SOS Démocratie en péril – Pour la constitution d’une coordination nationale anti-répression

En écho aux mobilisations unitaires des Gilets jaunes, du mouvement social et des quartiers populaires, cette tribune, à l’initiative d’une centaine d’intellectuel.le.s et de militant.e.s de diverses organisations, préconise de constituer une coordination nationale anti-répression.

Il est urgent de mettre un terme à la dérive antisociale, antidémocratique et autoritaire dont fait preuve le pouvoir en place depuis l’élection – par une minorité de Français – d’Emmanuel Macron. L’une s’alimente en effet de l’autre. La destruction accélérée de nos conquêtes sociales est facilitée par la remise en cause de libertés et droits fondamentaux, cela par le recours à une répression policière et judiciaire sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Cette stratégie a pour effet de criminaliser les acteur.e.s des mobilisations sociales et de nous cantonner dans des luttes défensives, tout en facilitant le passage en force du pouvoir pour imposer ses « réformes » destructrices, au mépris de l’intérêt général.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sous la présidence de François Hollande, des milliers de citoyen.ne.s, de jeunes même mineur.e.s, de militant.e.s et d’élu.e.s notamment, ont connu le «talon de fer» dans le cadre d’interventions policières : agressions physiques, blessures et morts, arrestations, poursuites judiciaires, perquisitions, condamnations, assignations à résidence, contrôles…..Les violences policières, d’abord appliquées aux quartiers populaires et aux concitoyen.ne.s descendant d’immigrations et souvent originaires, comme les migrant.e.s, de pays encore soumis à la prédation néo-coloniale, se sont vues étendre à l’ensemble du mouvement social et écologique. Les Gilets jaunes qui, à partir des périphéries abandonnées, remobilisent le pays de manière très majoritairement pacifique, paient un lourd tribut, et l’emploi d’armes meurtrières par les forces de l’ordre françaises fait l’objet de condamnations internationales, de la part du Défenseur des droits, de l’ONU, du Parlement européen, du Conseil de l’Europe … Qu’en sera-t-il de cette politique de «maintien de l’ordre» après le vote de la loi «Prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations», qui aggraverait la loi de sécurité intérieure (d’octobre 2017), et à laquelle s’ajoute un projet législatif visant à restreindre les libertés de la presse?

Ce régime s‘appuie aussi sur un courant d’extrême droite et xénophobe qui, se nourrissant de la crise systémique d’après 2008, a conquis des centaines de places électives (municipales, régionales, européennes…) et qui alimente en sous-main un climat de violence, dont les médias dominants imputent la responsabilité aux seuls Gilets jaunes, et aux «casseurs» dans le cadre de cette mobilisation. Au bout de quatre mois d’affrontements urbains, les ronds-points sont «dégagés», mais même si, par des sondages aléatoires, on veut nous faire croire que l’opinion bascule en faveur de l »’ordre » dit républicain, dont le «grand débat» est une expression lénifiante, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblit pas et renforce ses liens avec d’autres composantes du mouvement social. Parti d’une revendication catégorielle, il s’est élargi à une liste de propositions citoyennes qui remettent en question le fonctionnement même de la 5è République.

Quel débouché politique sera celui de cette mobilisation historique, aux élections européennes de mai prochain notamment, dans un contexte international désormais largement hostile aux droits démocratiques? Un élément à faire fructifier, c’est l’offensive gagnante de médias, de juges et de la mission d’information du Sénat sur la question des « dysfonctionnements majeurs de services de l’Etat », qualifiés de « chaîne d’irresponsabilités», dans le cadre de l’affaire Benalla-Crase-conseillers de l’Elysée-Macron… . Voilà une forme de résistance significative à l’arbitraire oligarchique, à l’extérieur et à l’intérieur de l’institution.

C’est pourquoi nous militons pour qu’une campagne associant mouvement social, Gilets jaunes, quartiers populaires et comités de soutien des victimes, articule étroitement la reconquête démocratique et celle de notre modèle social issu du Conseil National de la Résistance. Il est urgent de lancer une alerte citoyenne et de constituer une coordination qui organise des meetings nationaux et régionaux anti-répression, et qui ouvre une caisse nationale de soutien aux victimes ou aux familles de victimes, alimentée notamment par les organisations qui ont les moyens dont les syndicats, ainsi que par les citoyen.ne.s. Enfin des Etats généraux doivent débattre et lister des éléments programmatiques et stratégiques pour le refus du néo-libéralisme autoritaire et la promotion d’un véritable Etat de droit, démocratique et émancipateur, dont l’interdiction des armes précitées.

14 mars 2019

Pétition :
https://www.change.org/p/sos-d%C3%A9mocratie-en-p%C3%A9ril
Version courte :
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/14/sos-democratie-en-peril/

Dossier de presse :
Libération :
https://www.liberation.fr/debats/2019/03/15/sos-democratie-en-peril_1715431
Invités de Mediapart :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/150319/sos-democratie-en-peril
L’Humanité
https://www.humanite.fr/sos-democratie-en-peril-669467


Premiers signataires : 

