Le blog de Claude Vilain

Lundi 25 juin 2018

Il y a 80 longues années déjà,  à l’initiative du Président Roosvelt, une trentaine d’Etats européens,  des Amériques et d’Asie se reunissaient à Evian pour tenter de trouver une solution commune à l’accueil des réfugiés juifs fuyant les persécutions nazies et les pogroms des totalitarismes d’ Europe centrale.

En vain…

En 1931, dans ces réflexions sur le Monde actuel , P Valéry , précisait s’agissant de l ‘ Histoire , ‘ »qu’elle ne servait à rien,  contenant tout et donnant des exemples de tout » , ajoutant « que dans l’état actuel du monde, le danger de se laisser séduire par elle, était le plus grand que jamais il ne fut « .

Pourtant, attends nous qu’ après l’échec annoncé du prochain Conseil de Bruxelles, dont la question centrale se focalisera sur l’accueil des réfugiés , cette fois méditerranéens,   les bons esprits se réfèrent,  une fois encore, à un passé  pourtant bien révolu.

Pourquoi ? Toujours pour l’unique et simple bonne raison , que dans leur volonté de ne pas voir le monde tel qu’il est, c’est à dire dans sa barbarie la plus nue, ils préfèrent encore se raccrocher à une histoire certes dramatique , en espérant que l’évocation du  souvenir pourrait exorciser le présent. Dans le genre  » plus jamais ça  » …alors que ‘le plus terrible encore est à venir « .

Occulter le présent,  dans la conjoncture actuelle , c’est tout d’abord éviter que le Conseil des 28 et 29 juin ne soit perçu pour ce qu’il est: la fin de l’ Union Européenne et de ses illusions.

Après l’échec du plan de relocalisation de J C Juncker, visant à relocaliser 120 000 réfugiés au sein des 28, le pénible compromis auquel pourraient éventuellement parvenir les chefs de gouvernement ,qui ne boycotteront pas le sommet, sonnera en effet le glas de la méthode communautaire ou plus prosaïquement de la méthode fédérale qui présidait à la construction européenne depuis le Traité d’ Amsterdam.

Dorénavant,  les accords de Shengen et de Dublin caducs, les politiques de contrôle , d’asile et d’immigration, c’est à dire la localisation et relocalisation des flux migratoires traversant la méditerranée,   se réglera  par des accords bi ou multi latéraux entre Etats membres et leurs nouvelles colonies  (« établissement humain établi par une puissance étrangère dans une région qui lui est initialement étrangère « )  albanaises, bosniaques ou kosovars.

Alors que la libre  circulation des capitaux, services et marchandises à l’origine de cette Union était garantie depuis le 1er  Janvier 1958,  la longue histoire de la circulation des humains s’achèvera ce 29 Juin prochain; dans des camps installés aux marches de la nouvelle forteresse.

Ne pas vouloir le présent c’est aussi et surtout , refuser d’ admettre que le capitalisme financier est à la croisée des chemins.

Pour maintenir le taux de profit d’une accumulation sans précédent de liquidités, sans avancées majeures du progrès technique  et après avoir épuisé les avantages de la division internationale du travail (et que dire de l’épuisement des ressources naturelles ) ,  il n’a plus le choix.

Soit il détruit du capital, par la guerre ou une crise dont 1929 ou 2008 nous apparaitront retrospectivement comme des ballades de printemps. Soit il exerce une pression telle sur le prix du travail , que les nouvelles générations seront amenées à regretter les conditions de vie des masses laborieuses du XIX ième .

Ne pouvant accomplir l’une et l’autre sans disparaitre une bonne fois pour toute, vous comprendrez que les bienpensants aient  besoin de se rassurer en se référant à une histoire qui bien que tragique fut neanmoins surpassée.

Cette fois il n’y aura pas de 2ème mi temps

PS Face à  cette crise sans précédent la multiplication des candidatures écologistes aux prochaines européennes ferait rire, si la situation n’était pas aussi tragique .


