Premières leçons des élections européennes par Patrick Farbiaz

 

  1. La fin de la domination du duopole européen PS PPE

Pour la première foi, les résultats des élections européennes en France et dans le reste de l’Europe concordent : hausse sans précédent de la participation, baisse du PSE et du PPE, montée en puissance des Verts et des libéraux centristes, forte poussée de l’extrême droite et des partis nationaux populistes, tassement de la gauche radicale.  Enfin, la gauche radicale s’effondre ( – 23% de députés pour la GUE). Ce n’est pas seulement le cas de la France Insoumise, mais aussi de Podemos, de Die Linke, du Sinn Fein. Inexistante à l’Est, elle devient résiduelle à l’Ouest.

La gouvernance du parlement Européen va être partagée sur la base de l’accord sur les traités européens avec deux groupes les centristes libéraux et les écologistes engagés de fait dans la construction d’une coalition.  Le Groupe des Verts connaît une progression certaine mais est dominé par une majorité d’écologistes qui, hormis en France, sont engagés dans des majorités à géométrie variable, ici avec la droite, là avec la gauche. Le Groupe des Verts au PE ne conteste pas les traités actuels utilisés pour instaurer l’austérité contre les peuples, permettant la domination des logiques financières. Contrairement aux aspirations des jeunes de la génération climat, le résultat du scrutin ne permet pas d’engager l’Europe vers la transformation écologique, et la sortie des énergies carbonées et nucléaires. Cette nouvelle majorité en construction, dont la plus grande partie est déjà soumise aux lobbies et au Capital n’a pas de la volonté politique, pour opérer une transition énergétique et développer des projets utiles aux systèmes de transports non-polluants, à la protection de l’environnement, à la sauvegarde de la biodiversité, à la lutte contre le réchauffement climatique, à la sortie du nucléaire.

  1. La crise de la représentation politique s’amplifie

Au niveau français, le dégagisme généré par la présidentielle de 2017 s’amplifie. La gauche et la droite traditionnelle sortent exsangues du scrutin de même que LFI, force qui s’était imposé comme structurant le populisme de gauche. Et si la dynamique écologique est réelle, elle est issue d’abord d’un transfert de voix entre la Macronie, LFI et Générations vers EELV. Car malgré une hausse de participation, la décomposition du système politique représentatif est la leçon principale à retenir de ces élections :  Les listes Macron et Le Pen totalisent autour de 20 % des Inscrits, la liste écolo 6 ,5 % et les listes du PS et de LFI 3 %. Les classes populaires se sont abstenues (notamment les banlieues) ou ont voté pour le RN, notamment dans les zones rurales ou dans les villes périphériques des métropoles. 

 La deuxième leçon c’est la victoire relative de LREM. Malgré le mouvement des Gilets Jaunes, le mécontentement généralisé des secteurs en lutte contre sa politique, Macron tient bon. Même si son opération – transformer l’élection en plébiscite pour sa politique, a échoué au seul profit du Rassemblement National, le Président de la République garde après 6 mois d’une crise sociale historique, un socle fort. Le bloc bourgeois s’est soudé et Macron a réussi à installer une alternative mortifère. Ce qui s’est joué dans le mouvement social ne s’est pas traduit dans les urnes et accentue la déconnexion entre le champ politique es les classes populaires.

  1. La centralité de l’écologie politique

Si tous les partis la mettent désormais en bonne place de leur programme, EELV, comme en 2009, apparaît comme la force principale de l’écologie. Nous ne pouvons que nous féliciter d’un résultat ( amplifié par les 4 % des voix attribué aux listes du Parti Animaliste et d’Urgence écologie ) qui montre que l’écologie politique s’affirme en France comme en Europe, affirmée comme le référentiel structurant du 21ème siècle à l’instar du socialisme au siècle précédent.  De plus ce vote répond à une demande d’espérance face à une situation bloquée par la mise en scène d’une alternative mortifère entre le fn et lrem. Mais ce résultat électoral a deux aspects : une apparence, celle d’une écologie mainstream rassemblée autour de la couleur verte et une réalité, une division réelle entre l’écologie libérale représentée par Canfin, Durant, De Rugy, Cohn-Bendit, l’écologie sociale démocrate de EELV qui en plus peut désormais avoir avec le Pacte Hulot Berger l’appui d’une base syndicale et associative importante. Ces deux écologies vont travailler directement en Europe à une coalition pour peser sur les politiques publiques en Europe. Plus l’impasse d’EELV et ses contradictions, comme après chaque élection européenne apparaitra, plus elle laissera un goût amer aux électrices et aux électeurs qui ont voté pour un autre modèle.