Assemblée des blessés

Etienne Adam, syndicaliste, militant des droits de l’Homme
Louis Adam commissaire aux comptes, retraité
Jean Agnès chercheur en philosophie de l’éducation, ancien responsable associatif (Metz)
Bernard Allain, Marseille
Nils Andersson ancien éditeur, essayiste géo-politique
Guy Ayats enseignant retraité, syndicaliste
Karine Ballon déléguée syndicale CGT Fonction publique territoriale (Grenoble)
Franc Bardou écrivain et poète occitan
Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens)
Adda Bekkouche juriste
Nicolas Béniès, économiste
Jacques Bidet, philosophe
Philippe Blanchet université de Rennes II, Fondation Copernic
Marie France Bonnemayre cadre de santé (34, Ganges)
Martine Boudet essayiste, CS d’Attac France (Toulouse)
Henri Braun avocat
Jean-Paul Bruckert, professeur retraité
Νοëlle Burgi, Université Paris I – CESSP, Département de Science Politique
Claude Calame historien et anthropologue (EHESS Paris), CS d’ATTAC, LDH
Gérard Chaouat directeur recherches émérite CNRS  INSERM (Paris, hôpital Saint Louis)
Jean Claret militant associatif (Toulouse)
Pierre Cours-Salies, universitaire, sociologue
Armand Creus, ancien responsable syndical au Grand Lyon – Metropole
Alexis Cukier, philosophe
Hendrik Davi, chercheur en Écologie, Marseille
Laurence De Cock, historienne 
Christian Delarue membre du CN du MRAP et altermondialiste (Rennes)
Bruno Della Sudda, militant altermondialiste et autogestionnaire (ancien conseiller municipal de Nice)
Gilles Deloustal simple citoyen (38, Les Adrets)
Monique Demare enseignante
Christian de Montlibert, sociologue, Strasbourg
Daniel Desmé, chargé de cours sociologie, retraité
Étienne Doussain, adhérent Attac
Tosse Ekue éducateur- animateur culturel
Didier Epsztajn, animateur du blog «entre les lignes entre les mots» 
Patrick Farbiaz militant écologiste
Jean-Michel Faure sociologue, membre du CSE (EHESS), professeur émérite Université de Nantes
Yann Fiévet socio-économiste
Bernard Fischer, employé de la Sécurité sociale
Jacques Fontaine, universitaire, géographe (Bourg-en-Bresse)
Jean-Marc Fontaine, retraité cheminot syndicaliste
Isabelle Garo enseignante, philosophe
Jean-Luc Gautero, directeur du département de Philosophie, Université de Nice-Sophia Antipolis
Karl Ghazi, syndicaliste, Paris
Jérôme Gleizes, Université Paris 13
Marie-Claude Herboux militante féministe
Gilles Houdouin, conseiller régional de Normandie (Le Havre)
Rada Iveković, réseau Terra
Samy Johsua universitaire en sciences de l’éducation (Marseille)
Anne Jollet, historienne
Robert Joumard commission Démocratie d’Attac France (Lyon)
Pierre Khalfa, économiste
Mathilde Larrère historienne 
Christian Laval, professeur émérite de sociologie
Claude Layalle, membre d’ATTAC France et du CL Paris 12ème
Christian Lazzeri philosophe
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Francis Lecomte militant associatif et membre d’ATTAC Le Havre
Corinne Le Fustec, militante de l’éducation populaire
Christophe Lemasson, militant syndical
Patrick Le Moal, inspecteur du travail retraité
Serge Le Quéau, co-fondateur de Sud PTT Bretagne et altermondialiste
Jean Paul Leroux, agrégé de philosophie (Gap)
Patricia Leuenberger CL Attac Pays Basque
Fred Licciardi, Attac Sète-Bassin de Thau (34)
Olivier Long universitaire et peintre, Université Paris I
Raymond Maguet retraité militant associatif et citoyen
Jean Malifaud syndicaliste FSU
Philippe Marlière universitaire (Londres)
Jean-Pierre Martin, psychiatre retraité du service public 
Michel Mas, militant associatif et syndicaliste (Carcassonne)
Gustave Massiah, économiste (Paris)
Christophe Mileschi professeur des universités, traducteur, écrivain (Paris-Nanterre)
Alain Miossec, militant syndical
Martine Monier, militante altermondialiste, Attac (Paris)
Bénédicte Monville, conseillère régionale Île de France, élue à Melun et à la CAMVS
Robi Morder juriste
Alain Mouetaux ancien militant SUDPTT, militant associatif Attac Réunion 974
Arnaud Muyssen médecin hospitalier 
Richard Neuville, militant autogestionnaire et syndicaliste (Ardèche)
Ambroise Noémie poète, chanteur (Pyrénées-Atlantiques) 
François Nowakowski, urbaniste, architecte, maître de conférences à l’ENSA de Lyon 
Ugo Palheta, sociologue
Jeanne Parreau, commission Démocratie d’Attac France (Lille)
Jean-François Pellissier employé, responsable politique
Bastien Pereira Besteiro, sociologue, militant SUD Education (Lyon)
Evelyne Perrin présidente de Stop Précarité, CS d’Attac France
Martine Petit, membre d’Attac Quimper, co fondatrice de ACTES en Cornouaille ( Alliance Citoyenne pour la Transition Écologique et Sociale)
Yves Quintal association ETM 31.46 (Cahors)
Emmanuel Renault philosophe
Michèle Riot-Sarcey historienne
André Rosevègue, syndicaliste, membre de l’UJFP
Louis Salce militant associatif (Carcassonne) 
Henri Saint Jean formateur en Travail Social, retraité Doctorant au Laboratoire BePsyLab «Bien-être & Processus de subjectivation» de l’Université d’Angers
Catherine Samary, économiste
François Schalchli Commission démocratie d’Attac France (Toulouse)
Serge Seninsky militant associatif (Paris 10)
Patrick Silberstein éditeur aux éditions Syllepse
Gérard Tautil essayiste, coordinateur de la revue «Occitania-Lo Cebier» 
Jacques Testart, biologiste, critique de science
Jean Michel Toulouse essayiste, militant associatif et politique
José Tovar, professeur, syndicaliste
Jérôme Valluy, enseignant-chercheur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Jean-Paul Vanhoove, coordinateur de l’agenda des actions africaines (92)
Pedro Vianna, poète, homme de théâtre
Christiane Vollaire philosophe
Louis Weber, éditeur (Le Croquant)
Pierre Zarka, ancien directeur de L’Humanité

L’escalade illibérale d’E. #Macron se poursuit au Sénat…. comme au sein de #EELV

Quand une des dernières parlementaires écologistes E Benbassa dénonce un projet de réforme de « la justice portant atteinte aux libertés individuelles  »  il y a en encore qui sur ces listes nous demandent de faire la différence entre E Macron et V Orban, en s’abstenant notamment de condamner l’instrumentalisation du parquet ciblant LFI. On comprend bien pourquoi.
Pour eux et elles il s’agit d’étouffer dans l’oeuf toute tentative de révolution democratique, comme l’avènement d’une VI ème republique ecologiste et solidaire.
Alors que la Constitution de la Veme est la dernière référence exemplaire pour les regimes de droite extrême qui pointent en Europe centrale voire en Italie, il se trouve des militant.es qui à l’occasion des Européennes se préparent une fois encore à entrer dans la comédie macronienne.
Comme il leur a fait croire que Mr Planète devenu, il serait notre Président écologiste,  ils veulent croire que Mr Rempart devenu, il nous protégerait des Salvini et Orban.
Le plus comique étant que dénonçant à longueur son pouvoir jupiterien, ils en oublient que les mêmes Salvini et Orban ne bénéficient que d’un centième de son pouvoir absolu.
Qu’au pied du mur,  nombreux après avoir choisi Macron plutôt que Le Pen ou l’abstention, et j’en suis, s’acharnent à ne pas voir que la seule issue à l’échec de l’ordoliberalisme,  cette dernière tentative des dominants,  relativement démocratique pour  sauver leur modèle capitaliste, est la démocratie autoritaire ou l’illibéralisme, comment ne pas les comprendre.
Dans le fond ils, elles ne voulaient rien changer.
Étouffé avec ses 3% de déficit budgétaire,  par la Commission de Bruxelles, paniquant face à la hausse de l’inflation et le ralentissement des échanges internationaux, paralysé par l’absence de renvoi d’ascenseur d’un patronat qui ne se satisfait toujours pas de ses dizaines de milliards d’allégements de  charges sociales, nu face à la contestation d’un corps  social dont il a supprimé tous les intermédiaires,  E. Macron ne peut plus compter que sur sa justice. Même de sa police il se méfie, et ce n’est pas l’échec de sa tentative parallèle à la Benalla qui peut le rassurer.
Dans ses conditions si vous ne comprenez toujours pas pourquoi il vous faut souteni LFI, ne vous étonnez pas le moment venu que personne ne vous soutienne quant à votre tour, la justice d’un régime aux abois s’en prendra à vous.
Et svp cessez de penser qu’entre Orban, Salvini et Macron, la différence est de taille. Interrogez donc l’équipage et les rescapés de l’Aquarius

A propos de la proposition de primaires ouvertes à gauche

Après les élections régionales et les attentats du 13 novembre, la crise politique s’approfondit. La démission de Christiane Taubira comme la proposition de primaires à gauche, le débat sur la déchéance de la nationalité et la remise en cause des acquis sociaux et du droit du travail démontrent que les fractures dans ce qui s’appelait «la gauche» sont désormais irrémédiables. Les partisan.e.s du social libéralisme basculent dans le néo conservatisme et font partie du même bloc que le centre droit, tandis que les sarkozystes se rapprochent toujours plus du bloc nationaliste. La question d’une candidature rassemblée du bloc cosmopolite de l’écologie sociale est donc posée. C’est dans ce cadre qu’il nous faut examiner si la question des primaires a un sens.