Vendredi 15 juin 2018

Aquarius : Affrontant une tempête majeure, l’Aquarius et les deux navires italiens transportant plus de 600 réfugiés,  se trouvent à quelques miles de Bonifacio, port corse capable d’accueillir des ferrys de 800 à 1600 passagers.
Le cynisme du régime n’ayant pas de limite, JY Le Drian après  » avoir salué la proposition espagnole de mettre fin à une situation humanitaire périlleuse  » s’est engagé à accueillir en France les passagers qui débarqués à  Valence, répondraient aux critères du droit d’asile « .
Pourquoi prolonger le calvaire de ces naufragés. es de la solidarité  européenne ? Pourquoi ne pas les accueillir tout de suite à Bonifacio?
La crainte de l’instrumentalisation par l’extrême droite n’est en fait qu’un prétexte.  Celui qui cache la forêt d’une Union européenne où seuls les capitaux et les propriétaires ont le droit et sont encouragés à circuler librement . Européens ou migrants d’ailleurs, la fortune seule leur servant de laisser passer (cf encore récemment la suppression de l’exit taxe).
Pour tous et toutes les autres c’est la loi de la jungle, celle de la sélection barbare, de l’épreuve vitale. Il ne suffit pas de prouver que l’on est aussi diplômé ou talentueux que les profiteurs, encore faut il être capable de mettre son existence en jeu,  pour leur prouver que l’on est capable d’affronter la concurrence sauvage à laquelle ils ont  soumis 550 millions d’européens.

Lundi 28 mai 2018

Italie : Interrogé sur l’accord gouvernemental porté par Giuseppe Conte et l’adoucissement des  programmes européens de  deux partis,  qui pour la première fois depuis 1992 recueillaient plus de 50 % des voix de l’électorat italien, Stefano Fassina, un des fondateurs de Sinistra italiana, considérait « l’hypothèse de changer les traités européens comme sans espoir « .

Celui qui, vice ministre de l’économie de Enrico Letta démissionna car il s’était « rendu compte que la pression de l’UE ne lui laissait aucune marge de manoeuvre pour agir en faveur des travailleurs,  des chômeurs et des retraités » précisait cependant que si la coalition « rompait avec le pacte budgétaire européen, il lui apporterait son soutien »  tout en rappelant qu’il condamnait sa politique fiscale et anti migrants.

Depuis lors le  Président d’une nation dont l’art. 1 de la Constitution de 1947 précise – s’il en était besoin – que « la souveraineté appartient au peuple », dans un acte d’une invraisemblable irresponsabilité vient de provoquer la démission d’un premier ministre, certes fantoche , et d’appeler à de nouvelles élections législatives à l’automne prochain.

Le prétexte, le choix d’un vieillard de 82 ans, Paolo Savona, ancien dirigeant du Medef italien, eurosceptique de façade, comme Ministre de l’économie. Une véritable provocation, alors que la veille, les marchés s’étaient estimés triplement confortés :  assurés, ré-assurés et ré-ré-assurés par un programme démagogique dont les principales victimes auraient été les migrant•e•s.

Après le choc budgétaire, celui qui a consisté à socialiser les pertes du capital financier après la crise de 2007 2008, après le choc social celui qui impose la règle d’or pour en solvabiliser le financement, l’heure du choc de l’humiliation définitive du salariat européen aurait-elle donc sonné ?

Demain ce n’est pas à 50% que nos voisin•e•s italiens soutiendront les mouvements politiques qui,  surfant sur l’effondrement d’une sociale-démocratie coupable de trop longues années de renoncement (cf. récemment François Hollande et son pseudo refus de ratifier les Traités de la honte), parient sur la dégradation de la lutte des classes sous sa forme avilie du racisme et de la xénophobie,  mais aux deux tiers !

Avant que les conséquences de la surproduction de profits, de leur surconcentration distributive, ne conduisent à l’effondrement de ce mode de production qui apparait chaque jour plus archaïque, c’est d’abord les plus déshérité•e•s, les plus exploité•e•s à commencer par les immigré•e•s et cette masse croissante de ceux et celles qui poussé•e•s à bout s’auto désignent, dans la haine d’eux et elles-mêmes,  de « pauvres blancs » , qui seront les premières victimes.

A l’école Macron, les dirigeant•e•s européen•ne•s,  leurs médias démagogues et racistes comme le Spiegel, ont donc décidé d’humilier leurs victimes. Après avoir fait plonger la Grèce dans la misère,  ils s’en prennent au peuple qui, il y a encore quelques années, était le plus Europeen des européens.

De véritables criminels, puissent-ils un jour être jugés pour ce qu’ils ont laissé faire à leur pantin de Mattarella.


Mercredi 23 mai 2018

1- Quand la pensée unique se déchaîne contre les risques que ferait peser sur l’UE et l’Euro, la coalition populiste italienne , demandez vous pourquoi ? Ne serait ce pas pour mieux vous enchaîner aux  mythes de l’économie sociale de marché ?

