Pour une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale

Le soulèvement populaire des Gilets Jaunes, le combat pour la justice climatique, le développement des ZAD mettent l’écologie au centre du débat public.

Les Gilets Jaunes animent un mouvement de survie social écologique qui pour la première fois implique massivement les classes populaires. Ils imposent le débat sur des questions écologiques : déplacements contraints, étalement urbain, précarité énergétique, taxe carbone, services publics de proximité…, mais aussi désobéissance civile, convivialité des ronds points, contestation de l’organisation verticale et jacobine du pouvoir dans les organisations…  

Avec plus de 2 millions de signatures de la pétition de « l’Affaire du Siècle » et la grève scolaire du 15 mars, les marches climats appellent à la convergence entre « les fins de mois et la fin du monde ».  Notre Dame des Landes est une victoire historique du même type que le Larzac. Les ZAD malgré la politique autoritaire et liberticide du gouvernement Macron- Philippe, continuent à se développer de Bure à Europa City, de Roybon à la LGV Lyon Turin. 

Ces mouvements sont l’expression d’une résistance des peuples à la crise sociale écologique accélérée par la mondialisation capitaliste. Elles sont la réplique française au mouvement des Places, des indignés à Occupy Wall Street, des révolutions arabes, de la révolte des peuples indigènes contre l’extractivisme, des mouvements d’émancipation qui, du Rojava au Chiapas en passant par la Catalogne contestent l’ordo libéralisme 

Pourtant paradoxalement, l’écologie politique n’est plus qu’un champ de ruines.  

L’écologie libérale de marché a démontré avec le Ministère Hulot son échec programmé et sa capitulation face au productivisme : Glyphosate, Montagne noire et forages pétroliers en Guyane, reculs sur le nucléaire sur le CETA, sur Bure, sur l’huile de palme, sur la loi sur l’alimentation et sur la loi littoral… La preuve est faite. Le capitalisme repeint en vert qu’on l’appelle économie verte, économie circulaire, développement durable est un leurre. 

L’échec de l’écologie de marché entraîne dans sa foulée celle de l’écologie d’accompagnement. SI un parti Vert était nécessaire dans les années 80 et 90 pour éveiller les consciences, il est désormais obsolète, ses tâches ayant été accomplies. L’illusion de réunir tous les écologistes au sein d’une même famille ne peut plus tenir lieu de programme. D’autant plus qu’émerge une 4ème écologie politique, celle de l’éco-fascisme.

Pour les signataires de cet appel, le temps est venu d’un mouvement de l’écologie populaire et sociale. L’écologie populaire de transformation suppose une politique de rupture avec le capitalisme vert et une convergence des luttes sociales et environnementales. Cette écologie converge sur les objectifs : elle se retrouve pour prôner une décroissance soutenable, défendre les communs, l’entraide, la coopération, lier biodiversité et diversité humaine, lutter contre toutes les dominations sociales (genre, ethnique, social), défendre la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie, en finir avec les Grands Projets Inutiles, les crimes industriels (usines Sévéso, amiante, produits toxiques…) participer à la mise en place d’une démocratie par en bas. Elle se réclame de René Dumont, d’André Gorz, de Félix Guattari, de Murray Bookchin 

Mais son émiettement la rend impuissante. L’écologie populaire si elle prenait conscience de sa force et s’organisait dans un pôle unifié de l’écologie de transformation deviendrait une force incontournable capable de donner une perspective politique claire à tous les déçus de l’écologie politique et d’une gauche déboussolée. C’est pourquoi nous appelons à une Constituante de l’écologie populaire et sociale, ouverte à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi l’AG de cette constituante pourrait se donner comme ordre du jour : 

1. Identifier ce qui nous rassemble et ce qui nous divise en proposant une charte commune de l’écologie populaire et sociale ; et entamer les débats de fond sur ce qui ne fait pas consensus entre nous

2. Proposer des campagnes communes rassemblant les groupes locaux qui se réclament de cette mouvance pour crédibiliser notre démarche et la rendre visible. 

3. Lancer une dynamique de rassemblement à travers une Conférence Permanente de l’EPS, une Université d’Automne, des outils numériques communs…

4. Préparer l’émergence de listes municipalistes, citoyennes, écologistes et sociales en 2020

Nous appelons les écologistes organisés ou non, tous les groupes, mouvements et organisations locales ou nationales à nous contacter pour préparer ensemble cette Assemblée Constituante de l’écologie populaire. Que vous soyez écologistes sociaux, municipalistes libertaires, écosocialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, éco syndicalistes, écologistes radicaux, zadistes, écologistes membres de la France Insoumise, du NPA, et d’Ensemble,  d’alternative Libertaire, d’Ecologie sociale, Objecteurs de croissance, du Mouvement Ecolo, gauche d’EELV, courants autonomes et libertaires de l’écologie radicale, éco communistes, militants de la libération animale,  Gilets jaunes ou Gilets Verts, si vous vous reconnaissez dans ce texte, réunissez vous dès maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de la première Assemblée constituante de l’écologie populaire et sociale ;

Pour le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple !

 

Premiers signataires :

