La fin de l’écologie du “en même temps”

L’incapacité d’EELV à prendre le leadership d’une campagne européenne où pourtant l’écologie est au centre des préoccupations, signe la fin d’une illusion : celle de l’écologie attrape tout. Si tout le monde est écologiste, alors il faut choisir quelle écologie on défend. A force de ménager la chèvre et le choux, l’écologie des petits pas et la rupture avec le capitalisme vert, l’économie de marché chère à Yannick Jadot et l’écologie qui se bat pour la survie des classes populaires, la croissance verte et la décroissance soutenable, EELV s’est marginalisée. A sa naissance en 1984, la seule couleur verte revendiquée constituait l’ADN du parti Vert. Il lui suffisait de hisser son drapeau pour compter dans la vie politique. A l’époque personne ne se réclamait de l’écologie politique, hormis ce nouveau parti issu d’une hybridation entre mouvement environnementaliste et une partie de l’extrême gauche post soixante huitarde. 35 ans plus tard, la situation s’est diamétralement transformée. Son repli sur soi n‘est que le symptôme d’une crise d’identité, de projet, de sens qui atteint de plein fouet une organisation nécrosée qui n’a pas su trouver son chemin, écartelée qu’elle est entre plusieurs visions de l’écologie politique. Ce qui a affaibli EELV, ce ne sont pas les «trahisons» de certains, c’est le refus de se positionner contre le greenwashing et l’économie verte, les atermoiements face au mouvement social écologiste populaire des Gilets Jaunes ou encore le désistement en faveur du Parti Socialiste aux dernières présidentielles. A force de renoncements, la force structurante de l’écologie politique est devenue une idiote utile du système. L’existence de ces trois écologies concurrentes, celles de l’écologie libérale, d’une sociale démocratie verte et de l’écologie de transformation, la notre, structure désormais le paysage de l’écologie politique et signe la fin d’une fiction, celle d’un parti de toute l’écologie. EELV a cru un moment atteindre une masse critique lui permettant de se soustraire à la loi de la gravitation universelle. Mais n’est pas soleil qui veut. Les planètes macronistes, et insoumises s’étant elles mêmes écologisées, chacune à leur manière, elles montrent que le roi est nu et attirent chacune à elle une partie de l’électorat d’EELV, prise en sandwich entre la liste d’En Marche et celle de la France Insoumise, sans compter l’électorat résiduel du PS et de Générations qui se réclament elles aussi d’une écologie aseptisée. C’est pour cela que nous appelons pour les élections européennes, à voter pour la liste de la France Insoumiseanimée par Manon Aubry. En l’état c’est la seule liste à représenter les aspirations anticapitalistes de la jeunesse en lutte pour le climat, des Gilets jaunes ou des zadistes de Bure au TGV Lyon Turin. L’écologie rebelle, l’écologie de transformation qui regroupe écologistes sociaux, objecteurs de croissance, éco socialistes, éco féministes, zadistes doit maintenant se mettre en mouvement parce qu’il s’agit non seulement de s’opposer à la dérive d’EELV mais aussi de contrer le projet de coalition entre le groupe des libéraux emmenée par Macron et Cohn Bendit et le groupe des Verts au Parlement Européen. Ce Groupe dirigée par les GrünenAllemands alliés maintenant à la droite allemande dansplusieurs länders assume le rôle d’un parti centriste et libéralsans états d’âme. Cette coalition entre les Macronistes et les Verts renforcerait les partisans d’une Europe aux mains de la Commission Européenne et des GAFA, d’une Europe du libre échange et de la concurrence « libre et non faussée » au détriment d’une Europe des Communs, de la justice sociale et fiscale, libérée des lobbies. C’est aux écologistes anticapitalistes, rebelle et insoumise, qu’il revient maintenant de sauver la seule idée neuve du XXIème siècle.

 

Francine Bavay, Sergio Coronado, Patrick Farbiaz, Jean Laffont, Elise Lowy, Bénédicte Monville

Pour une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale

Le soulèvement populaire des Gilets Jaunes, le combat pour la justice climatique, le développement des ZAD mettent l’écologie au centre du débat public.