1. La proposition de Dany Cohn Bendit et de ses ami.e.s, si elle ouvre un débat nécessaire n’est pas une solution à la crise de la représentation démocratique.
Le processus des primaires ouvertes initiés notamment à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012 peut apparaître comme un moyen de renouvellement de la démocratie initiant un nouveau rapport entre les citoyen.ne.s et la politique et un renouvellement générationnel et social d’une classe politique devenue hors sol. En donnant un espace de liberté permettant un débat ouvert, les primaires pourraient permettre de recomposer le paysage politique. Malheureusement ce processus est depuis le début préempté par des appareils défaillants, et des entrepreneurs politiques qui cherchent à proposer leurs services sans se soucier des enjeux politiques fondamentaux. Nous devons répondre à LA vraie crise : celle de la politique. Celle-ci s’exprime à travers la désaffection de la politique politicienne, de ses rites électoraux et de ses représentant.e.s professionnel.le.s et à travers la vacance de la représentation politique des classes populaires et des intellectuel.le.s précaires. Peut-il y avoir un espace commun de débat et d’intervention ? La primaire pourrait être un tel espace si elle partait d’un socle commun de valeurs, de principes et d’axes politiques communs. Nous ne voulons pas nous engager dans un concours Lépine de la meilleure technique pour la présidentielle. Nous avons déjà les Primaires de l’écologie, les primaires de la gauche de la gauche, les primaires de la gauche et des écologistes, les primaires de l’Alternative. La question dès lors n’est pas le périmètre des primaires mais leur objectif politique. Avons-nous besoin d’un.e seul.e candidat.e de toute la gauche et des écologistes pour être présent au second tour ? Avons-nous besoin d’une candidature de témoignage ? Avons-nous besoin de rééquilibrer la gauche en faisant apparaître un quatrième bloc qui fasse revenir les déçu.e.s de la gauche face aux candidat.e.s de droite, sociaux libéraux et d’extrême droite ? Devons-nous faire l’impasse sur les présidentielles et préparer la recomposition de l’après 2017 ? C’est d’abord le choix entre ces options qui doit nous orienter et pas le piège du « bougisme » qui par la magie de quelques personnalités et d’une bonne opération de com’ nous entrainerait dans une impasse.
2. A l’heure actuelle les primaires fonctionnent comme un leurre.
Les scénarios peuvent se résumer ainsi :
Soit le président ne participe pas et se représente ce qui est la logique naturelle des institutions. On ne voit pas un président de la République descendre dans l’arène face à des candidat.e.s des différentes tendances de la gauche et de l’écologie.
Soit il ne se représente pas et les primaires peuvent avoir lieu. Mais si par exemple Manuel Valls les remporte, les candidats d’EELV, du Pcf ou d’autres accepteront-ils/elles de se ranger comme un seul homme ou une seule femme derrière le chef du social libéralisme autoritaire ? Accepteront-ils/elles ainsi d’avaliser la déchéance de nationalité, le Pacte de responsabilité, la politique étrangère et européenne, le bilan de ce gouvernement. Et si malgré ces primaires, un.e candidat.e issu.e de la gauche se présente et exprime l’indignation d’une gauche se sentant flouée par une politique de droite, iront-ils/elles jusqu’à le dénoncer ?
On le voit : Dés que l’on en parle concrètement, cette proposition apparemment séduisant se dégonfle comme une baudruche. Elle empêche pendant ce temps de concentrer les efforts de milliers de militant.e.s visant à lutter contre la politique gouvernementale, l’état d’urgence, la déchéance de nationalité, le chômage, le démantèlement de l’Etat social…. Elle empêche de se battre contre la droitisation et le néo-conservatisme d’une gauche de gouvernement qui n’a plus de limites dans sa course à la triangulation. En effet, prendre son propre camp à contre-pied et affaiblir son opposition en allant sur son terrain et ainsi espérer élargir sa base électorale, si cela devient l’essentiel des comportements politiques, tue la Politique. Les primaires sont le stade suprême de l’électoralisme et de l’individualisation de la politique.
3. Les primaires sont donc une fausse bonne idée qui aboutit à son contraire : le renforcement du présidentialisme et des institutions de la Vème République.
Les primaires étendent les maux de la présidentialisation de la vie politique à toute l’activité des partis en les transformant en clubs de supporters. Les primaires sont à la politique ce que sont les soldes à la consommation. Un moment où chacun s’engouffre pour acheter le dernier produit au meilleur prix avant la nouvelle saison. Les primaires sont comme les sondages ; Une photographie de l’opinion à un moment précis qui permet de construire une opinion publique. Les primaires nient aux partis la partie de leur fonction qui avec le temps est devenue la principale activité : celle de sélectionner des candidat.e.s aux différents échelons institutionnels. Elles soulignent la crise des partis politiques en les désaisissant et en les dévitalisant. En cela elles sont l’expression achevée du « coup d’Etat permanent », celui réalisé par les Institutions de la Vème République. Avec ce processus apparemment démocratique, il s’agit de donner sa voix à un candidat.e censé.e nous représenter alors que l’enjeu d’une citoyenneté active réelle est de reprendre la parole. Cette prise de parole est la condition préalable de la reconquête du pouvoir par celles et ceux qui en sont privés par les professionnel.le.s. Cette prise de parole du peuple est donc la condition préalable au renouvellement indispensable de la politique et des responsables politiques.
4. Les primaires sont une des conséquences de la crise de représentation démocratique et de l’affaiblissement des corps intermédiaires.
La peoplisation de la vie politique est un composé de buzz sur les réseaux sociaux, de la « BFMisation » de l’information, rythmé par la publication des sondages et de la marchandisation de la politique. Aux Etats Unis, les primaires sont la matrice d’un système politique où l’abstention règne en maître et l’argent des grandes compagnies détermine en grande partie les candidatures. Dans le cas français les primaires renforcent la présidentialisation de la vie politique française en hystérisant la personnalisation, la soumission à la communication politique et la professionnalisation des élites. Des écuries se forment pour propulser leur cheval dans la course d’obstacles. Le dernier effet pervers de la primaire a été l’extension de la triangulation à gauche comme à droite. Il faut pour les candidat.e.s de gauche construire leur crédibilité à droite et à l’inverse pour les candidat.e.s de la droite et de l’extrême droite reprendre des thèses de la gauche comme la laïcité, le travail, ou même les services publics. Dés lors penser que les primaires peuvent être un apport à la démocratisation de la vie politique est un leurre. De fait les primaires vont renforcer le conservatisme de la classe politique française. L’exemple de la primaire du PS en 2011 montre que ce sont les sondages qui ont fait la désignation du candidat Hollande. SI l’opinion publique penche à droite, comme l’a montré Patrick Champagne dans « Faire l’opinion », il est dès lors cohérent que les votant.e.s désignent un.e candidat.e exprimant cette tendance de l’opinion.
5. Pour des primaires du projet : modestes propositions pour renouveler la classe politique :
• D’abord demander que les vraies primaires, celles du premier tour des présidentielles puissent être démocratisées. Ce n’est pas aux seul.e.s élu.e.s de désigner les prétendants. Ce sont les citoyen.ne.s qui devraient pouvoir parrainer les candidat.e.s. SI cent mille personnes étaient mobilisées à travers une campagne de mobilisation citoyenne, le débat ne se ferait plus seulement sur les plateaux de télévision mais aussi dans la rue ; dans les quartiers, les universités et les entreprises.