  1. Henrietta Agbo (75), 
  2. Olivier Agulo (13), 
  3. Françoise Alamartine (34), 
  4. Martine Alcorta (33), 
  5. Marie Aoustin (75020), 
  6. Georges Auspitz, (38 Bourgoin-Jallieu),
  7. Jérôme Bau (13 Marseille), 
  8. Damien Bastian (44), 
  9. Francine Bavay (75011), 
  10. Mathieu Béchu Diaz (67), 
  11. Isabelle Begue (La Réunion), 
  12. Jésahel Benoist (62), 
  13. Jean-Louis Berland (91- Saint-Michel-sur-Orge), 
  14. François Bernard (92 Malakoff), 
  15. Laura Berson (75), 
  16. Gérard Berthet (69 Lyon), 
  17. Michel Besson (93-Saint-Denis), 
  18. Xavier Bigot (Carcassonne – 11), 
  19. Antoine Billiottet (13), 
  20. Raymonde Bonnet (92), 
  21. Jean-Claude Bonnet,(33Lormont), 
  22. Alima Boumediene (95), 
  23. Kevin Bourgin (75), 
  24. Jean Brafman (93 Saint-Denis), 
  25. Jérémy Briantais (75013), 
  26. José Brochier (34), 
  27. Thierry Brugvin (25), 
  28. Maximen Caillon (87 Limoges), 
  29. Marco Candore (75011,)
  30. Brigitte Carraz (68), 
  31. Yohan Cervantes (Saint-Philippe, 974 la Réunion),  
  32. Jacky Chabrol (63), 
  33. Hélène Charrier (03 Vicq), 
  34. Erwan Chartrain (Maroc), 
  35. Jérôme Chassin (75018), 
  36. Didier Chérel (06 – Mouans-Sartoux), 
  37. Thomas Chevrier (44 Nantes), 
  38. Hanna Clairière(93 Saint Denis), 
  39. Cyril Cognéras (87), 
  40. Marie-Claude Collin (Moselle), 
  41. Sergio Coronado (75), 
  42. Stéphanie Coursodon (73), 
  43. Olivier Crenn (26), 
  44. Geneviève Cros (38), 
  45. Louise Crovetti (84), 
  46. Marcel Cunin (75), 
  47. Stéphane Cuttaïa (77), 
  48. Pierre Dagobert (56), 
  49. Fanny Darius (75012), 
  50. Christian David, 
  51. Jim Delémont (44), 
  52. Bruno Deléonet (Saint-Junien (87), 
  53. Lionel Deschamps (89), 
  54. Annie Descot (33), 
  55. Suzanne D’hermies (75020), 
  56. Denis Donger, (26 Romans), 
  57. Edwige Dorbon (89), 
  58. Fabrice Doublet (60), 
  59. Véronique Dubarry (93 Ile St Denis), 
  60. Danyel Dubreuil (93 Bagnolet), 
  61. Yves Durieux (69-Rillieux-la-Pape), 
  62. Dominique Duval (14-Trouville), 
  63. Touraj Eghtesad (67), 
  64. Didier Epsztajn (75), 
  65. Patrick Farbiaz (75020), 
  66. Claude Farcy (56), 
  67. Jean Fauché (81), 
  68. Julien Floquet, 
  69. Axel Fournier (87), 
  70. Yves Frémion (75020), 
  71. Caroline Fesselier (35 Servon-sur-Vilaine), 
  72. Boris Gabriels (75020), 
  73. Merlin Gautier-Marchand (75018), 
  74. Vincent Gay (93), 
  75. Maud Gensel (37), 
  76. Paul-Emile Geoffroy(Les Disparates – Paris-Forcalquier), 
  77. Mariette Gerber (11 Treilles), 
  78. Fabien Givernaud (38), 
  79. Pierre Goletto (77), 
  80. Liam Gonzalez (33), 
  81. Laurent Grisel, 
  82. Didier Grouard (56 Noyalo), 
  83. Bernard Guibert (14, Trouville), 
  84. Sébastien Guillon (79), 
  85. Benoit Hazard (93,Pierrefitte), 
  86. Odile Hélier (75), 
  87. Marie Heraudeau (44), 
  88. Mathias Isimat Mirin (93 Pantin), 
  89. François Hoog (26), 
  90. Alain Jean-Joseph (94), 
  91. Patrick Jimena (31), 
  92. Benjamin Joyeux (74), 
  93. Fredéric Jouvin (92 Clichy), 
  94. Françoise Kiéfé (75015), 
  95. Marjorie Keters (93 Pantin), 
  96. Sylvain Knittel (75005), 
  97. Pierre Labeyrie (31),  
  98. Christine Ladret (44 Nantes), 
  99. Jean Lafont (75015), 
  100. Jean-Charles Lallemand (75011), 
  101. Stéphane Lavignotte (93 Ile St -Denis), 
  102. Ronan Le Boubennec (Paris 20), 
  103. Philippe Leclerc (88), 
  104. Michelle Lecolle (57), 
  105. Youna Le Corre (56 Lorient), 
  106. Arthur Ledard (33), 
  107. Benjamin Le Guillou ( 974- La Réunion), 
  108. Corinne Lehl (69), 
  109. Marylène Lenfant (93 Saint- Denis), 
  110. Elise Lowy (75), 
  111. Paul Lowy (14), 
  112. Raphaël Lebrujah (93 Drancy), 
  113. François Longérinas (93 St-Denis), 
  114. François Maillard (14), 
  115. Frédéric Malvaud (50), 
  116. Renaud Mandel (75020), 
  117. Jean-Marie Marguerite (29 Plougonven),
  118. Gilles Martinet (75018), 
  119. Frédérique Maumet ( 91), 
  120. Pascal Mayol (83) 
  121. Jean-Marie Mémin (13 Marseille), 
  122. David Millet ( 26 Crest), 
  123. Gilles Monsillon (95), 
  124. Bénédicte Monville (77 Melun), 
  125. Marc Morisset ( 33 St-Médard en Jalles), 
  126. Jean Morlais (77 Saint-Fargeau-Ponthierry), 
  127. Fatiya Mothay (77 Melun),
  128. Anne-Marie Nageleisen (37), 
  129. Camille Nashorn  (69), 
  130. Laura Natiez (44), 
  131. Sylvie Nony (33), 
  132. Xavier Normand (31 Castanet-Tolosan), 
  133. José Olmos (16), 
  134. Mehmet Ozguner, (93 Bondy), 
  135. Murriel Padovani-Lorioux (19), 
  136. Nathalie Palmier (67), 
  137. Jean-François Pellissier (75013), 
  138. Laurine Pereira (69), 
  139. Cyril Perret, (69,Villeurbanne), 
  140. Gérard Perrier (13 Marseille), 
  141. Arnaud Petit (40 Moustey), 
  142. Patrick Petitjean, (40140 Soustons), 
  143. Jean-Jacques Piard (56 Lorient), 
  144. Sonia Pignot (93 Saint-Denis), 
  145. Sandra Pizzolato (38 Moirans), 
  146. Raymonde Poncet (69), 
  147. François Ralle Andreoli (Espagne), 
  148. Yohan Reversat (44 Nantes), 
  149. Serge Rivret (75020), 
  150. Benoît Rougelot (75), 
  151. Alfred Ruiz (67300 Schiltigheim), 
  152. Laurent Saint-André (75010), 
  153. Annie Samson (85), 
  154. Jean Sarasin (22 Lanvellec), 
  155. Gilles Sarter (34), 
  156. Johanna Schneider (78), 
  157. Éric Schultz ( Strasbourg 67), 
  158. Christian Sunt (30), 
  159. Laure Tachoires (31) 
  160. Michel Thomas (51), 
  161. David Thomas (35 Crevin), 
  162. José Tovar (93), 
  163. Annie Turon, 
  164. Gianni Vacca (92), 
  165. Landeline VIillemey (26), 
  166. Michel Wilson (69 Lyon), 
  167. Roger Winterhalter (68)

Appel soutenu par la Coopérative Politique Ecologie Sociale, le Mouvement Ecolo

Pour signer, contribuer au débat , prendre contact : appeleps@lilo.org

Revue de presse

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200319/pour-une-assemblee-constituante-de-l-ecologie-populaire-et-sociale

SOS Démocratie en péril – Pour la constitution d’une coordination nationale anti-répression

En écho aux mobilisations unitaires des Gilets jaunes, du mouvement social et des quartiers populaires, cette tribune, à l’initiative d’une centaine d’intellectuel.le.s et de militant.e.s de diverses organisations, préconise de constituer une coordination nationale anti-répression.