 La troisième écologie, l’écologie de transformation, n’aura pas de représentation directe même si certains députés du Groupe des Verts et de la GUE peuvent légitimement s’en revendiquer. Cette écologie en rupture avec le capitalisme vert, présente fortement dans les ZAD, les marches climats, les Gilets Jaunes, diverse dans sa composition (écologie sociale, éco socialisme, éco féminisme, justice environnementale, objection de croissance …) n’a pas jusqu’à présent de représentation politique. Une partie de ses militants sont organisés dans des formations qui ne se revendiquent pas du paradigme écologique (LFI, NPA, AL, Génération.S…). Cette dispersion de l‘écologie de transformation est nous semble -t- il le premier obstacle à la construction d’une force politique nouvelle, une plate-forme d’écologie populaire et sociale. Il ne s’agit pas là non plus de construire cette force en réalisant un cartel de l’écologie de transformation mais d’organiser l’écologie populaire par en bas, dans les communes, les lieux de travail et de formation les zad et les Luttes sociales écologistes.

  1. L’effondrement de LFI 

L’autre enseignement du scrutin du 26 mai est l’effondrement de LFI. Nous ne pouvons pas nous en tenir à la seule abstention ( réelle)  des classes populaires. Si l’électorat de JLM s’est réfugié dans l’abstention mais aussi dans le vote EELV. Ce n’est pas uniquement due à l’affaire de la perquisition, à l’aspect clivant des positions de JLM.  D’autres raisons s’y ajoutent : 

  • Une fausse interprétation du vote des présidentielles qui n’était pas un vote d’adhésion à la FI, à son programme ou à son leader mais un vote de rejet du quinquennat Hollande
  • L’incapacité de mettre en scène une coalition majoritaire pour le changement
  • L’absence de lieu de débat pluraliste permettant aux militants de contribuer à l’élaboration de l’orientation politique de la FI
  • L’incapacité de mettre en musique la centralité de l’écologie et son lien avec les classes populaires. 
  • La mise en crise du populisme de gauche par les Gilets Jaunes qui tout en étant un mouvement populaire refuse toute incarnation issue de l’extérieur. Pour paraphraser le Manifeste, l’émancipation des Gilets Jaunes sera l’œuvre des Gilets Jaunes eux mêmes. 

Ce constat n’est pas pour autant un reniement de notre soutien de 2017 à la candidature de JLM. Les Groupes d’Action de LFI comptent un grand nombre de militants écosocialistes. Le programme de LFI a eu l’immense mérite d’écologiser en profondeur la gauche. Mais maintenant il faut pouvoir réellement discuter des erreurs, des faiblesses et des limites de LFI. Ce serait une erreur grossière de faire porter à JLM, le seul poids de l’échec, de chercher un bouc-émissaire au lieu d’entamer une débat politique Son projet de fédération populaire, en particulier, peut être un élément de la recomposition, s’il permet de dépasser le seul cadre de LFI. 