Dans le même temps, exiger que soit imposé l’inversion du calendrier électoral entre législatives et présidentielles pour redonner du sens aux élections législatives. Et enfin obtenir la proportionnelle, élément indispensable du rééquilibrage à gauche comme à droite de la vie politique française. Si l’ensemble de ces modifications étaient apportées, elles pourraient être parachevées par un mandat unique de 7 ans pour le président de la République, permettant à ce que nous ne soyons plus soumis.es au seul lobbying de sa réélection. Ce n’est pas notre priorité. Nous préférerions en finir avec l’élection présidentielle mais tant que celle ci apparaît impossible à obtenir le mandat unique nous semble la meilleure solution.
• Elaborer un contrat de mandature citoyenne. Même si le programme est indissociable du candidat qui l’incarne, nous devons avoir un socle commun. La première étape est donc de fédérer un maximum de clubs, d’associations, de sites, de revues qui animent la société civile pour créer une dynamique de débats autour de ce socle commun. Ce qu’il faut d’abord casser c’est la coupure, la séparation totale entre les syndicats, les associations et les partis. Les militant.e.s de la société civile doivent prendre parti c’est-à-dire exercer leur capacité politique et déprofessionaliser la politique. Le candidat.e n’émergera pas de ce débat mais par contre les éléments programmatiques issus de ce mouvement de la citoyenneté active, devront être pris en compte. Nous devons mutualiser les savoirs citoyens de façon à irriguer et à peser sur les programmes de tou.te.s les candidat.e.s. Pour cela nous devons organiser des comités d’action politiques qui rassemblent de manière transpartidaire des personnes engagées localement. Nous savons bien que l’espace local, celui du quartier, de la cité, de l’arrondissement, de la ville, du village, est la dimension préférentielle de l’engagement. Même si nombre de jeunes se mobilisent à travers les réseaux citoyens, il faut d’abord s’enraciner dans l’action locale pour politiser l’indignation et la révolte qui s’exprime au quotidien.
• Nous avons besoin d’un ATTAC politique qui prenne ses responsabilités en permettant de préparer un Podemos à la française. Il s’agit d’initier une dynamique d’universités populaires en mobilisant les intellectuel.le.s autour de thèmes que nous souhaitons porter : cosmopolitisme, commun, société globalisée, autonomie, revenu de base, crise écologique, extractivisme, écocides, égalité des citoyen.ne.s, reconstitutionalisation de la société. Rien ne se fera sans qu’il y ait un mouvement social faisant bouger les lignes. Les meilleures primaires ne remplaceront jamais le mouvement d’émancipation social et écologique issu d’en bas. Les échecs répétés de renouvellement (NPA, FDG, EELV) ne s’expliquent pas autrement. Dés lors notre énergie doit d’abord être de redonner du sens politique aux mouvements sociaux, d’aller à la rencontre des nouvelles générations, de mettre en place des processus de transmission de l’histoire du mouvement d’émancipation.
• Pour que les propositions issues d’en bas puissent être reprises « en haut », la logique du référendum d’initiative populaire à l’instar de la Suisse ou de l’Italie est une possibilité pour la prise de parole populaire de permettre une pression permanente sur la représentation nationale. Un changement substantiel de la loi Sarkozy qui avait été votée dans ce sens le permettrait.
6. Privilégier la recomposition politique à la bataille de chefs. Privilégier les législatives à l’élection présidentielle.
• A l’heure actuelle, force est de constater que le bloc cosmopolite, celui de l’écologie sociale, de l’écosocialisme, de la gauche critique n’a pas trouvé de moyen de se départager. Les épisodes précédents se sont toutes soldés par des échecs avant, pendant ou après le processus électoral, comme en 2007 : avant, avec les Comités antilibéraux, pendant, avec la primaire de désignation du candidat écologiste, comme en 2012, après, avec la faillite du Front de Gauche dont pourtant la campagne de son candidat avait été couronnée d’un très bon résultat. C’est pour cela que nous devons d’abord nous demander qui est le plus à même pour représenter notre camp en fonction de l’orientation politique suivie. Nombre de personnalités (comme par exemple Nicolas Hulot, Christiane Taubira, Noël Mamère, Jean Luc Mélenchon, Olivier Besancenot) ont chacun des atouts et des inconvénients pour représenter ce pôle. Ils ont démontré, chacun à leur manière à la fois leur ténacité et leur capacité d’être en phase avec le camp de l’écologie sociale, leur souci de se battre pour l’égalité des droits, l’écologie, la justice sociale et les libertés. Chacun défend un projet de transformation de la société qui répond au niveau d’exigence. En outre, ils présentent l’avantage d’être en situation de dépasser les 5 % et de permettre une recomposition et un rééquilibrage de la gauche. Soit ces personnalités décident que les primaires sont un moyen de confronter leurs propositions soit elles s’y refusent et alors rien ne pourra empêcher le morcellement et la division du camp de l’Alternative pour 2017. Dans tous les cas, nous estimons que ce sera seulement au lendemain du résultat des présidentielles que le processus de recomposition se décantera. Car que François Hollande se représente ou pas, qu’il soit battu ou non, il sera désormais clair que cette gauche de droite est passée de l’autre côté du Rubicon et que les forces de l’émancipation n’ont plus rien à partager avec eux. C’est pour cela que quel que soit le/la ou les candidat.e.s, nous estimons que nous devons privilégier une stratégie, celle de l’alliance des forces que regroupent EELV, le FDG et le mouvement informel de la citoyenneté active autour du contrat de mandature citoyenne, autour de comités de circonscriptions désignant leurs candidat.e.s sur la base de ce contrat de mandature. Nous connaissons le poids des logiques de partis dans la désignation des candidat.e.s. Mais nous estimons qu’une vague citoyenne peut à l’image de ce qui s’est fait en partie à Grenoble aux municipales, en Midi Pyrénées Languedoc Roussillon aux élections régionales, peut s’imposer au bout de ce processus.
Ce qui se passera en 2017 ne sera que la continuation de la décomposition du paysage politique quel qu’en soit le résultat. La seule nouveauté c’est la disparition actée de l’hypothèse d’une nouvelle gauche plurielle. Il faut reconnaître qu’il y a désormais une coupure irrémédiable entre la gauche sociale libérale conservatrice et autoritaire et le bloc de la transformation écologique et sociale de la société quelques soient leurs différences. SI, sortant du leurre du candidat.e unique de la gauche pour 2017, les différentes initiatives pouvaient converger pour arriver à un mode de désignation constituant validé par un ensemble conséquent de citoyens, avec la participation de tous les acteurs/actrices s’engageant réellement à défendre un socle commun, alors ces primaires du projet auraient un sens. Dans l’état actuel, la probabilité de réaliser ce processus est très faible. Dire le contraire est un mensonge qui au bout du compte contribuera au désengagement. En conséquence, la Coopérative soutiendra et s’engagera dans tout processus permettant l’émergence d’un mouvement de citoyenneté active, permettant qu’hors des appareils se reconstitue une capacité d’agir autour des grands enjeux de la période : contre la société de surveillance, de soupçon et l’Etat sécuritaire, contre l’ubérisation de la société et pour un revenu de Base garantissant l’accès aux droits fondamentaux, pour une politique européenne de rupture avec le néolibéralisme, contre les grands projets inutiles, pour une société fondée sur une production et une consommation écologiquement responsable. Pour l’Autonomie, le Commun, le Cosmopolitisme et l’écologie