A l’été 2013, J Habermas réagissant à la tribune que W Schauble venait de diffuser dans les principaux quotidiens de la zone euro  » Berlin ne veut pas d’une Europe allemande  »  (1) , présentait celui qui venait de soumettre  la Grèce au nom du principe « qu’il ne pouvait y avoir de choix démocratique contre les Traités déjà ratifiés » , de « dernier ministre de A Merkel à pouvoir encore être qualifié d’européen  » (2).
Pour ceux et celles qui connaissent l’un et l’autre , cette analyse et critique pourrait sembler contradictoire , tant nous persistons ( cf la Désobéissance de J Bayou ) à occulter la réalité profonde des assises , de l’organisation et du fonctionnement de l’actuelle Union Européenne.
Dupé.es que nous sommes par plus d’un tiers de siècle de manipulation social démocrate qui depuis J Delors  et le tournant de l’austérité, s’est acharnée à nous faire croire qu’il pouvait exister un compromis entre notre modèle social et un système économique fondé sur le capitalisme de marché.
L’un et l’autre , présentés comme aussi naturellement liés que la pluie et l’orage, alors que notre mode de production et nos rapports de production ne sont que les conséquences d’une lutte acharnée des dominants pour imposer à leurs victimes une vision du monde dont ils sont les seuls à tirer profit (cf les inquiétudes du milliardaire W Buffet face aux « succès de sa classe »).
Cette vision du monde qui conduisit un  J Habermas à couronner Schauble l’européen, offensant une fois de plus cette malheureuse Europa dont le destin n’est que violence, camoufle ne réalité qui  elle a des racines bien solides : un Bloc constitutionnel, celui du Traité de Lisbonne , intouchable .  Un objectif, maintes fois développé : améliorer les performances du système productif européen en lui assurant la rentabilité maximale , les considérations sociales et environnementales, quoique présentes compte tenu du coût de leurs externalités négatives, demeurant secondaires .
Ce bloc bénéficie d’ une doctrine idéologique largement et longuement relayée (cf , par ex Vive la crise de Y Montand et Libération)  : l’ordoliberalisme,  qui détermine l’organisation et le fonctionnement  des institutions européennes en retirant du pouvoir des elu.es  nationaux et communautaires, lla conduite des affaires monétaires et budgétaires,  tout en les soulageant d’une part croissante de leurs fonctions sociales, voire environnementales au seul profit des entreprises, du secteur privé.
Dans ce système,  réduire massivement l’impôt sur le revenu (Ligue du nord) des plus fortunés tout en multipliant les emplois verts ou en créant un « revenu de citoyenneté  »  (socialisation de la misère par saignée des couches moyennes ) , est tout bénéfique pour les nantis : leurs profits sont préservés, voire augmentés par les ponctions du petit et moyen salariat pour palier les nouvelles pauvretés que cette politique provoquera immanquablement.
Si les nantis n’ont donc rien à craindre, leurs représentants  peuvent s’en réjouir.  Schauble et Mattarella ont raison..le pauvre Habermas s’étant encore une fois fourvoyé .
 
2- Vous conforter au mythe de l’Europe sociale, vous rend captif des dominants qui vous trompent . Leur désobéir c’est : ne plus reconnaître leur loi d’airain et ses traités. La renverser et certainement pour la rendre plus juste ! Ce serait quoi d’ailleurs, une juste injustice pour tous et toutes.
En nommant G Conte à la tête d’un gouvernement populiste, les gouvernants européens ne font que constater que  si  » la démocratie ne peut changer les traités «  , elle permet toutefois de confier sa représentation (le pouvoir, ils le conservent ) à ceux qui depuis des décennies ont tout fait pour pourrir la lutte des classes en transformant ses cibles . Le succès des populistes est le leur. Ne sont ils pas parvenus à déplacer  la cible historiquement prioritaire du salariat,  le capital, ses  profiteurs et les traités qui les protègent,  vers les plus démunies  de ses victimes !
Taper sur l’immigré,  le réfugié , peut faire une politique , d’autant que face à l’échec du court terme, la réponse est toujours la même : donnons nous les moyens de taper encore plus fort. L’essentiel étant de préserver le pouvoir du capital et son  Bloc constitutionnel européen qui n’en a rien à faire des migrants.
Et puis sur le fond, leur propre expérience passée ne leur a t elle pas enseignée  (cf notre presidentielle ) que la crainte du populisme renforce  leur assurance contre la désaffection de leur électorat.  D’autant plus que dans cette période de décomposition du paysage politique traditionnel  , les idiots utiles surnageant sur ce fleuve fétide , se multiplient  focalisant  leur dernière énergie contre ceux qui résistent encore ( ah, ces pourris de « souverainistes de gauche  » ! ) . Leur offrant de facto une réassurance à moindre coût.
Hors Macron, point de salut..vous comme moi, avons donné !
 
