Les Gilets jaunes sont le premier mouvement social écologiste de masse par Patrick Farbiaz

Cette tribune de Patrick Farbiaz, membre de la CooPES est parue dans Reporterre le 21 janvier 2019

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Du Rojava aux Gilets Jaunes, le pouvoir aux Assemblées citoyennes, pour un libre accès à l’Université

Tract des jeunes écologistes sociaux qui se mobilisent pour un libre accès à l’université et contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant•te•s étrangers

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RECTO

Des mobilisations ont lieux partout en France chez les étudiants, les lycéens, les salariés, les retraités, les chômeurs et les précaires. Les Gilets Jaunes représentent un nouveau souffle de contestation d’un monde qui se meurt et où l’État n’offre rien d’autre que la répression et des mesurettes contre la détresse sociale généralisée.

Dans le même temps, cette mobilisation ne peut aboutir à une alternative au système si celles et ceux qui mènent ces luttesne partagent pas une vision commune de l’avenir de la société. Les échecs des différents courants de la gauche historique, sont le résultat du non renouvellement de sa pensée politique. Au Rojava, dans les régions à majorité kurde du Nord de la Syrie, un modèle alternatif a pris forme : le confédéralisme démocratique.  A partir de leur expérience, les révolutionnaires kurdes réinventent et pratiquent un système alternatif au nôtre. Un système où il est impossible de créer des monopoles pour exploiter autrui, où de l’entreprise aux institutions publiques, une démocratie directe s’exerce, où les femmes et les hommes sont représentés de manière égalitaireavec l’application d’une parité stricte où la vie et la biodiversité sont protégées et la chasse interdite, un système éducatif où l’esprit critique est développé. Le Rojava prouve qu’il est possible de transformer les mentalités sans renoncer à la liberté.

Il faut comprendre et soutenir cette expérience, elle-même issue de l’écologie sociale théorisée par l’écologiste libertaire Murray Bookchin, pour commencer à reconstruire une alternative à la société capitaliste et proposer une démocratie réelle. Les élections influencées par des médias de masses au profit de quelques uns représentent de moins en moins la population qui s’abstient de plus en plus. La démocratie c’est le droit de tous les citoyens à décider, par des Référendums d’Initiative Citoyenne, le droit de contrôler et de révoquer les élus et non de voter tous les cinq ans pour un roi qui a tous les pouvoirs. Pour cela, comme les Gilets jaunes de Commercy, dans la Meuse formons partout des Assemblées Citoyennes ! Le pouvoir c’est nous !

La jeunesse est porteuse d’une écologie qui allie la justice sociale et la justice climatique. L’écologie sociale c’est l’espoir d’un monde plus juste, plus digne et plus vivable, un monde qui échappe à l’effondrement qui vient. Ce monde de demain commence dans les luttes d’aujourd’hui des jeunes et de tout le peuple. Parce que nous avons besoin d’une vision politique commune, nous proposons de construire un mouvement d’écologie populaire dans la jeunesse.

Pour celles et ceux qui sont intéressées et veulent organiser des débats dans les facs et les lycées sur la révolution du Rojava et l’écologie sociale,

Contact : lacoopecologiesociale@gmail.com http// ecologiesociale.org

VERSO

Tou·te·s ensemble, ouvrons l’université à tou·te·s !

Le lundi 19 novembre, le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé l’augmentation des frais universitaires pour les étudiant·e·s étranger·e·s dès la rentrée 2019. Une année de licence coûtera 2 770€ au lieu de 170€, une année de master ou doctorat coûtera 3 770€ au lieu de 243€ et 380€ respectivement. Selon lui, cette réforme permettrait à la France d’attirer plus d’étudiant·e·s internationaux·ales (objectif 500 000 étudiant·e·s pour 2027, contre 320 000 actuellement). Dans cette logique de compétitivité l’Université payante serait gage de qualité pour la communauté internationale.

L’Université publique française n’est-elle pas déjà de qualité ?

4ème pays d’accueil, 1ère destination du monde non anglophone

70% d’étudiant·e·s étranger•e·s choisissent l’Université dont :

41% en doctorat, 18% en master et 11% en licence.

Coûts élevés = forte attractivité ?

Seulement 30% des étudiant·e·s étranger·e·s dans le supérieur sont en écoles d’études supérieures privées ou semi-privées

Des étudiant·e·s trop coûteux•ses ?