Déclaration de la Coopérative politique Ecologie Sociale.

Après les élections régionales : la crise démocratique, la faillite des gauches et de l’écologie politique et nos tâches
1. La décomposition du paysage politique et social continue.
Ces élections régionales auront été une nouvelle étape dans la désintégration du système politique issu du putsch de 1958 : la Vème République. Créée à la suite des pouvoirs spéciaux votés dans l’union sacrée par tous les partis en 1958, elle se délite sous l’état d’urgence, voté dans le même unanimisme, suite aux attentats du 13 novembre. Cette décomposition politique, sociale, morale est le produit du chaos géopolitique, des crises écologiques et sociales, de la mutation du capitalisme mondialisé et de l’incapacité de l’Europe à devenir une entité politique cohérente. Mais elle est aussi le produit d’un système politique national à bout de souffle caractérisé par la faillite des élites qui n’ont plus de projet autre que la gestion de leurs carrières, en dehors de toute défense de l’intérêt général. L’impossibilité de construire un espace politique européen indépendant de la logique de financiarisation et de déréglementation a accéléré ce processus de défiance à l’égard de l’oligarchie. Face à la montée du national populisme et de la guerre identitaire dans toute l’Europe, l’instrumentalisation par des gouvernements déconsidérés du sursaut citoyen face à l’extrême droite n’est qu’un artifice qui masque la simple volonté de continuer à gérer le système productiviste tel qu’il est. Or ce système est rentré dans une crise systémique à travers des spasmes épileptiques qui accélèrent la décomposition : marche aveugle et dérégulée des marchés financiers, destruction bientôt irréversible de notre écosystème, crises alimentaires, appauvrissement culturel général avec langues et cultures qui disparaissent, croissance comme seul crédo, malbouffe, déplacements de population, guerres énergétiques, conflits religieux sont autant de signaux d’une perte de conscience collective. L’individu bombardé par le flux permanent d’informations se replie sur soi et sur sa sphère familiale et identitaire.
2. Le Front National est en passe de conquérir la majorité culturelle.
A cause de ce contexte et de la guerre de reconquête idéologique menée depuis plus de quarante ans par la Nouvelle Droite, il impose son agenda politique et sa vision du monde. Ce que le FN représente ne peut être résumé par sa seule nature de parti national populiste, xénophobe et raciste. La paresse consistant à le qualifier de fasciste empêche toute réflexion sur son orientation réelle et la manière de le combattre. Le fascisme est un mouvement qui se caractérise par la volonté affirmée de détruire les organisations sociales, démocratiques et ouvrières et par la volonté de construction d’un homme nouveau. Le FN n’est pas un parti fasciste au sens classique du terme mais un parti qui représente l’aile radicale d’un bloc social réactionnaire qui rassemble une partie des Républicains, la mouvance Buisson, De Villiers, Zemmour, une partie des souverainistes autour de Nicolas Dupont Aignan et une partie de la mouvance issue de la Manif pour tous. En ce sens sa dynamique potentielle est encore à venir car le FN cannibalise l’axe souverainiste, laïciste intégriste, nationaliste. A gauche, son influence ne se dément pas non plus, et la meilleure preuve en est la proposition du Président de la République de constitutionnaliser la déchéance de la nationalité pour des citoyens nés Français, piochant ainsi l’une des revendications de l’extrême droite.
Si ce parti national populiste est constamment en progression depuis trente ans, c’est qu’il a trois caractéristiques qui le distinguent du reste de la classe politique :
– Il n’a cessé de représenter la seule force anti système permettant à des millions d’exclus d’être représentés même de façon déformée dans l’espace politique.
– C’est un parti transformiste et caméléon qui s’adapte aux transformations de la société et du territoire. Au nord et dans l’est, il adopte un programme souverainiste ; dans le sud un programme libéral et identitaire. Dans tous les cas, son récit repose sur la recherche de boucs émissaires, l’islamophobie, l’exaltation du nationalisme et la démagogie anti élites
– Il propose un récit national identitaire, autoritaire, inégalitaire, xénophobe et nationaliste, et qui s’oppose à la vision économiciste de la société proposé par les forces néolibérales de droite et de gauche, qui sont le cœur de la technocratie d’Etat.
En creux, il montre l’incapacité de la gauche et des écologistes à produire un nouvel imaginaire collectif et un nouveau récit global, à refonder leur projet et leur programme, à mettre en question leurs formes d’organisation, à passer le témoin à une nouvelle génération d’hommes et de femmes engagés.
Casser la dynamique du FN ne se fera pas par une nouvelle diabolisation mais par le développement d’une alternative de masse antisystème radicale. Le sauve qui peut cynique du PS dans trois régions au profit de la droite alimente au contraire la montée de l’extrême droite, seul contre tous.
3. La débâcle d’une gauche de droite qui s’est progressivement confondue avec le système qu’elle prétendait combattre.
Il n’y a pas de hasard en politique. La faillite de la gauche gouvernementale vient de loin. La gauche s’est auto dissoute dans la pratique institutionnelle, renonçant à comprendre ce qui se jouait dans les années 80 à travers la mondialisation de l’économie, elle a abandonné celles et ceux qu’elle aurait du soutenir et représenter dans leurs combats. Les ouvriers des grands centres industriels ont été les premiers touchés par la désindustrialisation tandis que la question clef de la relocalisation des activités et de l’emploi passait par pertes et profits. Les employés de la fonction publique ont été victimes du bradage des services publics (1 fonctionnaire sur 2 non remplacé, privatisation, délégation des services publics, création d’agences de tout poil…). La déqualification a appauvri les classes moyennes comme les ouvriers professionnels tandis que la grande distribution et les banques détruisaient le petit commerce et la paysannerie. Le résultat ne s’est pas fait attendre sur le plan politique. La gauche a perdu ses bases sociales sans en regagner de nouvelles. La société continue à se désagréger.
Avec François Hollande, la génération Mitterrand a accédé au pouvoir. Elevée dans le cynisme et la manipulation du mode de scrutin, utilisant le FN en se glissant dans les postures « morales », « républicaines », pour mieux esquiver le combat politique, pour soumettre la gauche et les écologistes à ses propres ambitions, cette gauche de droite décomplexée est prête à tout. La fusion de la Promotion Voltaire de l’ENA avec celle de l’UNEF ID des années 80 constitue une rupture avec la formation des anciennes structures militantes de la sociale démocratie ou du PC. Le carriérisme est devenu une fin en soi pour ces réseaux reposant sur la connivence générationnelle et évoluant dans des milieux sociaux coupés de la population.
4. La gauche de gauche s’est autodétruite.