3- Bénéficiaires d’un  Traité,  celui de Lisbonne, constitutionnalisant  la course au profit et ses conséquences humaines et environnementales catastrophiques,  d’ une idéologie,  l’ordoliberalisme,  retirant le pouvoir à ceux qui la remettraient en cause , d’ idiots utiles affaiblisant un peu plus les partisans d’une alternative à chaque scrutin plus improbable, de révoltes nationales toujours plus révoltantes, de quoi donc nos dominants pourraient ils encore avoir peur ?
Seulement de leurs turpitudes, des limites d’exploitation de leur propre système, c’est à dire d’une crise financière qui les balaieraient, déchaînant une lutte des classes sous sa forme la plus avilie de la haine de l’autre, du racisme et de l’antisémitisme.  La guerre généralisée,  la barbarie…
Si la nomination d’un Giuseppe  Conte, rassure les Macron, Merkel… elle devrait mobiliser encore plus ceux qui refusent de se laisser entraîner dans la crasse de la haine de l’autre ou de la collaboration avec ceux qui après nous y avoir entraîné,  prétendraient nous en libérer. Est il trop vain d’espérer encore ?
(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/19/berlin-ne-veut-pas-d-une-europe-allemande_3450256_3232.html

(2) http://www.voxeurop.eu/fr/content/article/4054321-la-belle-endormie


Dimanche 20 mai 2018
Depuis plusieurs jours vous et moi sommes régulièrement abreuvés d’informations alarmantes sur la « crise humanitaire provoquée par le régime de Maduro  » (Le Monde ), « l’accentuation de la crise alimentaire etc..  » (Le figaro ), « Le Venezuela toujours plus loin dans l’abîme  » (Libération ), etc, etc, et je ne dis rien de cette ahurissante cohorte d’expert.es qui déballent leurs insanités dès qu’ils.elles aperçoivent un micro ou une caméra bien pensante, ou plus exactement au service d’un système dont les dirigeants multiplient les appels au renforcement des sanctions , tout en dénonçant la crise sanitaire que traverserait la nation bolivarienne.
Pas besoin de se référer aux sites complotistes ou à Radio Mélenchon,  pour comprendre qu’il s’agit d’une énième manipulation pour vous dissuader de soutenir la moindre tentative internationale (et celle des chavistes est sur bien des aspects critiquables) de résistance au système dominant , et pour vous dégoûter de tout rapprochement politique avec ceux et celles qui nationalement en défendrait l’objectif.
Référez tout simplement à la base de données publiques mise à jour par la CIA , agence gauchiste bien connue,  page Vénézuela.
Vous apprendrez par exemple qu’en 2017, l’espérance de vie à la naissance était identique à celle de la Hongrie ou de la Croatie et très  supérieure à  celle de nos voisins, lituaniens, lettons, bulgares, roumains pour ne pas citer les lointains ukraibiens et russes.
Vous apprendrez que « la dramatique épidémie de rougeole » révélée par Le Monde et ses 300 cas , est effectivement dramatique , comparée aux 2000 cas français et 30000 cas européens recensés par l’OMS depuis le 1er Janvier 2018.
J’arrête là. .mais ne faires pas dire pour autant que Maduro serait le démocrate du Nouvel Eldorado!
Non, il ne s’agit pas de défendre sa bande de bureaucrates qui ont confisqué à leur seul profit la revolution bolivarienne , mais bien au contraire de  militer pour empêcher une opposition d’extrême droite de s’approprier le gâteau de la rente pétrolière en désarmant politiquement la résistance (certes aujourdhui dévoyée ) du salariat vénézuelien et plus globalement, sud américain. Opposition extrêmiste reçue en grande pompe par E Macron et largement soutenue par l’UE dans son boycott de la Présidentielle d’aujourd’hui.
Naturellement ce soutien passe par des sanctions chaque jour renforcées par ceux qui vous traineraient en justice si jamais vous demandiez que la réciproque s’applique..par ex à Israel, et surtout par un embargo total des institutions bancaires vis à vis de toutes les entreprises, notamment agro alimentaires et pharmaceutiques  auxquelles le régime pourrait s’adresser pour palier les conséquences d’un blocus dont effectivement le salariat vénézuelien commence à en ressentir les effets.
Toujours en consultant votre site gauchiste, vous apprendrez ainsi que le Venezuela fait partie dss pays dont la dette publique est une des plus faibles, rapport à son PIB, moins de 26 % et que de surcroit en 2017, en plein marasme il l’a réduite de plus de 10 points (39.3 % en 2016) pour tenter de séduire les vautours de la finance.
Rien n’y a fait le gendarme des dettes Standard  & Poor’s baissait en Décembre dernier sa notation ..
Maduro serait donc le seul coupable…allons donc .
 Le 28 dans la rue c’est aussi contre ce mensonge, contre ce Président au seul service du capitalisme financier qu’il faudra manifester notre solidarité,  non pas avec le fossoyeur de Chavez, mais avec le salariat vénézuelien.