  1. L’effacement de la gauche des Trente Glorieuses

Si le PS sauve la mise, il continue sa descente aux enfers, le PC et Génération.S n’auront pas de députés européens, LO fait un de ses pires scores malgré l’absence du NPA. Ce n’est pas la division qui a engendré la crise de la gauche mais son éloignement des classes populaires, son absence de compréhension des mutations du monde du travail ou de la crise écologique.  La division de la gauche n’est qu’une conséquence de sa vitrification. La gauche française croit qu’en recourant aux recettes de l’Union de la gauche repeinte en Vert et de la Gauche plurielle, l’appel magique à l’unité (ou pou  l’extrême gauche  à la grève générale) tient lieu de remède à son incapacité à comprendre, à analyser, à s’adapter au monde né de la mondialisation. C’est pourquoi il nous semble inutile de s’associer aux appels lancés, avant même le résultat des européennes, par des responsables politiques de différents partis, pour reconstituer l’union des gauches, pour la refonder, la remodeler, la rénover. Nous avons déjà donné dans ces opérations de rafistolage et de replâtrage qui ne débouchent sur rien. Cela, les électeurs n’en veulent plus. Ils l’ont vécu et c’est d’ailleurs ce qui a ouvert la voie à l’effondrement de ces partis et à l’élection de Macron et à sa politique désastreuse. Si un éventuel Rassemblement se concrétisait, nous y participerions en tant que composante à part entière, celle de l’écologie populaire et sociale. La seule unité́ qui pour nous a du sens, c’est l’unité́ pour la défense des communs, pour la défense de la planète et des humains, pour le droit de bien vivre dignement, pour la décroissance soutenable, pour le droit à décider ici et maintenant. C’est pourquoi, nous pensons que la reconstruction de la gauche passe non pas par des appels incantatoires et sans contenu à la refondation d’une Gauche qui n’existe plus mais par trois campagnes de terrain qui puissent apporter des victoires conséquentes : le référendum contre ADP, la lutte contre la répression et pour la démocratie, la bataille pour le climat en la liant aux villes en transition. Les militants de gauche et écologistes n’ont pas besoin de discours. Ils ont besoin de gagner ensemble, d’être fiers de ces victoires.

  1. Pour une stratégie municipaliste.

Les municipales vont être un élément essentiel de la recomposition politique car elles permettront aux Gilets jaunes verts, rouge, de s’organiser dans des Assemblées populaires locales permettant de constituer des listes municipalistes. Notre rôle est de favoriser de telles listes, d’en être à l’initiative là ou nous le pouvons, d’aider concrètement ces listes à exister (en terme de projets et de programmes, de mutualisation des bonnes expériences …). L’écologie populaire et sociale doit se mettre au service de cette dynamique municipaliste qui ne se réduit pas à présenter des listes dites citoyennes. Notre feuille de route est issue de l’Appel de l’Assemblée des Assemblées de St Nazaire : « Nous, Gilets jaunes réunis en Assemblée des assemblées appelons l’ensemble des Gilets jaunes ainsi que toutes nos concitoyennes et nos concitoyens à s’engager dans la réappropriation de notre pouvoir politique. Une étape importante de cette reconquête passe par le niveau local. Nous appelons à créer dans chaque commune de France où cela est possible une ou plusieurs assemblées citoyennes et populaires. Car ce pouvoir nous a enté confisqué comme nous le constatons dans de multiples domaines : écologie, public/privé (privatisation), démocratie, etc.. Ces assemblées sont l’expression de la volonté populaire. Chaque assemblée mène ses propres expériences en toute autonomie dans le respect de l’intérêt collectif (en lien avec des associations, Gilets jaunes seuls, groupes de citoyens, associations de quartiers, présentation de listes ou non, etc.). Nous appelons les assemblées citoyennes et populaires, ainsi créées, à se fédérer en réseau par l’échange de leurs expériences. Réapprenons à partager nos préoccupations pour définir ensemble ce que nous voulons ! Réapprenons à vivre ensemble où nous habitons !».  Nous avons besoin d’avoir un maximum d’élus issus de ces listes et labellisés sous la bannière de l’écologie social pour refonder l’écologie politique sur les bases politiques de l’écologie et sociale. Les élus communalistes seront un des piliers de l’écologie de transformation.

  1. Construire l’écologie populaire et sociale 

Ces résultats montrent aussi que les petits calculs boutiquiers ne peuvent plus être de mise. Personne ne peut prétendre représenter à lui seul l’écologie politique. Il y a urgence dans une perspective de rupture avec le capitalisme vert à regrouper les forces et à construire une représentation politique de d’écologie populaire et sociale, C’est pourquoi, pour notre part, nous nous sommes engagés dans la construction d’une Assemblée Constituante de l’Ecologie Populaire et Sociale, afin de fédérer dans un mouvement toutes celles et tous ceux qui revendiquent la couleur verte de leur drapeau sans le confondre avec le greenwashing du capitalisme vert. La politique ayant horreur du vide, nous devons faire émerger maintenant et rapidement cette autre écologie. En raison du résultat du 26 mai les échéances s’accélèrent pour notre courant d’idée. Notre appel à une Assemblée Constituante de l’écologie Populaire et Sociale doit maintenant passer à la vitesse supérieure en s’organisant à l’échelle nationale, en se rendant visible sur le plan politique, en aidant les listes municipalistes écologistes et sociales, en s’homogénéisant (Charte commune, projet affirmé, organisation assembléiste et fédéraliste). Nous appelons toutes celles et tous ceux, les signataires de notre appel, les groupes locaux d’activistes écologistes ou décroissant, les groupes locaux issus de la FI, du mouvement libertaire et ou de l’écologie, les Gilets Jaunes et ceux de la Génération Climat à s’organiser à travers cette Constituante en organisant des Assemblées locales, départementales,  régionales, en participant à une rencontre d’été et  en désignant leurs représentants à l’Assemblée Constituante qui aura lieu début octobre.