Il est urgent de mettre un terme à la dérive antisociale, antidémocratique et autoritaire dont fait preuve le pouvoir en place depuis l’élection – par une minorité de Français – d’Emmanuel Macron. L’une s’alimente en effet de l’autre. La destruction accélérée de nos conquêtes sociales est facilitée par la remise en cause de libertés et droits fondamentaux, cela par le recours à une répression policière et judiciaire sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Cette stratégie a pour effet de criminaliser les acteur.e.s des mobilisations sociales et de nous cantonner dans des luttes défensives, tout en facilitant le passage en force du pouvoir pour imposer ses « réformes » destructrices, au mépris de l’intérêt général.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sous la présidence de François Hollande, des milliers de citoyen.ne.s, de jeunes même mineur.e.s, de militant.e.s et d’élu.e.s notamment, ont connu le «talon de fer» dans le cadre d’interventions policières : agressions physiques, blessures et morts, arrestations, poursuites judiciaires, perquisitions, condamnations, assignations à résidence, contrôles…..Les violences policières, d’abord appliquées aux quartiers populaires et aux concitoyen.ne.s descendant d’immigrations et souvent originaires, comme les migrant.e.s, de pays encore soumis à la prédation néo-coloniale, se sont vues étendre à l’ensemble du mouvement social et écologique. Les Gilets jaunes qui, à partir des périphéries abandonnées, remobilisent le pays de manière très majoritairement pacifique, paient un lourd tribut, et l’emploi d’armes meurtrières par les forces de l’ordre françaises fait l’objet de condamnations internationales, de la part du Défenseur des droits, de l’ONU, du Parlement européen, du Conseil de l’Europe … Qu’en sera-t-il de cette politique de «maintien de l’ordre» après le vote de la loi «Prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations», qui aggraverait la loi de sécurité intérieure (d’octobre 2017), et à laquelle s’ajoute un projet législatif visant à restreindre les libertés de la presse?

Ce régime s‘appuie aussi sur un courant d’extrême droite et xénophobe qui, se nourrissant de la crise systémique d’après 2008, a conquis des centaines de places électives (municipales, régionales, européennes…) et qui alimente en sous-main un climat de violence, dont les médias dominants imputent la responsabilité aux seuls Gilets jaunes, et aux «casseurs» dans le cadre de cette mobilisation. Au bout de quatre mois d’affrontements urbains, les ronds-points sont «dégagés», mais même si, par des sondages aléatoires, on veut nous faire croire que l’opinion bascule en faveur de l »’ordre » dit républicain, dont le «grand débat» est une expression lénifiante, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblit pas et renforce ses liens avec d’autres composantes du mouvement social. Parti d’une revendication catégorielle, il s’est élargi à une liste de propositions citoyennes qui remettent en question le fonctionnement même de la 5è République.

Quel débouché politique sera celui de cette mobilisation historique, aux élections européennes de mai prochain notamment, dans un contexte international désormais largement hostile aux droits démocratiques? Un élément à faire fructifier, c’est l’offensive gagnante de médias, de juges et de la mission d’information du Sénat sur la question des « dysfonctionnements majeurs de services de l’Etat », qualifiés de « chaîne d’irresponsabilités», dans le cadre de l’affaire Benalla-Crase-conseillers de l’Elysée-Macron… . Voilà une forme de résistance significative à l’arbitraire oligarchique, à l’extérieur et à l’intérieur de l’institution.

C’est pourquoi nous militons pour qu’une campagne associant mouvement social, Gilets jaunes, quartiers populaires et comités de soutien des victimes, articule étroitement la reconquête démocratique et celle de notre modèle social issu du Conseil National de la Résistance. Il est urgent de lancer une alerte citoyenne et de constituer une coordination qui organise des meetings nationaux et régionaux anti-répression, et qui ouvre une caisse nationale de soutien aux victimes ou aux familles de victimes, alimentée notamment par les organisations qui ont les moyens dont les syndicats, ainsi que par les citoyen.ne.s. Enfin des Etats généraux doivent débattre et lister des éléments programmatiques et stratégiques pour le refus du néo-libéralisme autoritaire et la promotion d’un véritable Etat de droit, démocratique et émancipateur, dont l’interdiction des armes précitées.

14 mars 2019

Pétition :
https://www.change.org/p/sos-d%C3%A9mocratie-en-p%C3%A9ril
Version courte :
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/14/sos-democratie-en-peril/

Dossier de presse :
Libération :
https://www.liberation.fr/debats/2019/03/15/sos-democratie-en-peril_1715431
Invités de Mediapart :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/150319/sos-democratie-en-peril
L’Humanité
https://www.humanite.fr/sos-democratie-en-peril-669467


Premiers signataires : 