Les Gilets Jaunes animent un mouvement de survie social écologique qui pour la première fois implique massivement les classes populaires. Ils imposent le débat sur des questions écologiques : déplacements contraints, étalement urbain, précarité énergétique, taxe carbone, services publics de proximité…, mais aussi désobéissance civile, convivialité des ronds points, contestation de l’organisation verticale et jacobine du pouvoir dans les organisations…  

Avec plus de 2 millions de signatures de la pétition de « l’Affaire du Siècle » et la grève scolaire du 15 mars, les marches climats appellent à la convergence entre « les fins de mois et la fin du monde ».  Notre Dame des Landes est une victoire historique du même type que le Larzac. Les ZAD malgré la politique autoritaire et liberticide du gouvernement Macron- Philippe, continuent à se développer de Bure à Europa City, de Roybon à la LGV Lyon Turin. 

Ces mouvements sont l’expression d’une résistance des peuples à la crise sociale écologique accélérée par la mondialisation capitaliste. Elles sont la réplique française au mouvement des Places, des indignés à Occupy Wall Street, des révolutions arabes, de la révolte des peuples indigènes contre l’extractivisme, des mouvements d’émancipation qui, du Rojava au Chiapas en passant par la Catalogne contestent l’ordo libéralisme 

Pourtant paradoxalement, l’écologie politique n’est plus qu’un champ de ruines.  

L’écologie libérale de marché a démontré avec le Ministère Hulot son échec programmé et sa capitulation face au productivisme : Glyphosate, Montagne noire et forages pétroliers en Guyane, reculs sur le nucléaire sur le CETA, sur Bure, sur l’huile de palme, sur la loi sur l’alimentation et sur la loi littoral… La preuve est faite. Le capitalisme repeint en vert qu’on l’appelle économie verte, économie circulaire, développement durable est un leurre. 

L’échec de l’écologie de marché entraîne dans sa foulée celle de l’écologie d’accompagnement. SI un parti Vert était nécessaire dans les années 80 et 90 pour éveiller les consciences, il est désormais obsolète, ses tâches ayant été accomplies. L’illusion de réunir tous les écologistes au sein d’une même famille ne peut plus tenir lieu de programme. D’autant plus qu’émerge une 4ème écologie politique, celle de l’éco-fascisme.

Pour les signataires de cet appel, le temps est venu d’un mouvement de l’écologie populaire et sociale. L’écologie populaire de transformation suppose une politique de rupture avec le capitalisme vert et une convergence des luttes sociales et environnementales. Cette écologie converge sur les objectifs : elle se retrouve pour prôner une décroissance soutenable, défendre les communs, l’entraide, la coopération, lier biodiversité et diversité humaine, lutter contre toutes les dominations sociales (genre, ethnique, social), défendre la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie, en finir avec les Grands Projets Inutiles, les crimes industriels (usines Sévéso, amiante, produits toxiques…) participer à la mise en place d’une démocratie par en bas. Elle se réclame de René Dumont, d’André Gorz, de Félix Guattari, de Murray Bookchin 

Mais son émiettement la rend impuissante. L’écologie populaire si elle prenait conscience de sa force et s’organisait dans un pôle unifié de l’écologie de transformation deviendrait une force incontournable capable de donner une perspective politique claire à tous les déçus de l’écologie politique et d’une gauche déboussolée. C’est pourquoi nous appelons à une Constituante de l’écologie populaire et sociale, ouverte à tous les courants de l’écologie de transformation pour refonder le projet écologiste sur des bases de rupture avec le capitalisme vert. Nous ne pouvons pas rester des spectateurs du mouvement historique actuel. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre chapelle, attendant que la réalité des crises écologique et climatique nous donnent raison. Unir nos forces est une nécessité. C’est pourquoi l’AG de cette constituante pourrait se donner comme ordre du jour : 

1. Identifier ce qui nous rassemble et ce qui nous divise en proposant une charte commune de l’écologie populaire et sociale ; et entamer les débats de fond sur ce qui ne fait pas consensus entre nous

2. Proposer des campagnes communes rassemblant les groupes locaux qui se réclament de cette mouvance pour crédibiliser notre démarche et la rendre visible. 