Coût pour l’Etat = 3 milliards d’euros

Gain pour l’Etat (taxes, impôts, cotisations etc.) = 4,65 milliards d’euros

Calculez ! Déjà 1,65 milliards d’euros de bénéfices pour l’Etat français !

(source: Campus France)

Une hausse compensée par des aides financières ?

Des bourses de quel montant et pour qui ?

7 000 bourses existantes + 6 000 bourses d’établissements + 8 000 exonérations de frais de scolarité = 21 000 bourses seulement, pour 500 000 étudiant·e·s en 2027, donc 479 000 étudiant•e·s devront payer le prix fort ou renonceront à venir.

Nous, membres de la coopérative politique Écologie Sociale, nous nous mobilisons aux côtés des étudiant·e·scontre cette décision gouvernementale unilatérale prise à quelques jours de l’ouverture de la procédure Campus France (surprenant les étudiant·e·s étranger·e·s prêt·e·s à s’inscrire) et en pleine période de partiels (démobilisant celles et ceux qui s’efforcent de réussir leurs examens). Cette mesure, qui ne concerne que certain·e·s étudiant·e·s, est une étape de plus vers la fin de l’Université publique, car cette nouvelle réforme s’inscrit bien dans une logique de privatisation et d’élitisationde l’éducation en France. Si un gouvernement aussi empressé adopte ce calendrier séquentiel, c’est pour éviter que nous ne nous mobilisions ensemble, pour défendre un bien commun que nous avons en partage et dont ce gouvernement veut nous priver.

La qualité de la production des savoirs repose sur la diversité de celles et ceux qui font vivre l’Université. Ensemble défendons une Université ouverte, de qualité, pour nous tou·te·s !

Le libre accès au savoir est une condition indispensable à la construction d’une démocratie sociale et écologique. Cette restriction, fondée sur des critères de revenus et de nationalité est contraire à tout pourquoi nous œuvrons.

La CooPES est au côté des lycéen-nes qui manifestent contre l’abandon du service public d’éducation en général, la réforme du bac et parcours-sup en particulier

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Bénédicte Monville, membre de la CooPES, conseillère régionale d’Île de France et commissaire à l’éducation a écrit aux ministres de l’Education Nationale, de l’Intérieur et au préfet de police de Paris pour dénoncer la répression du mouvement lycéen demander qu’ils y mettent un terme et qu’ils entendent ses revendications.

Comme leurs prédécesseures, les nouvelles jacqueries numériques sont récupérées par la réaction par Claude Vilain

Comme leurs prédécesseures, les nouvelles jacqueries numériques sont récupérées par la réaction,  plus de la moitié des ouvriers et employés  voteraient extrême droite aux Européennes
De la grande Jaquerie de 1358, à celle de 1542 contre la gabelle en passant par la guerre des paysans allemands de 1524, tous ces mouvements, comme la dernière et première  jacquerie numérique des GJ, ont un en commun, leur interclassisme.
A l’origine géographique souvent incertaine, toujours motivées par une injustice fiscale recouvrant un besoin de reconnaissance longtemps refoulé – qu’il s’agisse de se révolter contre une pression fiscale  pour servir la rançon d’un Roi, contre la corvée du ramassage d’escargots ou la tentative d’unification de l’impôt sur le sel, sans oublier la récente taxe carbone, les jacqueries associent les couches sociales non pas les plus défavorisées mais celles qui tout en n’en étant pas très éloignées,  se retrouvent confrontées à un déclassement inéluctable.
Assez  rapidement,  une fois les revendications sociales ou économiques exprimées,  parfois satisfaites, les exigences politiques prennent le dessus.
Jusqu’aux insurrections de  1848, souvent révolutionnaires, c’est à dire contre l’ordre du moment, dirigées par la fraction la plus politisée, elles se terminent toujours  par une reaction violente des porteurs des intérêts de classe ainsi remis en cause. D’autant que la division des meneurs, voire très souvent leur trahison pour quelques pacotilles, se trouve renforcée par les oppositions de classe qui traversent ces mouvements.
En ce sens si l’interclassisme comporte des aspects révolutionnaires,  les tensions internes auxquelles il ne peut politiquement échapper,  le ramène toujours vers la réaction.
S’agissant des GJ, première jacquerie numérique exprimant le désarroi de milieux dont la fonction de reproduction d’un capitalisme global n’a plus besoin d’etre socialement, distinguée, on ne doit pas s’étonner que dans notre pays, ce soient les droites extrêmes qui en profitent.
Sans perspective politique, autre que la justice fiscale et social, cet oxymore du capitalisme triomphant, sans pouvoir ni vouloir le nommer comme adversaire majeur , ne reste plus que le repli sur soi, autour du drapeau, dernier symbole unifiant des milliers de barrages.
Et derrière le drapeau, c’est toujours le national, le nationalisme, l’identitaire qui se profilent, en un mot les droites extrêmes. Et ce d’autant qu’une fraction  des dominants  n’hésitant pas à instrumentaliser les instincts les plus bas, ravive ces questions pour en faire l’objet de débats publics donc légitimes.
En conclusion, qi’il s’agisse des derniers sondages de Bva ou de l’Ifop, plus de la moitié des ouvriers et des employés interrogés voteraient Le Pen, D-Aignan ou Philippot aux prochaines européennes !
Que LRM ne s’en tire pas trop mal, rien de surprenant, son socle de classe est solide.
 Que les partis de gauche qui ont gouverné depuis 30 ans s’effondrent encore un peu plus,  c’est normal, tant ils ont trahi.
S’agissant de la FI à  force d’interclassisme, d’appel à un peuple mythique, d’ambiguïtés sur les politiques migratoires, le projet devient tellement trouble qu’il est de plus en plus difficile de le suivre., d’où son effondrement.
EELV naviguant dans les eaux de 2014 autour de 7%,  retrouve ses électeurs , parents et enfants des couches moyennes supérieures, des travailleurs intellectuels, les plus conscients des enjeux climatiques.  Pas suffisant pour se consoler de la perspective inéluctable d’un Parlement Europeen dominé par les extrêmes droites.