Assemblée des blessés

Etienne Adam, syndicaliste, militant des droits de l’Homme
Louis Adam commissaire aux comptes, retraité
Jean Agnès chercheur en philosophie de l’éducation, ancien responsable associatif (Metz)
Bernard Allain, Marseille
Nils Andersson ancien éditeur, essayiste géo-politique
Guy Ayats enseignant retraité, syndicaliste
Karine Ballon déléguée syndicale CGT Fonction publique territoriale (Grenoble)
Franc Bardou écrivain et poète occitan
Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens)
Adda Bekkouche juriste
Nicolas Béniès, économiste
Jacques Bidet, philosophe
Philippe Blanchet université de Rennes II, Fondation Copernic
Marie France Bonnemayre cadre de santé (34, Ganges)
Martine Boudet essayiste, CS d’Attac France (Toulouse)
Henri Braun avocat
Jean-Paul Bruckert, professeur retraité
Νοëlle Burgi, Université Paris I – CESSP, Département de Science Politique
Claude Calame historien et anthropologue (EHESS Paris), CS d’ATTAC, LDH
Gérard Chaouat directeur recherches émérite CNRS  INSERM (Paris, hôpital Saint Louis)
Jean Claret militant associatif (Toulouse)
Pierre Cours-Salies, universitaire, sociologue
Armand Creus, ancien responsable syndical au Grand Lyon – Metropole
Alexis Cukier, philosophe
Hendrik Davi, chercheur en Écologie, Marseille
Laurence De Cock, historienne 
Christian Delarue membre du CN du MRAP et altermondialiste (Rennes)
Bruno Della Sudda, militant altermondialiste et autogestionnaire (ancien conseiller municipal de Nice)
Gilles Deloustal simple citoyen (38, Les Adrets)
Monique Demare enseignante
Christian de Montlibert, sociologue, Strasbourg
Daniel Desmé, chargé de cours sociologie, retraité
Étienne Doussain, adhérent Attac
Tosse Ekue éducateur- animateur culturel
Didier Epsztajn, animateur du blog «entre les lignes entre les mots» 
Patrick Farbiaz militant écologiste
Jean-Michel Faure sociologue, membre du CSE (EHESS), professeur émérite Université de Nantes
Yann Fiévet socio-économiste
Bernard Fischer, employé de la Sécurité sociale
Jacques Fontaine, universitaire, géographe (Bourg-en-Bresse)
Jean-Marc Fontaine, retraité cheminot syndicaliste
Isabelle Garo enseignante, philosophe
Jean-Luc Gautero, directeur du département de Philosophie, Université de Nice-Sophia Antipolis
Karl Ghazi, syndicaliste, Paris
Jérôme Gleizes, Université Paris 13
Marie-Claude Herboux militante féministe
Gilles Houdouin, conseiller régional de Normandie (Le Havre)
Rada Iveković, réseau Terra
Samy Johsua universitaire en sciences de l’éducation (Marseille)
Anne Jollet, historienne
Robert Joumard commission Démocratie d’Attac France (Lyon)
Pierre Khalfa, économiste
Mathilde Larrère historienne 
Christian Laval, professeur émérite de sociologie
Claude Layalle, membre d’ATTAC France et du CL Paris 12ème
Christian Lazzeri philosophe
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Francis Lecomte militant associatif et membre d’ATTAC Le Havre
Corinne Le Fustec, militante de l’éducation populaire
Christophe Lemasson, militant syndical
Patrick Le Moal, inspecteur du travail retraité
Serge Le Quéau, co-fondateur de Sud PTT Bretagne et altermondialiste
Jean Paul Leroux, agrégé de philosophie (Gap)
Patricia Leuenberger CL Attac Pays Basque
Fred Licciardi, Attac Sète-Bassin de Thau (34)
Olivier Long universitaire et peintre, Université Paris I
Raymond Maguet retraité militant associatif et citoyen
Jean Malifaud syndicaliste FSU
Philippe Marlière universitaire (Londres)
Jean-Pierre Martin, psychiatre retraité du service public 
Michel Mas, militant associatif et syndicaliste (Carcassonne)
Gustave Massiah, économiste (Paris)
Christophe Mileschi professeur des universités, traducteur, écrivain (Paris-Nanterre)
Alain Miossec, militant syndical
Martine Monier, militante altermondialiste, Attac (Paris)
Bénédicte Monville, conseillère régionale Île de France, élue à Melun et à la CAMVS
Robi Morder juriste
Alain Mouetaux ancien militant SUDPTT, militant associatif Attac Réunion 974
Arnaud Muyssen médecin hospitalier 
Richard Neuville, militant autogestionnaire et syndicaliste (Ardèche)
Ambroise Noémie poète, chanteur (Pyrénées-Atlantiques) 
François Nowakowski, urbaniste, architecte, maître de conférences à l’ENSA de Lyon 
Ugo Palheta, sociologue
Jeanne Parreau, commission Démocratie d’Attac France (Lille)
Jean-François Pellissier employé, responsable politique
Bastien Pereira Besteiro, sociologue, militant SUD Education (Lyon)
Evelyne Perrin présidente de Stop Précarité, CS d’Attac France
Martine Petit, membre d’Attac Quimper, co fondatrice de ACTES en Cornouaille ( Alliance Citoyenne pour la Transition Écologique et Sociale)
Yves Quintal association ETM 31.46 (Cahors)
Emmanuel Renault philosophe
Michèle Riot-Sarcey historienne
André Rosevègue, syndicaliste, membre de l’UJFP
Louis Salce militant associatif (Carcassonne) 
Henri Saint Jean formateur en Travail Social, retraité Doctorant au Laboratoire BePsyLab «Bien-être & Processus de subjectivation» de l’Université d’Angers
Catherine Samary, économiste
François Schalchli Commission démocratie d’Attac France (Toulouse)
Serge Seninsky militant associatif (Paris 10)
Patrick Silberstein éditeur aux éditions Syllepse
Gérard Tautil essayiste, coordinateur de la revue «Occitania-Lo Cebier» 
Jacques Testart, biologiste, critique de science
Jean Michel Toulouse essayiste, militant associatif et politique
José Tovar, professeur, syndicaliste
Jérôme Valluy, enseignant-chercheur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Jean-Paul Vanhoove, coordinateur de l’agenda des actions africaines (92)
Pedro Vianna, poète, homme de théâtre
Christiane Vollaire philosophe
Louis Weber, éditeur (Le Croquant)
Pierre Zarka, ancien directeur de L’Humanité

Pour un plan d’urgence climatique et social ! Nous appelons ensemble à participer à la MARCHE DU SIÈCLE qui aura lieu le 16 mars prochain, dans plus de 100 villes en France.

Nous, mouvements politiques signataires, appelons ensemble à participer à la MARCHE DU SIÈCLE qui aura lieu le 16 mars prochain, dans plus de 100 villes en France, pour demander que soit mis en œuvre un plan d’urgence climatique et social et une accélération de la transition écologique, pour tous et avec tous. 

Les solutions pour enrayer le réchauffement climatique sont connues depuis longtemps.        Se déplacer, se nourrir, se loger, se chauffer, produire, consommer autrement c’est possible. Il est temps de les mettre en œuvre, sans en reporter la responsabilité aux générations futures. 

Les faits montrent que le gouvernement n’en prend pas la mesure. Il poursuit, au contraire, sa politique néo-libérale, climaticide et répressive. 

Les revendications climat portées par les mouvements citoyens, associations, syndicats et partis politiques pour engager réellement la transition ont été collectées et synthétisées. Voici celles prioritaires à nos yeux :

  1. Vers le 100 % énergies décarbonées 

Sortir rapidement des énergies fossiles : fin des soutiens publics et bancaires à ces énergies. Interdiction de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste et de houille.

Soutien fiscal et financier massif au développement des filières d’énergies renouvelables (développement d’un nouveau tissu industriel et de nouveaux emplois). 

  1. Vers une alimentation plus saine 

Stopper l’agriculture intensive : Interdire définitivement dès 2020 les pesticides les plus dangereux pour la santé et la biodiversité Réaffirmer l’interdiction stricte de la culture des OGM agricoles. Interdire les fermes usines et la maltraitance animale.

Réorienter les subventions de la PAC vers une agriculture paysanne, écologique et moins carnée, favorisant les circuits courts et qui produit des aliments sains.

  1. Vers une cohabitation entre l’homme et la nature

Mettre fin aux grands projets inutiles et climaticides contraires à l’intérêt général : Europacity, Montagne d’Or, grands projets autoroutiers et aéroportuaires, forages pétroliers… 

Développer les transports en commun et peu polluants, le covoiturage, le vélo, le fret ferroviaire et fluvial, maintenir les petites lignes ferroviaires. Désimperméabiliser les villes, investir dans la préservation et la restauration des sols vivants et des réservoirs de biodiversité. 

  1. Vers une justice climatique, sociale, fiscale et territoriale : 

Réduire les inégalités économiques et territoriales : Compenser la mobilité contrainte des plus pauvres, renforcer les chèques énergie, rétablir la progressivité de l’impôt. Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et des 1 % les plus fortunés. Une taxation carbone mieux ciblée et plus contraignante, appliquer le principe pollueurs-payeurs : basculer la fiscalité carbone sur les entreprises et les transports les plus polluants : avions (kérosène), camions, bateaux (fioul lourd). Interdire à terme la production et l’importation des véhicules essence et diesel.

Réinvestir les recettes dans la transition écologique des mobilités, réorienter l’épargne sur les livrets de développement durable vers des activités 100 % durables et solidaires. Instaurer une taxation sur les transactions financières, et redistribuer les richesses. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, augmenter les salaires, les pensions, les retraites, les indemnités de chômage et les minimas sociaux, plafonner les revenus, rétablir l’ISF.

  1. Vers un engagement solidaire, mesurable et transparent :

Exiger que la France tienne ses engagements pris lors de la COP 21, en matière de réduction des GES, c’est-à-dire une baisse mesurable dès 2019 dans le cadre d’une stratégie zéro carbone pour 2050. Fixer des objectifs de réduction d’émission de GES aux très grandes entreprises dont le siège social est en France, en ligne avec les engagements de la France. 

Mesurer l’empreinte carbone de la France et par secteurs et la publier annuellement. Ne plus cacher les faits sur l’urgence climatique et l’impact sur l’ensemble des populations du monde.