3. Lancer une dynamique de rassemblement à travers une Conférence Permanente de l’EPS, une Université d’Automne, des outils numériques communs…

4. Préparer l’émergence de listes municipalistes, citoyennes, écologistes et sociales en 2020

Nous appelons les écologistes organisés ou non, tous les groupes, mouvements et organisations locales ou nationales à nous contacter pour préparer ensemble cette Assemblée Constituante de l’écologie populaire. Que vous soyez écologistes sociaux, municipalistes libertaires, écosocialistes, objecteurs de croissances, éco féministes, éco syndicalistes, écologistes radicaux, zadistes, écologistes membres de la France Insoumise, du NPA, et d’Ensemble,  d’alternative Libertaire, d’Ecologie sociale, Objecteurs de croissance, du Mouvement Ecolo, gauche d’EELV, courants autonomes et libertaires de l’écologie radicale, éco communistes, militants de la libération animale,  Gilets jaunes ou Gilets Verts, si vous vous reconnaissez dans ce texte, réunissez vous dès maintenant dans des assemblées locales, régionales de l’écologie populaire en vue de la tenue de la première Assemblée constituante de l’écologie populaire et sociale ;

Pour le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple !

 

Premiers signataires :

  1. Henrietta Agbo (75), 
  2. Olivier Agulo (13), 
  3. Françoise Alamartine (34), 
  4. Martine Alcorta (33), 
  5. Marie Aoustin (75020), 
  6. Georges Auspitz, (38 Bourgoin-Jallieu),
  7. Jérôme Bau (13 Marseille), 
  8. Damien Bastian (44), 
  9. Francine Bavay (75011), 
  10. Mathieu Béchu Diaz (67), 
  11. Isabelle Begue (La Réunion), 
  12. Jésahel Benoist (62), 
  13. Jean-Louis Berland (91- Saint-Michel-sur-Orge), 
  14. François Bernard (92 Malakoff), 
  15. Laura Berson (75), 
  16. Gérard Berthet (69 Lyon), 
  17. Michel Besson (93-Saint-Denis), 
  18. Xavier Bigot (Carcassonne – 11), 
  19. Antoine Billiottet (13), 
  20. Raymonde Bonnet (92), 
  21. Jean-Claude Bonnet,(33Lormont), 
  22. Alima Boumediene (95), 
  23. Kevin Bourgin (75), 
  24. Jean Brafman (93 Saint-Denis), 
  25. Jérémy Briantais (75013), 
  26. José Brochier (34), 
  27. Thierry Brugvin (25), 
  28. Maximen Caillon (87 Limoges), 
  29. Marco Candore (75011,)
  30. Brigitte Carraz (68), 
  31. Yohan Cervantes (Saint-Philippe, 974 la Réunion),  
  32. Jacky Chabrol (63), 
  33. Hélène Charrier (03 Vicq), 
  34. Erwan Chartrain (Maroc), 
  35. Jérôme Chassin (75018), 
  36. Didier Chérel (06 – Mouans-Sartoux), 
  37. Thomas Chevrier (44 Nantes), 
  38. Hanna Clairière(93 Saint Denis), 
  39. Cyril Cognéras (87), 
  40. Marie-Claude Collin (Moselle), 
  41. Sergio Coronado (75), 
  42. Stéphanie Coursodon (73), 
  43. Olivier Crenn (26), 
  44. Geneviève Cros (38), 
  45. Louise Crovetti (84), 
  46. Marcel Cunin (75), 
  47. Stéphane Cuttaïa (77), 
  48. Pierre Dagobert (56), 
  49. Fanny Darius (75012), 
  50. Christian David, 
  51. Jim Delémont (44), 
  52. Bruno Deléonet (Saint-Junien (87), 
  53. Lionel Deschamps (89), 
  54. Annie Descot (33), 
  55. Suzanne D’hermies (75020), 
  56. Denis Donger, (26 Romans), 
  57. Edwige Dorbon (89), 
  58. Fabrice Doublet (60), 
  59. Véronique Dubarry (93 Ile St Denis), 
  60. Danyel Dubreuil (93 Bagnolet), 
  61. Yves Durieux (69-Rillieux-la-Pape), 
  62. Dominique Duval (14-Trouville), 
  63. Touraj Eghtesad (67), 
  64. Didier Epsztajn (75), 
  65. Patrick Farbiaz (75020), 
  66. Claude Farcy (56), 
