lyon, Annonay, Tain l’Hermitage, Valence, La Voulte sur Rhône, Crest, Die, Grenoble, Chambéry, Crolles, Montceau les Mines, Beaune, Nangy, Genève, Bourges, Besançon, Brest, Quimper, Saint-Brieuc, Fougères, Rennes, Redon, Lorient, Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Tours, Le Mans, Caen, Le Havre, Rouen, Calais, Dunkerque, Lille, Haluin, Bruxelles, Amiens, Beauvais, Paris, La Courneuve, Meaux, Pantin, Montreuil, Rungis, Nemours, Ivry, Reims, Troyes, Dijon, Lure, Belfort, Épinal, Nancy, Bruyères, Colmar, Horbourg, Mulhouse, Remiremont, Strasbourg, Metz, Longuyon, Kanfen, Verdun, Jarny, Saint-Mihiel, Saint-Dizier, Troyes, Orléans, Commercy.

Nous en attendions maximum 250 mais ce sont plus de 400 gilets jaunes venus de plus de 87 villes/rond-points/assemblée locales qui ont répondu à l’appel. Près d’une soixantaine de déléguées mandatés par des rond-points/groupes/assemblées locales, et plus d’une vingtaine de délégations d’observateurs, sans compter tous les participants individuels, les curieux et journalistes.

Ça en fait du monde, des rencontres, des numéros échangés, des expériences partagées, des projets échaffaudés, tout ça condensé dans cette bouillante petite salle des fêtes de Sorcy-Saint-Martin qui n’avait peut-être jamais accueillie autant de personnes venues d’endroits différents…

Ce week-end a été beau, pour certains d’entre nous sans doute un des moments les plus forts de nos vies. Quelque chose qu’on n’avait jamais vécu auparavant et jamais imaginé pouvoir organiser. Quelque chose qui nous a tiré les larmes.

S’il y a déjà bien un acquis de cet incroyable mouvement des gilets jaunes c’est cette solidarité, cette entraide et cette joie d’être ensemble que nous avons retrouvé. Malgré le mur de mépris et de violence auquel nous nous heurtons (et sans doute aussi à cause de lui). Il y avait ce week-end là dans cette petite salle des fêtes l’énergie de celles et ceux qui ont passé des Noël et des Nouvel An avec leurs familles (l’ancienne et la nouvelle) sur des ronds-points, la détermination de ceux qui ont du reconstruire 6 fois leurs cabanes et qui savent qu’ils et elles risquent gros en manifestation, l’amour et la dignité de ceux et celles qui se battent pour leurs enfants.

Il y avait aussi le grand sérieux de ceux qui savent que les enjeux historiques de notre mouvement sont immenses et que les pouvoirs que nous affrontons sont prêts à tout pour nous détruire et nous affaiblir. Ce week-end, nous ne pouvions pas échouer, pas après avoir vécu tout ce que nous avons vécu, depuis nos « ronds-points » et nos manifs, depuis 2 mois.

Nous n’avons pas échoué : malgré la grande diversité des délégations, l’imprécision ou la limitation des mandats, le cadre de fonctionnement encore à définir, nous avons réussi à nous en sortir par le haut en faisant preuve de souplesse, de maturité et d’intelligence. Nous qui étions ensemble ce jour là avons réussi, tour à tour en tant que mandatés, ou bien comme gilets jaunes de partout, à partager des réflexions riches et tracer quelques grandes lignes collectives dont il faut espérer qu’elles fassent date.

Notre « Appel de l’Assemblée des Assemblées » (en PJ), fruit d’un long processus d’écriture de texte et d’amendements, commence déjà à circuler largement en texte et en vidéo. Forcément imparfait, il nous paraît toutefois juste, équilibré et sensible à la très grande diversité des gilets jaunes que nous sommes. Il trace un chemin possible sur lequel nous pourrions, avec nos gilets, marcher de plus en plus nombreux, mieux nous connaître et agir ensemble avec toutes nos différences.

Pour comprendre l’esprit qui flottait dans la salle des fêtes de Sorcy-saint-Martin ce week-end, certains articles de presse n’ont pas hésité à convoquer l’héritage du « Serment du Jeu de Paume » pris en 1789 par les représentants du Tiers-État à l’ouverture des États Généraux. Chacun invoquera ses références. Mais si, contrairement aux députés du Tiers, nous refusons toute forme de « représentation » au profit de mandats impératifs, il y avait bien une promesse que nous nous sommes fait durant ce week-end, une « résolution » : celle d’en sortir avec « quelque chose ».