Rédaction initiale : Alice Brauns, François Dubreuil, Jeremy Dumont, #unis pour le climat — coorganisateur de la marche du siècle  

Ce texte sera diffusé par la presse et les réseaux sociaux et envoyé au Président de la République. 

Les mouvements politiques signataires : 

  • Coopérative Europe Écologie Les Verts 
  • Coopérative Politique Écologique Sociale
  • Diem 25
  • Ensemble !
  • Gauche Démocratique et Sociale
  • Génération·s
  • La France Insoumise
  • Mouvement Écologiste Indépendant
  • Nouvelle Donne
  • Parti de Gauche
  • Parti·e·s Pour La Décroissance
  • Parti Communiste Français

Les cheminots maliens meurent. Ne laissons pas faire !

Depuis le 18 décembre, bientôt deux mois, des dizaines de cheminots maliens ont lancé une action de grève de la faim. Pourquoi mettent-ils leur vie en jeu ? Pourquoi plusieurs d’entre eux sont morts ? Parce qu’ils sont privés de salaire par l’Etat malien depuis presqu’un an !

Depuis le début de ce mouvement, 6 grévistes sont décédés : Moussa Sissoko, conducteur de draisine à Kita ; Siaka Sidibe, conducteur de train à Toukouto ; Seydou Sidibe, aiguilleur à Kayes ; Sekouba Bagayoko, chef de section à Bamako ; Mariam Doumbia, agent de santé à Bamako ; Mohamady Sissoko, de Kita. Des nouveaux nés, des épouses de cheminots sont aussi décédées, faute de soins parce que les cheminots n’ont plus un sou. Plusieurs familles ont été expulsées de leur logement : elles ne pouvaient plus payer de loyer, faute de revenu depuis des mois. D’autres cheminots en grève de la faim sont hospitalisés dans des états graves : Souleymane Bagayoko, Souleymane Monson Traore, Sekou Keita, Bolidiandian Keita, Mathurin Keita, Sekouba Niare, Abdoulaye Diarra, Bassirou Diakite…

Le 23 janvier, l’Etat a payé par virement aux banques 2 mois de salaire. Celles-ci ont tout absorbé, au vu des « dettes » accumulées par nos camarades. Hier, le paiement de 3 autres mois a été promis pour jeudi 21 février. C’est 11 mois de salaire que l’Etat doit aux cheminots !

Au Mali et au Sénégal, la privatisation du chemin de fer a été une catastrophe. Comme dans bien d’autres régions du monde, des organisations syndicales, associatives et politiques avaient alerté sur les conséquences à venir. Les pouvoirs publics n’en n’ont pas tenu compte, et plusieurs cheminots ont été réprimés pour avoir dit la vérité. La privatisation a été nocive pour l’ensemble de la population : l’abandon de la ligne Dakar/Bamako a eu des conséquences dramatiques pour tous les villages alors laissés à l’abandon. Les cheminots, livrés à des repreneurs pressés de se faire de l’argent sur leur dos, ont aussi payé cher les choix politiques auxquels ils s’étaient opposés.

Le bilan fut tellement exécrable que les gouvernements sénégalais et maliens, qui avaient décidé la privatisation, ont résilié la convention avec Advens en 2015. Il y avait 22 locomotives en 2003, en 2015 il n’en restait que 3. L’ensemble des infrastructures a souffert d’un énorme déficit d’entretien ; ne parlons même pas de rénovation et modernisation !

Depuis 2015, bien des problèmes demeurent. Un engagement a été pris par les ministres des transports des deux pays, le 7 décembre 2015 : « Les Etats du Mali et du Sénégal informent que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour assurer la continuité des activités sur la ligne ferroviaire Dakar-Bamako. De même, les mesures adéquates ont été prises pour préserver les emplois des travailleurs et payer régulièrement les salaires pendant toute la phase transitoire. » Si cela se passe correctement du côté sénégalais, il n’en n’est pas de même au Mali. Cela fait onze mois que les cheminots maliens ne sont pas payés ! Malgré les interventions répétées du syndicat SYTRAIL/UNTM, le gouvernement n’a tenu aucun engagement. Depuis le 18 décembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont entamé une grève de la faim.

Les organisations signataires soutiennent les cheminots maliens, qui ne font que réclamer leurs salaires impayés depuis onze mois, et pour cela ont mis leur vie en jeu ! Nous rendons hommage à celles et ceux qui sont décédés, nous présentons nos condoléances à leurs proche et saluons le courage de toutes et tous.

Il faut que cesse cette tragédie ! L’Etat malien doit régler sans délai les salaires dus. La reprise pleine et entière du trafic ferroviaire sur la ligne Dakar/Bamako est aussi une nécessité !

Organisations signataires au 19 février 2019 : Réseau syndical international de solidarité et de luttes ; Réseau Rail Sans Frontière ; Union syndicale Solidaires ; Fédération des syndicats SUD-Rail ; CEDETIM- IPAM ; Europe solidaire sans frontières ; No-Vox ; Sortir du colonialisme ; Alternative Libertaire ; Ecologie sociale ; Parti communiste des ouvriers de France ; Nouveau parti anticapitaliste.

Appel unitaire Les cheminots maliens meurent. Ne laissons pas faire

Appel de la première « Assemblée des assemblées » des gilets jaunes – Commercy

Ce week-end s’est tenue à Commercy la première assemblée des assemblées des gilets jaunes. Ci-dessous l’appel qui en est issu auquel la CooPES souscrit.

Lien pour voir l’appel en vidéo

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3DgJI5_us3RJI&ved=2ahUKEwi7xZ7dt5DgAhXlzIUKHSrSAAcQtwIwAnoECAQQAQ&usg=AOvVaw0Ga7dvxMwybOA9AGgZ4EFb

Marée populaire #26mai Déclaration de la Coopérative Ecologie Sociale Pour une unité populaire @CoopEcoloSocial

Convergence des luttes ou Mai rampant  

Pour une unité populaire 

1. Le mouvement social actuel fait partie d’une séquence débutée en 2016 sous François Hollande avec la loi El Khomry. De Nuit Debout aux cortèges de tête et aux blocages, les nouvelles formes d’expression et de lutes ont commencé à se généraliser au moment précis où la sociale démocratie se décomposait. Il n’y a pas de mai 2018 mais un mouvement de longue durée qui peut se définir comme une période de lutte de masse prolongée sans grève générale, au sens d’un mouvement de toute la classe salariée au même moment avec les mêmes objectifs et pour une durée plutôt limitée. Et pourtant le niveau de conflictualité y est très développé tant au niveau développement de formes de lutte auto-organisées et de contre-pouvoirs que des objectifs mis en avant. C’est pourquoi il est essentiel de combattre les illusions qui altèrent l’analyse de ce mouvement et risquent dans une période de reflux de démobiliser les équipes militantes qui en sont au cœur. 

2. Ce mouvement a plusieurs caractéristiques : minoritaire, radical, autonome, anticapitaliste.
I
l est structurellement minoritaire même si dans certaines parties du salariat, il représente la majorité des salariés comme à la SNCF ou Air France. Il est minoritaire parce que dominé par l’hégémonie de deux idées réactionnaires développées par les gouvernements de gauche et de droite depuis le début de la mondialisation. 