  67. Jean Fauché (81), 
  68. Julien Floquet, 
  69. Axel Fournier (87), 
  70. Yves Frémion (75020), 
  71. Caroline Fesselier (35 Servon-sur-Vilaine), 
  72. Boris Gabriels (75020), 
  73. Merlin Gautier-Marchand (75018), 
  74. Vincent Gay (93), 
  75. Maud Gensel (37), 
  76. Paul-Emile Geoffroy(Les Disparates – Paris-Forcalquier), 
  77. Mariette Gerber (11 Treilles), 
  78. Fabien Givernaud (38), 
  79. Pierre Goletto (77), 
  80. Liam Gonzalez (33), 
  81. Laurent Grisel, 
  82. Didier Grouard (56 Noyalo), 
  83. Bernard Guibert (14, Trouville), 
  84. Sébastien Guillon (79), 
  85. Benoit Hazard (93,Pierrefitte), 
  86. Odile Hélier (75), 
  87. Marie Heraudeau (44), 
  88. Mathias Isimat Mirin (93 Pantin), 
  89. François Hoog (26), 
  90. Alain Jean-Joseph (94), 
  91. Patrick Jimena (31), 
  92. Benjamin Joyeux (74), 
  93. Fredéric Jouvin (92 Clichy), 
  94. Françoise Kiéfé (75015), 
  95. Marjorie Keters (93 Pantin), 
  96. Sylvain Knittel (75005), 
  97. Pierre Labeyrie (31),  
  98. Christine Ladret (44 Nantes), 
  99. Jean Lafont (75015), 
  100. Jean-Charles Lallemand (75011), 
  101. Stéphane Lavignotte (93 Ile St -Denis), 
  102. Ronan Le Boubennec (Paris 20), 
  103. Philippe Leclerc (88), 
  104. Michelle Lecolle (57), 
  105. Youna Le Corre (56 Lorient), 
  106. Arthur Ledard (33), 
  107. Benjamin Le Guillou ( 974- La Réunion), 
  108. Corinne Lehl (69), 
  109. Marylène Lenfant (93 Saint- Denis), 
  110. Elise Lowy (75), 
  111. Paul Lowy (14), 
  112. Raphaël Lebrujah (93 Drancy), 
  113. François Longérinas (93 St-Denis), 
  114. François Maillard (14), 
  115. Frédéric Malvaud (50), 
  116. Renaud Mandel (75020), 
  117. Jean-Marie Marguerite (29 Plougonven),
  118. Gilles Martinet (75018), 
  119. Frédérique Maumet ( 91), 
  120. Pascal Mayol (83) 
  121. Jean-Marie Mémin (13 Marseille), 
  122. David Millet ( 26 Crest), 
  123. Gilles Monsillon (95), 
  124. Bénédicte Monville (77 Melun), 
  125. Marc Morisset ( 33 St-Médard en Jalles), 
  126. Jean Morlais (77 Saint-Fargeau-Ponthierry), 
  127. Fatiya Mothay (77 Melun),
  128. Anne-Marie Nageleisen (37), 
  129. Camille Nashorn  (69), 
  130. Laura Natiez (44), 
  131. Sylvie Nony (33), 
  132. Xavier Normand (31 Castanet-Tolosan), 
  133. José Olmos (16), 
  134. Mehmet Ozguner, (93 Bondy), 
  135. Murriel Padovani-Lorioux (19), 
  136. Nathalie Palmier (67), 
  137. Jean-François Pellissier (75013), 
  138. Laurine Pereira (69), 
  139. Cyril Perret, (69,Villeurbanne), 
  140. Gérard Perrier (13 Marseille), 
  141. Arnaud Petit (40 Moustey), 
  142. Patrick Petitjean, (40140 Soustons), 
  143. Jean-Jacques Piard (56 Lorient), 
  144. Sonia Pignot (93 Saint-Denis), 
  145. Sandra Pizzolato (38 Moirans), 
  146. Raymonde Poncet (69), 
  147. François Ralle Andreoli (Espagne), 
  148. Yohan Reversat (44 Nantes), 
  149. Serge Rivret (75020), 
  150. Benoît Rougelot (75), 
  151. Alfred Ruiz (67300 Schiltigheim), 
  152. Laurent Saint-André (75010), 
  153. Annie Samson (85), 
  154. Jean Sarasin (22 Lanvellec), 
  155. Gilles Sarter (34), 
  156. Johanna Schneider (78), 
  157. Éric Schultz ( Strasbourg 67), 
  158. Christian Sunt (30), 
  159. Laure Tachoires (31) 
  160. Michel Thomas (51), 
  161. David Thomas (35 Crevin), 
  162. José Tovar (93), 
  163. Annie Turon, 
  164. Gianni Vacca (92), 
  165. Landeline VIillemey (26), 
  166. Michel Wilson (69 Lyon), 
  167. Roger Winterhalter (68)