Confronté à un mouvement interclassiste, le Président de la mondialisation adversaire de l’Etat nation ne va rien céder par Claude Vilain

Contrairement aux analyses subjectives de nombreux polititologues ou soit disant, E M ne cédera rien sur l’essentiel.
Bénéficiant du pouvoir sans précédent de l’Etat, c’est à dire de sa violence réelle et non plus symbolique, son propos sera sécuritaire, c’est à dire relatif au maintien et au retour à l’ordre.
Bien sûr il concédera quelques mesures sociales, manifestera une empathie de crocodile, voire se livrera à une manoeuvre politique majeure concernant son propre camp, qu’il considère avoir failli face à une révolte qui pour lui relève des mises en cause de la gabelle, mais il demeurera droit dans ses bottes.
Politiquement il aura raison, quand bien même ses adversaires dont je suis, trouveront dans ses propos de quoi alimenter leur contestation ecolopopulaire.
Raison, car élu, notamment contre F Fillon pour en finir avec les spécificités de l’Etat nation à la française, il est condamné à tenir ses engagements de commandités.

E Macron cède aux GJ. Reniant son engagement devant l’AG de l’Onu, il renonce à se rendre à Marrakech signer le Pacte sur les migrations par Claude Vilain

Lundi, seule A Merkel et les premiers ministres d’Espagne, Portugal et de Grèce assisteront à l’ouverture du sommet mondial sur les migrations. Notre pays sera représenté par un sous ministre des affaires étrangères,  l’inconnu J B Lemoyne, tandis que huit pays membres de l’UE n’enverront aucun représentant.
Que le mouvement des GJ ait permis de souligner l’iniquité du financement de la transition écologique en soulignant le rapport dialectique entre justice sociale et environnementale, nous ne pouvons que nous en satisfaire, qu’il puisse déboucher sur une révision d’une fiscalité indirecte scandaleusement régressive, tant mieux, mais au delà prenons garde.
Son nihilisme négatif que soulignent des revendications politiques renvoyant pour la plupart aux institutions de la IVème,  sa nostalgie d’un passé prè soixante huitard, son origine voire ses manifestations interclassistes, expriment bien plus le ressentiment d’une classe moyenne à la recherche d’un passé à jamais révolu,  que la volonté d’abattre un modèle économique et social qui la renvoie inexorablement vers le prolétariat et son precariat.
L’extrême droite l’a très bien compris, quand bien même une fraction de la gauche ne souhaitant pas lui laisser toute la place s’est empressée de tenter de le récupérer tout en prétextant l’inverse.
Certains écologistes comme Y Jadot se sont prêtés à cette manoeuvre refusant de réaliser qu’il ne pouvait y avoir d’entente durable (cf. l’absence totale de convergence entre les cortèges de GJ et de la Marche pour le climat de ce week end) entre un mouvement réactionnaire aux nombreuses revendications sociales certes très légitimes et une écologie politique qui foin de ressentiment, exprime son optimisme dans une révolution des rapports de production.
En refusant de se rendre à Marrakech, E Macron commet encore une fois l’erreur de ses prédécesseurs. Après avoir cédé et à juste raison sur le secondaire -la hausse des taxes- il cède préventivement, du moins s’en convainc t il, sur l’essentiel en espérant freiner la progression des droites extrêmes.
Car à compter de Lundi prochain, c’est bien de cela qu’il s’agira de freiner et on n’y parviendra pas en satisfaisant les instincts les plus bas de crainte qu’ils ne s’expriment trop violemment, mais en les combattant sans aucune miséricorde.