Patrick Farbiaz

(membre de la Coopérative de l’écologie sociale et du Comité d’Animation de l’Appel pour une Assemblée Constituante de l’écologie populaire et sociale)

La fin de l’écologie du “en même temps”

L’incapacité d’EELV à prendre le leadership d’une campagne européenne où pourtant l’écologie est au centre des préoccupations, signe la fin d’une illusion : celle de l’écologie attrape tout. Si tout le monde est écologiste, alors il faut choisir quelle écologie on défend. A force de ménager la chèvre et le choux, l’écologie des petits pas et la rupture avec le capitalisme vert, l’économie de marché chère à Yannick Jadot et l’écologie qui se bat pour la survie des classes populaires, la croissance verte et la décroissance soutenable, EELV s’est marginalisée. A sa naissance en 1984, la seule couleur verte revendiquée constituait l’ADN du parti Vert. Il lui suffisait de hisser son drapeau pour compter dans la vie politique. A l’époque personne ne se réclamait de l’écologie politique, hormis ce nouveau parti issu d’une hybridation entre mouvement environnementaliste et une partie de l’extrême gauche post soixante huitarde. 35 ans plus tard, la situation s’est diamétralement transformée. Son repli sur soi n‘est que le symptôme d’une crise d’identité, de projet, de sens qui atteint de plein fouet une organisation nécrosée qui n’a pas su trouver son chemin, écartelée qu’elle est entre plusieurs visions de l’écologie politique. Ce qui a affaibli EELV, ce ne sont pas les «trahisons» de certains, c’est le refus de se positionner contre le greenwashing et l’économie verte, les atermoiements face au mouvement social écologiste populaire des Gilets Jaunes ou encore le désistement en faveur du Parti Socialiste aux dernières présidentielles. A force de renoncements, la force structurante de l’écologie politique est devenue une idiote utile du système. L’existence de ces trois écologies concurrentes, celles de l’écologie libérale, d’une sociale démocratie verte et de l’écologie de transformation, la notre, structure désormais le paysage de l’écologie politique et signe la fin d’une fiction, celle d’un parti de toute l’écologie. EELV a cru un moment atteindre une masse critique lui permettant de se soustraire à la loi de la gravitation universelle. Mais n’est pas soleil qui veut. Les planètes macronistes, et insoumises s’étant elles mêmes écologisées, chacune à leur manière, elles montrent que le roi est nu et attirent chacune à elle une partie de l’électorat d’EELV, prise en sandwich entre la liste d’En Marche et celle de la France Insoumise, sans compter l’électorat résiduel du PS et de Générations qui se réclament elles aussi d’une écologie aseptisée. C’est pour cela que nous appelons pour les élections européennes, à voter pour la liste de la France Insoumiseanimée par Manon Aubry. En l’état c’est la seule liste à représenter les aspirations anticapitalistes de la jeunesse en lutte pour le climat, des Gilets jaunes ou des zadistes de Bure au TGV Lyon Turin. L’écologie rebelle, l’écologie de transformation qui regroupe écologistes sociaux, objecteurs de croissance, éco socialistes, éco féministes, zadistes doit maintenant se mettre en mouvement parce qu’il s’agit non seulement de s’opposer à la dérive d’EELV mais aussi de contrer le projet de coalition entre le groupe des libéraux emmenée par Macron et Cohn Bendit et le groupe des Verts au Parlement Européen. Ce Groupe dirigée par les GrünenAllemands alliés maintenant à la droite allemande dansplusieurs länders assume le rôle d’un parti centriste et libéralsans états d’âme. Cette coalition entre les Macronistes et les Verts renforcerait les partisans d’une Europe aux mains de la Commission Européenne et des GAFA, d’une Europe du libre échange et de la concurrence « libre et non faussée » au détriment d’une Europe des Communs, de la justice sociale et fiscale, libérée des lobbies. C’est aux écologistes anticapitalistes, rebelle et insoumise, qu’il revient maintenant de sauver la seule idée neuve du XXIème siècle.