Appel soutenu par la Coopérative Politique Ecologie Sociale, le Mouvement Ecolo

Pour signer, contribuer au débat , prendre contact : appeleps@lilo.org

Revue de presse

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200319/pour-une-assemblee-constituante-de-l-ecologie-populaire-et-sociale

Les Gilets jaunes sont le premier mouvement social écologiste de masse par Patrick Farbiaz

Cette tribune de Patrick Farbiaz, membre de la CooPES est parue dans Reporterre le 21 janvier 2019

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Qu’est-ce que la CooPES ?

La Coopérative Politique Ecologie sociale (CooPES) est une coopérative politique transpartidaire d’intervention agissant dans le mouvement social et sur le champ politique. Elle souhaite contribuer à regrouper l’ensemble de celles et ceux qui défendent une écologie populaire de transformation (écologie sociale, écosocialisme, écoféminissme, écologie des pauvres, justice environnementale et sociale, objection de croissance).

Ecologie sociale se définit comme anticapitaliste. Elle considère que l’ère du Capitalocène institué par le développement du système capitaliste depuis la première mondialisation est à l’origine de la crise de civilisation qui menace de destruction la Nature et l’Humanité. La société capitaliste basée sur la propriété privée, les valeurs de compétitivité et d’individualisme, le productivisme, l’obsolescence programmée et le profit a créé les conditions de cette destruction. Par conséquent tout replâtrage fondé sur le développement du capitalisme vert, du greenwashing, de l’écologie libérale ou  d’accompagnement réduite à l’environnementalisme est voué à l’échec.

Ce n’est qu’en s’attaquant à l’exploitation, à toutes les dominations et à l’aliénation, qu’une société écologique pourra se développer à l’échelle de la planète, basée sur la gestion des biens communs, la propriété collective des ressources naturelles ainsi que sur une économie relocalisée organisée par la planification écologique assurant à chacun de ses membres un accès égal aux droits fondamentaux. Cette société se construira à travers l’auto-organisation populaire, la libre organisation des communes, l’autogouvernement, l’autogestion, la Confédération Démocratique des peuples. Ce projet de société est celui d’une écologie de libération qui englobe les trois écologies définies par Félix Guattari, l’écologie sociale, mentale, environnementale. L’écologie de libération est une écologie qui prône l’autonomie, le cosmopolitisme et le commun comme réponse aux trois crises démocratiques, identitaires et sociales.