Vendredi 13 avril 2018
Une fois encore les co présidents des Verts européens,  soutiens inconditionnels de l’autonomie de l’écologie politique et du refus de toute alliance avec des partis de gauche au 1er tour d’ élections nationales, constatent cyniquement que si leurs alliés potentiels n’ont pas atteint leurs objectifs, les Verts hongrois  tirent leur épingle du jeu :   » Hungarian opposition does not achieve its goals, Green win little, Orban wins big « .
A la réflexion ce constat est juste…mais leur analyse fausse et les félicitations adressées à  B .Szell, la coprésidente de LMP , injustifiables, voire condamnables. Encore faudrait il traduire clairement le titre de leur communiqué : ‘
 »  l’opposition à V Orban n’a pu empêcher le Fides et ses alliés  d’atteindre la majorité des deux tiers, il s’en est fallu de 4 sièges .Les écologistes de LMP ont effectivement progressé de 3 sièges tout en en offrant 5 à Victor Orban et ses comparses « .
Sans se laisser aller à accuser LMP et sa dirigeante d’être une sous marinière de V Orban comme le font tous les partis démocrates hongrois, du MSZP en passant par DK  et Ensemble, sans oublier l’extrême droite, leur stratégie d’ autonomie , leur refus de se désister en faveur de candidat.es mieux placé. es , constitue un véritable crime politique.
Comme vous le constaterez en fin de lien, alors que la gauche et les écologistes rassemblés pouvaient faire le grand chelem à  Budapest (18 sièges sur 19 ), le maintien de LMP leur en a fait perdre 5 au profit du Fides, alors que la majorité constitutionnelle se jouait à 4 sièges !
M Frassoni et R Butikofer vous avez raison .
 L’opposition démocrate à  V Orban qui n’a jamais cru pouvoir emporter les législatives, mais qui avait de grandes chances de l’empêcher de poursuivre  ses réformes constitutionnelles liberticides, anti immigrés,  voire antisémites,  n’a pas atteint cet objectif certes limité mais combien essentiel pour nos camarades hongrois,   .. la faute à qui ?   A unmouvement politique de centre droit reconnu par la communauté écologique européenne.
Un enseignement et une conclusion.
L’écologie politique européenne n’a rien à faire de soi disant partis  ecolos libéraux ou centristes, dont l’opportunisme est la seule ligne politique.
Le Parti Vert Européen  – et je n’oublie pas EELV, s’il existe encore – doivent  condamner la stratégie suicidaire de LMPavant de déclencher son exclusion, en lançant une mise en garde à tous les mouvements écologistes qui seraient tentés de l’imiter.
Une interrogation.
A la veille des Européennes de 2019, où souhaitent donc vous entraîner les dirigeants actuels du PVE. Compte tenu de leurs positions, l’écologie politique européenne peut s’attendre au pire.

http://nepszava.hu/cikk/1157122-azlmpbudapestenotkepviselotajandekozott-a-fidesznek

 