Le Front de Gauche s’est fracassé sur l’autel de ses divisions, de son incapacité à rompre avec les vieux logiciels de la gauche des années soixante, de ses stratégies à géométrie variable, inconséquentes, contradictoires et illisibles. Surfant sur la victoire de Syriza au début de l’année, le Front de Gauche a été incapable d’avoir une position commune sur la Grèce et la question européenne après l’acceptation par Tsipras du diktat de la Troïka. Ses composantes représentées à l’Assemblée Nationale (PCF et Ensemble) en votant pour l’Etat d’urgence, se sont déconsidérées auprès même de leur base militante. Le Parti Communiste Français principal « actionnaire » du Front de Gauche conclut des alliances en fonction de ses intérêts d’appareil, tant aux élections municipales que régionales. Il est toujours lié au lobby des syndicats du nucléaire et soutient plusieurs grands projets inutiles et imposés comme celui de Notre Dame des landes. Surtout sa volonté de préserver son appareil – qui se matérialise par ses rapports erratiques avec le PS – immobilise la capacité d’entrainement du Front de gauche et stérilise ses cadres. Le Parti de Gauche est lui soumis aux humeurs de son fondateur qui se veut porteur d’une révolution citoyenne où le peuple est incarné exclusivement par son dirigeant charismatique. Quant à la troisième composante, Ensemble, elle a montré ses limites ressemblant de plus en plus à une sorte de PSU des années 2010, trop faible pour peser sur ses deux partenaires et paralysé par la peur de se confronter à ses contradictions.
Au total, avec la mort clinique du NPA, la gauche de gauche n’a jamais été aussi faible depuis les années 80 où elle avait pratiquement disparu. Trois ans après le relatif succès de la campagne de Jean Luc Mélenchon, elle est dans une crise existentielle, incapable, si elle ne s’auto dépasse pas, de représenter un pôle politique crédible.
5. La déroute d’EELV minorise l’écologie.
EELV en raison de ses positions illisibles et confuses, de ses divisions récurrentes, a été assimilé par les électeurs à un appendice du PS.
L’écologie a accompagné la gauche traditionnelle dans sa chute car elle s’est coupée de ses combats fondateurs et de sa logique anti système. Les écologistes qui auraient pu capter cette nouvelle radicalité ont en un temps record adopté une stratégie dite de « longue marche dans les institutions » qui en leur permettant de participer à la distribution des places, les a assujettis au parti dominant à gauche ces dernières décennies, le PS.
Celui-ci en étant le meilleur défenseur du système et du mode de scrutin tient en laisse, par ce que l’on appelle une alliance contractuelle, ses alliés et au premier chef les écologistes.
Europe Ecologie les Verts en se refondant en 2007 aurait pu échapper à ce piège mortel. Mais son appareil a rejeté cette option en voulant constituer un nouveau PRG. Ce projet a abouti en 2012 par la constitution de groupes parlementaires au Sénat et à l’Assemblée et à la mise sous le boisseau de la campagne présidentielle d’Eva Joly. Le projet de la coopérative politique a été liquidé pour les mêmes raisons. Il ne fallait pas que l’autonomie d’une capacité d’intervention militante brouille le projet politique initial de la Firme. Si la scission provoquée de l’extérieur par l’Elysée et Matignon pour constituer un groupe de mercenaires force d’appoint au PS, a été un élément de clarification, l’illisibilité nationale des positions d’Europe Ecologie dans les départementales et les régionales a renforcé les tendances au repli sur soi et l’adoption d’une ligne politique pouvant servir de référence.
L’incroyable auto-célébration par les dirigeants d’EELV d’un accord sur le climat, mieux expliqué et mieux évalué par les négociateurs eux-mêmes, participe de cette confusion. Alors que la COP 21 n’a débouché que sur un compromis a minima face à l’inexorable progression du dérèglement climatique, le spectacle des dirigeants écologistes fêtant la victoire de la diplomatie française était d’un ridicule achevé. Ceux qui ont gagné dans cette COP, ce ne sont pas les peuples, les réfugiés climatiques ou les énergies renouvelables, ce sont l’Arabie Saoudite et les majors du pétrole qui en gagnant du temps n’ont rien cédé sur le fond. C’est l’industrie nucléaire qui s’est refait une légitimité après Fukushima, ce sont les Etats Unis et l’Union européenne qui continuent à négocier en secret les accords TAFTA qui balaieront les quelques avancées faites dans cette Cop des dupes.
La refondation de l’écologie politique se fera par en bas. Elle sera longue et difficile tant EELV s’est décrédibilisée. Si les idées écologistes irriguent la société, les écologistes politiques n’ont pas rempli leur mission historique, celle de devenir la force majoritaire culturelle et politique. C’est de ce constat qu’il nous faut partir pour refonder l’écologie. Ses atouts sont pourtant toujours les mêmes. Elle est la seule vision politique et idéologique globale de l’avenir, la seule qui prend en compte l’auto émancipation des humains, la seule qui prône la réconciliation avec la nature. C’est à partir de cette vision globale que nous appelons l’écologie de libération, synthèse entre la justice environnementale, l’écologie des pauvres et l’écologie sociale que nous pourrons reconstituer une force cohérente capable de fédérer des forces sociales en leur donnant une grille de lecture et une orientation adaptée à la période. Construire une orientation et de nouvelles pratiques sur les décombres exige du temps et de l’opiniâtreté. Elle reposera sur une nouvelle génération de militant-e-s issues des mouvements sociaux, des mouvements de désobéissance, des secteurs de l’économie sociale et solidaire, de toutes et ceux qui construisent à leur échelle un autre monde. La refondation ne se fera pas, nous le savons maintenant avec certitude, par le haut, par des appareils vérolés et auto satisfaits. Elle se fera par le bas, à travers la co – construction de pratiques sociales et de propositions politiques communes.
6. La première condition de la recomposition est de passer à la contre offensive culturelle pour que l’écologie politique et la gauche de gauche ne soient plus dépendantes des thèmes et du récit social libéral.
Ce renouvellement passe par un changement radical de l’imaginaire de la gauche. Passer de l’universalisme des Lumières apportant la civilisation au reste du monde à une vision cosmopolite de la société est un impératif majeur. Ce qui coupe la gauche de la société ce n’est pas seulement sa vision sociale libérale, c’est d’abord son incapacité à prendre en charge la lutte pour la reconnaissance des identités collectives de populations précarisées, où le lien social a été détruit. Si la gauche et les écologistes passent à côté de ce besoin de dignité, ils abandonnent ces populations précarisées au Front national. Il s’agit de recréer un imaginaire collectif s’appuyant sur un récit qui ne soit plus limité au cadre national mais relie une vision cosmopolite de la société, antinationaliste et antiracialiste à la défense des territoires fracturés par la mondialisation de l’économie. La vision cosmopolite suppose un autre rapport à la fracture identitaire. On ne peut résumer les luttes sociales actuelles à des luttes pour la seule répartition des richesses. Si nous voulons tout en rompant avec l’ethnicisme, le nationalisme et tous les racismes s’inscrire dans le réel, nous devons prendre en charge les luttes pour la reconnaissance des individus et de leurs appartenances diverses. Mettre la lutte pour la dignité au centre de notre action est un impératif politique. Au moment des régionales, un mot d’ordre qui traduisait cette nécessité s’est répandu : #pas de justice, pas de voix ! C’est en luttant pour le cosmopolitisme et contre la stigmatisation xénophobe, raciste et islamophobe des populations pauvres et des migrants que l’on combattra le plus efficacement le FN et sa haine du vivre ensemble. Mettre en avant l’idée de réconciliation dans les banlieues face à l’apartheid social et ethnique est une condition préalable. Face à la lepénisation des esprits qui divise, nous devons être capables d’instituer dans les quartiers populaires des organismes de type « comités Vérité et Réconciliation ». Ils permettraient que la souffrance sociale des invisibles, des « citoyens manquants », celle des Roms, des sans papiers, comme celle des «petits blancs », victimes du déclassement et de la précarité, des personnes âgés ou des jeunes sans qualification, soient pris en compte et débouche sur un renforcement de la capacité d’agir des habitants ; Apaiser plutôt qu’hystériser. Voilà notre proposition pour l’égalité et la dignité.