La première consiste dans le TINA « il n’y a pas d’alternative ». La seconde c’est l’idéologie de la réussite individuelle et le recul du collectif, la lutte de tous contre tous pour s’en tirer, la loi de la jungle présentée comme le nouvel idéal. Construire une majorité dans ces conditions quand il n’y a ni programme commun, ni revendications unifiantes pour des classes populaires qui peuvent parfois avoir des intérêts contradictoires implique que le mouvement reste minoritaire. D’autant plus qu’il reflète la division profonde des classes populaires entre fonctionnaires et salariés du privés, CDI et précaires, habitants des zones rurales ou périurbaines et quartiers populaires. Il est minoritaire car il diverge profondément sur les buts de guerre. Que faut-il gagner dans la période actuelle : un retour au programme du CNR ?, une auto organisation des précaires débouchant sur un revenu universel ou la défense du statut-quo ?, des revendications transitoires écologistes  ou une nouvelle croissance industrielle ? Ce mouvement est autonome. Dans les secteurs en lutte, celles et ceux qui luttent se regroupent et s’organisent sans hiérarchies, expérimentent de nouvelles formes d’association qui parlent en leur propre nom. Ces mouvements refusent les dirigeants, les partis et les programmes. Ils réunissent simplement des individus révoltés et luttent contre toute récupération politicienne. Cette nouvelle forme d’autoémancipation rappelle l’associationisme des débuts du mouvement ouvrier au XIXème siècle.  Ce mouvement est radical car il utilise un répertoire d’actions qui vont du blocage des universités à l’occupation sauvage comme celle du lycée Arago ou de zones industrielles, de carrefours routiers ou de zone de plateformes de transport et de logistique, de plateformes portuaires…Les luttes actuelles des travailleurs précaires permettent d’expérimenter de nouvelles stratégies de combat qui s’affranchissent de l’arbitrage de l’État. 

Ce mouvement est anticapitaliste. Il ne se contente pas de lutter pour la défense des acquis sociaux mais combat aussi la capacité de destruction du modèle social par le gouvernement. Le niveau de conscience qu’il génère même minoritaire est élevé. Sans rupture avec la domination, l’aliénation et l’exploitation capitaliste et productiviste, rien ne changera. L’agonie de la sociale démocratie en Europe et particulièrement en France montre que le seul choix réel à moyen terme est entre la gestion ultra libérale et une politique de transformation écologiste et sociale. 

3. La grève générale est le premier mythe à déconstruire. Les mouvements sociaux actuels reproduisent indéfiniment des archaïsmes qui sont des obstacles plutôt que des moteurs. La fragmentation des classes populaires, la fin des grandes concentrations ouvrières, les différenciations ethnico-sociales, l’affaiblissement des liens sociaux et des organisations syndicales et associatives, explique cette absence de projet commun et mêmes d’intérêts communs. L’idée de grève générale n’est pas fausse en soi : elle part du constat qu’il vaut mieux frapper ensemble que lutter séparément. A condition qu’elle se présente comme une exigence de généralisation et d’extension à partir d’expériences concrètes dans des situations concrètes, et pas comme une directive qui s’applique d’en haut, comme un « modèle » à appliquer de manière rigide, sans tenir compte des caractéristiques de la situation. Mais elle est devenue un leitmotiv, un nouveau fétichisme. Ce fétichisme pourrait entraver le prolongement de l’actuel mouvement social en ce sens que tout arrêt du mouvement devant l’obstination du gouvernement TINA apparaitrait comme une défaite sans appel. L’invocation à « la grève générale », se réfère à un passé qui ne reviendra plus, celui d’une classe ouvrière de l’ère industrielle qui par sa seule force d’inertie pouvait en s’arrêtant en finir avec le pouvoir du capital. Quand cela s’est produit en 1936, comme en 1968, les victoires ont été substantielles mais éphémères et n’ont pas débouché sur la conquête du pouvoir. Mais dans les conditions présentes, le concept de grève générale est un mot d’ordre passe-partout, qui indépendamment des circonstances, interdit de penser la stratégie du mouvement en cours en le réduisant à une seule option. Cette vision mécanique et étriquée de « la grève générale » empêche d’envisager d’autres possibilités, plus adaptés à la situation présente. Elle nous enferme dans un « tout ou rien » mortifère et à terme démobilisateur. Elle nous enferme dans un passé incertain, et ne permet pas de penser un avenir fait de possibles.

4. Pas de convergence des luttes sans convergence des buts. « Convergence : action de tendre vers un même but ». Des droites parallèles convergent à l’infini. « Converger ne signifie pas avoir le même but, ce n’est pas avoir quelque chose en commun, ni partager quoique ce soit… Non, c’est tendre vers cela sans jamais y parvenir. On ne peut converger que sur un projet, pas sur des refus différenciés. La convergence pour la convergence des luttes est un mot d’ordre vide de sens ; autant la convergence des buts est un objectif à atteindre : défendre les services publics, construire les communs, refuser la criminalisation des mouvements sociaux, développer l’objection de croissance. C’est pourquoi dans cette étape nous appelons à des convergences solidaires autour des enjeux sociaux et environnementaux : la planification écologique, la relocalisation de l’économie, le refus des projets climaticides, le revenu d’existence… La vraie convergence des luttes est celle des luttes sociales et environnementales. La question écologique est occultée par l’intensité de la stratégie du choc social entreprise par Emmanuel Macron. Mais une même logique de privatisation des biens communs est à l’œuvre en matière d’environnement. Le capitalisme vert que défend Nicolas Hulot au nom de l’écologie de marché montre ses limites et quand le Ministre de la transition écologiste et solidaire défend la réforme de la SNCF, cède devant le lobby du glyphosate, autorisé Total à exploiter l’huile de palme, cautionne les violences policières contre les zadistes de Bure ou de Notre- Dame -des -Landes, il est logique avec lui même. Mais la gravité de la crise écologique impose de refonder les logiques économiques ; la notion de « biens communs », sociaux et naturels, pourrait être le pivot de cette refondation ; mais les écologistes doivent formuler et mettre en œuvre des alternatives positives, capables de convaincre la masse des citoyens du caractère bénéfique de la sortie du capitalisme. L’écologie sociale a un rôle particulier, celle de s’appuyer sur les luttes les plus avancées, celle des ZAD, des facs et des travailleurs précaires pour mettre en avant le contenu et les formes écologique et sociale du mouvement actuel. Si nous ne croyons pas à l’abstraction de la convergence des luttes, des moments de convergences vécus comme des moments de dépassement et de rassemblement peuvent être crées pour construire cette convergence des buts. C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau récit. Si nous voulons organiser la contre-attaque, on ne peut plus se contenter de se défendre contre telle ou telle loi en demandant leur retrait. C’est juste mais c’est insuffisant de se battre contre la Loi ORE, la loi sur la SNCF, la loi sur les migrants.  S’il n’y a pas de débouchés aux luttes actuelles c’est d’une part qu’il manque un mouvement politique puissant pour leur donner une traduction en terme de représentation y compris institutionelle. Cette absence présente à terme un risque majeur, celui du dévoiement de la lutte des classes vers des mouvements contre l’émancipation comme on le voit en Italie ou en Europe centrale. Mais d’autre part nos luttes doivent avoir un caractère offensif et global pour changer la société. Ce qui se joue dans nos luttes, c’est la volonté de changer le mode de consommation, de production et d’échanges. SI nous devons converger, c’est autour d’un même imaginaire collectif. Ce n’est pas encore le cas.