Le 5 avril 2018
Recevant des représentations de « l’opposition vénézuelienne » E Macron s’inquiétait du deroulement de la prochaine présidentielle et de la situation humanitaire d’un pays soumis à embargo américain,   regrettant notamment que les autorités « continuent à refuser toute aide internationale « .
De qui se moque t il ? Et pourquoi celui qui se préoccupe des droits humains à 7600 km de Paris manifeste t il si peu d’intérêt pour leur violation chez ses voisins, espagnols notamment ?
S’il est bien vrai que la baisse des cours du pétrole,  principale ressource publique de l’économie bolivarienne est à l’origine de son effondrement, l’embargo financier et bancaire décrété l’été dernier par D Trump a définitivement détruit toute possibilité de redressement.
L’UE dont les banques ne peuvent que s’aligner sur le modèle US a encore récemment complété le siège humanitaire de Caracas en s’en prenant aux avoirs  des principaux dirigeants maduristes du secteur public vénézuelien. Précisons que dans ce système sud américain ces avoirs ne sont pas privés mais publics, les dirigeants en question étant les seuls à pouvoir opérer les comptes bancaires étrangers de ces entreprises.
On peut toujours tout critiquer..mais l’essentiel à retenir est que aujourd’hui le Venezuela ne peut plus rien importer , ni médicament,  ni produits alimentaires, ni pièces de rechange pour son industrie pétrolière,  ..Comptes bancaires bloqués,  crédit impossible, il ne lui reste plus que la mendicité.  Et c’est précisément ce que lui demande cyniquement E Macron.
Après avoir soutenu les appels à la sédition du Président de l’assemblée nationale Borges et de l’ancien maire Ledesma, après leur avoir fait accorder le prix Sakharov par le PE, Macron et ses pairs utilisent la dernière arme, celle de l’humiliation, la plus terrible pour un peuple qui tenta de redresser la tête après des années de domination américaine puis européenne.
Que les maduristes soient  responsables de la gestion catastrophique de la rente pétrolière qui le niera, pour autant faut il fermer les yeux sur des interventions internationales dont nous sommes personnellement co responsables en tant que citoyens européens ?
E Macron , ni vous ni moi, ne sommes des électeurs caraquenos, mais européens que la question des droits humains  interpelle universellement, mais alors pourquoi fermer les yeux sur leurs violations près de chez nous ?
Au lieu de soutenir le régime post fasciste espagnol, encourager et participer à la traque des elu.es catalans, au prétexte qu’ils auraient encouragé une consultation régionale elle bien démocratique,  E Macron ne ferait il pas mieux de condamner ses visiteurs lointains qui une fois élus encouragerent ouvertement l’armée vénézuelienne à s’emparer du pouvoir ?
Promoteur d’une mondialisation du pouvoir absolu du capital financier et de son idéologie post démocratique ,  l’ordo libéralisme , – cet état où il « ne peut y avoir de vote démocratique contre les Traités  » – E Macron se joint à la bande de tous ceux et celles qui espèrent pouvoir en finir avec ceux qui leur tiennent encore tête.
La défense des cheminots, des pauvres de Caracas, des Maduro ou Martinez, des Castro ou Morales, c’est toujours le même combat , celui où l’on ne choisit pas forcément le meilleur allié contre l’adversaire principal , cet adversaire qui à force d’humiliation et de renoncements parviendra à nous soumettre définitivement.
Après le brésilien Lula, l’argentine Kirchner, l’equatorien Correa , ces libérateurs menacés par la justice des revanchards, à quand le tour de Maduro et…je n’oublie pas notre camarade du Buen vivir, Morales le bolivien.  Pour E Macron, il fera tout avec ses complices pour que ce soit au plus tôt.

http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/communique-entretien-entre-le-president-de-la-republique-emmanuel-macron-et-une-delegation-de-l-opposition-venezuelienne/


Le 23 mars 2018

Quelques jours après l’attaque du Bataclan, un Ministre de la République,  celui de l’Economie, estimait que  » la France et ses élites avaient une part de responsabilité dans le terreau sur lequel prospèrait le djihadisme » . Il fut immédiatement rappelé à l’ordre par Hollande et Valls condamnant ceux qui cherchaient « des excuses sociologiques ou culturelles à ces attaques ».
Devenu Président,  E Macron récidivait en Novembre dernier à  Tourcoing en soulignant « la part de responsabilité de l’Etat dans l’abandon des quartiers et des territoires..qui avait pu pousser certains dans les filets de l’Etat islamique « 
Après le drame de Trèbes, les droites extrêmes avec le concours de M Valls, surfant sur un climat d’inquiétude exacerbé par la classe médiatique,  se déchaînent contre un Président jugé trop complaisant et un gouvernement qui aurait mis fin à un Etat d’urgence , lui protecteur.
Si en son temps E Macron et sans chercher à l’en excuser révéla quelques racines du lumpen terrorisme, celui de ces paumés. es à la recherche d’une cause héroïquement rédemptrice,  il prit bien soin d’en dissimuler la principale facette, celle qu’il l’alimentait, celle du Terrorisme d’Etat, à l’origine d’une guerre bien réelle entre mondialistes et laissés pour compte condamnés à la désespérance réactionnaire.
Parlant ouvertement de situation de guerre, la droite n’a pas ses scrupules. Faisant l’impasse sur ses causes, elle en rajoute sur ses conséquences en exigeant toujours plus de restrictions aux libertés individuelles, comme si terroriser nos concitoyens, pouvait terroriser les lumpens djihadistes.
Elle non plus ne le nomme pas. Mais c’est bien du renforcement du terrorisme d’Etat , et cette fois non pas contre une cible extérieure qu’il s’agit, contre son propre peuple, ou plus exactement de cette fraction qui pour une raison ou une autre considére que la mondialisation de la marchandise, détruit l’humain et sa base matérielle.
Cette offensive contre les droits humains est d’autant plus dangereuse que le calendrier social et géo politique lui est favorable.
Qu’il s’agisse des révélations concernant les dessous du déclenchement de la guerre privée du régime Sarkozy contre l’Etat libyen, du développement des conflits sociaux dans les services publics et à la SNCF, de la grogne du monde universitaire, de la situation explosive dans l’ultra marin comme à Mayotte ou en Nouvelle Calédonie,  etc..la demande de criminalisation , en clair de terrorisation des mouvements sociaux n’a jamais était aussi forte.
Et il y a fort à parier que le Ministre, Président ne résistera pas longtemps à la furie des extrêmes.
Dans son célèbre article sur le  »  Terrorisme, l’arme des puissants  » publié à la suite des événements du 11 Septembre, Noam Chomsky,  concluait sagement en rappelant que « pour lutter contre le terrorisme, il impose de réduire le niveau de la terreur, pas de l’accroitre ».
Parmi les moyens qu’il préconisait,  le premier s’imposait aux médias.  Celui de « faire prendre conscience aux opinions publiques, des réalités sociales et internationales, dont seules les élites avaient connaissance ou soupçonnaient l’existence « . S’agissant plus particulièrement des Etats Unis, il rappelait la Terreur (toujours cachée par les médias ) que ses gouvernements avaient imposé à l’Amerique Latine, ainsi que leur soutien politique et militaire aux régimes et aux fractions les plus extrêmes du salafisme.
Le second et tout aussi important pour le mouvement social, ne rien céder sur le plan des libertés fondamentales .
Face à cette nouvelle tentative de créer un pseudo consensus national centré sur la lutte contre le lumpen  terrorisme, il est plus que jamais indispensable de dénoncer ce terrorisme invisible celui de l’Etat contre un ennemi extérieur la plupart du temps provoqué (interventions contestables en Libye, au Mali et en Syrie ), pire encore contre un ennemi intérieur,  jamais clairement identifié , à la merci de l’arbitraire d’un Etat répressif toujours plus puissant (cf rétention administrative cad privation de liberté selon des critères forcément arbitraires contre les fiché.es S).
Bien évidemment,  mais faut il encore le préciser dans ce climat attentatoire,  rien, absolument rien ne justifie la violence meurtrière du lumpen djihadisme, quand bien même pourrions nous mieux en comprendre les origines, pour mieux le prevenir et nous en protéger.