Reste à savoir comment cette promesse et ce qu’elle a fait naître va nous lier maintenant. Des bases ont été posées mais tout est à construire. Et si certains qualifient peut-être ce moment « d’historique » bien malin qui pourrait vraiment en interpréter toute la portée.

Par ce premier mail de retour nous mettons à disposition :

1) le texte de « L’Appel de l’Assemblée des Assemblées » en PJ en PDF, pour faire circuler dans vos groupes/AG et à tous les groupes GJ avec qui vous êtes en contact. Nous avons déjà reçu une dizaine de remontées de signatures et nous en attendons au bas mot plusieurs dizaines vu le nombre que nous étions. Faites le tourner svp dans vos groupes locaux et renvoyez nous dés que possible vos remontées pour savoir si vous signez ou pas cet appel à l’adresse assembleedesassemblees@gmail.com

2) la vidéo disponible sur Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=gJI5_us3RJI), à faire tourner massivement. Nous recherchons des personnes pour faire des traductions et des sous-titres dans un maximum de langues – n’hésitrez pas envoyer des propositions à l’adresse assembleedesassemblees@gmail.com

Nous avons aussi pris la liberté de créer avec toutes les adresses collectées cette liste de diffusion intitulée « Assemblée des assemblées », et qui regroupe la plupart des participants des rencontres du 26 & 27 janvier et d’autres qui sont intéressés par l’initiative et/ou signataires de l’appel. En attendant le développement d’autres outils de communication et de coordination plus perfectionnés qui devraient arriver sous peu, cette liste est pour le moment une liste de diffusion à sens unique pour ne pas qu’elle soit directement saturée. Si vous ne souhaitez pas y être merci de nous envoyer un message à l’adresse citée avant !

Nous vous enverrons d’ici la fin de semaine – si nous ne devons pas nous mobiliser H24 pour défendre notre cabane menacée de destruction – les compte-rendus synthétiques et détaillés du week-end, ainsi que tous les documents de travail qu’on vous y a distribué… De nombreuses demandes nous arrivent pour réussir à faire des retours à temps dans les AG locales : merci pour votre patience, nous y travaillons au mieux.

Nous vous demandons également de nous envoyer vos notes des compte-rendu des groupes de travail du dimanche matin, pour être sûr de n’avoir rien oublié !

Voilà pour ce premier retour.

Sur ce, nous continuons entre nous de nous remémorer ce week-end incroyable les yeux encor écarquillés. Les applaudissements à tout rompre, les « ahou ! », les récits de lutte des quatre coins de l’Hexagone, les chants chantés ensemble, les discussions enflammées, tous vos messages, vos remerciements, vos mots gentils… tous ces gestes nous émeuvent au plus profond et renforcent la solidarité de notre groupe.

Après un tel week-end nous nous sentons encore plus forts pour continuer la lutte et construire de belles choses par ici.

L’histoire continue, pourvu que nous l’écrivions ensemble.

À très bientôt !

MACRON DÉMISSION !

VIVE LES GILETS JAUNES DANS LEUR DIVERSITÉ !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

Du Rojava aux Gilets Jaunes, le pouvoir aux Assemblées citoyennes, pour un libre accès à l’Université

Tract des jeunes écologistes sociaux qui se mobilisent pour un libre accès à l’université et contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant•te•s étrangers

rojava  tract

RECTO

Des mobilisations ont lieux partout en France chez les étudiants, les lycéens, les salariés, les retraités, les chômeurs et les précaires. Les Gilets Jaunes représentent un nouveau souffle de contestation d’un monde qui se meurt et où l’État n’offre rien d’autre que la répression et des mesurettes contre la détresse sociale généralisée.

Dans le même temps, cette mobilisation ne peut aboutir à une alternative au système si celles et ceux qui mènent ces luttesne partagent pas une vision commune de l’avenir de la société. Les échecs des différents courants de la gauche historique, sont le résultat du non renouvellement de sa pensée politique. Au Rojava, dans les régions à majorité kurde du Nord de la Syrie, un modèle alternatif a pris forme : le confédéralisme démocratique.  A partir de leur expérience, les révolutionnaires kurdes réinventent et pratiquent un système alternatif au nôtre. Un système où il est impossible de créer des monopoles pour exploiter autrui, où de l’entreprise aux institutions publiques, une démocratie directe s’exerce, où les femmes et les hommes sont représentés de manière égalitaireavec l’application d’une parité stricte où la vie et la biodiversité sont protégées et la chasse interdite, un système éducatif où l’esprit critique est développé. Le Rojava prouve qu’il est possible de transformer les mentalités sans renoncer à la liberté.