5. L’idée de recommencer Mai 68 qui traverse en partie le mouvement actuel est une impasse. Elle ne permet pas de comprendre pourquoi le mouvement ne s‘élargit pas. En mai 68, les étudiants étaient pour beaucoup les enfants de la bourgeoisie. Aujourd’hui 50 % travaillent dans des petits boulots pour simplement survivre durant leurs études.  Ce qu’on retient le moins quand on parle de mai 68, ce sont les comités d’action, les comités de grève ou de quartier qui sont les formes d’organisation qui émergent spontanément dans le mouvement comme création sociale, sorties de l’imagination collective. Ces organisations prennent l’initiative d’exister et de décider pour elles-mêmes, allant jusqu’à inventer des formes langagières propres et réellement radicales parce que s’enracinant dans un mouvement qui débouche sur la grève générale. Mais ces organisations nées de la rupture avec l’ordre établi ne réussiront pas à s’imposer comme nouveau pouvoir démocratiquement et collectivement institué. Mai 68 a pu coaguler diverses forces et déboucher sur l’une des deux grèves générales avec Juin 36 parce qu’il existait encore une classe ouvrière industrielle concentrée dans de grandes entreprises et structurée par des organisations puissantes (CGT, PCF). Le chômage était résiduel et les aspirations à une rupture avec l’ordre ancien progressait dans toute la jeunesse. Rien de tel aujourd’hui. C’est pourquoi la comparaison avec Mai 68 si elle est une source d’inspiration ne peut être en aucun cas un modèle.

6. La crise du syndicalisme et du mouvement ouvrier s’amplifie parce qu’il se replie sur une partie du salariat et sur des stratégies corporatistes. La stratégie des grèves perlées de 2 jours définie par l’intersyndicale cheminote est une impasse. Les directions syndicales sont à la fois divisées sur la stratégie, les formes d’action et ne veulent pas être débordés par un mouvement d’auto émancipation. Les grèves parlées à la SNCF présentées comme une tactique efficace redonnent la main à ces directions en des reprenant l’initiative aux AG de bases. De fait les AG dans ce secteur ont été dévitalisées. Pourquoi se réunir puisque les décisions sont prises à l’échelon national par les fédérations ? Si l’intersyndicale continue à être soutenue du bout des lèvres par la CFDT et l’UNSA, c’est que ces deux confédérations attendent pour sauter dans le wagon gouvernemental que la grève s’essouffle par elle-même. Si le mouvement à la SNCF continue malgré ses insuffisances, c’est parce qu’il exprime au delà de la mobilisation des salariés pour la défense du statut, la volonté de défendre un modèle de civilisation, celui du service public. Les habitants de ce pays voient bien que dans la santé, l’éducation, la culture, le processus de privatisation s’accélère pour déboucher sur une société de marché. La question du rail est une question écologique. Elle pose le problème du transport, de l‘aménagement du territoire, de la justice climatique. Pourtant il n’y a pas aujourd’hui de mouvement massif d’usagers en soutien à la grève du rail sur des bases écologiques. La pétition lancée par Paul Ariès (pour un Plan B écologique et social,  planbecoloetsocialpourlasncf@gmail.com) sur cette base n’a pas eu de traduction en termes d’actions concrètes en raison de la faiblesse du mouvement social environnemental. La tâche des écologistes sociaux est de contribuer à cette convergence en initiant aussi à l’intérieur du mouvement syndical la construction d’un courant écosyndicaliste pour développer de véritables convergences anti productivistes, alternatives et autogestionnaires. La commission Ecologie de Solidaires, le courant Emancipation, certains syndicats CGT peuvent en être les vecteurs.  Mais au delà de la question écologique, le syndicalisme français est confrontée à son histoire et notamment aux limites de la Charte d’Amiens votée en 19O6 par le Congrès de la CGT. Sans même parler de l’étanchéité entre syndicalisme et politique, l’indépendance syndicale revendiquée ne permet pas aux syndicats de rassembler en leur sein ou de créer des dynamiques de l’ensemble du mouvement social. Or avec un salariat fragmentée, avec le développement des nouveaux mouvements sociaux, la lutte syndicale ne peut être réduite à la seule défense des salariés. Elle doit s’élargir à celle des locataires, des femmes, de la jeunesse en formation, des migrants, des discriminé-e-s, des LGBT. Un syndicat  brésilien comme la “Csb con lutas” regroupe les sans toits, le mouvements noirs et LGBTI et les mouvements sociaux en son sein, il montre qu’un syndicalisme intersectionnel, décolonial et écologiste est possible.

7. La question de la violence revient au devant de la scène à travers les cortèges de tête et les modes d’action des blacks blocks. Elle est pour le pouvoir un moyen de criminaliser et de diviser la sécession sociale. Les écologistes sociaux, partisans de la désobéissance civile n’ont pas une position morale face au recours à la violence. Nous nous interrogeons simplement sur l’efficacité tactique de pratiques qui devraient allier une guérilla symbolique à un élargissement continu du mouvement. A toutes les époques il y a eu des confrontations dans les manifestations. Entre les deux guerres, elles étaient même ponctuées par des morts d’hommes et de femmes. Ce que nous vivons est aujourd’hui un ersatz de ces manifestations dans les cortèges de tête qui expriment plutôt une radicalisation des manifestants qui de fait cautionnent les affrontements. Ces cortèges de tête sont devenus massifs et même comme durant la manifestation du 1 Mai, ils vont jusqu’à constituer les deux tiers du cortège dit syndical parce que la capacité d’encadrement des organisations traditionnelles s’est effondrée, que les manifestants n’en peuvent plus des manifestations traîne-savate derrière des ballons et surtout que la colère qui s’exprime à travers les cortèges de tête reflète la révolte sociale généralisée par rapport à la marchandisation de la vie sous toutes ces formes. Ce sont des “jacqueries urbaines” qui faute de pouvoir utiliser la grève comme moyen d’action exprime la révolte des précaires comme les “jacqueries paysannes” qui reviennent régulièrement au cœur des villes sont une des formes de luttes de la paysannerie  ( destruction de préfectures, de stocks de nourriture dans les supermarchés …). C’est pourquoi le débat interne au mouvement ne doit pas porter sur la question de la légitimité de la violence mais sur le développement efficace d’une guérilla pacifique multiforme fondée sur la désobéissance civile : blocages des facs, des lycées et de l’économie, occupations sauvages, débaptisation de rues, hacking informatique des entreprises concernées ou des services de l’état, organisation de circuits courts… Nous devons construire indépendamment de l’Etat notre contre-société, nos bases de résistance pour imposer un rapport de force favorable.