13 mars 2018
Très sincèrement je ne cheche pas à contribuer à la position de votre parti EELV à la veille de la grève du 22 mars. Cela m’intéresse d’autant moins que le rapport Spinetta et les conclusions tirées par E. Philippe ne sont que le prolongement de loi d’août 2016 demantelant la SNCF et que les parlementaires EELV adoptèrent à l’unanimité.
Non, ce qui m’afflige c’est le rapprochement que certains militant.es écologistes de base font entre un statut contestable et une dette abyssale.
Tordons le cou à la dette. En 1993, l’Allemagne croulant sous les dettes liées à sa reunification n’a pas hésité à requalifier plus de 250 milliards de F de l’époque , soit près de 50 milliards d’euros d’aujourd’hui en dette publique pour sauver et unifier son réseau ferroviaire. Alors que Renault, la fac d’Oxford , et j’en passe empruntent à 2% sur 100 ans à qui peut on faire croire que cette requalification serait insoutenable si..elle ne se traduisait pas par une deterioration des conditions et rémunérations des cheminot.es.
Tous les jours , sur la plupart des médias,  aux infos vous apprenez depuis des années que la bourse augmente de 0.2 , 0.3 %, voire plus, tandis que les investisseurs s’inquiètent de la publication des prochaines statistiques sur le chômage,  la hausse des salaires, voire l’inflation.
Depuis 2013, alors que la Cac progresse annuellement de plus de 10%, que vos salaires stagnent quand vous ne vous retrouvez pas au chômage,  et que notre deficit public progresse de plus de 3%, demandez vous où donc va votre pognon, qui profite de votre paupérisation ?
Vers les cheminot.es, le service public, comme s’empressent de le proclamer ceux et celles qui dans bos rangs avillissent la lutte des classes, non bien sûr,  seul le capital en profite.
Aujourd’hui plus de 90% de la pseudo croissance entretenue à coup de deficit budgetaire profite aux seuls actionnaires , au capitalisme financier. Songez donc que les seules reductions de charges sociales, cad de votre salaire..indirect depassent les 60 milliards, plus que le deficit budgétaire. C’est avec votre endettement citoyen que vous payez les dividendes de vos patrons .
Patrons prêts à  tout pour empecher qu’une seule fraction de la valeur ajoutée supplémentaire puisse leur échapper.Que la situation de la SNCF s’améliore notamment pour les cheminot.es, les rend fous furieux, eux qui exigent  en tirer une  rente supplémentaire. Il faut bien les mettre quelque part ces milliards de profits qui ne profitent à personne..pardon au millième.  Aussi revendiquent ils la double garantie du rentier, que l’Etat s’engage à les rembourser et pour que le taux soit le plus élevé que le prix du travail (durée et rémunération notamment) soit le plus faible possible.
Autrement dit s’ il ne devait y avoir qu’un seul mot d’ordre pour le 22 mars et les suivants ce pourrait être,  touche plus à ma SNCF, ni au statut de ses salarié.es. Dans l’urgence sociale du moment, tout le reste c’est fu baratin.
Ps, au prochain Cf de votre parti qui se tient ce week end, la Sncf n’est même pas à l’ordre du jour..par contre la fusion avec Generation ou la préparation des Européennes font carton plein..ah la course aux postes chez EELV,

