Sous la pression des USA, les membres permanents du Conseil de sécurité et de 130 pays dont le Canada, où la légalisation du #cannabis va prendre effet, relancent la Guerre contre la #drogue. La Guerre contre l’extrême gauche et la jeunesse !

Du 24 septembre à la tribune des Nations Unies , les médias n’auront retenu que le fou rire des représentants d’Etats membres s’exclafant en entendant  un D Trump déclarer que  » le bilan de sa Présidence n’était comparable à auncun autre « .
Pourtant le même jour,  le Département d’ Etat publiait une déclaration signée par 130 pays, dont les membres du conseil de sécurité , soutenant une relance de la guerre contre la drogue, en particulier de  la criminalisation de l’offre et de la demande. Les ministres des affaires étrangères allemands et néerlandais,  farouchement opposés à  l’initiative américaine qui dérogeait aux règles de la diplomatie onusienne, précisèrent que cette déclaration était tout simplement une déclaration de guerre « à la santé publique ».
E Macron qui la veille avait félicité et encouragé le nouveau Président colombien dans cette lutte et J Trudeau qui avait pourtant légalisé l’usage du cannabis récréatif dans son propre pays se joignirent à cette nouvelle croisade .
A cette énième Croisade contre l’opposition de gauche et la jeunesse.
Quant aux débuts des années 1970, la réaction américaine, suivie par l’ensemble des pays de l’Otan et la France qui dès 1974 prit les mesures législatives les plus répressives , déclara la Guerre à la drogue, la jeunesse avait compris. Comme l’avouera bien tardivement, J. Ehrlichman, le principal conseiller politique de R. Nixon, la prévention de l’usage croissant du cannabis et de l’héroïne, n’avait rien à voir avec ce combat .
Pour rassurer « la majorité silencieuse » il  s’agissait , à défaut de pouvoir criminaliser la contestationde politique « des hippies et des nègres », de lutter contre les opposants à la guerre du Vietnam et contre l’émancipation afro-américaine : « en arrêtant leurs dirigeants, en perturbant et en interdisant leurs réunions publiques, en les diffamant, etc ».
Résultats, près d’un demi siècle plus tard les consommations de drogues illégales n’ont jamais été aussi élevées parmi les 12- 25 ans, les mafias, dont le blanchiment du narcotrafic afghan, colombien complaisement assuré par les gouvernements de Reagan puis de Bush financeront les Talibans anti soviétiques comme les Contras anti sandistes, aussi puissantes.
Sans mentionner le plus dramatique. Le glissement progressif des consommations illégales vers les drogues légalement prescrites, à l’origine d’une véritable hécatombe de décès par surdosage parmi les 15-34 ans. Les opiodes, ces médicaments soi-disant prescrits contre la douleur, sont à l’origine de plus de la moitié des 75000 morts pour consommation de drogues aux USA,  et des 3/4  des 120.000 décès pour ces mêmes causes au sein de l’UE.
Comme vous pouvez vous en douter, ce glissement n’a rien de naturel. Depuis 15 ans, il est encouragé par le lobby de l’industrie pharmaceutique américaine, (mais pas seulement) qui met sur le marché légal des produits de plus en plus toxicodépendants, comme l’OxyContin de Purdue Pharma, à plusieurs reprises condamné symboliquement  pour « marketing agressif » !
Mais alors pourquoi donc des libéraux peuvent ils souscrire à une Guerre, dénoncée « pour ses conséquences dramatiques pour les individus et les sociétés du monde entier » , en langage moins diplomatique comme un « crime contre l’humanité » par la Global commission on Drug Policy (collectif d’anciens chefs d’Etat et responsables de l’Onu dont le regretté K Annan) et, il y a une semaine encore, comme un  « obstacle majeur au développement écologique pour les pays producteurs » ?
Avec D Trump, et tous les obligés du capitalisme financier, les J Trudeau et E Macron ont tout simplement peur de leur jeunesse.
L’un, après avoir légalisé, sort immédiatement le baton pour rassurer une majorité dont les réactions à la légalisation du cannabis le 17 septembre, frôlent l’hystérie collective. Au Québec en particulier où il ne se passe pas une heure sans que les médias publics ou privés ne donnent la parole à un soi disant expert pour décrire l’apocalypse que cette mesure entrainera parmi les jeunes québécois de 15-34 ans (oubliant toujours de préciser qu’ils sont déjà près de la moitié à en faire un usage récréatif… illegal).
En France,  où loin de légaliser,  voire commencer à dépénaliser,  il ne se passe pas une semaine sans qu’un pauvre gamin ne soit victime d’un règlement de comptes entre trafiquants, E Macron  ne trouve pas mieux que de matraquer la jeunesse à chaque manif, y compris en demandant à ses conseillers de mettre la main à la pâte.
Alors qu’agonisent les vieux partis, que la social démocratie apparait pour ce qu’elle a toujours été,  la caution d’un « capitalisme à visage humain », de cette monstrueuse chimère de « l’économie sociale de marché » où le marché chosifie le social, que l’urgence écologique est étouffée par d’hypocrites discours, c’est toujours la vieille et sacrée Sainte Alliance des réactionnaires et des soi-disants libéraux qui se manifeste.
Ils ne peuvent pas s’en empêcher…leur jeunesse ne pouvant s’empêcher de ne plus les supporter, aux USA, au Canada, au Québec,  chez nous et partout ailleurs.