L’écologie de libération est issue :

  • de l’écologie des pauvres, qui se bat pour sa survie en Amérique latine, en Afrique, en Asie, paysanne et indigène, celle de Chico Mendés et de Vandana Shiva, des Sans terre Brésiliens, des guerres de l’eau et de la lutte contre l’extractivisme, des luttes contre les grands barrages et le brevetage du vivant en Inde  et contre les pollutions et les catastrophes industrielles en Chine.
  • de l’écologie sociale et libertaire théorisée par Murray Bookchin.  L’écologie sociale défend le communalisme c’est à dire la vision décentralisatrice, du municipalisme libertaire et du Confédéralisme démocratique, développée au Rojava ou au Chiapas, la lutte contre toutes les formes de domination et d’exploitation capitaliste.  
  • du mouvement de la justice environnementale et de l’éco-féminisme qui prônent une écologie intersectionnelle, unissant l’écologie anticapitaliste à la lutte contre toutes les discriminations de caractère systémique, qu’elles soient raciale, sexuelle ou de genre. L’écologie intersectionnelle s’étend à la libération animale et à la défense du Vivant.

L’écologie de libération est d’abord portée par les classes populaires, premières concernées par la lutte contre les inégalités environnementales et sociales qui doivent être combattues simultanément.

Durant la dernière séquence électorale, Ecologie Sociale a soutenu la candidature de Jean Luc Mélenchon puis rejoint l’espace politique de la France Insoumise tout en restant autonome des forces politiques de la gauche et de l’écologie politique. Sur le plan local, Ecologie sociale soutient la constitution de GAMES (Groupes d’Action municipalistes écologistes et Sociaux) permettant de constituer des listes sur la base du municipalisme libertaire.

La Coopérative Politique Ecologie Sociale considère que la lutte contre le changement climatique, principale menace de l’humanité d’une destruction programmée ne peut se réaliser que sur la base d’une souveraineté populaire écologique, partagée à l’échelle de la planète. La constitution d’une internationale écologiste et sociale, agissant localement et pensant globalement et inversement en est la première étape.

Après le 24 novembre : qui sème le vent récolte la tempête

  1. Le mouvement des Gilets Jaunes est le premier mouvement social de masse qui met au centre la question de l’écologie populaire et sociale. En plaçant l’accès à l’énergie au centre de ses préoccupations, il lie les conditions de vie des classes populaires à la résolution écologique et sociale des problèmes posés par les transports, la précarité énergétique et l’absence des services publics. Loin de l’écologie libérale et d’une recherche du consensus introuvable, le mouvement des Gilets jaunes redonne de la conflictualité politique au débat démocratique en plaçant au cœur des tensions sociales les questions écologistes. Car les questions environnementales, loin de demeurer des questions périphériques qui ne devraient intéresser que les seules classes aisées, doivent au contraire être placées dans le creuset de la problématique de transformation sociale. Il ne peut y avoir de justice sociale sans justice environnementale. Il suffit d’observer les conditions de vie des plus démunis socialement pour se convaincre qu’elles et ils subissent le plus durement les atteintes portées à l’environnement. Celles et ceux qui vivent dans les zones dites périphériques, dans un habitat dégradé et pollué, sont les mêmes qui ne peuvent s’offrir une nourriture biologique, ni prendre des vacances, et qui sont les plus contraints par une politique de transports mal aménagée.  Ce mouvement est aussi  social écologique  parce qu’il lutte contre la relégation spatiale, engendrée par les mobilités contraintes. Il est directement issu des poches de pauvreté structuré par le chômage de masse et la précarité. Les Gilets jaunes sont enracinés dans des territoires déshérités, qu’on appelle « périphériques », il refuse la gentrification et la métropolisation accélérée qui ont aggravé la fracture territoriale et sociale, largement présente en raison de la désertification des zones rurales et de l’apartheid social des quartiers populaires. 
  1. Les Gilets jaunes sont un mouvement social écologique parce qu’il est communaliste par essence. Se structurant à partir des ronds points, des villages, des parkings de centres commerciaux, des péages, il s’organise en fonction du principe de proximité au plus près de l’espace de vie des populations, la commune. Tout en utilisant les réseaux sociaux pour s’organiser horizontalement, il s’allie souvent avec les maires ruraux dont de nombreux sont rentrés en résistance passive depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, la moitié d’entre eux refusant de se représenter en 2020, de nombreux démissionnant en cours de mandat. Il est communaliste parce qu’il allie principe de proximité et souveraineté populaire.
  1. La composition sociale du mouvement des Gilets Jaunes transforme le rapport entre l’écologie et la société. Les « bloqueurs » sont des ouvriers, des employés, des artisans, du petit patronat en voie de paupérisation. C’est-à-dire des catégories qui ensemble sont la majorité du pays. C’est un renversement de perspective qui permet aux classes populaires de se réapproprier la question écologique en la liant à la répartition des richesses et à la contestation du système capitaliste. Jusqu’ici, celles et ceux qui étaient au cœur du mouvement écologique représentaient les couches moyennes salariées (intermédiaires et supérieures) au capital culturel aisé. Il s’agit, dés lors, de construire une dynamique  social écologique qui réunisse les  groupes sociaux dont les intérêts ne sont pas divergents quant au fond mais qui ont été mis souvent en opposition par les décisions du pouvoir privilégiant les uns contre les autres. 
  1. Une feuille de route pour l’écologie sociale : Unir les Gilets jaunes et Gilets Verts, articuler lutte pour la justice sociale et la justice écologique. Il s’agit de faire émerger des revendications écolo-sociales dans le mouvement des Gilets jaunes en appuyant les plates-formes allant dans ce sens dans la Meuse, à Saint Nazaire ou ailleurs. Travailler à cette articulation prépare en même temps des revendications unifiantes autour d’Etats Généraux de la solidarité sociale et climatique accompagnée des Cahiers de Doléances. Ce processus ne pourra se faire sans qu’il y ait un moratoire sur l’augmentation des taxes durant ces Etats Généraux. 