Le 6 mars 2018

Confrontés aux menaces des J C Juncker et W Schauble, les Européens « peuvent ils  faire un choix démocratique contre les Traités » ?
Telle est une fois encore la question posée au lendemain des législatives italiennes.
En  France , en Avril 2017 , les deux candidats pro européens à la Présidentielle recueillaient moins de 45 % des suffrages de nos concitoyens. En Italie , aux législatives,  les listes eurosceptiques atteignent pratiquement les 2/3 des voix.
Pour comprendre l’invraisemblable degradation de la confiance que les electeurs des 2* et 3* économies européennes portent aux institutions communautaires , rappelons nous qu’il y a tout juste une petite dizaine d’années, alors que les français rejetaient le projet de Traité constitutionnel de 2005, le Parlement italien l’approuvait par 217 voix contre …16!
Que s’est il donc passé pour qu’en si peu de temps notre voisin transalpin nous rejoigne dans un aussi profond euroscepticisme ?
Aux conséquences maintes fois évoquées liées à la mise en oeuvre des Traités budgétaires (austérité généralisée,  dérégulation du marché du travail et démantèlement progressif de la protection sociale), s’est superposée l’abandon par l’UE et en particulier par la France et l’Allemagne, d’un pays que la situation géographique plaçait en 1ere ligne face à l’afflux des réfugiés traversant la Méditerranée.
Mais une fois encore les dirigeants sociaux libéraux après avoir porté au pouvoir un de leurs maillons faibles, la Gauche démocrate en la personne de M Renzi, l’ont laissé tomber après lui avoiir fait faire le sale boulot de la réforme du travail et des retraites.
Pour eux il s’agit toujours de miser  sur l’effondrement du socialisme, c’est à dire concrètement sur la degradation de la lutte des classes en sa forme la plus avilie, celle du racisme,. Ils ont donc volontairement abandonné les Italiens à un afflux migratoire sans précédent, pour mieux les conduire dans l’impasse crasse d’une révolte révoltante.
Tel est bien le drame qui se joue sur la scène de cette Europe là.
Quand étouffés par l’ordoliberalisme et sa democrature,  les peuples ne peuvent venir à bout des Traités qui les martyrisent , ils sont précipités dans une révolte sans issue , que l’appareil politique bon genre et son cortège médiatique , s’empressent alors de présenter  comme révoltante.
Alors se referme le  cercle vicieux de la democrature, celle de la soumission de la democratie aux impératifs du capital financier. Pas de salut, hors des Traités.
Et non, les Italien.nes ne sont pas devenus racistes et encore moins anti européens, ils sont tout simplement désespérés par la trahison politique des mouvements qui historiquement se présentaient comme les premiers défenseurs de leurs droits humains et sociaux.
En les jetant dans les bras des droites extrêmes,  de la contre revolution, de chacun contre tous les ordoliberaux triomphent.
 Surprenant d’ailleurs que personne ne relève que la Ligue du Nord , raciste et anti européenne qui ne dépassait pas les 5% en 2013, après s’être nationalisé et socialise, approche les  20% en etant devenue presque aussi pro européenne que le P Démocrate .Ce qui au passage laisse toutes ses chances à Matteo Salvini de conduire un prochain gouvernement de droite extrême, selon un schéma d’ailleurs très semblable à celui qui ouvrit le pouvoir aux fachos autrichiens .
Salariés européens, immigrés méditerranéens,  quand donc allons nous comprendre que cette Europe là nous dressant les uns contre les autres, nous poussant volontairement dans le caniveau politique de la haine de son semblable,  n’a qu’un seul objectif : nous avilir pour nous soumettre volontairement à un capital dont les capacités d’exploitation de notre identité et de son environnement deviendraient sans limites ?
En 2019, il ne s’agira pas de défendre un Euro plus, un couple franco allemand renforcé,  un zeste de démocratisation de l’Eurozone, mais d’en finir avec cette idéologie du laisser faire , de cet ordoliberalisme et de sa  « démocratie  » , décor d’une marchandisation effrénée de l’humain et de son milieu.
C’est pour une Constituante des peuples qu’il faudra enfin militer ,  la seule réponse digne aux pressions des gérants du capitalisme financier, les  Juncker, Schauble, Macron , Merkel…

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