7. La deuxième condition de la recomposition : démocratiser la démocratie.
Il ne s’agit pas seulement de retrouver la société mais de la défendre. Dans la phase politique actuelle, décréter l’état d’urgence démocratique est une nécessité existentielle pour ce qui reste de la gauche et de l’écologie. Le projet libéral autoritaire ne passe pas seulement par le FN. La droite traditionnelle et le PS jouent dans la même division, celle qui restreint les libertés et les droits fondamentaux et cherche à imposer une société de l’hyper surveillance. La crise politique est d’abord une crise de régime qui repose sur quatre éléments structurants : la monarchie présidentielle, la crise de représentation d’une partie de la société, la corruption des élites (affaires Cahuzac, Platini, Tapie, Lagarde…), la défiance à l’égard d’une caste politique discréditée par son absence de résultat contre le chômage. Pour les générations émergentes, la sclérose des structures politiques, accélérée par les effets des nouvelles technologies, rend obsolète le jeu institutionnel mené par des caciques de la politique, inamovibles depuis des décennies. L’urgence démocratique c’est de refonder les pratiques politiques. Les mouvements sociaux des années 2010 ont tous les mêmes mots d’ordres : « Vous ne nous représentez pas », « dégage », « qu’ils s’en aillent tous ! ». C’est vrai à l’extérieur comme à l’intérieur des partis où le refus de la logique oligarchique des partis amène la création de listes citoyennes aux municipales ou à la création de nouveaux partis comme Podemos. Si les lois contre le cumul des mandats comme celles sur la parité ont permis de desserrer l’étau, la vassalisation des forces à gauche du PS en raison du mode de scrutin est devenue insupportable. Refonder un pluralisme radical passe par la relance du combat pour la VIème république, à travers notamment la bataille pour la proportionnelle. Si les directions d’EELV et du Front de gauche ont un seul message après ses tragédies illisibles, ce serait de construire un rapport de force pour imposer ce préalable aux sociaux libéraux durant l’année 2016.
8. Troisième condition : contre l’hypercommunication, repolitiser les mouvements sociaux, rompre avec l’événementiel militant, défendre le droit à l’information et à des médias indépendants.
La politique de la gauche radicale et de l’écologie politique depuis la phase ouverte par les forums sociaux mondiaux est rythmée par des rendez vous et des rencontres militantes, des contres sommets qui se suffisent à eux mêmes et qui permettent de cacher le délitement des collectifs permanents de travail politique dans les secteurs fondamentaux de la jeunesse, des salariés et des chômeurs, ou de l’écologie de terrain. Seuls les ZAD et quelques syndicats échappant au corporatisme constituent des exceptions à la règle. Cette gestion évènementielle de la politique est un cache misère qui en convergeant avec la professionnalisation continue des appareils politiques et syndicaux devient en soi un frein au mouvement d’émancipation.
La décomposition du mouvement social est aussi une crise de l’hypercommunication. Les médias et les réseaux sociaux déversent un flot d’informations inutiles, nous communiquons plus que de raison et cette communication massive transforme notre conscience collective. Nous avons créé un réseau de communication hyper développé, mais les informations qui y circulent sont d’une pauvreté affligeante. Nous sommes en train d’assister à une perte de conscience généralisée Le monde est rentré dans une crise entropique, que l’on peut considérer comme une crise d’épilepsie où la conscience collective s’est déstructurée en raison de l’hyper communication et aboutit à la perte de conscience. Face à ce phénomène, la bataille pour la démocratisation de la communication à travers les réseaux sociaux sera l’une des batailles stratégiques qui devra être menée pour notamment participer à la repolitisation de la jeunesse. Elle devra être liée à une campagne pour la démocratisation des moyens de communication. Sous François Hollande, la concentration financière des médias s’est accélérée. Bolloré, Drahi, Dassault, Lagardère et Bouygues, ont le contrôle de la majorité des médias de masse et organisent la formation de l’opinion à travers la « BFMIsation » de la communication. Relancer le débat autour d’une appropriation sociale des médias, pour la défense des lanceurs d’alerte, pour le contrôle de l’information par les usagers est une tâche politique majeure. Introduire le droit à l’information et à l’indépendance des médias dans la Constitution pourrait être le socle de cette campagne visant à redonner vie au pluralisme, en interdisant les situations de monopoles pour des groupes financiers et industriels.
9. Trois tâches politiques immédiates attendent les militant-e-s de l’Ecologie Sociale.
1°) préparer le prochain congrès de EELV pour décider d’une orientation. Le manque de démocratie durant toute la séquence écoulée depuis le choix des candidats aux élections législatives, le mode d’entrée au gouvernement, le non-respect, voire le mépris des votes du Conseil fédéral, le mode de rupture de cette participation gouvernementale, sont l’expression d’un déficit de démocratie. Mais elles illustrent aussi le manque de pensée stratégique démontrées par les prises de paroles publiques tant du secrétariat national que des groupes parlementaires. Il faut en finir avec la Firme ou ses avatars qui verrouillent le débat. Les courants issus du dernier Congrès ne correspondent plus à rien et leur recomposition a d’ailleurs commencé depuis longtemps.
Ce congrès devra être illustration d’une volonté de rompre avec la soumission stratégique au Parti Socialiste et avec l’écologie libérale représentée par CAP 21 ou l’UDE. Même si les dernières élections n’ont pas été concluantes, EELV doit affirmer son autonomie stratégique et sa volonté de reconstituer un camp « du social et de l’écologie » avec les forces locales et nationales disponibles.
Nous devons aussi participer au renouveau de l’écologie politique à partir de la jeunesse. Nous proposons de mettre en place des cercles écologistes dans les universités pour transmettre l’expérience du mouvement écologiste à une nouvelle génération politique. L’écologie ne se réduit pas aux bons gestes pour sauver la planète. L’écologie politique a une histoire, une idéologie, des principes, une éthique, un projet, un programme. La formation et la transmission ont été délaissées au profit de querelles de personnes et d’écuries de courants qui sont des facteurs puissants de blocage et de non renouvellement. Nous devons en finir avec cet état de fait et mettre en place par exemple avec des revues comme Ecorev ou Multitudes des espaces d’autoformation.