Dans l’immédiat, il s’agit de préparer une plate-forme avant et après la marche pour le climat du 8 décembre à l’occasion de la COP 24 organisée en Pologne. Unir les forces associatives environnementales, les syndicats, les forces politiques sur un programme « changer le système pas le climat » est essentiel.

  1. Pour développer la convergence des luttes, il faut comprendre le mouvement des Gilets jaunes comme un mouvement de sécession plébeienne. Le refus de toute ingérence politique et syndicale, de tout porte parolat auto proclamé, l’organisation par en bas rappelle les épisodes des jacqueries paysannes mais surtout des mouvements plébéiens interclassistes comme ceux de la Plèbe, des Ciampi, des Sans-culottes, des Communards où des artisans, des ouvriers, des petits patrons, des retraités sans conscience de classe pour soi se mobilisaient.  La défiance de toutes les confédérations syndicales empêche que d’une simple révolte dénonçant l’augmentation du prix du diesel, le mouvement de protestation populaire contre la vie chère, passe à une lutte globale contre la politique antisociale du macronisme.
  1. L’écologie et la gauche populaire ne doivent pas regarder ce mouvement en spectateur mais s’engager pour susciter une convergence par le bas pour politiser la colère populaire. La prise des Champs – Elysées le 24 novembre a été une journée des Barricades dans la tradition des émeutes plébéiennes de la rébellion française. Comme toute révolte plébéienne, elle est l’expression d’une dialectique entre un repli sur l’Aventin, le 17 novembre à travers les 3000 blocages et un assaut des institutions. Si elle ne se consolide pas en se donnant des structures démocratiques adaptées à l’époque et en se politisant, elle échoue. C’est pourquoi, il nous faut comme écologistes sociaux à la fois lutter contre les tendances d’extrême droite au sein des Gilets jaunes et nous opposer au mépris de classe qui existe au sein des Gilets Verts. La stratégie de Macron consiste à faire de la peur des pauvres une politique en soi. En amalgamant le FN aux Gilets jaunes, aux casseurs, il espère réunir autour de lui une partie de l’électorat écologiste des centres villes, sceptique vis à vis de sa politique depuis entre autres la démission de Nicolas Hulot et qui hésite à voter pour EELV, Hamon, voire Ségolène Royal. Il pratique cette stratégie car ce mouvement est insaisissable parce qu’il vient de loin. Cette révolte populaire est issue de 35 ans d’une politique d’austérité appliquée depuis 1983 par tous les gouvernements de droite et de gauche, d’un mépris de la volonté populaire issue du référendum de 2005, de la trahison des engagements de François Hollande sur la lutte contre la finance, de la morgue d’Emmanuel Macon qui tourne depuis son irruption sur la scène publique envers les pauvres, qu’on pourrait qualifier de pauvrophobie. Qui sème la violence récolte la tempête.