https://usun.state.gov/remarks/8629

Quand la terre brûle par @BenMonville #Incendies #Réchauffementclimatique #Californie #RiseForClimate

Cet article peut être lu ici : https://blogs.mediapart.fr/benedicte-monville/blog/110918/quand-la-terre-brule

Je me souviens gamine m’être demandée, plongée dans un abîme de perplexité, à quoi pourrait bien ressembler la fin du monde. Nous n’habitions pas trop loin du jardin des plantes et ma mère qui y avait passé son enfance, avant que les classes populaires ne soient définitivement écartées du centre de Paris, nous emmenait régulièrement au muséum d’histoire naturelle voir les squelettes des dinosaures. Si ces colosses que je contemplais mi incrédule mi inquiète avaient pu disparaître alors nous ne pouvions prétendre à vivre éternellement sur terre. Une pensée furtive sur laquelle je ne m’attardais pas plus que ça d’autant que les millions d’années qui nous séparaient de l’extinction des dinosaures conféraient à l’image qui se formait dans ma tête d’une terre sans humains un caractère évanescent. Et puis, j’imaginais qu’il faudrait bien un cataclysme, quelque chose de grandiose telle qu’une collision extraordinaire provoquée par le bouleversement des forces de l’univers qui règlent de manière si précise le ballet des astres autour du soleil. Le déraillement des planètes plutôt que l’extinction du soleil, une fin éclatante plutôt qu’une lente agonie, vulgaire en somme. Mais alors que, vers la fin du mois d’août, nous roulions vers Crater Lake, que la fumée dans le ciel se faisait plus épaisse, que malgré la chaleur, spontanément et sans nous concerter, nous fermions les fenêtres du camion, je réalisais que la fin de notre existence n’aurait rien de romantique et de grandiose. Nous étions à plus de 100 km de distance du premier incendie, dans l’Oregon, l’Etat situé au Nord de la Californie. Quelques jours plus tôt, dans la banlieue de Seattle, un commerçant m’avait dit, avec un peu moins de désinvolture que s’il s’était agi du temps qu’il fait, : « It’s smocky today ». Je lui demandais si la fumée des incendies de Californie arrivait jusqu’au Washington. Non, c’était la forêt autour du Mount Rainer qui brûlait, la Tacoma Mountain pour les Indiens, « la mère des eaux » cerclée par les flammes. Nous en venions, mais l’incendie s’était à peine déclaré. Pourtant, en remontant le long de la baie jusqu’à Port Townsend, le ciel gardait cette étrange opacité qui voilait le soleil et, le soir venu, avalerait les étoiles. C’est étrange un ciel où on ne distingue aucun nuage, aucune étoile, aucun de ces signes extraterrestres qui nous fait nous sentir partie prenante d’un ensemble bien plus large que le bout de terre que nous habitons. Le soir sous la lune, la tête dans les étoiles nous expérimentons tous à notre manière ce à quoi les physiciens ont donné un chiffre : 3%. Nous ne connaissons que 3% de ce qui compose notre univers, matière, anti-matière, matière noire, … tout compris. Plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, au bord du lac le plus profond des Etats-Unis, que la fumée nous empêchait de distinguer, un des sites naturels les plus beaux du pays, paraît-il, je regardai le Ranger devant moi dans son bel uniforme beige, son masque de chirurgie sur le visage et j’eus envie de pleurer. On aurait dit que les fumées des incendies qui ravageaient la Californie depuis des semaines et dévoraient une partie de la forêt du Mount Rainer National Parc, convergeaient là. Elles piquaient mes yeux, mon nez, ma gorge et, à l’instar de la gamine que j’étais, j’imaginais soudain, plongée dans une insondable mélancolie, un monde, notre monde qui s’emballe et devient invivable, quelque chose comme une extinction en effet, un mouvement lent mais inéluctable : la chaleur, les incendies, plus de chaleur, plus d’incendies, moins d’air, moins d’eau, la terre polluée, moins de fruits, moins d’animaux, plus de conflits, une lente apocalypse où nous sommes emportés par un système social qui exalte la cupidité, la force brutale du pouvoir de l’argent et des armes, et récompense la bêtise et la grossièreté. Les pauvres d’abord, les riches ensuite retranchés quelques décennies supplémentaires derrière l’abri aussi ridicule qu’illusoire que confère la richesse dans un monde qui s’écroule.

Crater Lake rendu invisible par la fumée des incendies
Crater Lake rendu invisible par la fumée des incendies