 

Francine Bavay, Sergio Coronado, Patrick Farbiaz, Jean Laffont, Elise Lowy, Bénédicte Monville

La CooPES soutient la motion « Paris Ecologie Sociale »

La CooPES soutient la motion « Paris Ecologie Sociale » qui sera présentée dans le cadre du renouvellement du conseil départemental parisien d’EELV.

I Motion Paris Ecologie Sociale

et les deux motions ponctuelles suivantes :

Pour une stratégie municipale nouvelle, Pour une stratégie Municipale nouvelle  2

Ensemble pour le Boycott, Ensemble our le boycoot

Le jour d’après, déclaration de La coopérative politique Ecologie Sociale

1 – Avec le deuxième tour des législatives, une séquence politique se referme. L’élection d’Emmanuel Macron et de 350 députés d’En Marche et du Modem, ouvre une nouvelle ère politique en France, celle des managers. Macron est l’incarnation de l’unification d’un bloc bourgeois néo libéral allant de la droite à la gauche de gouvernement. Cet […]

1 – Avec le deuxième tour des législatives, une séquence politique se referme. L’élection d’Emmanuel Macron et de 350 députés d’En Marche et du Modem, ouvre une nouvelle ère politique en France, celle des managers. Macron est l’incarnation de l’unification d’un bloc bourgeois néo libéral allant de la droite à la gauche de gouvernement. Cet extrême centre de l’extrême finance à la sauce bonapartiste, se présente comme la vitrine d’une mondialisation libérale à visage humain. Mais, avec le démantèlement du Code du travail et l’Etat d’urgence transcrit dans la loi ordinaire, ce « progressisme » là sera libéral-autoritaire, dérégulateur et fera la guerre contre les pauvres. Macron c’est aussi une nouvelle phase de la crise démocratique qui, avec plus de 56,6 % d’abstention aux législatives, atteint un sommet inégalé. Les classes populaires “votent avec leurs pieds” et se retirent sur leur Aventin. Pour l’écologie politique enfin, l’éradication du groupe EELV à l’Assemblée a au moins un intérêt. Si les vainqueurs en sont les député.e.s élu.e.s ou réélu.e.s grâce au soutien d’En Marche, le débat entre l’écologie libérale et l’écologie sociale peut enfin s’ouvrir. Il montrera les limites d’une écologie qui accompagne le marché, qui s’inscrit dans une démarche antisociale, productiviste et anti écologiste. Les innovations technologiques conjuguées à des Continuer à lire … « Le jour d’après, déclaration de La coopérative politique Ecologie Sociale »

Pour une écologie insoumise au libéralisme

Nous, militant.e.s de l’écologie politique, élu.e.s, adhérent.e.s à EELV ou ex-EELV, faisons le choix d’accompagner de toutes nos forces l’émergence d’un mouvement politique écologiste et populaire pour une transformation radicale de la société. Un mouvement qui a fait de l’écologie politique une matrice et est capable d’associer les partis tout en les dépassant. À notre tour nous déclarons notre insoumission fondamentale à l’ordo-libéralisme et à ses logiques de destruction des humains et de la nature. Nous soutiendrons la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et nous engagerons dans un processus de recomposition politique dès les élections législatives sur la base d’un programme partagé.

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Le choix de l’insoumission, à propos de la présidentielle de 2017 et du choix de présenter un candidat EELV autonome

La situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons depuis l’élection de Donald Trump et la désignation de François Fillon comme candidat de la droite et du centre nous oblige à réaffirmer les choix, finalement minoritaires, que nous avions portés lors du dernier Congrès d’EELV et alors même que les primaires de l’écologie viennent de s’achever.