 Cet article peut être lu ici : https://blogs.mediapart.fr/francine-bavay/blog/261118/qui-seme-la-violence-recolte-la-tempete-ledito-de-patrick-farbiaz

La Coopérative Écologie Sociale participe à Effet de CER

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La Coopérative Politique Écologie Sociale participe au festival de cinéma (festival du film de l’écologie sociale) : Effet de Cer.

les 17, 18 et 19 novembre : comme l’année dernière la CooPES est associée au festival Effet de Cer organisé avec « Le 100 ECS » (https://100ecs.fr) 100 rue de Charenton dans le 12ème arrondissement de Paris.
La CooPES organisera ses « cartes blanches » les matinées du samedi 18 et dimanche 19 novembre à partir de 11h :
La première sera consacrée au Rojava, Kurdistan syrien et à l’écologie sociale : dans quelle mesure l’influence de M. Boukchin et du municipalisme libertaire sur Abdullah Ocalan alimente et structure les revendications d’autonomie de cette région du nord-est de la Syrie aux confins de la Turquie.
La deuxième portera sur les GAMES (Groupes d’Action Municipalistes Ecologistes et Sociaux).
Pour plus d’information sur nos cartes blanches :
Le programme du festival est disponible ici :

http://effet-de-cer.fr

Le jour d’après, déclaration de La coopérative politique Ecologie Sociale

1 – Avec le deuxième tour des législatives, une séquence politique se referme. L’élection d’Emmanuel Macron et de 350 députés d’En Marche et du Modem, ouvre une nouvelle ère politique en France, celle des managers. Macron est l’incarnation de l’unification d’un bloc bourgeois néo libéral allant de la droite à la gauche de gouvernement. Cet […]

1 – Avec le deuxième tour des législatives, une séquence politique se referme. L’élection d’Emmanuel Macron et de 350 députés d’En Marche et du Modem, ouvre une nouvelle ère politique en France, celle des managers. Macron est l’incarnation de l’unification d’un bloc bourgeois néo libéral allant de la droite à la gauche de gouvernement. Cet extrême centre de l’extrême finance à la sauce bonapartiste, se présente comme la vitrine d’une mondialisation libérale à visage humain. Mais, avec le démantèlement du Code du travail et l’Etat d’urgence transcrit dans la loi ordinaire, ce « progressisme » là sera libéral-autoritaire, dérégulateur et fera la guerre contre les pauvres. Macron c’est aussi une nouvelle phase de la crise démocratique qui, avec plus de 56,6 % d’abstention aux législatives, atteint un sommet inégalé. Les classes populaires “votent avec leurs pieds” et se retirent sur leur Aventin. Pour l’écologie politique enfin, l’éradication du groupe EELV à l’Assemblée a au moins un intérêt. Si les vainqueurs en sont les député.e.s élu.e.s ou réélu.e.s grâce au soutien d’En Marche, le débat entre l’écologie libérale et l’écologie sociale peut enfin s’ouvrir. Il montrera les limites d’une écologie qui accompagne le marché, qui s’inscrit dans une démarche antisociale, productiviste et anti écologiste. Les innovations technologiques conjuguées à des Continuer à lire … « Le jour d’après, déclaration de La coopérative politique Ecologie Sociale »