Qu’est-ce que la CooPES ?

La Coopérative Politique Ecologie sociale (CooPES) est une coopérative politique transpartidaire d’intervention agissant dans le mouvement social et sur le champ politique. Elle souhaite contribuer à regrouper l’ensemble de celles et ceux qui défendent une écologie populaire de transformation (écologie sociale, écosocialisme, écoféminissme, écologie des pauvres, justice environnementale et sociale, objection de croissance).

Ecologie sociale se définit comme anticapitaliste. Elle considère que l’ère du Capitalocène institué par le développement du système capitaliste depuis la première mondialisation est à l’origine de la crise de civilisation qui menace de destruction la Nature et l’Humanité. La société capitaliste basée sur la propriété privée, les valeurs de compétitivité et d’individualisme, le productivisme, l’obsolescence programmée et le profit a créé les conditions de cette destruction. Par conséquent tout replâtrage fondé sur le développement du capitalisme vert, du greenwashing, de l’écologie libérale ou  d’accompagnement réduite à l’environnementalisme est voué à l’échec.

Ce n’est qu’en s’attaquant à l’exploitation, à toutes les dominations et à l’aliénation, qu’une société écologique pourra se développer à l’échelle de la planète, basée sur la gestion des biens communs, la propriété collective des ressources naturelles ainsi que sur une économie relocalisée organisée par la planification écologique assurant à chacun de ses membres un accès égal aux droits fondamentaux. Cette société se construira à travers l’auto-organisation populaire, la libre organisation des communes, l’autogouvernement, l’autogestion, la Confédération Démocratique des peuples. Ce projet de société est celui d’une écologie de libération qui englobe les trois écologies définies par Félix Guattari, l’écologie sociale, mentale, environnementale. L’écologie de libération est une écologie qui prône l’autonomie, le cosmopolitisme et le commun comme réponse aux trois crises démocratiques, identitaires et sociales.

L’écologie de libération est issue :

  • de l’écologie des pauvres, qui se bat pour sa survie en Amérique latine, en Afrique, en Asie, paysanne et indigène, celle de Chico Mendés et de Vandana Shiva, des Sans terre Brésiliens, des guerres de l’eau et de la lutte contre l’extractivisme, des luttes contre les grands barrages et le brevetage du vivant en Inde  et contre les pollutions et les catastrophes industrielles en Chine.
  • de l’écologie sociale et libertaire théorisée par Murray Bookchin.  L’écologie sociale défend le communalisme c’est à dire la vision décentralisatrice, du municipalisme libertaire et du Confédéralisme démocratique, développée au Rojava ou au Chiapas, la lutte contre toutes les formes de domination et d’exploitation capitaliste.  
  • du mouvement de la justice environnementale et de l’éco-féminisme qui prônent une écologie intersectionnelle, unissant l’écologie anticapitaliste à la lutte contre toutes les discriminations de caractère systémique, qu’elles soient raciale, sexuelle ou de genre. L’écologie intersectionnelle s’étend à la libération animale et à la défense du Vivant.

L’écologie de libération est d’abord portée par les classes populaires, premières concernées par la lutte contre les inégalités environnementales et sociales qui doivent être combattues simultanément.

Durant la dernière séquence électorale, Ecologie Sociale a soutenu la candidature de Jean Luc Mélenchon puis rejoint l’espace politique de la France Insoumise tout en restant autonome des forces politiques de la gauche et de l’écologie politique. Sur le plan local, Ecologie sociale soutient la constitution de GAMES (Groupes d’Action municipalistes écologistes et Sociaux) permettant de constituer des listes sur la base du municipalisme libertaire.

La Coopérative Politique Ecologie Sociale considère que la lutte contre le changement climatique, principale menace de l’humanité d’une destruction programmée ne peut se réaliser que sur la base d’une souveraineté populaire écologique, partagée à l’échelle de la planète. La constitution d’une internationale écologiste et sociale, agissant localement et pensant globalement et inversement en est la première étape.