Ce billet a été publié sous forme de tribune sur Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/021216/le-choix-de-l-insoumission

  1. La situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons depuis l’élection de Donald Trump et la désignation de François Fillon comme candidat de la droite et du centre nous oblige à réaffirmer les choix, finalement minoritaires, que nous avions portés lors du dernier Congrès d’EELV et alors même que les primaires de l’écologie viennent de s’achever. La victoire sans appel de deux réactionnaires sur les bases d’une révolution ultralibérale, conservatrice, et souverainiste dans deux des six plus grandes puissances du monde conjuguée avec le poutinisme et le renforcement de la prédominance de Xi Jinping en Chine, ou encore d’Erdogan en Turquie change la donne. Le monde dans lequel nous entrons rompt non seulement avec les Trente glorieuses mais aussi, en Occident, avec la promesse de progrès social et démocratique. Le chaos géopolitique se double maintenant d’une hypothèse autoritaire. Le capitalisme n’a plus besoin de la démocratie, nulle part.

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Edito semaine 42 par Patrick Farbiaz "EELV : l’éclatement d’une bulle spéculative"

En 2009, les 16 % d’EELV aux élections européennes ont créé l’euphorie chez les écologistes . Un peu à la manière des start up sur Internet ou de la fièvre de la ruée vers l’or, ceux-ci se mont mis à rêver à ce que sous l’effet Cohn-Bendit , ils pourraient devenir la première formation politique… sans rien changer ni de leur fonctionnement ni de leur orientation. Ce fut l’erreur de trop qui les entraina dans une dynamique fatale renforcée par l’illusion plurielle de l’accord tissé entre les dirigeants D’EELV emmenés par Jean Vincent Placé et Cécile Duflot et Martine Aubry. Mais cette descente aux enfers était comme toute bulle spéculative programmée. La crise venait de loin. Elle reposait sur des croyances jamais fondées sur le réel mais qui sont devenues des évidences que personne au sein d’EELV n’a jamais voulu combattre de front :

Première évidence : celle d’une prétendue majorité culturelle. Les français seraient en passe de devenir majoritairement écologistes. La majorité culturelle, conception gramciste adaptée à l’écologie par Alain Lipietz repose sur une série de constatations jamais argumentées. Les français auraient changé majoritairement de comportements et trieraient leurs déchets, mangeraient sain, feraient du vélo… On comprend bien la nécessité, pour la majorité des Verts, de trouver une théorie justifiant le rôle dirigeant d’un parti de gouvernement ayant des résultats électoraux qui sont loin de ses prétentions au pouvoir. On substitue ainsi au nom de l’hégémonie culturelle censée advenir comme une marée montante, une légitimité médiatique indéterminée mêlant sondages et pénétration des concepts écologistes à une légitimité démocratique. La version sophistiquée de la majorité culturelle fût avec la naissance de EELV, la pollinisation des abeilles vertes butinant pour infuser de l’écologie à l’insu de leur plein gré les classes populaires. Tous ces raccourcis permettent en réalité de ne pas répondre au rapport impensé entre écologie et classes sociales.

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Que penser de la primaire des écologistes et des élections présidentielles de 2017 ?

Cette tribune a été publiée par Mediapart le 23 septembre 2016

Une étape de plus dans la crise de la politique

La multiplication des primaires (Droite, PS, EELV) et des candidat-e-s putatifs aux présidentielles sont une étape supplémentaire de la décomposition du système partidaire hérité de la révolution industrielle.

Ces partis ne représentent plus qu’eux-mêmes et tentent à tout prix de retarder leur fin en se transformant en écuries présidentielles régulées par des élections ouvertes aux sympathisant-e-s. En réalité, celles et ceux qui votent à la primaire – ce fut le cas par exemple à la primaire socialiste de 2012 – sont élu-e-s, collaborateurs ou collaboratrices d’élu-e-s ou comptent parmi les plus âgés, les plus éduqués et les plus aisés des militant-e-s et sympathisant-e-s. Par conséquent, les primaires, tout en mobilisant au-delà du socle partidaire, sont loin d’être un véritable instrument de mobilisation des citoyen-ne-s ; dans le contexte que nous vivons, elles consacrent la politique comme domaine réservé à une nomenklatura qui s’auto-reproduit légitimée par un système censitaire ou, dans le meilleur des cas seulement élargi aux citoyen-ne-s les plus intégrés électoralement.

Elles alimentent aujourd’hui le cirque médiatique en assurant la feuilletonisation de la vie politique et contribuent à notre divertissement en masquant les enjeux politiques réels. D’autant qu’ici, la présence d’écologistes de cour aux primaires du parti socialiste constitue une aubaine supplémentaire pour les rédactions qui ne manqueront pas de mettre en scène leur affrontement indirect avec les candidat-e-s EELV.

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