Il faut comprendre et soutenir cette expérience, elle-même issue de l’écologie sociale théorisée par l’écologiste libertaire Murray Bookchin, pour commencer à reconstruire une alternative à la société capitaliste et proposer une démocratie réelle. Les élections influencées par des médias de masses au profit de quelques uns représentent de moins en moins la population qui s’abstient de plus en plus. La démocratie c’est le droit de tous les citoyens à décider, par des Référendums d’Initiative Citoyenne, le droit de contrôler et de révoquer les élus et non de voter tous les cinq ans pour un roi qui a tous les pouvoirs. Pour cela, comme les Gilets jaunes de Commercy, dans la Meuse formons partout des Assemblées Citoyennes ! Le pouvoir c’est nous !

La jeunesse est porteuse d’une écologie qui allie la justice sociale et la justice climatique. L’écologie sociale c’est l’espoir d’un monde plus juste, plus digne et plus vivable, un monde qui échappe à l’effondrement qui vient. Ce monde de demain commence dans les luttes d’aujourd’hui des jeunes et de tout le peuple. Parce que nous avons besoin d’une vision politique commune, nous proposons de construire un mouvement d’écologie populaire dans la jeunesse.

Pour celles et ceux qui sont intéressées et veulent organiser des débats dans les facs et les lycées sur la révolution du Rojava et l’écologie sociale,

Contact : lacoopecologiesociale@gmail.com http// ecologiesociale.org

VERSO

Tou·te·s ensemble, ouvrons l’université à tou·te·s !

Le lundi 19 novembre, le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé l’augmentation des frais universitaires pour les étudiant·e·s étranger·e·s dès la rentrée 2019. Une année de licence coûtera 2 770€ au lieu de 170€, une année de master ou doctorat coûtera 3 770€ au lieu de 243€ et 380€ respectivement. Selon lui, cette réforme permettrait à la France d’attirer plus d’étudiant·e·s internationaux·ales (objectif 500 000 étudiant·e·s pour 2027, contre 320 000 actuellement). Dans cette logique de compétitivité l’Université payante serait gage de qualité pour la communauté internationale.

L’Université publique française n’est-elle pas déjà de qualité ?

4ème pays d’accueil, 1ère destination du monde non anglophone

70% d’étudiant·e·s étranger•e·s choisissent l’Université dont :

41% en doctorat, 18% en master et 11% en licence.

Coûts élevés = forte attractivité ?

Seulement 30% des étudiant·e·s étranger·e·s dans le supérieur sont en écoles d’études supérieures privées ou semi-privées

Des étudiant·e·s trop coûteux•ses ?

Coût pour l’Etat = 3 milliards d’euros

Gain pour l’Etat (taxes, impôts, cotisations etc.) = 4,65 milliards d’euros

Calculez ! Déjà 1,65 milliards d’euros de bénéfices pour l’Etat français !

(source: Campus France)

Une hausse compensée par des aides financières ?

Des bourses de quel montant et pour qui ?

7 000 bourses existantes + 6 000 bourses d’établissements + 8 000 exonérations de frais de scolarité = 21 000 bourses seulement, pour 500 000 étudiant·e·s en 2027, donc 479 000 étudiant•e·s devront payer le prix fort ou renonceront à venir.

Nous, membres de la coopérative politique Écologie Sociale, nous nous mobilisons aux côtés des étudiant·e·scontre cette décision gouvernementale unilatérale prise à quelques jours de l’ouverture de la procédure Campus France (surprenant les étudiant·e·s étranger·e·s prêt·e·s à s’inscrire) et en pleine période de partiels (démobilisant celles et ceux qui s’efforcent de réussir leurs examens). Cette mesure, qui ne concerne que certain·e·s étudiant·e·s, est une étape de plus vers la fin de l’Université publique, car cette nouvelle réforme s’inscrit bien dans une logique de privatisation et d’élitisationde l’éducation en France. Si un gouvernement aussi empressé adopte ce calendrier séquentiel, c’est pour éviter que nous ne nous mobilisions ensemble, pour défendre un bien commun que nous avons en partage et dont ce gouvernement veut nous priver.

La qualité de la production des savoirs repose sur la diversité de celles et ceux qui font vivre l’Université. Ensemble défendons une Université ouverte, de qualité, pour nous tou·te·s !

Le libre accès au savoir est une condition indispensable à la construction d’une démocratie sociale et écologique. Cette restriction, fondée sur des critères de revenus et de nationalité est contraire à tout pourquoi nous œuvrons.