2°) Nous devons également donner une voix à la gauche et l’écologie radicale en proposant à la fois des moyens d’exprimer la colère et les frustrations accumulées ces derniers mois et des perspectives à des centaines de militants. La période actuelle ressemble à bien des égards à celle allant de 1962 à la fin de la guerre d’Algérie à Mai 68 quand des clubs de réflexion avaient surgi dans toute la France par dizaines. Le renouvellement de la gauche des années soixante à quatre vingt est en partie issue de cette étape. Le Mouvement commun, UTOPIA, plusieurs Think Tanks comme la Fondation Copernic ou ATTAC sont partie prenantes de cet arc de force. L’écologie sociale est souvent peu représentée dans ces lieux. Elle doit faire la jonction avec des intellectuels, des penseurs, des experts qui lui permettent de renouveler sa pensée.
Nous devons dans cet esprit poursuivre les débats stratégiques menés avec les composantes du Front de Gauche, de l’écologie radicale, des décroissants. Ces débats ne doivent plus être menés sur la base du plus petit dénominateur commun comme l’exemple délétère des Chantiers de l’Espoir l’a montré de façon caricaturale. Il s’agit au contraire à travers l’examen et le dépassement de nos divergences stratégiques de voir où cela bloque, comment dépasser les points de blocage qui paraissent insurmontables. Ces débats nous les connaissons : Europe, Laïcité, questions sécuritaires, migratoires, géopolitiques, nucléaire, productivisme… La méthode de débat est un préalable pour lever les blocages politiques existants. L’écologie sociale doit aussi pouvoir irriguer les débats d’autres partis, en tissant des partenariats avec des groupes de militants, des courants ou mouvements, en aidant à susciter des débats comme par exemple dans le Pcf qui tiendra son congrès en 2016, Nouvelle Donne en crise, ou le courant animé par Olivier Besancenot au NPA en recherche de perspective.
Enfin l’écologie sociale doit se constituer comme pôle idéologique identifié. C’est pourquoi, au printemps 2016, avec d’autres militants de cette mouvance, nous mettrons en place un espace de l’écologie sociale avec des rencontres consacrées à ce concept.
3°) Organiser la résistance à l’état d’urgence et à l’Union Sacrée. L’autoritarisme du pouvoir devient une stratégie du choc assumée par le Parti Socialiste pour se recentrer et construire une troisième force unissant centre droit et centre gauche. Rassembler toutes les forces visant à casser cette stratégie de régression démocratique qui ouvre la voie au Front national est une nécessité politique. Les six députés qui, à l’Assemblée Nationale, ont voté contre l’état d’urgence, ont brisé l’Union Sacrée. Des milliers de gens ont signé plusieurs Appels et créent des collectifs locaux et nationaux pour s’opposer aux mesures visant à limiter les droits de manifester, de se réunir, de s’exprimer. L’urgence démocratique c’est d’abord la levée immédiate de l’état d’urgence. Sous couverts de combat contre le terrorisme et de guerre de civilisation selon la rhétorique de Manuel Valls, le pouvoir introduit une logique d’état d’exception permanent qui menace les libertés et délégitime le contrôle de la justice sur la police. Cette généralisation de la surveillance sur les mouvements sociaux comme on l’a vu durant la COP 21 crée ainsi les conditions politiques et les conditionnements mentaux qui pourraient, s’ils étaient constitutionnalisés, être demain utilisées par le FN. La feuille de route d’Ecologie Sociale durant toute la période qui vient, est d’être au cœur des initiatives pour la levée immédiate de l’état d’urgence et de toutes les mesures qui comme la déchéance de la nationalité sont des marqueurs d’une révolution conservatrice et raciste qui renforce le bloc réactionnaire et in fine le Front national. Ecologie sociale participe et participera à toutes les initiatives visant à créer un front de défense des libertés démocratiques. Elle soutiendra en particulier toutes les résistances du mouvement écologique contre les tentatives d’action contre les ZAD en général et la ZAD de Notre – Dame – des – Landes en particulier. L’existence des ZAD est en soi la preuve que la politique autoritaire et libérale de l’Etat ne marche pas. C’est pour cela que droite et gauche gouvernementale veulent les criminaliser. Nous ne les laisserons pas faire !
10. Reconstruire par le bas une stratégie de rassemblement à partir d’un projet d’écologie sociale.
Construire un bloc social et écologiste indépendant du Parti Socialiste ne se fera pas avec les vieilles recettes de la gauche critique (Ramulaud 1, 2, 3,…).
L’Alternative n’est pas l’affaire des partis existants. Elle ne peut dépendre de l’alliance des appareils défaillants ou des virages à 180 degrés de dirigeants pris de panique, préconisant lundi matin ce qu’ils condamnaient la veille en proposant de tendre la main à des dirigeants qui eux assument pleinement leur politique. La refondation sera longue et difficile La construction d’un parti de la plèbe passe par une convergence des luttes sociales et écologiques où puissent se retrouver les classes moyennes et les intellectuels précaires, une partie des classes populaires ; non seulement à travers l’action collective mais en liant la dimension collective au nouvel individualisme contemporain à travers la construction de l’autonomie. Pour l’instant malgré les tentatives répétées de refondation en France mais aussi en Europe, la construction de ces nouvelles formes politiques reste au milieu du gué. Les reculs et les divisions de Syriza, les avancées de Podemos ou du Bloc de gauche au Portugal, montrent qu’une alternative est possible mais qu’elle est bloquée par ses deux faiblesses congénitales : son rapport à l’Union européenne et à la croissance. Le contournement de ces deux questions par le seul recours à la mobilisation du peuple contre la caste, l’oligarchie et les élites ne peut constituer la recette miracle même si elle est nécessaire pour rassembler les forces de rupture. Il n’y a pas de raccourci possible ; nous devons persévérer car sans dépassement de la forme parti, l’alternative restera à l’état d’embryon.
Faute d’être porté par un mouvement social conséquent, un tel rassemblement ne peut se faire que du bas vers le haut, en imposant aux directions des partis, de nouvelles formes d’organisation à la base et dans l’action. C’est pourquoi, en nous inspirant de l’histoire du mouvement populaire, de Juin 36 à Mai 68, jusqu’aux différentes Coordinations dans les années 80, nous préconisons que se développent des Comités d’Action, partout où c’est possible réunissant dans les quartiers, les entreprises, les établissements d’enseignement, les citoyens, hommes et femmes, encartés ou non encartés, les militants politiques, syndicalistes, associatifs. Ces comités d’action, en favorisant des pratiques et des réflexions communes, en mutualisant des échanges d’expérience, en s’enracinant dans chacune des circonscriptions du pays, construiront un mouvement fédératif des gauches et de l’écologie, ouvert à tous les citoyens selon le principe, une personne, une voix. La constitution de ce mouvement fédératif commun est le préalable à un processus permettant de désigner le ou la candidat(e) aux présidentielles. Les campagnes ratées ou réussies de 2007 (Bové, Voynet, Besancenot) ou de 2012 (Mélenchon, Joly) n’ont débouché que sur des échecs. Nous refusons de jouer le jeu de la ou du candidat miracle. Si l’échéance des élections présidentielles est incontournable, elle est autodestructrice pour le mouvement social. Podemos vient de le démontrer à contrario. Quand on territorialise un mouvement et que l’on fixe quelques objectifs simples à atteindre, une situation apparemment bloquée peut se déverrouiller. C’est cette dynamique que nous avons la responsabilité de construire. Notre candidat c’est le mouvement ! Notre méthode, la refondation !
Le 22 décembre 2012,
Pour la Coopérative Politique Ecologie Sociale : Francine Bavay, Sergio Coronado, Patrick Farbiaz, Bénédicte Monville – De Cecco
Pour tout contact : coopecologiesociale@gmail.com