8. La stratégie du “Mai rampant” à la française est celle d’une guérilla sociale et citoyenne durable. Le mouvement actuel s’apparente au Mai rampant italien qui court sur la décennie 1968-78. L’enjeu du mouvement actuel, c’est l’émergence d’une ère de libération humaines et écologiques dans une société fracturée par la violence de la mondialisation libérale. D’un côté le précariat, de l’autre une classe salariée encore intégrée qui cherche à défendre légitimement ses acquis. Le Mai rampant, formule expliquant la période post 68 du mai Italien une expression faisant référence au caractère progressif, voire sinueux de la mobilisation. Ce mouvement social protéiforme, associant des mobilisations localisées et professionnelles fortes avec des journées nationales de manifestations, des grèves et des manifestations, des grèves ponctuelles et des grèves reconductibles, des va-et-vient entre les deux, des paralysies partielles (SNCF, métro et transports collectifs urbains, raffineries et dépôts pétroliers, routiers, etc.), des grèves tournantes ou la répétition de grèves sporadiques limitant le coût de la grève sur les salariés, la constitution de caisses de solidarité en direction des secteurs engagés de manière la plus durable dans la grève reconductible, des liaisons inédites avec les milieux intellectuels et artistiques critiques pour amplifier la délégitimation du pouvoir macroniste, la promotion de passages entre combats revendicatifs et expériences alternatives (pourquoi des AMAP n’approvisionneraient-elles pas gratuitement des grévistes ? pourquoi des universités populaires ne se déplaceraient-elles pas sur les lieux de grève en mettant à disposition des savoirs critiques ? pourquoi des artistes alternatifs ne seraient-ils pas davantage présents dans les manifestations ? etc.), des actions moins massives mais plus spectaculaires sur d’autres fronts où la légitimité macroniste résiste davantage au sein de la population (racialisation, logique sécuritaire, etc.), etc. Les caisses de grève sont un des moments forts de cette entraide. Reconstruire une cohésion et un réseau d’action d’abord au plan local. Les luttes des cheminots peuvent servir de point de départ unificateur L’objectif doit être de reconstruire une cohésion et un réseau d’action d’abord au plan local, de trouver des modes d’action complémentaires de l’indispensable arrêt de travail, qui bloque la production… Ici encore, nous avons besoin de temps pour renforcer un pôle social et écologique de combat. Ce temps paradoxalement, la volonté du macronisme de tout détruire nous en donne. Macron estime qu’il peut en finir avec « le vieux monde » en un quinquennat.  Il est en train de coaliser contre lui un mouvement social de type nouveau, à la fois résistant et créatif.

9. Dans cette stratégie de mai rampant, l’insubordination sociale se concentre autour des ZAD, du mouvement dans les universités et des luttes des précaires comme dans les MacDo ou les Deliveroo. Ces groupes sont engagés dans une guérilla sociale contre l’ubérisation du travail, de la formation et les “Grands Projets Inutiles et Imposés”. Ils défendent leurs intérêts de précaires et en même temps l’intérêt général quand ils contestent la modernisation capitaliste de l’aménagement du territoire. Ce mouvement ne doit pas se lire comme l’affrontement idéologique entre des groupes minoritaires et l’Etat mais comme l’émergence d’une nouvelle conscience de classe, celle des travailleurs précaires intellectuels et manuels. Ce précariat est formé notamment par des étudiants salariés ( au moins 50% des étudiants travaillent pour financer leurs études),  qui, à partir de leur condition,  forment une sorte de direction stratégique autonome du précariat. Ils inventent dans les ZAD comme dans les occupations de fac des pratiques liées à leur vie quotidienne : cantine et refus de la male bouffe, entraide, jardins, squats, lutte contre la publicité et la marchandisation, partage des savoirs… Cette émergence d‘une nouvelle conscience de classe s’affronte à un problème essentiel: les discriminations ethnico-raciales. Si les lycées professionnels ou classiques de banlieues n’entrent pas dans le combat massivement, si dans de nombreuses facs le mouvement ne prend pas, c’est que ce mouvement apparaît comme un mouvement déconnecté des préoccupations sociales de la jeunesse des quartiers populaires: racisme, violence policières, discriminations sont des angles morts de la mobilisation actuelle. C’est aussi parce que dans les quartiers périphériques, la faillite de l’état est une réalité, et que la culture de l’individualisme y a désormais de solides racines.

De même pour le moment, même des formes de convergence avancées comme celle de la «fête à Macron» laissent dans l’invisibilité ces questions essentielles. Les luttes des quartiers populaires ou celles des migrants ne sont pas prises en charge par le mouvement et ouvrent la voie à une montée du nationalisme et de l’extrême droite comme en Allemagne ou en Italie. Or le débat autour du plan Borloo a encore démontré que c’est dans les quartiers populaires où les services publics sont en déshérence, que les taux de chômage sont les plus élevés, que des millions de gens se sentent abandonnés. A quoi sert un mouvement social s’il oublie celles et ceux pour qui il est censé se battre ?

10. « Stop Macron » ne peut être le seul mot d’ordre politique. Puisque la séquence de lutte ouverte en 2016 n’est pas prête de se refermer, ce qui est en jeu n’est pas la simple contestation du macronisme mais bien celui de la lutte contre le monde qu’il représente. Si la question du pouvoir ne se pose pas, c’est que le macronisme n’est que l’expression du capitalisme mondialisé et de la haute technocratie d’un Etat nation devenu impuissant à réguler les ravages de la finance mondiale, transformé aujourd’hui en agent facilitateur de la finance. La question n’est pas de faire démissionner Macron mais de construire un levier politique pour impulser une transition, c’est-à-dire un processus de « transformation au cours duquel un système passe d’un régime d’équilibre à un autre » (dictionnaire de la pensée écologique). La transition entraîne une profonde mutation des modes d’action des acteurs et des infrastructures qui organisent leurs relations. La transition écologique et sociale repose sur la double prise de conscience de la finitude des ressources sur lesquelles repose la croissance économique mondiale et de l’empreinte environnementale issue de notre consommation énergétique. C’est pourquoi l’unité populaire en formation doit en finir avec l’idée du grand soir. L’absence d’alternative politique à court terme ne doit pas empêcher de développer un mouvement populaire par en bas, qui remet en cause le droit de propriété par l’entraide et la coopération par la construction d’un mouvement mature de contre-pouvoir et de contre-société s’appuyant sur des institutions alternatives, des zones d’autonomie démocratiques, des espaces de liberté, des coordinations de coopératives et d’entreprises autogérées, des communs partagés à tous les niveaux.  Des dizaines de milliers de militants commencent à comprendre que c’est dans les territoires et non au niveau des appareils et de leurs logos dévalués qu’émerge la force dont ils ont besoin pour ouvrir le chemin d’une nouvelle espérance. Le 5 mai comme le 26 mai permettent l’agrégation de forces politiques, syndicales, associatives dépassant les logiques d’étanchéité à l’intérieur du mouvement social, de construire une convergence de forces sociales, politiques, syndicales, associatives permettant de construire un cadre susceptible de se développer dans chaque quartier, villes, villages, entreprises, lieux de formations pour déboucher sur un mouvement d’unité populaire, fait de mobilisations et de luttes, pouvant dépasser la fragmentation actuelle et permettre tant dans les prochaines luttes sociales qu’au moment des municipales de 2020 de construire une nouvelle étape de l’insoumission. 

Le 25 mai 2018